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Full text of "L'Union médicale : journal des intérêts scientifiques et pratiques, moraux et professionnels du corps médical"

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L’UNION MÉDICALE, 

JOUBIV Aï. 

DES INTÉRÊTS SCIENTIFIQUES ET PRATIQUES, 

MOBÂDS et professionnels 

DU CORPS MÉDICAL. 

Fondal«uri> î BICHBMIT el AUI U IM BOCBB. 

Bedacteur en chef t M. Ane due L.ATOIK. 


DEUXIÈME ANIMÉE. 


TOME II". 


1848 . 



PARIS. 

AU BUREAU DU JOURNAL, 

RUE DU FAUBOURG-MONTMARTRE, 56 . 

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SUPPLÉMENT, 


TABLE ALPHABÉTIQUE 

DES MATIÈRES CONTENUES DANS LE TOME DEUXIÈME (1848) 

VE L’IIION MÉDICALE. 


STo*k. Le» efitfifre» romain» Indique ut le Numéro, le» cliilfre* arabe» la page. 


Abcès formé dans le voisinage de l'artère sous- 
clavière, et suivi d’ulcération de celte artère, 
mort par hémorrhagie (observation d’), par 
M. Jackson, CVI, 382. — du rein (observa¬ 
tion d'); quelques mots sur les causes de la 
suppuration du rein et sur le traitement de 
ces abcès. (Clinique de M. Bouillaud), CXLVI, 
581. — du foie (étiologie des), par M. Bude, 
XCII, 323. 

Abd-el Kaker et les chirurgiens de l'Asmodée, 
V, 20. 

Ablation de la totalité du maxillaire supérieur 
pour une tumeur cancéreuse qui avait prit 
naissance dans le sinus maxillaire, par M. 
Laforgue, XL, 156. 

Absorption des corps (conditions de solubilité 
nécessaire pour I'), par M. Mialhe, CVII1, 
390. — des virus ( études expérimentales 
sur 1’), par M. Renault, CXLVII, 586. 
Académie de médecine (compte - rendu des 
séances de 1’). ( Passim ). — (Budget de 1’), 
VII, 27. — (Élection à T), XXXVI, 139. 
Académie des sciences (compte-rendu des séan¬ 
ces de 1’). (Passim). 

Académiques (nécessité d’un rapporteur 
rai dans les discussions), CXVI, 459. 

Acajou (recherches sur les principes constiluans 
des noix d'), par M. Nœdeler. XX, 79. 
Acclimatement (de 1) en Algérie, par M. Bou¬ 
din, XLI, 159. — des Européens dans le 
nord de l’Afrique et en particulier de la co¬ 
lonisation agricole de l’Algérie par les Fran¬ 
çais, CXL, 555 et suivans. 

Accouchement provoqué. Quels sont les 
abstraction faite des vices de conformation 
du bassin, qui peuvent légitimer la provo 
cation ce l’accouchement , quelle que soit, 
du reste, l’époque de la grossesse; analyse 
des leçons faites sur ce sujet par M. P. Du 
-bois, par M. Laborie, CXVIl, 465. — ; 
terme chez une femme bien conformée ; ut 
premier enfant se présente par le siège, 
terminaison heureuse; un deuxième enfant, 
offrant le développement d’un fœtus de 
cinq mois environ, est expulsé presque im¬ 
médiatement après le premier. Quelques con¬ 
sidérations sur cette observation , par M. E. 
Laborie, V, 18. — laborieux d’un fœtus à 
terme, à deux corps , très bien conformés 
et développés, unis depuis le haut du thorax 
jusqu'à l’ombilic commun, terminé avec suc¬ 
cès pour la mère sans opération sanglante, 
par M. Derien ( rapport sur un — par M. 
Capuron). LXXV11, 305. — prématuré arti¬ 
ficiel pratiqué dans un cas d’hydrammios, 
par M. Mariana San Martin, LXIX, 274. 
Accouchemens (Remarques cliniques sur divers 
points de l’art des), par M. Waller, LV, 218. 
Acetale de plomb (efficacité de 1’) dans un cas 
d’hypertrophie du cœur), par M. Vandezande, 

V, 20. 

Acide arsénieux (Emploi de 1) dans les fièvres 
intermittentes, par M. Sauvel, LVII, 226. — 
cyanhydrique (dosage de 1'), par M. Kendall, 
XXXIX, 153. — fluoridrique anhydre (de la 
véritable nature de 1’), par M. Louyet. XIV, 

55. — hippurique (préparation de 1’), par 
M. Grégory, XX, 79. — nitrique ( traite¬ 
ment des affectiens darlreuses par I’), par 
M. Garcia, XCVI, 342. — phosphorique (do¬ 
sage de 1’), par M. Raewski, LXII, 246.— 
stéarique ( décélation du suif et de 1’, dans 
la cire), par M. Geith , CXXXVI, 540. — 
sulfurique (nouveau procédé de fabrication 
de I’), par M. Schneider, XIX, 75. 

Acides ( considérations chimico-thérapeutiques 
sur les), par M. Mialhe, XXII, 88. 

Acidité ou alcalinité de quelques liquides du 
corps humain dans l'état de santé et de ma¬ 
ladie (recherches sur l’état d’), par M. An- 
dral, XC, 318. 

Adresse à l'Assemblée nationale sur l’organisa¬ 
tion de l’assistance publique, par l’Associa¬ 
tion des médecins de Paris, CXXXVUI, 547. 
Affection tuberculeuse aiguë de la pie-mère 
(mémoire concernant trois cas d’), par M 
Michel Lévy, LXXIX, 314. 

Affections eczémateuses de la peau (quelques 
mots sur le traitement des), clinique de M. 
Cazenave, XCXI, 361. — saturnines ( consi 
déralions et recherches cliniques sur quel 
ques points de la pathologie et de la thérapeu¬ 
tique des), par M. Legroux. LXXII, 28C 
Agens adhésifs, CVIII, 430. 

Agostini (A.) de la paracentèse du thorax, 
vant la méthode du professeur Schuh de 
Vienne, XLVII, 185. 

Alaboissette, luxation du pouce réduite à l’aide 
d’une clé, procédé indiqué parM. Vidal fde 
Cassis), LXXI, 282. 1 

Albumine ( densité de 1’), de la fibrine muscu¬ 
laire, des tendons et des globules du sang) 
par M. Schmidt, XIV, 56. 

Aldéhyde (action aneslhénisante de 1’) par M 
Poggiale, XXX11I, 150. 

Alger (une visite à), par M. Roux, CXLV, 575. 
Algérie (acclimatement de 1’), par M Bonna- 
font, CXVIl, 463. 

Aliéné» (de l’alimentation des) qui se refusent 


à prendre de la nourriture, par M. Mar¬ 
chand ,1,4. — (alimentation forcée des), 
par M. E. Blanche XCVIII, 343. — (compte¬ 
rendu statistico-clinique de l’hospice des ) 
d’Astino , près Bergame , pendant l’année 
1845, par M. Fillipini-Frutoni, XXIX, 114. 
— ( examen médical et administratif de la 
loi du 30 juin 1838 sur les), par M. Lisle, 
LX, 237. 

Alopécie (des causes et du traitement de 1’), et 
en particulier des maladies du cuir chevelu 
qui produisent la chute des cheveux (clini¬ 
que de M. Cazenave), XCI, 361. 

Altération des billets de banque ( moyen de 
découvrir et prévenir les), CXVI, 462. 

Amande amère, son action et son emploi dans 
^hygiène de la bouche, par M. Deleschamps, 

Amaurose (emploi du phosphore dans 1’), par 
M. Liedbeck, XCVI, 342. — symptomati¬ 
que (observation d’), altération pathologi¬ 
que anormale do la substance cérébrale 
CXXXVIII, 549. 

Ambulances (nécessité d’organiser un service 
public d’), LXXVIIl, 307. — (sur la ques¬ 
tion des), LXXIX, 311. 

Aménorrhée (diagnostic et traitement de 1’). 
CXLV, 577. 

Amnios (observation d’hydropisie de 1’), par 
M. A. Chereau, V, 19. 

Amputations de la cuisse droite par la méthode 
à lambeaux; inspirations de vapeurs de 
chloroforme, clinique de M. Jobert (de Lam- 
balle), II, 6. — ( recherches stastistiques sur 
les), par M. Fenwick, LVII, 225. — des 
membres (des moyens d’assurer la réussite 
des), par M. Sédiilot, CXI, 440. 

Amussat. Procédé pour montrer l'altération du 
sang dans les expériences sur le chlorofor¬ 
me, I, 3. — Taille par le haut appareil, 
rigations contiuues d’eau tiède dans la v__ 
sie par la canule, plaie de l'hypogastre ; gué¬ 
rison, CLIt, 605. 

Anasarquede cause douteuse. (Clinique de M. 
Rayer), XXIX, 113. — qui succède à la fiè¬ 
vre scarlatine (considérations pratiques sur 
D, par M. Gosse, LX1V, 251. —consécu¬ 
tive à la fièvre intermittente (de l’efficacité 


de l'extrait du _ 
de quinine dans 
Forget, CXIX; 474. 

Anatomie ( dissertation sur le degré d’impor¬ 
tance que l’on doit accorder à 1’) dans la 
médecine proprement dite, par M. T. Calvo 
(de Bogota). (Analyse), XXX, 117. 

Ancelon. De l’opération du bec de lièvre prati¬ 
quée immédiatement après la naisance, 
LXXVI, 300. — Expertise médico-légale sur 
l'empoisonnement des poissons, XCII, 366. 
Anderson (Andrew). Compte-rendu des mala¬ 
dies traitées à l’infirmerie ophthalmique de 
Glasgow, XIX, 75. 

Andra!. Recherches sur l’état d’acidité ou d’al¬ 
calinité de quelques liquides du corps hu¬ 
main dans l’état de santé et de maladie, XC, 
318- — ( Clinique de M. ) Observation de 
pneummo-lhorax, datant de quatre mois, sui¬ 
vie de quelques remarques sur celte affec¬ 
tion, XXXV, 137. 

Andrieux (de Brioude). Emploi de l’enveloppe¬ 
ment hydrothérapique et de l’eau froide dans 
la période extrême de la fièvre typhoïde, 
XXXVII, 150. — Rhumatisme articulaire et 
sciatique aigus ; guérison par l’eau froide, 
XXXVI, 141. 

Anesthésie ( recherches cliniques sur 1’), sui¬ 
vies de quelques considérations physiologi¬ 
ques sur la sensibilité, par M. Beau, XIV, 
56. — locale par le chloroforme chez les 
animaux inférieurs et chez 1 homme (de la 
production de), parM. Simpson, XCIV, 371. 
Anesthésiques ( note sur les propriétés ) du 
chlorure d’hydro-carbone, du nitrate d’elhy- 
le, de la benzine, de l’aldehyde et du bi¬ 
sulfure de carbone, par M. Simpson, L, 197. 
Anévrisme de l’artère carotide simulant un ab¬ 
cès de l’amygdale, par M. Ducke, CI, 402. 
— de la crosse de l’aorte, compliqué d’épan¬ 
chement séreux dans la plèvre gauche, avec 
quelques réflexions sur le diagnostic de ces 
anévrismes ( observation d’). ( Clinique de 
M. Bricheleau , XCV , 377. — de l’artère 
guéri, oblitération 


Anglada. Réclamation de priorité sur l’emploi 
de la belladone dans l’incontinence nocturne 
d’urine, CXXVII, 506. 

Angleterre. Correspondance particulière de 
l’Union médicale. (Passim.) 

Animaux nuisibles ( pâte pour la destruction 
des), par M. Clommesny, CXXXVI, 541. 
Antagonisme (de Y) de la phthisie et des fièvres 
de marais, parM. Helfelt, XCIII, 330. 
Apoplexie cérébrale et maladies du cœur. (Cli¬ 
nique de M. Rayer), CXXXIX, 553. — du 
pout de Varole et des pédoncules cérébraux, 
parM. Herapath, L, 197. 

Aran (F.). Revue clinique (médecine). (Pas- 

Armée (de l’emploi de 1') aux travaux d’utilité 
publique, CX, 435. 

Arnal. De l’emploi de l'extrait aqueux de sei¬ 
gle ergoté dans les cas d’hémorrhagies in¬ 
ternes, XXI, 84. 

Arsenic (recherches sur la présence de 1’) dans 
les eaux minérales et dans les dépôts qn'elles 
fournissent par MM. Chevallier et Gobley, 
XL1V, 172. — (de l’emploi de 1’) dans le trai¬ 
tement des maladies chroniques et rebelles 
de la peau, par M. Hunt, LVII, 226. — (ob¬ 
servations nouvelles sur l’emploi des prépa¬ 
rations^!'), par M. Teissier, CV, 417.— 
(présence de 1’) dans quelques eaux naturel¬ 
les, par M. Caventou, VII, 28. 

Arsénièaux (emploi des) dans le traitement de 
U chorée. (Clinique de M. Rayer, XXIX, 

Arsénieux (acide) (nouvelle note sur la valeur 
relative de l’hydrate de sesquioxyde de fer et 
de la magnésie comme contre-poison de 1’), 
VII, 28. 

Artère pulmonaire (recherches sur les maladies 
del’). par M. Norman Chevers, I, 3. —sous- 
clavière droite (anomalies de 1’), entraînant 
une absence du nerf récurrent du même 
côté, XCI, 361. 

Arthrite localisée (de l’j et de son traitement 
par les cautérisations avec l’acide sulfuri¬ 
que. (Clinique de M. Legroux), CXXIX, 


Batut. Chorée générale , guérison par les bains 
tièdes prolongés, LXVIII, 269. 

Baume tranquille (note sur le), parM. Hurant, 
CIII, 409. 

Beau. Recherches cliniques sur l’anesthésie, 
suivies de quelques considérations physiolo¬ 
giques sur la sensibilité, XIV, 56. 

Bec de lièvre (de l’opéraiion du), pratiquée im¬ 
médiatement après la naissance, parM. Ance¬ 
lon, LXXVI, 299. 

Béclard. Recherches expérimentales sur les 
fonctions de la rate et de la veine porte, IX, 
36. 

Bégin (A.-J. L Jourdan), IX, 33. — des 
plaies par armes à feu, CXXVII, 504. 
Belhomme. Observation d’ectrogénie asymétri¬ 
que, V, 20. — Influence des événemens po¬ 
litiques sur la folie, LIV, 214. 

Belladone (de la) dans le traitement de l’in¬ 
continence nocturne de l’urine chez les en- 
fans et les adolescens, par M. Trousseau, 
CXXII, 483. — Id., par M. Loreau, CXXVI, 
502. — Id., par M. Anglada CXXVII. 506. 
Béniqué. Note sur les écoulemens chroniques 
de l’urètre, XCVI, 341. —Du traitement 
des rétrécissemens indurés de l’urètre, CI, 
400. 


Àrlhropathie de l’épaule, avec atrophie et pa¬ 
ralysie. (Clinique de M. Velpeau), XCVIII, 

scite asthénique chronique, injection iodée 
dans la cavité pénilonéale , guérison , par M. 
Rul-Ogez, XXXI, 122 et LXVIII, 269. 

Asechandilla. Observation de kyste hydatique 
traité avec succès par l’incision et l’injec¬ 
tion du suc de l'ellébore blanc, LXVIII, 
269. 

Asphyxie (considérations médico-légales sur 1’), 
par M. Bayard, CX, 438. 

Assistance publique ( projet de ’oi sur la réor¬ 
ganisation de I’), CXXXV, 535. — ( sur le 
projet de loi relatif à Y), CXXXVI, 539. — 
(du projet de lot présenté à l’Assemblée na¬ 
tionale par M. le Ministre de l’intérieur sur 
1’), CXLVI, 579. 

Association générale des médecins de Paris 
(compte-rendu des séances del’). (Passim). 
— nationale (rapport sur un projet d ), par 
M. Amédée Latour, LUI, 207. — (comment 
on entend 1’), LIX, 231. —(P) limitée et 
l’association générale, LVII, 223. 

Aslerlen. Passage des substances insolubles du 
canal intestinal dans le torrent circulatoire , 
LXXII, 284. 

Atrophie partielle des membres, suivie de quel¬ 
ques réflexions sur l’atrophie partielle et gé¬ 
nérale. ( Clinique de M. Rayer ), CXXXIX, 


de l’artère carotide primitive gauche ( ob¬ 
servation d’ ), par M. James Wishart, XIX, 
75. — poplité, traité par la galvano punc- 
ture (observation d’), parM. Palma, XXIX, 
114. —d'une branche de l'artère fémorale 
(observation d’une espèce rare d ), par M. 
Canton, CXXXVIII, 550. — de l’artère po¬ 
plitée , guéri en quatre jours par la com¬ 
pression , par M. Cusack, CXII, 446. 

Anévrismes de l'aorte thoracique (du diagnostic 
des), basé sur les signes physiques, par M 
R. C. Godding, XLVII, 184. — traumati¬ 
ques de l’artère axillaire ( mémoire sur les) 
par M. Jacquot, XCI, 321. 

Angine œdémateuse (cas remarquable d’), œdè¬ 
me inflammatoire de la glotte, guérie par la 
trachéotomie ; réflexions sur le diagnostic et 
sur le traitement, par M. Amédée Lefèvre, 
CVIf, 424. 


553. 

Aubinais. Résumé des principaux écr 

vertu obstétricale du seigle ergoté,__ 

quelques considérations pratiques, LIV, 213. 

Autoplaslie (de 1’) appliquée à la réparation 
des tissus cancéreux. (Clinique de ” ’ 1 
de Lambaile), LXX1II, 288. 

Avortement provoqué dans un cas d’extrême 
rétrécissement du bassin. Essai de l’électri¬ 
cité comme moyen de déterminer l’avorte¬ 
ment. Note historique sur l’emploi de l’élec¬ 
tricité et do galvanisme dans l’art des ac- 
couchemens ( Clinique de M. P. Dubois), 
XXIV, 94. 

Azote des végétaux (sur l’origine de 1’), par M. 
Boutigny (d’Evreux), LXF, 242. 


Bains dans la fièvre typhoïde (de l’emploi des) 
et de leur utilité dans le traitement, par M. 
Hervieux, CXXII, 485, -— russes ou slaves 
(des), L, 198. 

Barbier. Observation de fièvre typhoïde com¬ 
pliquée de croup laryngo-bronchique, IX, 
36. 

Barnes. De l’emploi de la potasse caustique 
comme rubéfiant et comme contro-stimulant 
dans certaines formes de maladies, LXVIII, 
269. 

Barrier. Note sur un nouvel appareil pour 
l’inhalation du chloroforme, XXXVII, 146. 
— Lettre sur le chloroforme à Lyon, CXLIX, 


Bonnet. Remarques sur l’emploi du chlorofor- 
dans la dysménorrhée, les douleurs uté¬ 
rines et les accouchemens, XXXIV, 131. 
Bensch. Sur la présence de la lactine dans le 
lait des carnivores, XIV, 56. 

Bentley Coot. Observation de rupture des cor¬ 
dons tendineux daus la valvule tricuspide 
du cœur, XLIV, 174. 

Bérard. Lettre sur la priorité de la théorie de 
la rétraction du poumon, IV, 16. — ( desti¬ 
tution de M.), doyen de la Faculté de méde¬ 
cine de Montpellier, II, 5. — De l’unité du 
genre humain, GLIII, 611. 

Béraud. Considérations sur le traitement de la 
fissure à l’anus par la dilatation forcée du 
sphincter anal, LVIII, 228. 

Bernard. Expériences sur les manifestations 
chimiques diverses des substances introdui¬ 
tes dans l’organisme, XXV, 98. — Observa¬ 
tions d’hémorrhagie cérébrale sans paraly¬ 
sie, XCVI, 381. 

Bernard (Camille). De l’organisation de la mé¬ 
decine nationale en France, LXXIII, 290. 
— De l’empirisme, CXXII, 483. 

Bernard (P.). Le médecin à la campagne. VII, 
25. — Médecine et gouvernement, XLVIII, 
187. — Le médecin de campagne à Paris, 
LVIII, 227. — L’homme et la profession, 
LXXVII, 303. — Le prix d’hygiène pour 
1850, CXXVIII, 407. — Les livres de mé¬ 
decine populaire, CXLII, 563. 

Bertrand de Saint-Germain. Des manifesta¬ 
tions de la vie et de l’intelligence à l’aide de 
l’organisation. LX, 237. 

Berton. De l'engourdissement des nouveau-nés 
et de son traitement, LXVI, 262. 

Bibliothèque médico-historique ( additamenla 
ad Led. Choulanti bibliolhecam raedico his- 
loricam specimen secundum edidit Julius 
Rosembaum ), analyse par M. Ravel, VI, 
23. 

Billing. Premiers principes de médecine, tra¬ 
duits par M. Chereau, LXIII, 249. 

Biol. Précaution hygiénique contre le diabète, 
CL. 597. 

Bird (Golding) et Wilton. Observation d'étran¬ 
glement interne de l’intestin, traité par l’o¬ 
pération et suivi de mort, II, 6. 

Bi-arsenite de quinine ( considérations sur 
l’emploi du) dans le traitement des maladir- 
de la peau, par M. Kingdon, L, 198. 

Blache. (Compte-rendu de la clinique des et. 
fans malades.) Des affections du larynx dans 
l’enfance ; leur diagnostic différentiel et leur 


(note sur les douleurs urélrales, suite de) 
par M. Vidal (de Cassis), CXIX, 474. 
Blennorrhée (injection contre la), par M. Ma- 
gaud, XIII, 51. 

Blenno-urétrile (du traitement de la), parM. 
Poullain, XXIII, 92, 

Blessés de Février (tableau des) reçus dans dif- 
férens hôpitaux de Paris, XXVI, 99. 

Blessés de juin. Services de M. Gerdy, de M 
Jobert, LXXVII, 304. — de M. Roux, 
LXXVIIl, 308. —de M. Velpeau, id., 309. 

— de l’ambulance des Tuileries, LXXIX, 311 
Blessures (notes et observations sur plusieurs 

cas de) reçues dans différens engagemens 
qui ont eu lieu dans le Sullege et dans son 
voisinage, par M. Williamson, XXX, 118. 

— mortelles dans lesquelles la cessation de 
la vie n’a pas été instantanée (Mémoire pour 

servir à l’histoire médico-légale des _et 

des plaies par arrachement de l’utérus et 
des intestins), par M. A. Tardieu, CXII, 445. 

Boabab, adansonia digitata (propriétés médi¬ 
cales du), XCI, 322. 

Boari. Emploi du seigle ergoté dans le traite¬ 
ment de la paraplégie, IV, 16. 

Boùnafont. Acclimatement de l’Algérie, CXVIl, 


traitement, LIV, 213. — Observation de 
pneumonie du sommet chez un enfant de 
quatorze ans ; dans la convalescence, déve¬ 
loppement successif de la scarlatine miliaire, 
de la variole et de la vaccine. — Quelques 
réflexions sur la complication des fièvres 
éruptives entre elles, LXII, 245. 

Blanche (E ). Sur l’alimentation forcée des alié¬ 
nés, XCVII, 343. 

Blanchel. Expériences pour combattre les 
cidens du chloroforme, I, 3. 

Blandin. Luxation du pouce, réduite à l’aide 
d'un instrument de préhension nouveau, 
LXV, 257. — (Clinique de M.) Desaccidens 
consécutifs à la ligature des polypes du pha¬ 
rynx. — Nécessité de pratiquer deux fois 
la trachéotomie à la suite d’uue semblable 
ligature. — Emploi d’une canule trachéale 
à soupape mobile; des avantages qu’elle pré¬ 
sente, IV, 14. — Quelques remarques sur la 
nécrosé des os maxillaires produite par des 
vapeurs phosphoriques. Ablation de la tota¬ 
lité de la mâchoire inférieure, etc., XXVI, 
101 . 

Blennorrhagie (nouveau mode de traitement de 
la), de la blennorrhée, de la leucorrhée, 
de la cystorrhée et de plusieurs autres flux 
muqueux à leurs diverses périodes, par M. 
Taddei,-LXVlI , 266. — chronique (des in¬ 
jections de cachou dans le traitement de là), 
par M. Pons y Guiméra , LXVIII , 269. — 


Botrel. De l’emploi du carbonate d’ammonia¬ 
que dans la scalatine. LXXI, 282. 
Bouchardat. Remarques sur l’emploi du quin 
quina dans les fièvres intermittentes, précé¬ 
dées d une observation de fièvre intermit¬ 
tente récidivant annuellement depuis 44 ans- 
XII, 48. v 

Boudin. Essai sur les lois pathologiques de la 
mortalité, X, 40. — De l’acclimatement en 
Algérie , XLI, 159. — Statistique médicale 
des armées, LII, 205. 

Bouillaud. Nouvelles recherches cliniques pro¬ 
pres à démontrer que le sens du langage 
articulé et du principe coordinateur du mou¬ 
vement de la parole réside dans les lobes 

antérieurs du cerveau , XXX , 117. _ 

(Compte-rendu de la clinique de), depuis le 
1?r avril 1848, parM. H. Lefebvre, XCI, 
319. — Discours de rentrée de la Faculté 
de médecine, CXXXI, 519. 

Bourdin. Du suicide considéré comme mala¬ 
die, V, 20. 

Bourgeois. Causes de la fièvre typhoïde et 
moyens d’en prévenir le développement en¬ 
démique et épidémique, notamment dans l’ar¬ 
rondissement de Beauvais, XXXI, 121. 
Boutigny (d’Evreux). Chaulagedu blé, XXXII, 
126. — Vues théoriques sur l’éthérisation, 
XIII, 51. — Sur l’origine de l’azote des 
végétaux, LXI, 242. 

Boyer (Lucien). Grenouillette très volumineuse 
déterminant des phénomènes d’asphyxie et 
contenant un liquide purulent, opération, 

Boyer (Ph.). De la cautérisation des bourre¬ 
lets hémorrhoïdaux par le fer rou»e consi¬ 
dérée comme traitement applicabîe aux di¬ 
verses variétés de cette maladie ; faits re¬ 
marquables de guérison. LXV. 262. 

Braconnot et Simonin. Sur les émanations des 
fabriques de produits chimiques, LIX, 234. 
Bricheleau (Clinique deM.). Des formes diver¬ 
ses de la pneumonie et en particulier de la 
pneumonie bilieuse et de son traitement. — 
Ob-ervalion de paraplégie traitée avec suc¬ 
cès par la brucine administrée à l’intérieur, 
LXX, 277. — Observation d’anévrisme de 
la crosse de l’aorte, compliqué d’épanche¬ 
ment séreux dans la plèvre gauche etc 
XCV, 377. 8 ’ * 


traitement des formes aiguës de la folie et 
en particulier de la manie. XXI, 83. — De 
l'influence des derniers événemens sur la 
folie, LXXXV, 335. - Quelques mots sur les 
lésions anotemiques de la paralysie générale 
des aliénés et sur l’existence de cette para¬ 
lysie sans aliénation mentale, CL11I, 612. 

Bromatologie végétale exotique ( Dictionnaire 
de), par M. E. Mouchon, XCI, 321. 

Bronchite (mémoire sur une distinction nouvelle 
de deux formes de la), par M. Beau, CXXXIV, 
554. — chronique ( emploi de la strychni¬ 
ne dans le traitement de la), par M. Clarke 
LXVIII, 269. 


’ûlures (heureux effets de l’eau froide dans 
les) graves et profondes par M. Kusien 
LVII, 226. 

Burd. Observation d'extirpation d’une tumeur 
de l’ovaire, pratiquée avec succès pendant la 
grossesse, XLII. 164. — Etiologie des abcès 
du foie, XCII, 323. 

Bureaux de bienfaisance de Paris (rapport sur 
l’organisation du service de santé des), par 
M. Cheresl, XLI, 102. 

Burrows. Recherches sur la péricardite tuber¬ 
culeuse, LIV, 212. 

Bussang (existence d’un produit arsenical dans 
les eaux de) et dans les dépôts de ces eaux, 
par MM. Chevallon et Schaenfèle, VII, 27. 































Bussy. Rapport sur la vente des substances vé¬ 
néneuses;, CIX, 433. — Réponse aux objec¬ 
tions sur l'emploi delà magnésie comme an¬ 
tidote de l'acide arsénieux, XIX. 75. 


c 


Cadet. Limonade purgative gazeuse eu poudre 
au citrate de magnésie, XLIV, 173. — Sirop 
de quinquina aqueux, LXI, 242. 

Caillots spontanés qui se forment aux extrémi¬ 
tés des artères divisées par les plaies d’ar¬ 
mes à feu, par M. Amussat, XCIX, 393. 

Calomel (le) exerce-t-il une influence spéciale 
sur la sécrétion biliaire? par M. Michea, 
CXXV, 495. 

Calvo('F.). Dissertation sur le degré d'impor¬ 
tance que l’on doit accorder à l’anatomie 
dans la médecine proprement dite, XXX, 
117. 

Camphre (observation d’empoisonnement par 
le), XIX, 75. 

Cantharides (observation d’empoisonnement par 
la teinture de), par M. Noale, XLVII, 185. 

Capsules médicamenteuses (nouvelles), par 
MM. Thévenot et Lavalle, CXLIX, 594. 

Capuron. Rapport sur un accouchement labo¬ 
rieux d’un fœtus à terme à deux corps bien 
conformés et développés, unis depuis le haut 
du thorax jusqu’à l’ombilic commun, terminé 
avec succès pour la mère sans opération 
sanglante, par M. Derien, LXXVII. 305. 

Carbonate d’ammoniaque (de l'emploi du) dans 
la scarlatine, par M. Boirel, LXXI, 282. 

Carrière (Ch. de). Marat, docteur médecin, 
LXX, 275. 

Cas judiciaires (revue rétrospective des) qui 
ont nécessité l’intervention des médecins 
dans l’arrondissement de Metz, par MM. Is- 
nard et S. Dieu. (Analyse), XXX, 117. 

Caséum .(emploi du) comme moyen de remé¬ 
dier aux inconvéniens propres à la gélatine 
et aux diverses substances qui servent à la 
confection des capsules médicinales, par M. 
Jozeau, XXXIII, 130. 

Cataplasmes (tissus spongieux pour), XIX, 75. 

Cataracte (de l’entrainement des parties anté¬ 
rieures du corps vitré pendant l’opération de 
la), par M. L. Boyer, XCV, 33S. — pier¬ 
reuse (de la), par M. Magne. XLIX, 192. 

Cataractes pierreuses (deux observations de) 
passées dans la chambre antérieure, par 
M. Rivaud-Landrau, XXXV, 138. 

Catarrhe sec (observations de) et signes ration¬ 
nels de cette maladie, par M. Montanari, 
XCIV, 375. 

Cathétérisme œsophagien (du) chez les aliénés, 
par M. E. Blanche, CXX1I, 484. 

Causeries hebdomadaires, par Jean Raimond. 
{Pamm.) 

Causes des maladies en général (quelques 
considérations sur les). Revue clinique de 
M. Chotnel, XIV, 55. 

Cautérisation continue (dè la) dans le traite¬ 
ment des ulcérations syphilitiques, par M. 
Ebrard, XL1II, 168. — Cautérisation (mé¬ 
moire sur la) considérée comme moyen de 
combattre les accidens qui surviennent à la 
suite des opérations, par M. Bonnet. LXXII, 
285. 

Cazenave (Clinique de M.). Des causes et du 
traitement de l’alopécie, et en particulier du 
cuir .chevelu, qui produisent la chute des 
cheveux. — Quelques mots sur le traite¬ 
ment des affections eczémateuses de la peau, 
XCI, 361. — Considérations sur les syphi- 
lides, leur diagnostic et leur traitement. — 
Quelques mots sur l'érylhènte centrifuge, 
CIV, 413. 

Cazenave (J -J.). Choix d’observations sur le 
coryza chronique, la panaisie, sur quelques 
maladies des voies urinaires chez l’homme 
et sur la lithotritie (analyse), XXXIII, 129. 

Caventou. Nouvelle note sur la valeur relative 
de l’hydrate de sesquioxide de fer et de la 
magnésie comme contre-poison de l’acide 
arsénieux, VII, 28. — Présence de 1 arsenic 
dans quelques eaux naturelles, VII, 28.— 
Nouvelle note sur la valeur relative de l’hy¬ 
drate de sesquioxyde de fer et de la ma¬ 
gnésie comme contre-poison de l’acide arsé¬ 
nieux, XII, 48. 

Cécile Combelte (affaire), XX, 80. 

Cérébrite. Hémiplégie du côté droit, perte de 
la mémoire des mots ; ramollissement géla¬ 
tineux du lobe cérébral antérieur gauche, 
CXXXVII, 545. 

Cerise. Quelques mots sur fes titres du docteur 
Bûchez à sa candidature pour l’Assemblée 
constituante, XL, 15S. 

Chapelle. Organisation médicale, LIX, 234. 

Chatain et Bouvier. Composition du sang dans 
un cas de scorbut, et dosage de la fibrine 
dans le sang humain, XXXII, 126. 

Chaulage du blé, par M. Bouligny, XXXII, 
126. 

Cheiloplaslie (nouveau procédé de), par M. 
Sédillot, III, 12. 

Cbereau (A.). Kyste pileux de l’ovaire droit, 
,guéri radicalement par l’incision après di¬ 
vers accidens, V, 19. - observation d’hy- 
dropisie de l’amnios, V, 19. —■ De l'hydéo- 
pisie de l’ovaire considérée sous le point de 
vue de son étiologie, LXV, 256. 

Chereau. Observation de développement anor¬ 
mal de la partie antérieure du crâne avec 
perte de la parole, XI. 43. 

Cherest. Rapport sur l’organisation des bu¬ 
reaux de bienfaisance de Paris, XLI, 162. 

Chevallier. Construction et art domiciliaire ; 
sur les avantages que présenterait la cons¬ 
truction de maisons destinées aux ouvriers, 
CI, 402. 

Chevallier et fiobley. Essai sur la recherche de 
l’iode et du brôme dans les eaux minérales, 
XIX, 74. — Recherches sur la prési nce de 
l’arsenic dans les eaux minérales et dans les 
dépôts qu’elles fournissent, XLIV, 172. 

Chevallier et Schænfèle. Existence d’un pro¬ 
duit arsenical dans les eaux de Bussang et 
dans les dépôts de ces eaux, VII, 27. 

Chevers (Norman). Recherches sur les mala¬ 
dies de l'artère pulmonaire, I, 3. 

Chevreul. Essai de cochenilles, LII, 205. 

Chlorate de potasse (du), dans les affections 
malignes de la bouche, par M. Frédéricq, 
XC, 358. 


Chloroforme (un mot sur une réduction de luxa¬ 
tion coxo-'fémorale à Raide du), par M. Payan, 

I, 3. (expériences sur les chevaux , tant 
avec le) qu’avec l’éther, ;par MM. Girardin. 
et Verrier. I, 3. — ( procédé pourdémon-' 
trer l'altération de couleur du sang dans les 
expériences sur le), par M. Amussat, I, 3. 

— (appareil destiné à l’inhalation du), par 
M. Guillon, I, 3. — (expériences pour com¬ 
battre les accidens déterminés par le), par 
M. Blanchet, I, 3. — (emploi du) à dose 
fractionnée, par M. Leriche, I, 4. — extir¬ 
pation d’une tumeur ganglionnaire -du cou, 
par M. Jobert de Lamballe, II, 6. — am¬ 
putation de la cuisse droite par la 'méthode 

■ à lambeaux, par M. Jobert de ’liambâlle,’ 

II, 6. — (emploi du) dans les maladies si¬ 
mulées , par M. Fix, II, 8. — (de la vente 
du), III, 11. — (nouvelles remarques sur les 
propriétés du ), par M. Sédillot, VI, 23. — 
(note sur cinq opérations pratiquées -avec, 
l’aide des inspirations de), et recueillies dans 
le service de M. le professeur Denonvilliers, 
par M. A. Verneuil, VIII, 31. —(nouveau 
procédé de ipréparation du), par MM. Hu- 
rant et Laroque , XIII ,51. — (emploi chi¬ 
rurgical du) et de l’éther, par M. Bouisson , 
XVIII, 70. — ( recherches expérimentales 
sur les modifications imprimées à la tempé¬ 
rature animale par l’éther et par le), par 
MM. Duméril et Demarquay, XVIII, 72.— 
(lettre sur un cas de mort par le), par M. 
Plouviez. — (observations sur le), par M. 
Aviat. — (application de) suivie de mort, 
XXI, 84. — (remarques de M. Te professeur 
Simpson sur le décès récemment attribué 
au ) , XXII, 87. — (de l’insensibilité pro¬ 
duite par le) et par l’éther, par M. Sédil¬ 
lot, XXIV, 96. — (nouveau cas de mort 
par le). — (emploi du) dans le tétanos, 
XXIX , 114. — (remarques sur l’emploi du); 
dans la dysménorrhée, les douleurs utéri¬ 
nes et les accouchemens , par M. Bennet, 
XXXIV, 131. — (note sur un nouvel appa¬ 
reil pour l’inhalaiioD du), par M. Barrier, 
XXXVII, 146. — (note sur deux cas de her¬ 
nie inguinale étranglée réduite après les in¬ 
halations de), par M. Guylon, XLVI, 182. 

— (emploi du) dans le traitement de la 
fièvre typhoïde , par M. Fairbrocher, LVIII, 
230. — (nouveau procédé pour la prépara¬ 
tion du), par M. Pierloz Feidmann, LXXIII, 
285. — (observation sur un cas de mort 
causée par l’inhalation du), par M. Gorré, 
XCII, 325. — (indications sur l’emploi du), 
parM. Valleix, XCIV, 331. - (nouveau 
cas de mort à la suite de l'emploi du), XCV, 
356. — (mort à la suite de l’inhalation du), 
par M. Robert, XCV, 337. — (moyens de 
prévenir la mort produite par les inspira¬ 
tions d’éther ou de), XCV, 35S. — ( précau¬ 
tions à prendre pendant l’inspiration du), 
par M. Blatin, XCVI, 542. —(de la pro¬ 
duction de Faneslhésie locale par le) chez 
les animaux inférieurs et chez l’homme, par 
M. Simpson, XCIV, 371. —(observations 
sur les effets da) à l’intérieur, par M. Os- 
sieur. CXXIV, 493. — (quelques mots sur 
l’emploi local du) dans les affections dou¬ 
loureuses (Clinique de M. Legroux), CXXIX, 
513, — (rapport sur le) fait à l’Académie 
de médecine, par M. Malgaigne, CXXX, 
517. — Opinion de M. Sédillot , CXXXII, 
526. — Opinion de M. Amussat, CXXXI1I, 
529. — Opinion de M. Blandin, id., 530. 
— Opinion de M. Gosselin, id., id. — 
Opinion de M. Renaut et de M. J. Guérin- 
CXXXV, 537.. — Opinion de M. Velpeau, 
CXLVIII, 589. — (emploi du) dans le téta’ 
nos traumatique, CXLVIII, 589.— (le) à 
Lyon, par M. Barrier, CXLIX, 590. 

Chlorure d’or (emploi du) pour reconnaître la 
présence d’une matière organique dans les 
eaux ordinaires, parM. Dupasquier,XXXIV, 
135. 

Choléra (quarantaines du), I, 2. — (le) à Saint- 
Omer, par M. Delpouve, CLI, 602. — (le), 
en Amérique, CLII, 603.—(le) en Belgique, 
idem. 

Choléra-morbus (renseignemens sur le), XIII, 
50. — (relation du), observé à Constantino¬ 
ple en 1847 et 1848, par M. Monneret, XL, 
155. — (traitement du) par des embroca¬ 
tions de piment, parM. Turnbull, L, 197.— 
(considérations pratiques sur le), par M.Ch. 
W. Bell, LXXIV, 293. — (traitement du), 
par M. Baudrimont, C, 397. — (lettre sur le) 
de Saint-Pétersbourg , Cil, 406. — (instruc¬ 
tions sur le) , adressées aux habitans par le 
gouvernement russe, CVII, 426. — (causes 
du), par M. Foureault. CVIII,,427. — (le) 
est-il à Paris, CIX, 431. — (le) est-il à Lon- 
dresj CX, 454. — (le), CXII, 443. — (docu- 
mens communiqués sur le), CXII, 444. — 
CXV. 456. —(de l’étiologie, de la prophylaxie 
et du traitement du) qu’on observe actuelle¬ 
ment en Russie, CXVIII, 467. — (documens 
communiqués sur le), id. — (note sur l’état 
d’alcalinité de quelques liquides du corps 
humain dans le). parM. Burguières, CXVIII, 
470. — (causes générales du), première ap¬ 
plication de la géologie à la médecine, par 
M. Foureault, CXX, 475. — Le choléra en 
Angleterre, CXXI, 479. — (instructions sur 
le) et avis relatifs à la loi pour elotgner les 
causes d’insalubrité et prévenir les maladies, 
publiés par le conseil général de santé d’An¬ 
gleterre , CXXUI , 487. — (de l’emploi du 
haschich dans le), par MM. Moreau et Ville- 
min, CXXIV, 491. — (influence du) sur les 
proportions des sexes dans les naissances, 
CXL, 556. 

Chomel (compte-rendu de la clinique de M.), 
Quelques considérations sur les causes des 
maladies en, général. — De la néphrite albu¬ 
mineuse considérée dans ses rapports comme 
cause et comme effet, avec la péricardite et 
l'affection tuberculeuse, XIV, 55. 

Chorée (emploi des arsenicaux dans le traite¬ 
ment de la). (Clinique de M. Rayer) , XXIX, 
113. — (recherches sur quelques points de 
la) et sur la chorée électrique, par M. Etsen- 
mann, XXII, 85. 

Chorée générale, guérison parles bains prolon¬ 
gés, par M. Batut, LXVIII, 269. 

Chrestien. Déterminer l’action des médicamens 
administrés à haute dose, et les cas dans les¬ 
quels ils doivent être préférés, LIX, 233. I 

Chute sur les pieds, fracture par contre-coup de I 


la colonne vertébrale, etc., parM. Laforgue, 
LXXV, 297. 

Ciguë (nole sur quelques préparations de), par 
M. Huraut, CIII. 409. 

-CircdlTltion du sang (sur la),'par-M. Wefnner, 
LIV, 213. 

Citrate de magnésie, par MM. Thevenot 
Maurg, XCIV, 334. 

Clarke. Emploi de la stychnine dans le traite¬ 
ment de la bronchite chronique, LXVIII, 
269. 

Clément. Emploi de l’oxide de zinc dans la pein¬ 
ture à. liuile,^XXIl,.lB6. 

Clientèle ((la) d’un médecin m'est pas dans le 
commerce, III, d2. 

'Coca'(le), nu lraséhich du Pérou,-CIV,-444. 

Cochenilles (essai de), par M. Chevreul , LII, 
205. 

Cock. Observations sur quelques formes obscu¬ 
res et embarrassantes des hernies, LI, 201. 

-Cœur, (obsecvalions.pour. servir à 1 histoire de là, 
nature et du caractère de l’inflammation du), 
par M. David Craigie, XXX, 118. — (obser¬ 
vations de dégénérescence encéphaloïde du), 
parM. Hewett, XXXIV;>153.— (observations 
de rupture des cordons tendineux de la val¬ 
vule tricuspide du), avec quelques remarques 
par M. Bentley lood. XLIV, 174. 

Colas. Pastilles de manne, LXI, 242. 

Colin. Epidémie de dyssenterie observée à l’Hô¬ 
tel-Dieu de Paris,,dans le service de M. Louis,' 
LVII, 225. 

Colique végétale observée à Paris, par M. Val¬ 
leix, LV, 216. 

Collège de France (notice sur l’histoire du), 
XLV, 175. 

Collodion (notice sur le), .par M. Malgaigne, 
CVI, 420. — (lettre sur le), par M. Mialhe, 
CVII, 426. — (lettre sur le), par M. Salmon. 
CVIll, 430. — (sur l’emploi du), par M. 
Yvonneau, CXXXVI, 559. 

Comité d’hygiène (le), CV, 415. 

Commission (la) des hautes études médicales, 
XXX, 115. 

Commission sanitaire (nomination d’une nou¬ 
velle), XII, 45. 

Compression (observation d’anévrisme de l’ar¬ 
tère poplitée, guérie en quatre jours par la), 
par M. Cusack, CXII, 446. 

Conciliation (moyen de) et de concorde, LXIV, 
25t. 

Concours pour une chaire de clinique externe à 
la Faculté de Paris, VII, 28. — XVI, 63. — 
XVII, 77. —(fin du), nominatiou de M. Lau¬ 
gier, XXVII, 143. — pour une place de pro¬ 
fesseur d’anatomie et de physiologie à Tou¬ 
lon, XV, 57. — (note sur le) appliqué aux 
chaires de professeurs, par M. Piorry, XXII, 
85. 

Concrétion intestinale (nouveaux détails sur 
un cas de), par M. Robert Turner, XIX, 75, 
— (sur les), par M. Fauconneau Dufresne, 
XX, 79. 

Congestion cérébrale (mémoire sur la), par 
M. Durand Fardel, LIV, 214. 

Congrès médical (commission permanente du), 
(réunion du), V, 17. — (circulaire de la 
commission permanente du), XI, 41. — id. 
id. XIX, 75’. — (réunion de la commission 
permanente du), avec MM. les présidens, etc., 
des sociétés et associations médicales de Pa¬ 
ris, XXIII, 89. 

Congrès scientifique de Venise, XXX, 115. 

Conseils de discipline (des), parM. Parchappe, 
XX, 77. 

Conservation du bois de construction, par MM. 
Hutin et Bouligny, XCIV, 534. 

Constitution médicale du quatrième trimestre 
de l’année 1847, XXXI, 122. — du premier 
trimestre de 1848, CVI, 421. 

Constriction spasmodique du col utérin pendant 
l’accouchement (de la), par M. Scanzoni, 
CXXXVII, 544. 

Constructions et art domiciliaires , sur les avan¬ 
tages que présenterait la construction de mai¬ 
sons destinées aux ouvriers, par M. Cheval¬ 
lier, CI, 402. 

Consultation demandée à l’Union Médicale rela¬ 
tive au secret, II, 8. 

Cordier. Sur la possibilité de faire disparaître, 
par le tatouage, certaines taches ou nœvi 
materni de la peau, XLVIII, 189. 

Corps étrangers dans l’articulation du genou 
(des), clinique de M. Velpeau, LXIII, 249. 

Corps étrangers dans la vessie chez les femmes 
(remarques pratiques sur les) et sur la taille 
urétro-veslibulaire, par M. Pelrequin, XCI1I, 
369. — dans l’œsopbage; lettre sur une 
pièce de 5 francs avalée et arrêtée dans 
l’œsophage, par M. Foulquier- Lavergne, 
CLII, 606. 

Corps médical (mouvement du), démarche de la 
société médicale du quatrième arrondissement 
de Paris, auprès du député de cet arrondisse¬ 
ment, 1, 1. — (de l’organisation générale du) 
et de la nécessité d’établir une direction cen¬ 
trale de la santé publique, par M. Faucon¬ 
neau Dufresne, XIX, 75. — (comment le) 
peut changer ses destinées ; bases de l’asso- 
ci tion nationale des médecins de France, 
XLIII, 167. — (projet d’une manifestation 
do), par M. Renouard, XLVII, 183. — 
(le) ne possède pas assez, LXII, 243. 

(Correspondance de Toulouse, XXI, 81. 

ICorrespondances (les) de l’Académie de méde¬ 
cine, IX, 33. 

ICoryza chronique (choix d’observations sur le), 
la punaisie, etc., par M. J.-J. Cazenave, 
XXXIII, 129. 

ICourage et confiance, XXVI, 99. 

ICourlin. De la dyspepsie à propos de la consti¬ 
tution médicale de 1847, XCVIII, 387. 

iCourlive (E. de). Le haschich, observations 
médico-physiologiques sur l’emploi de cette 
substance, L, 195. 

(Cow-pox (description d’une éruption de faux) , 
par M Simonin, XVII, 106. 

Craigie (David). Observations pour servir à 
1 histoire de la nature, et du caractère de 
l’inflammation et de la suppuration du cœur, 
XXX, 118. 

■Crampe des écrivains, par M. Sandras, XCVIII, 
550. 

Crâne (développement anormal de la partie an¬ 
térieure du), avec perle de la parole, -par 
M. Chereau, XI, 45. 

Criquelion. Préparation de l’iodure de potas¬ 
sium, LII, 205. 

Crisp. Traité sur la structure , les malâdies.et 


les lésions physiques des vaisseaux sanguini, 
(analyse), XII, 45.’ 

Cromwell (Olivier) 'malade, 'par M. Richelot. 
CXXXIU. 527. 

Croup (essai clinique-sur le) shez -tes enfans, 
parM. Vauthier, XCII1, 329. — (leçons sur 
le), par M. West, LXXIII, 289. 

Cuivre physiologique, par M. Deschamps (d’A- 
vallon), IX, 36. 

Gyclope humain aslome (dissection d’un), par 
M. Robert Allan, CI, 402. 

Cynoglosse (note sur les pilules de), par M. 
Mialhe, XI, 43. — (réhabilitation des pilules 
dé),ipariM. Dorvault, XVII, 67. 


Dagincourt. Recherches sur la nature, la cause 
et le traitement de la fièvre entero-mésentéri- 
que ou typhoïde, XXXI, 122. 

Daremberg. Analyse de la notice de M. \ 
sur les instrumens de chirurgie trouvés à Her- 
culanum, XXXII, 126. 

Davies (David). Observation 'duipassage d’i 
penny dans le canal alimentaire, L, 197. 

Débridement des plaies d’armes à feu (opinion 
deM. Vidal (de Cassis) sur le),.XCIX, 591. 

Debrou. Remarques sur le diagnostic des frac¬ 
tures incomplètes des os, avec une-nouvelle 
observation de cette espèce de fracture, XIV, 
56. .— Nouvelle observation de luxation de 
champ ou verticale de la rotule, avec ré¬ 
flexions sur cette luxation, LVII, 226. 

Décoloration des vins par le quinquina (note 
sur la), parM. Soubeirans, LVIII, ,229. 

Delescbamps. De l’amande amère, son action 
et son emploi dans l’hygiène de la bouche, 
VII, 28. 

Délire dans un cas de phthisie deux jonrs avant 
la mort, par M. Pleltinck, V, 20. —.(dp) 
dans la pneumonie, par M. Grisolle, IX, 33. 

Delirium Iremens traité avec succès par le 
chloroforme , par M Warwick, L, 197. 

Délivrance naturelle (observation de) après des 
efforts infructueux , par M. Passaguay, 
XII, 48. 

Demarquay. De la ligature du voile du palais, 
des amygdales et de la langue, d'après le 
procédé de M. Blandin, XXXVII, 144. 

Depierris (A.) Traité de physiologie générale, 
ou nouvelles recherches sur la vie et la mort 
considérées dans la nature, -dans l’animal et 
dans l’homme, LXIII, 250. 

Désarticulation de la cuisse, pratiquée pendant 
le sommeil chloroformique, par M. Olivarès, 
LXX, 278. 

Deschamps (d’Avallon). "Note sur le cuivre phy- 
siogique, IX, 36. 

Deslerne. De l’hystérie chez l’homme, du 
tement du paroxysme hystérique par le chlo- 
forme, CXV, 455. 

Destitutions (les), LXI, 239. 

Deval. Note sur les affections vénériennes de 
l’œil et sur une forme insidieuse de l’ophtal¬ 
mie syphilitique, III, 12. 

Devergie (A.). Quelques réflexions sur l’organi¬ 


sation de l’administration centrale des hôpi¬ 
taux et hospices civils, XXXI, 118. 

Deville. Sur quelques propriétés chimiques du 
soufre, XXXIV, 153. 

Devilliers. Recherches sur les hydropisies chez 
les femmes enceintes, XXXIX, 153. — LXII, 
246. 

Diabète (précaution hygiénique contre le) par 
M. Biol, CL, 597. 

Dieu (S.) Traité de matière médicale et de thé¬ 
rapeutique, précédé de,considérations géné¬ 
rales sur la zoologie, et suivi de l’histoire des 
eaux naturelles (analyse) XXI, 82. 

Digitaline (de l’emploi de la), de ses effets phy¬ 
siologiques et de ses avantages thérapeuti¬ 
ques, par M. Hervieux, XCVI, 342. 

Dispensaire (le), CXXI, 482. 

Dominique (Joseph). Histoire de la profession 
médicale depuis les temps les plus reculés 
jusqu’à nos jours, VI, 21 et suiv. 

Dorvault. Du sulfure sulfuré de calcium comme 
dépilatoire, et de son action sur diverses 
productions animales, CXXVI, 501. — Ré- 
habilitation des pilules de gynoglosae, XVII, 
67. 

Dosage du sucre dans l’urine des diabétiques 
par le saccharimètredeM. Soleil, par M. Les- 
piau, LVI, 222. 

Doyen (le) de la Faculté de médecine, XXVIII, 
107. 

Draps (maladies des ouvriers employés dans 
les manufactures de) VI, 24. 

Dubois (Paul) Compte-rendu de la clinique d’ac- 
coucbemeht. Avortement provoqué dans un 
cas d’extrême rétrécissement du bassin, et 
essai de l’électricité comme moyen de déter¬ 
miner l’avortement, XXIV, 94. 

Dubois (d’Amiens). Eloge de Broussais, CXLIV, 

' 573. 

Dubreuilh (fils).Rhumatisme articulaire aigu avec 
coïncidence de rhumatisme articulaire. Gué¬ 
rison par le sulfate de quinine à haute dose, 
XXII, 87. 

Dubreuilh. Du sulfate de quininé comme moyen 
prophylactique de la fièvre puerpérale, XLIX, 
,194. 

Ducos (de Tours). Des bains de sublimé dans 
les affections cutanées non fébriles chez les 
très jeunes eufans, VIII, 32. 

iDufrène Chassaigne. Mémoire sur la résection 
des vaisseaux qui rampent sous la conjonctive 
dans quelques cas de kératite ulcéreuse re¬ 
belle, LXIX, 271. 

IDupasquier. Emploi du chlorure d’or pour re¬ 
connaître la présence d’une matière organi¬ 
que dans les eauxordinaines, XXXIV, 153. 

Durand-Fardel. Mémoire sur la congestion cé¬ 
rébrale, LIV, 214. 

(Durée du travail dans les lycées et autres éta- 
blissemens d’instruction publique (lettre cir¬ 
culaire adressée à MM. les proviseurs des 
lycées par la commission d’enquête sur la) 
LVI, 220. 

(Dysménorrhée (diagnostic et traitement de la), 
CXLVIII, 588. 

Dyspepsie (de la), à propos de la constitution 
médicale de 1847, par M. Courtin, XCVII, 
387. 

Dyssenterie (note sur l’expérimentation compa¬ 
rative de quelques médications dans le trai¬ 
tement de la) et des autres flux intestinaux 
des régions chaudes extra-tropicales, par 


M. Lucien Papillâud, XXI, l 84. — (Epidémie 
de) observée à l’Hôtel-Dieu de Paris dans le 
service de M. Louis, par M. Coliger, LVII, 
225. 

Dystocie par suite du volume monstrueux du 
fœtus ; mort de ce dernier ; fistule vésieo- 
vaginale consécutive ; guérison, par M. de 
Felayo, CIII, 410.. 

E 


Eau acidulé ferrugineuse de Doulaux, par M. 
Legris, XIX, 75. — de fleur d’oranger (Con¬ 
servation de 1’), par M. Heydenreicb, XIV, 
56. — de plomb (Bons effets de 1’) dans l’é¬ 
tranglement herniaire, par M. Haessebroug, 
CXLI, 561. — froide (de l’emploi de 1’) 
comme topique dans le traitement de quel¬ 
ques affections chirurgicales, par M. de Herdt, 
CLII, 607. 

Eaux minérales arsénicales (Tableau des), par 
MM. Chevallier et Sohaenfèle, CIII, 409. 

Eaux minérales (Sur le iétablissement de la 
place d’inspecteur général des), par M. Mè- 
ge, III, 12. 

Eaux de Paris (Des), par MM. Boulron et O. 
Henry, CXXIX, 514. 

Ebrard (De Bourg). De la fièvre intermittente 
chez les.enfans. — De la gangrène paludéen¬ 
ne. — Des fébrifuges et des différentes ma¬ 
nières de les administrer, IV. 15, V, 17, VI, 
21,—De la cautérisation continue dans le trai¬ 
tement des ulcérations syphilitiques, "XEIII, 
168. 

Ecorce de boabab contre les fièvres paludéen¬ 
nes (De l’emploi de 1’), par M. Duchassaing, 
LXXV, 297. 

Ecoulemens chroniques de l’urètre (Note sur 
les), par M. Béniqué, XCVI, 341. — 
(Des rapports qui existent entre les) .et 
les rétrécissemens de l'urètre, par M. Mer¬ 
cier, CXXVIII, 509. — (des) provenant des 
affections diverses des organes génitaux de 
la femme et de leur traitement, par’M. Hé- 
douin, CLII, 605. 

Ectrogénie asymétrique (Observation d'), .par 
M. Belhomme, V. 20. 

Eczéma chronique (Pommade contre 1’), par M. 
Mialhe, XXVIII, 110. 

Egalité de la vie humaine (Del’), parM. P. 
Bernard, XLfl, 163. 

Eisenmann. — Recherches sur quelques points 
de la chorée et sur la chorée électrique, XXIf, 

851 

Elaterium (mormodica elaterium), (Expériences 
sur l’action physiologique et thérapeutique de 
la racine‘d’), par M. F. Lavagna.'II, 7. 

Elections (Ce que nous ferons aux), XXXII, 
125. 

Electricité galvanique (De l’emploi de 1’) dans 
le traitement de certaines paralysies des 
membres inférieurs, par M. C. James, 
XXXV.II, 146. 

Electro-magnétisme (De T) dans les accouche¬ 
mens, par M Erank, LXV, 258. — (Obser¬ 
vations sur l’emploi médical de T), par M. 
Christophers, XCVI!, 382. 

Embarras gastrique (De 1’) considéré sous le 
point de vue de ses complications, par M."Le- 
pellelier, LXXIII, 287. 

Empirisme (De 1’), par M. Camille Bernard, 
CXXII, 483. 

Emplâtre de Bavière (Histoire, qualités, usages, 
recette véritable et préparation de 1’), spé¬ 
cialement employé dans le service de la Cli¬ 
nique chirurgicale, pour comprimer les tu¬ 
meurs blanches des parties dures, VIII, 52-. 

Empoisonnement par le beurre d’antimoine, 
par M. Weiden Coôke, XCVI, 381.—par 
Je camphre (Observation d’), XIX, 75.—par 
la digitale pourprée, par'M. Callevillé, C, 
'397. — par la teinture de colchique; traite¬ 
ment par l’eau iodée; guérison, par M. Le¬ 
roy des Barres, C, 597.— continu (Un), 
LXXIII, 287. — des poissons (Expertise mé¬ 
dico-légale sur I’), XGH, 366. 

Emprisonnement cellulaire flnfluence de 1’) sur 
la production de la folie, IV, Î3. 

Empyème (Observation d’), avec déplacement 
du cœur, traité par la thoracentèse, etc., 
par M. Macintyre, CXLI,'561. 

Encéphalite (Des frictions mercurielles dans le 
traitement de 1’), par M. Privât, LXXII, ,285. 

Encre pour marquer le linge, par M. Bedwood, 
XXVI, 102. 

Endocarde (observation de dégénérescence en- 
cephaloïde de 1’), par M. Orroerod, XXXIV, 
134. 

Engourdissement des nouveau-nés (de 1') et de 
son traitement, par M. Berton, LXVI, 262. 

' Enquête clinique ( rapport sur la proposition 
présentée à l'Académie nationale de méde¬ 
cine, par M. Bouillaud, de faire une) pour 
déterminer la médication que l’on doit pré¬ 
férer dans le traitement de la fièvre typhoï¬ 
de, par Martin-Solon, LXI, 239. 

Enteroraphie, ascite-kyste de l’ovaire, opéra¬ 
tion de hernie crurale, suture de l’intestin 
datant de douze ans ; anatomie pathologique, . 
parM. Jobert de Lamballe, XXXVII, 145. 

Epauchemens pleurétiques (quelques observa¬ 
tions d') suivies de remarques sur la thora¬ 
centèse, par M. Saurieu, XCVII, 345. 

I Epidémie dans le nord de l’Ecosse, I, 4. 

' "pilepsie (traitement de. I’) par les frictions 
stibiées sur la tête, par M. Mettais, XVIII, 
72. — traitée par l’artériotomie épicrâ- 
niène et suivie de quelques réflexions sur 
l’étiologie de cette affection, par M. Peraire, 
LXIV, 254. — (emploi de la cautérisation 
syncipitale contre 1’), par M. Lebreton , 
CXXVIII, 510. 

1 Ergot de seigle (sur T), par M. Guibourt, 
XLVIII, 189. 

(Eruption (lettre sur 1’) qui se produit aux par¬ 
ties génitales chez les sujets soumis aux fric¬ 
tions stibiées, par M. Siméon, XXXIII, 130. 

(Erysipèle (de 1’), dans la convalescence ou 
dans la période utérine des maladies graves, 
par M. Hervieux, I, 5. — traumatique et 
son traitement (recherches cliniques sur T), 
par M. Macquet, IV, 16. 

iEscalier (E.). Phlegmon ganglionnaire de la 
région parotidienne gauche ; ponction avec le 
bistouri ; résolution rapide, "X, 39. — Sur le 
traitement prophilaclif et curatif de l’hé¬ 
morrhagie utérine après l’accouchement, et 






sur. fa compression de l’aorte en particulier, 
XVIII, 69 , 

Eslhiomène de la région vulvo-anale v de 1 ), 
par M. Huguier, XVIII, 72. 

Etat hygiénique de la Basse-Egypte, CXIV, 


Ether (emploi de 1’) dans un cas de tétanos, 

guérison, par M. Hopgood, LYIH, 230, __ 

Ethérisation ( vues, théoriques sur 1' ), par M. ferrugineuses, VII, 27._ 

Boutigny (d’Evreux), XIII, 51. — (de ’l*) en Fissure à l’anus (considérations sur le 
médecine, et en particulier sur son utilité 
" “ er, XVIII, 70. 


315. — (expériences sur 1’), par M. Coze, 
CL, 598. 

Ethérisme hypochloreux, par M. J. Roux, I, 
1, II, 5. - 

étranglement interne de l’intestin (observation 
d’) traité par l’opération et suivi de mort, 
par MM. GoMing Bird et Hilton, II, 6. — 1 
herniaire (mémoire sur 1’) et sur l’emploi du 
chloroforme pour sa réduction, par M. Gui- 
ton , CXXVI11, 549. — intestinal ( emploi 
d’une nouvelle médication pour combattre les 
accidens dépendant d’un arrêt dans le cours 
des matières slercorales, désignés sous le 
nom de symptômes d’), par M. Homolle, 
CXXXVIli, 547. 

Etudes sur l’état physiologique 'et pathologique 
de la surface interne de l’utérus, après l'ac¬ 
couchement, par M. F. Colin, Cil, 405. — 
statistiques propres à éclairer ces questions : 
La fréquence proportionnelle, la nature, les 
principaux caractères des maladies ont-ils 
subi, dans le cours des siècles, d’aussi gran¬ 
des modifications qu’on le prétend? par M. 

’ Valleix, CI, 399. 

Eupatorium perfoliatum ( recherches sur 1’ ) 
dans le traitement de la grippe, par M. Pee- 
bles, XIII, 52. 

Extirpation du calcanéum- et de l’astragale; 
résection des deux malléoles) par M. Wee- 
den Cooke, L, 197. 

Extraits préparés dans le vide ( considérations 
sur les), parM. Grandval/CLII, 606. 


Faculté de médecine à Lyon (Une),CXI, 439. 

— (Pourquoi une), CXIV, 451. 

Faculté de Strasbourg (Réclamation de la), 
CXXV, 495, — (Nouvelle communication de 
la), CXXVIII, 507. 

Faculté de médecine de Paris (que -se passe-t- 
il à la), CLII, 603. 

Facultés de médecine (Pourquoi de nouvelles), 
CXIII, 447.' 

Facultés (Les) et les écoles préparatoires de 
decine, CXLV, 575. 

Fairbrocher. Emploi du chloroforme -dans la 
fièvre typhoïde, LVIII, 230. 

-Falsification des farines (Moyen de reconnaître 
par l’extraction du gluten les), par M. Vil- 
slain, CXXIX, 514. — :du sucre de canne 
{Emploi de. la voie chimique pour décéler 
la), etc., parle sucre ou le sirop de fécule, 
par.'M. Reich, VII,-27. — du sucreten pains, 
des sirops et des miels, par le sucre de fé¬ 
cule ou glucose, par M. Guibourt, XLVIII, 


485. — intermittentes miasmatiques (Des) ; 
de leur nature; r. .airelle théorie de l’inter¬ 
mittence, par M. Masurel, LXXIfl, 289,-—' 
avec albuminurie (Quelques observations de), 
par M. Néret, I, 4. — (Note sur un signe 
particulier dans l’imminence des récidives 
des), par M. RenéVanoye, CXXIV, 495. 

Filhol. Analyse des dépôts de plusieurs sources 


dans l’épilepsie, par M. Plouvier, XVIII, 70. sphincter anal, par M. Béraud, LVIII, 228. 
point de vue de la médecine légale. Fistule à l’anus (de l’applicaliou du spéculum ï 

' " ■ - l’iAsi-alinn Hp Int nar TVÎ Hnoriiipr \r.VTTT 


l’opération de la), par M. Huguier, XCVIÏI, 
350. 

Fistules du canal de l’urètre (sur le traitement 
des) , par M. O’Ghea. CXLI, 561. — urinai¬ 
res consécutives à la taille chez les enfans 
(quelques remarques sur le traitement des). 
(Clinique de M. P. Guersant), CXXXIV, 533.. 

— vésico-vaginales) rapport de K. Lallemand 
sur quatre observations de guérison de), par 
M. Jobert de Lambaile, IX. 36. 

Fix. Emploi du chloroforme dans les maladies 
simulées. Il, 8. 

Fleury (L.), Note sur un cas de polydipsie, 
traitée avec succès par le calomel et la sali¬ 
vation, LXII, 246. 

Foie (étiologie des abcès du), par M. Burd, 
XCII, 323. 

Foissac. Rapport sur les marais salans, XC, 
315. 

Folie (sur l’emploi des bains prolongés et des 
irrigations continues dans le traitement des 
formes aiguës de la), et en particulier de la 
manie, par M. Brierre de Boismont, XXI, 83. 

— (de la) dans le régime pénitentiaire, par 
M. Joret, III, 11. — (la) devant les tribu¬ 
naux et devant la science , à l’occasion du 
rapport des médecins sur l’état de M. le 
comte Mortier, XXIV, 96. — Influence des 
événemens et des commotions politiques sur 
la production de la), par M. Belhomme, 
LIV, 214. — (de l’influence des derniers 
événemens sur la) , par M. Brierre de Bois- 
mont, XCV, 335.. 

Forget ( Amédée). Revue clinique, chirurgie 
( Passim ). - . 

Forget (A.). Rapport sur la nomination des 
chirurgiens de la Garde nationale, XLV, 


Garde nationale (sur les élections des chirurgiens 
delà), XL, 155. XLII, 163. — (Décret du 
gouvernent provisoire sur la nomination du 
service de santé de la), «LUI, 207, 

Garot. Tartrgle double de potasse et de ma- 
’ gnésie, et acétate de magnésie, XXVIII, 
109. 

Çarrod. Mémoire sur la nature; les causes et 
la prophylaxie du scorbut, XX, 78. 

Gaillard. Des officiers de santé, XXXI, 122. 

Gaultier de Claubry. Culture de l’opium dans 
l’Arménie, XXVI, 102. ' 

Gavarret. Discours de rentrée de la Faculté de 
médecine, CXXXI, 519. 

Gelée pectorale de fruits, par M. Mothes, CL. 
558. 

Gencives (de l’état de) chez les phthisiques, 
par M. Frédéricq, V, 20. 

Génoplâslie (delà) par la méthode française, 
(Clinique de M. Jobert de Lambaile), XCVII, 
345. 

Geoffroy Saint-Hilaire (Is.). D,e la naturali¬ 
sation des nouvelles espèces domestiques, 
CXIX, 47.1 

Germination ( influence de l’eau dans l’acte de 
la), parM. Cap, CXIV, 454 

Gibert. Remarques nouvelles sur l’emploi de 
l’huile de cade et de divers produits bitumi¬ 
neux, résineux empyreumatiques, dans le 
traitement des affections dartreuses, XV, 60. 

Girardin et Verrier. Expériences sur les che- 
tant avec le Chloroforme qu’avec l’éther, 


176. 


tion des mercuriaux hors les cas de syphilis, 1 
XXXVIII, 149. — De la curabilité et du 
traitement de la phthisie pulmonaire, LXXI, 


Farcin (topique Terrât contre le), XIII, 51. 

Farines (Essai des), par M. Marulle, XIII, 51. 

Fauconneau-Dulresne. De l’organisation géné-i 
_ raie du corps médical et de la nécessité d’é¬ 
tablir une direction centrale de la santé pu¬ 
blique. XIX, 76. — Emploi du sulfate de 
quinine dans le rhumatisme articulaire, 
XXVIII, 110. — Michel Servet, LU, 205. — 
Etude médicale sur Molière, LXI, 239. — 
Elude historique sur l’hepatocèle, LXXIX. 
513. 

Favrot. Nouveau procédé très simple pour la li¬ 
gature des polypes, XIII, 52. 

Fécondations artificielles appliquées à l’élèvej 
des poissons (Des), par M. Qualrefagcs, 
CXXVII, 505. 


Fenwick. Recherches statistiques sur les, ampu¬ 
tations, LVII, 225. 

Ferrugineuses (Analyse des dépôts de, plusieurs 
sources),, par M. Filhol, VII, 27. 

Feuilleton (Dans tous les numéros). 

Fièvre enlero-mésentérique ou typhoïde, (Re¬ 
cherches sur la nature, la cause elle Iraile- 
” ment de la),par M. Dagincourt, XXXI, 122.— 
ou enlero-mésentérique typhoïde (Eludes cli¬ 
niques sur l’épidémie de), qui a régné à Pa¬ 
ris,pendant l’été de ,1816, par M. Hillairet, 
XXIII, 90. — intermittente (De la) chez les 
enfans; de la gangrène paludéenne; des fé¬ 
brifuges et des différentes manières de les ad¬ 
ministrer, par M. Ebrard (de Bourg), IV, 13, 

V, 17, VI, 21. — chez les jeunes enfans 
(Considérations sur la), parM. Vàllêix.CXX, 
476. — puerpérale (Emploi du sulfate de 
quinine comme moyen prophylactique de 
la), par M. Leudet, XLIII, 170. - (Du sul¬ 
fate de quinine comme moyen prophylactique 
de la), par M. Dubreuilh, XLIX, 194. — ty¬ 
phoïde (Observations de) traitées parla mé¬ 
thode de M. Serres, par M. Petit (Edouard), 

VI, 24. — compliquée de croup laryngo- 
bronchique (Observation de), par M. Barbier, 
IX, 36. — (Causes de la) et moyens d’en 

, prévenir le développement endémique et épi¬ 
démique, notamment dans l’arrondissement 
de .Beauvais, par M. Bourgeois, XXXI, 121. 

— (Emploi de l’enveloppement hydrothéra¬ 
pique et de l’eau froide dans la période ex¬ 
trême de la), par M. Andrieux (de Brioude), 
XXXVIII, 150. — (Notice sur quelques symp¬ 
tômes de la), parM. Hillairet, XCV, 376. 

— (épidémie de) adynamique, qui a régné à 
Mascara, de 1846 à 1847. par M. Haspel, 
CV, 418. — énorme tumeur au rebord des 
fausses-côtes du côté droit; dilatation présu¬ 
mée de la vésicule du fiel; mort; distension 
considérable du canal cystique, par M. Du¬ 
moulin, CV.,418. — (Du traitemeut de la) par 
les évacuans, par M. X. Richard, ÇXU, 442. 

— (Traitement de la) par les ,affusions froi- 
dqs), CXVI, 461.— (De l’emploi des bains et 
de leur utilité dans le traitement de la), CXXII, 


Formules diverses , par M. Vanden-Corput, 
XXXV, 137. — des préparations arsénicales 
arrêtées par le conseil des professeurs de 
l’école vétérinaire d’Alfort, CXXIII, 490. — 
arrêtées par l’école spéciale de pharmacie de 
Paris, CXXIII, 490. 

Foucher (Emile). Résumé clinique des faits 
observés à l’hôpital du Midi, pendant les 
mois de juillet, août et septembre 184S 
( salles des femmes), service de M. Puche, 
CXLIV, 571. — CL1II, 613. 

Fourcault. Causes du choléra-morbus asiati¬ 
que, CVIII, 4.27.— Causes générales du 
choléra asiatique. — Première applicati 
de la géologie à la médecine, CXX, 475. 

Foy. Réorganisation des hôpitaux , XXXIV 
131. 

Fracture de la clavicule ( note sur un nouvel 
appareil pour la), par M. Guillon, XLIII, 
169. — du crâne avec hernie du cerveau 
(observation de), par M. Ward, CXXXV1I, 
545. — non consolidée, traitée avec succès 
par le galvanisme, CXII, 446. 

Fractures de l’avanl-bras ( de la rigidité de la 
main après les), par M. Hervez de Chegoin, 
XLVI, 179. — incomplètes des os (remar¬ 
ques sur le diagnostic des) avec une obser¬ 
vation de celle espèce de fracture, par M. 
Debrou, XIV, 56. — (traité des ), par ” 
Malgaigne (analyse), CXXVI, 501. 

Frais d’études (diminution dans les), V,17, 
France. Observations d'ophtalmologie, LI 
201. , 

Frank. De l’éleclro-niagnétisme dans les 
couchemens, LXV,'258. 

Frazer. Observation id’ulcération scrofuleuse 
considérable, accompagnée d’abcès qui s’e 
ouvert dans la trachée, XIX, 75. 

Frédéricq ( Aug.). Névralgie du nerf crural 
chez une femme en couches , guérison par 
l ipécacuanha, V, 20. — De l’état des gen¬ 
cives chez les phthisiques, V, 20. 

Frigorifique (mélange ), par M. Jourdan, VII, 

Frilzche. Recherches sur les graines du pe- 
ganum harmala, LXII, 246. 

.(G* 

Gaide. Rapport fait à la société médicale dn 
6 e arrondissement sur la réorganisation des 
hôpitaux, XLVIII, 190. 

Gaillard. Note sur le personnel médical et les 
secours qu’il doit donner aux populations 
rurales, XV, 60. 

Galien (fragmens du commentaire de) __ 

Timée de Platon, parM. Daremberg, LXIX, 


Galvanisme (observation de fracture noncon 
solidée traitée avec succès parle), par M, 
Burman, CXII 446. 

Galvano-puncture (une observation d’anévrisme 
poplité traité par la). XXIX, 114. 

Gangrène sèche fies extrémités pelviennes sur¬ 
venue par suite de l’usage habituel du pain 
renfermant du seigle ergoté ; amputation de 
la jambe gauche; guérison (observationde), 
par M. Callega y Luengos, CI1I, 409. -s- 
Des muscles (considérations nouvelles sur 
l’étiologie et le traitement de la); par M. 
Jobert de.Lambaile, LXXI, 282. — (Obser¬ 
vation sur la) par M. Marlino, CXIV, 
454. 

Gangrène du poumon (observation de) survenue 
dans le cours d’une pneunomie et suivie de 
guérison, parM. Gajdmg, L, 197. 

Garcia Caballero. Observation de commeîtce- 
ment de travail provoqué chez une femme 
enceinte par des accès de fièvre intermitente 
et suspendu par l’administration du sulfate de 
quinine, LXIX, 274, 


I. ï 

Glaver. Sur l’action physiologique et l’emploi 
en médecine de l’iodoforme, L, 198, 

Codding (R. Ch ). Du diagnostic des ané¬ 
vrismes de l’aorte thoracique; basé sur les 
signes physiques. XLVII, 184. 

Golding. Observation de gangrène de la por¬ 
tion inférieure du poumon droit, survent 
dans le cours d’une pneumonie, et suivie c 
guérison, L, 197. 

Gorré. Observation d’un cas de mort causée 
par l’inhalation du chloroforme, XCII, 325. 
Gosse. Considérations pratiques sur l’anasarque 
qui succède à la fièvre scarlatine, LXIV, 
251. 

Gosselin. Recherches sur les kystes de l’épidi- 
dyme du testicule et de l’appendice testicu¬ 
laire, XXV, 98. 

Goudron (de l’emploi du) dans certaines formes 
des maladies delà peau, par M. Wetherfield, 
CXII, 446. 

Goutte (doit-on guérir la), XCII, 365, 

Gregory. Préparation de l’acide hippurique, 
XX, 79. 

Grenouillette très volumineuse déterminant des 
phénomènes d’aspfiyxie et contenant un li¬ 
quide purulent, opération par M. L. Boyer 
VI, 22. 

Grippe ( recherches sur l’emploi de VEupato¬ 
rium perfoliatum dans le traitement de la), 
par M. Peebles , XIII ,52. — ( de la ) à Ge¬ 
nève en 1848 , comparée aux épidémies de 
grippe qui ont visité cette ville précédem¬ 
ment, par M. Marc d’Espine, LXVIII, 269. 
Grisolle. Du délire dans la pneumonie , IX, 33. 
'Gros. Description nouvelle du ganglion spheno- 
palatin, XXXI, 122. 

Grossesse et accouchement (recherches sur quel¬ 
ques désordres du système nerveux qui 
coïncident avec la ) et l’accouchement, par 
M. Lever, LI, 201. 

Guersant (mort et obsèques de M.), LXVI, 262. 
Guersant ( Paul) , (Clinique de M. ), quelques 
remarques sur le traitement des fistules uri¬ 
naires consécutives à la taille chez les enfans, 
CXXXIV, 533. 

Guibourg. Description de l’arbre qui produit le 
gutta-percha, VII, 27.—Falsifications du 
sucre en pains , des sirops et des miels, par 
le sucre de fécule ou glucose, XLVIII, 189. 

— Ergot de seigle, id., id. 

Guide du médecin praticien , ou résumé général 
de pathologie interne etide thérapeutique ap¬ 
pliquée, par M. Valleix (analyse), LXIX, 
275. 

Guillemin. Observation de méningite cérébrale, 
suivie d’invagination intestinale et d’expul-i 
sion par l’anus de seize pouces d’intestin 
gangréné, guérison, LV, 218. 

Guillon. Appareil pour l'inhalation du chloro-! 
forme, I, 5. — Note sur un nouvel appareil 
pour la fracture de la clavicule, XLIII, 169. 
Gutta-percha (description de l’arbre qui produit 
le), par M. Guibourt, VII ,27. — (note sut 
le), XLII, 163. — (vernis de), par M. Ja¬ 
cobs, XLIX, 193. — (applications du), par 
M. Vogel fils, LXI, 242. 

Guy ton. Note sur deux cas de hernie inguinale 
étranglée réduite après les inhalations de 
chloroforme, XLVI, 182. 


XXXIII, 130. — interne ; mort amenée par 
la rupture d’un gonflement ovarique, par M. 
Pollard, XLIII 169. — interne (observation 
suivie de mort, par suite de la rupture d’un 
kyste de l'ovaire, par M. Pollard, CXLI, 561. 
— utérine chez les femmes enceintes (mode 
de tamponnement des voies génitales dans 
les cas dj, par MM. Miquel et Stein. (Rap¬ 
port de M. Velpeau, CXXXVI, 541. 

Hémorrhagies consécutives ( mémoire sur la 
ligature des artères dans les ) , par M. Cour- 
tin, CXVI, 460. — intestinales répétées dans 
le cours d’une maladie du cœur. (Clinique 
de M. Rayer) , XXIX, 113. 

Henry (O.). Observation sur la composition 
chimique de plusieurs sources de Vichy et 
quelques réflexions sur la manière d’envisa¬ 
ger ia composition des eaux minérales, VII, 
27. 

Henry. Procédé pour reconnaître la présence du- 
sulfate de cinchonine dans celui de quinine, 
XXVI, 102. 

Hensler. Moyen pour découvrirles petites quan¬ 
tités d’opium, XLIX, 195. 

Hensley. De la Rétroflexion de l’utérus, CXIII, 


Hepatocèle ( étude historique sur 1’ ), par 
M. Fauconneau-Dulresne, LXXIX, 315. 
Herapath. Observation d’apoplexie du pont de 
de Varole et des pédoncules- cérébraux, L, 
197. — Manière d'enlever les taches de ni¬ 
trate d’argent sur le linge, LXI, 242. 

Hérard. Deux faits de lésion de la parole indé- 
pendans d'une altération des lobes anté¬ 
rieurs du cerveau, XIX, 73. — Du déve¬ 
loppement simultané de la variole et de la 
vaccine, CVIII, 428. 

Hernie étranglée (observation de) réduite après 
l’éthérisation, par M. Laurencin, V, 20. — 
crurale étranglée chez une femme âgée de 
46 ans ; essais infructueux de taxis, même 
après avoir eu recours à l’inhalation de l’é¬ 
ther; taxis par le procédé de M. Amussat; 
rentrée de l’intestin après quatre jours d'é¬ 
tranglement ; guérison , par M. Homolle, 
LXI, 241. —inguinale congéniale étranglée 
avec étranglement interne traitée avec succès 
par l’opération (observation de), par M. Han¬ 
cock , CXLI , 561. — scrolale (énorme), 
mort par suite de néphrite albumineuse et 
d’ulcération du colon, par M. Tompson , 
CXXXVIli, 550. 

Hernies (observations sur quelques formes obs¬ 
cures et embarrassantes des), par M. Cock, 
Ll, 201. — (de l’origine des) et de quelques 
affections de la matrice ; moyens de préve¬ 
nir et de combattre ces infirmités par l’éloi-i 
■gnement des causes et l’application de nou¬ 
veaux procédés mécaniques, par M. Lionnet, 1 
CXLIX, 593. 

Herpès zoster ( quelques mots sur une formel 
épidémique d’) accompagnée de vives dou¬ 
leurs névralgiques, par M. Cazenave, LXVI, 


261. 


.Hamon Righra ( eaux thermales de ), par 
M. Mosse. LXIV, 254. 

Hamont. Hygiène publique, XXXIII, 127. 

— Influence déjà médecine sur la solution 
des questions politiques, XLIV, 171. — 

(Mort de M.), XCIX, 391. 

Hasehish (le). Observations médico-physiologi¬ 
ques sur l'emploi de cette substance, par 
M, E. de Courtive, L, 195. 

Haspel. Tableau des maladies.qui ont régné 
Mascara pendant l'année 1847, LXVIII, 26£ 

Haussmann (V.). Des subsistances de la France, 
X, 40. — Du blutage, du rendement des fa¬ 
rines et de la composition du pain de muni¬ 
tion, X, 40. 

Heldt. Recherches sur la sanlonine. — Consi¬ 
dérations sur la formation des résines, 
XX, 79. 

Hémiplégie et cécité hystériques guéries spon¬ 
tanément et sans médication, par M. Gaus- 
sail, CXXIV, 493. 

Hémoptysie. (De l'emploi de la potion de Cho- 
part dans 1 j , par M. Milsent, LXXIII, 285. 

! rhagie cérébrale sans paralysie (obser- 
” ~ rd, XCVI, 381. — 


ation dj, par M. Bernard, XCVI, 381, 


Hervez de Chégoin. De la rigidité de la 
après les fractures de l’avant-bras. — De 
l’inflammation du lobe supérieur du pou¬ 
mon droit, LXIII, 247. 

Hervieux. De l’érysipèle dans la convalescence 
ou dans la période ultime des maladies gra¬ 
ves, I, 5. — De la nécrose des mâchoires, 
produite sous l’influence des vapeurs de 
phosphore dans la fabrication des allumettes 
chimiques, LI, 200. — Observation de tu-: 
meur érectile veineuse traitée avec succèsj 
par le cautère actuel, XC, 358. 

Hewelt. Observation de dégénérescence encé- 
phaloïde ducœur, XXXIV, 133. 

Heurteloup. De la lithotripsie sans fragmens 
au moyen des deux procédés de l’extraction 
immédiate et de la pulvérisation immédiate 
de pierres vésicales par les voies naturelles, 
XXIV, 95. 

Heydenreich. Conservation de l’eau de fleur 
d’oranger, XIV, 56. 

Hillairet. .Etudes cliniques sur l’épidémie de 
fièvre, o,u entéro-mésentérique typhoïde qui 
a régné à Paris pendant l’été de 1S46, avec 
observations météorologiques, XXIII, 90. — 
Notice sur quelques principaux symptômes 
.,de, ; la fièvre typhoïde, XCV, 376. — Ob¬ 
servation de paralysie du mouvement dans 
les membres supérieur et inférieur du eôfé 
gauche, avec contracture légère du mem¬ 
bre supérieur ; état crétacé des artères du 
cerveau, CI, ,401. 

Histoire de la profession médicale, XXVIII, 
107. — XXXI, 119. — XXXVII, 143. — 
XLIII, 167. — XLVI, 179. — de la rnédeJ 
çine moderne ( épidémies), par M. Morel dé 
Gany, X, 37. — XXVII, 103. — XXXIII, 
127. — XL, 155. 

Hœdpler. Recherches sur les principes consti-j 
tuaos des noix d’acajou, XX, 79, 
mine (lj et la. profession , par M. P. Ber¬ 
nard,, LXXVII, 303. 

Homolle. Hernie crurale étranglée chez une 
femme âgée de 46 ans ; essais infructueux 
de taxis , même après avoir eu recours à| 
l’inhalation de l’éther; taxis par le procédé 
de M- Amussat ; rentrée de l’intestin après 
quatre jours d’étranglement ; guérison, LXl,i 
241. — Emploi d’une nouvelle médication: 


pyreumatiques, dans le traitement des affec¬ 
tions dartreuses, par M. Gibert, XV, 60. 

Huile de foie de morue (Emploi des, vessies 
natatoires pour administrer lj, par M, Rud- 
der, XIX, 75. -— (De l’emploi de lj dans le 
traitement des affections scrofuleuses de la 
peau, et en particulier du lupus, par M. H. 
Bennet et Emery, CV, 417. 

Huile et émulsions iodées, par M. Marchai de 
Calvi, CXVI, 462. 

Hunt. De l’emploi de -l’arsenic dans le traite¬ 
ment des maladies chroniques et rebelles de 
la peau, LVII, 226. 

Hunier (William) et son école,- CXXV, 495. ; 

Hydrate de sesquioxyde de fer et de la ma¬ 
gnésie comme contre-poison de l’acide arsé¬ 
nieux, par M. Cavemon, XII, 48. 

Hydrate de sulfate de quinine, par M. -Bou- 
chardat, XX, 79. 

Hydrocéphalie chronique (De l’inflammation li¬ 
mitée à la membrane séreuse ventriculaire 
et sur sa terminaison par une), par M. Ril- 
liet, I, 5. 

Hydropisie de l’amnios (Observation dj, par 
M. A. Chereau, V, 19. 

Hydropisie de l’ovaiçe (de lj considérée sous 
le point de vue de son étiologie, par M. Che¬ 
reau, LXV, 256. 

Hydropisies chez les femmes enceintes (Recher¬ 
ches sur les), par M. Deviîliers, XXXIX, 
153, LXII, 246. 

Hydrothérapie (Etiples pratiques,sur 1’), d’après 
les observations recueillies à l’établissement 
de Pont-à-Mousson, par M. Lubanski, XCIV, 


ladies de ces contrées, par M. Celle, XCVIII, 
388. 

Hygiène publique, par M. Hamont, XXXIII, 
127. —(Rapport et arrêté sur l’organisation 
des conseils d j et de salubrité, CLI, 599. 

Hygiène (Cours dj. par M. H. Royer Collard, 
CVI, 421. — (Le prix dj à distribuer en 
1850, par M. P. Bernard, CXXVIII, 507. 

Hypochlorite de chaux (De l’action de lj sur 
les matières organiques , par M. Basluk, 
CIII, 409. 

Hystérie chez l’homme (De lj;.du traitement 
du paroxisme hystérique par le chloroforme, 
par M, Desterne, CXV, 455. 


Ibrahim Pacha. Détails sur la maladie et la 
mort d j, par M. Prus, CXLIII, 567. 

Idioélectrique (Tissu), par M. Meynier, VI, 24. 

Incontinence nocturne de l’urine chez les en¬ 
fans et les adolescens (De la belladone dans 
le traitement de 1 j, parM. Trousseau, CXXII, 
485. 


-pour combattre, les accidens dépendant d'un 
arrêt .dans ,1e cours des iqatières stercorales, 
désignés,spus le nom de symptômes d’étran¬ 
glement intestinal, CXXXVIli, 547. 

Hopgood. Emploi de l’éther dans un cas d« 
tétanos, guérison, LYIII, 230. 

Hôpitaux ( quelques réflexions sur l’organisa¬ 
tion de l'administration centrale des) et hos¬ 
pices civils, par M. Devergic, XXXI, 119. 
— (réorganisation du service des), par M. 
Foy, XXXIV, 131. — (rapport fait par M. 
Gaide sur -la réorganisation des), XLVIII, 
190. .— (de la constitution des) CXIX, 471. 
Hubert Valleroux. De l’olplogie depuis son 
origine jusqu'à Ilard, X, 58. — De l'état 
actuel de l’otologie, XLIX, 191. 

Hufeland. Manuel de médecine pratique, fruit! 
l’une expérience de cinquante ans, etc. ; 
tnalyse, XLIX, 191. 

Huguier de l’eslhiomène de la région vulvo-: 
anale, X-VI11, 72.—Mémoire sur les luxa¬ 
tions du pied, considérées en général,, et sur 
une nouvelle espèce de luxation interne .par 
particulier, pat] rotation du pied en dehors, XXXI, 120. 
par le tubercule Huile de cade (Remarques nouvelles sur lj, et 


ombilical (observation dj, par - M. Thore, ] de divers produits bitumineux, résineux, ej 


Indemnités littéraires (Rapport à M. le minis¬ 
tre de l’instruction publique et des cultes sur 
les), L, 196. 

Infection et contagion pathogénique (Mémoire 
lj, par M. Audouard, CXXXVI, .541. 
Inflammation du lobe supérieur du poumon 
droit (De lj, par M. Hervez de Chégoin, 
LXIII, 247. 

Inhalations éthérées (De l'emploi des) comme 
moyen curatif dans quelques ophihalmies , 
VIII, 51. 

Inoculation delà morphine (Des.avantages thé¬ 
rapeutiques de lj, et de celle de quelques 
autres médicamens énergiques, par M. Lâ- 
fargue, LXVI, 261. 

Insectes xylophages et traitement des arbres at¬ 
taqués par ces animaux, par M. Robert,-LII. 
205. 

Inspection des pharmacies (Du meilleur mode à 
adopter pour lj et ses drogueries, épiceries, 
par M. Vée, VIII, 29. — (Sur lj, par M. 
Mayer, XI, 43. 

Instrumens de chirurgie trouvés à Herculanum 
(Notice sur les), par M. Vulpes, XXXII, 126. 
Institutions médicales de la Russie, CXIV, 452. 
Insurgés de juin (Du rôle des médecins à l’é¬ 
gard des), XCI, 319. 

Insurrection (Lj et les médecins, LXXVII, 
303. 

Internat en pharmacie (De lj, XLIX, 194. 

Iode (De la présence de lj dans divers échan¬ 
tillons de sel gemme et corrélation avec la 
formation de certaines eaux minérales, par 
M. Henry, CXLIV, 572. 
de et brôme dans les eaux minérales (Essais 
sur la recherche de 1 j, et du brôme, par MM. 
Chevallier et Gobley, XIX, 74. 

Iedoforme (Sur l’action physiologique et l’em¬ 
ploi en médecine de lj, par M. Glover, L, 
198. 

'dure de potassium (Préparation de T), par 
M. Criquelion, LU, 205.—de soufre (sur lj, 
parM. Thevenot, CLII, 606. 

Iodures métalliques (Préparation des), et en par¬ 
ticulier de l’iodure de plomb, par M. Théve- 
not, CXXIII, 490. 

Isnard et S. Dieu. Revue rétrospective des cas 
judiciaires qui ont nécessité l’intervention 
des médecins dans l'arrondissement de Metz; 
analyse, XXX, 117. 

Ivrognerie (De lj par l’eau-de-vie et de son 
traitement parla méthode du docteur Schrei- 
ber, XC, 555. 


Jachelli. Observations sur les propriétés fébrifu¬ 
ges de la phillyrea latifolia et ( de ses prépa¬ 
rations, IV, 16. 

Jacob. Vernis du gutta percha, ALIX, 19,4. 

Jalap (Falsification de la résine de), par çelje 
degayac, par M. Thorel, XX, 79. 

James (C.) De l’emploi de l’électricité-galva¬ 
nique dans Je traitement de certaines paraly¬ 
sies des membres inférieurs, XXXVII, 146. 

Jameson. Observations sur l’oedème de la glot¬ 
te, causé par la déglutition de l'eau bouil¬ 
lante, XLIX, 193. 

Jaumes. Essai de pharmacologie thérapeutique 
générale ; traité de pharmacologie spéciale ; 
analyse, XLII, 165. 

JeanRaimond. Causeries hebdomadaires. ( Pas- 

























Joberl (de Lamballe). De la régénération des 
tissus dans l’homme elles animanx, XXXVI, 
139. — Ascite kyste de l’ovaire; opération 
de hernie crurale; suture de l’intestin datant 
dedouzeans;analotniepalhologique, XXXVII, 
145. — Considérations nouvelles sur l’étiolo¬ 
gie et le traitement de la gangrène sèche des 
muscles, LXXI, 282. — (Clinique de) de l’au- 
toplastie appliquée à la réparation des tissus 
cancéreux, etc., LXXIII, 288. 

Joret. De la folie dans le régime pénitentiaire, 
III, 11. 

Jourdan. Mélange frigorifique, VII, 28. 

Jourdan (A.-J.-L.), par M. Begin, IX, 33. 

Journées de juin (Faits relatifs aux), XC, 315. 

Jozeau. Emploi du caséum comme moyen de 
remédier aux inconvéniens propres à la gé¬ 
latine et aux diverses substances qui servent 
à la confection des capsules médicinales, 
XXXIII, 150. 

Justice criminelle (Examen des comptes de l’ad¬ 
ministration de la), de 1825 à 1843, par ” 
Vingtrinier, XI, 44. 


Kendall.Dosage del’acide cyanhydrique,XXXIX, 

Kermès à haute dose associé aux saignées dans 
le traitement de la pneumonie (Mémoire cli¬ 
nique sur le), par M. Robin, XII, 45. 

Kermès minéral (Préparation du), parM. Lian- 
ce, XIII, 51. 

Kinésithérapie, ou traitement des maladies par 
le mouvement, LIX, 230. 

Kingdon. Considérations sur l’emploi du bi-i 
sénile de quinine dans le traitement des m 
ladies de la peau, L, 198. 

Kusten. Heureux effets de l’eau froide dans les 
brûlures graves et profondes, LVII, 226. 

Kyste hydatique (Observation de), traité a 
succès par l’incision et l’injection du suc 
l’ellébore blanc, gar M. Asechanditta, LXVI1I, 
269. 

Kyste pileux de l’ovaire droit, guéri radicale¬ 
ment par l’incision après divers accidens, 
parM. Chereau, V,19. 

Kyste de l’ovaire droit guéri après deux ponc¬ 
tions, faites avec une aiguille à acupuncture 
(Observation de), par M. Richelol, V, 19. 

Kystes de l’épididyme du testicule et de l’ap¬ 
pendice du testicule (Recherches sur les), par 
M.Gosselin, XXV,98. 


Laborie (E). Accouchement à terme chez une 
femme bien conformée; circonstances remar¬ 
quables, V, 18. — Quels sont les cas, abs¬ 
traction faite des vices de conformation du 
bassin, qui peuvent légitimer la provocation 
de l’accouchement, quelle que soit, du reste, 
l’époque de la grossesse ; analyse des leçons 
faites sur ce sujet, par M. P. Dubois, CXVII, 
465. 

Lacline dans le lait des carnivores (Sur la pré¬ 
sence de la), par M. Bensch, XIV, 56. 

Lactocèle double (Lettre sur un), par M. Vidal 
de Cassis. 

Lafargue. Des avantages thérapeutiques de l’i¬ 
noculation de la morphine et de celle de quel¬ 
ques autres médicamens énergiques , LXVI, 

Laforgue. Ablation de la totalité du maxillaire 
supérieur pour une tumeur cancéreuse qui 
avait pris naissance dans le sinus maxillaire, 
XL, 156.— Chute sur les pieds; fracture par 
contre-coup de la colonne vertébrale, etc. , 
LXXV, 297. — Tubercules dans les lobes 
antérieurs du cerveau ayant déterminé la 
perte subite de la parole, CXLI, 559. 

Lallemand. Rapport sur quatre observations de 
fistule vésicu-vaginale guéries par M. Jo- 
berl de Lamballe, IX, 36.— (Réception du 
docteur) en Egypte, CLI, 602. 

Lamennais. (Opinion de M.) sur la question du 
secret, LII, 203. 

Lamotte. Boules barégiennes du docteur Mon- 
tain. XIII, 51. 

Langage (Nouvelles recherches cliniques pro¬ 
pres à démontrer que le sens du) articulé et 
du principe coordinateur du mouvement de 
la parole, réside dans les lobes antérieurs 
du cerveau, parM. Bouillaud, XXX, 117. 

Langue (Anatomie et physiologie des vaisseaux 
lymphatiques delà), par M.Sapey, I, 3. 

Laronde (Charles). Rapport général sur les tra¬ 
vaux de la société médicale de l’arrondisse¬ 
ment de Gaunat pendant l’année 1847, 
CXLVII, 585. 


(Clinique de M. Blache), LIV. 215. 

Lassaigne. Solubilité des carbonates neutres de 
chaux, de baryte, de strontiane et de quel¬ 
ques carbonates métalliques dans l’eau satu 
rée d’acide carbonique, LXXII, 285. 

Lstour (Amédée). Rapport sur un projet d’as- 
snciation nationale des médecins de France, 
LUI, 207. — Premiers-Paris; appréciation 
des séances académiques; compte-rendu des 
académies; bibliographie, etc. 

Laudanum de Sydenham (Remarques sur le), 
par M. Talbot, XX, 79. 

Laurer.cin. Observation de hernie étranglée ré¬ 
duite après l’éthérisation, V, 20. 

Laurier cerise, de son eau distillée et de celle 
d’amande amère, par M, Lepage, C1II, 408. 

Lavage des papiers timbrés (Moyen de recon- 
naitrele), par M. Warnie, VII, 27. 

Lavagna (F.). Expériences sur l’action physio¬ 
logique et thérapeutique de la racine d’éla- 
térium (mormodica elaterium ), II, 7. 

Lefebvre. Compte-rendu de la Clinique de M. 
le professeur Bouillaud, depuis le 1 er avril 
1848, XCI, 319. 

Lefèvre (Amédée). Cas remarquable d'angine 
œdémateuse (œdème inflammatoire de la 
glotte), guérie par la trachéotomie; réflexions 
sur le diagnostic et sur le traitement, CVIl, 
424. 

Lefont. Composition des sulfates mixtes du 
commerce, XXXIV, 133. 

Legris. Eau acidulé ferrugineuse de Douleaux 
(Creuse), XIX, 75. 

Legros (Félix ). Faits et expériences sur les 
plaies par les armes à feu, XCIII, 367. — 


(réclamation de M.) sur un procédé d’ampu¬ 
tation à lambeau, CXXII, 485. 

Legroux (Clinique de M.). Observation de ra¬ 
mollissement du cerveau , avec quelques ré¬ 
flexions sur le diagnostic différentiel de celte 
affection et de l’apoplexie. — Névralgie in¬ 
tercostale chez un sujet phthisique, XLVI, 
’ -- J ~ —i trai- 


180. — De l’arthrite localisée et de si 
tement par les cautérisations i 
sulfurique. — Quelques 


du chloroforme dans les affections doulou¬ 
reuses, CXXIX, 513. 

Lepellelier. De l’embarras gastrique considéré 
sous le point de vue de ses complications, 
LXXIII, 287. 

Leriche. Emploi du chloroforme à dose frac¬ 
tionnée, I, 4. —Note sur un nouveau moyen 
de recueillir le vaccin dans des tubes et sur 
la conservation de ce virus, XCIX, 354. 

Du traitement des névralgies par l’emploi 
de l’essence de térébenthine, à petites doses, 
CXXIV, 492 

Lespiau. Dosage du sucre dans l’urine des dia¬ 
bétiques, par le saccharimètre de M. Soleil, 
LV1, 222. 

Lettre médicale sur la Hollande, la Belgique, 
l’Allemagne, la Suisse et l’Italie, par M. Mo¬ 
rel de Gany, LXVII, 263. 

Lettres médicales sur l’Espagne, par M. Th. 
Roussel, LXVIII, 267. — sur les Etats-Unis, 
CVIII, 427.— sur les départemens Pyré¬ 
néens et sur l’Espagne, par M. Th. Roussel, 
IV, 13. —XII, 45. —XVIII, 69.— XXIV, 
93. 

Leuchorée (diagnostic et traitement de la), 
CLI, 602. 

Leudet. Emploi du sulfate de quinine comme 
un moyen proplylaclique de la fièvre puer¬ 
pérale, XLIII, 170. 

Lever. Recherches sur quelques désordres du 
système nerveux qui coïncident avec la gros¬ 
sesse et l’accouchement, Ll, 201. 

Levy (Michel). Remarques sur la réorganisa- 
ion prujetée du corps de la médecine mi¬ 
liaire, LI, 202. 

Liance. Préparation du kermès minéral, XIII, 


51. 


Ligature (de la) du voile du palais, des amyg¬ 
dales et de la langue, d’après le procédé de 
M. Blandin, par M. Demarquay, XXXVII, 
144, — de l’artère iliaque externe (observa¬ 
tion de). ( Clinique de M. Roux ), CXLII, 
565. 

Limonade purgative gazeuse en poudre au ci¬ 
trate de magnésie, par M. Cadet, XLIV, 
173. 

Lipôme (application de la méthode sous-cutanée 
au traitement du), par M. Bonnet, CXVII, 
466. 

Lisle. Examen médical et administratif de la 
loi du 30 juin 1838 sur les aliénés, LX, 237. 

Liihrolipsie sans fragmens (de la) au moyen 
des deux procédés de l’extraction immédiale 
et de la pulvérisation immédiate des pierres 
vésicales par les voies naturelles, par M 
Heurteloup, XXIV, 95. 

Logemens d’ouvriers (les). XCV, 375. 

’ agerais. Observation de perle complète de la 
sensibilité et de la motilité du membre tho¬ 
racique gauche , guérie par l’éleclro-magné- 
tisme CXL11, 564. 

Loi ( pré.-enlation du projet de) à la Chambre 
des députés, III, 9- — (exposé des motifs et 
projets de) sur l’enseignement et l’exercice 
de la médecine et de ta pharmacie (texte of¬ 
ficiel), III, 9. — (le projet de) devant la 
chambre des députés, V, 17. 

Loir. Conditions physiologiques 
ques des nouveau-nés, LV, 215. 

Longévité (accroissement de la ), de 1770 à 
1845, par M. Ch. Dupin, LXXVI, 301. 

Longévités (parallèle des ) avant et après l’in¬ 
troduction de la vaccine en France, par M. 
Ch. Dupin, CXLVI, 586. 

Loreau (sur l’emploi de la belladone contre l’in¬ 
continence nocturne d’urine, CXXVI, 502. 

Louis (Compte-rendu de la clinique de M.). 
De la valeur relative des signes physiques et 
rationnels de la phthisie pulmonaire à sa 
première période, IX, 54. 

Louyet. De la véritable nature de l’acide fluo 
ridrique anhydre, XIV, 55. 

Luxation complète de l’astragale en dedans 
(considérations à l’occasion d’une observa¬ 
tion de), CXXXV, 536. — du coude, cubi¬ 
tus en arrière, radius en avant, par M. de 
Mæyer, XCVII, 346. — du fémur, et haut 
et en dehors, chez un enfant de cinq ans el 
neuf mois, CXXXVII, 545. — du pouce, ré¬ 
duite à l’aide d’un instrument de préhen¬ 
sion nouveau, par M. Blandin, LXV, 257. 

— du pouce, réduite à l’aide d’une clé, pro¬ 
cédé indiqué par M. Vidal (de Cassis), par 
M. Alaboissette, LXXI, 282. — des os du 
métacarpe dans leur articulation carpo-méla- 
carpienue, par M. J. Roux, LVII, 224. — 
de champ ou verticale de la rotule (nouvelles 
observations de) avec réflexion sur cette 
luxation, par M. Debrou, LVII, 226. —‘ de la 
face inférieure de la cinquième vertèbre 
cervicale (réduction d’une), par M. Vrigon- 
neau, XCV1II, 349. — de la tête du radius, 
réduite avec succès deux ans et un mois 
après la production de l’accident (observa¬ 
tions de), par M. Jamesslurck, XXX, 118. 

— sus-pubienne du fémur gauche (observa¬ 
tion de), par M. Piachaud, VII, 26. 

Luxations de l’humérus ( nouvelles études sur 
les), par M. Goyrand, XCV, 378. — Un 
mot sur une réduction de luxation coxo-fé- 
morale i l’aide du chloroforme, par M. 
Payan, I, 3. — du pied (mémoire sur les ) 
considérées en général, et sur une nouvelle 
espèce de luxation externe par rotation du 
pied en dehors, par M. Huguier, XXXI, 120. 

— verticales de la rotule (du meilleur mode 
de réduction des), par M. Richelol, CXLIX, 


Magne. De la cataracte pierreuse, XLIX, 192. 

Magnésie comme antidote de l’acide arsénieux 
(réponse aux objections sur l’emploi de la), 
par M. Bussy, XIX, 75. 

Maisonneuve (Clinique deM.). Méthode 
velle de Pratiquer la taille par le rectum. 
Observation dans laquelle cette méthode à 
été pratiquée avec succès. Réflexions pra¬ 
tiques, LXIII, 248. 

Maladies (tableau des) qui ont régné à l’hôpital 
de Mascara pendant l’année 1847, par M 
Haspel , LXVIII, 269. — de l’utérus. - 
Congestion sanguine de l’utérus, CLIII, 614. 

Malgaigne, Note sur le collodion, CVI, 420. 

Malignité dans les maladies (traité spécial delà), 
par M. Bos, LXXIV,292. 

Malle. Sur l’ongle incarné et sur une nouvelle 
méthode de traitement, XVIII, 71. 

Manifestations chimiques diverses des subs¬ 
tances introduites dans l’organisme (expé¬ 
riences sur les), par M. Bernard, XXV, 98. 
— (des) de la vie de l’intelligence à l’aide 
de l’organisation, par M. Bertrand de Saint- 
Germain, LX, 237. 

Mannite (présence de la) dans la racine de 
meum, par M. Reinsch, VII, 27. — (de la) 
ou sucre de manne, par M. Ruspini, XIV, 
55. 

Marais salans (rapport fait à la société médi¬ 
cale du 1 er arrondissement sur les), par 
M. Foissac, XC, 315. 

Marat docteur-médecin, par M. C. de Carrière, 
LXX, 375. 

Maladie et suicide du célèbre peintre Léopold 
Robert, CLI, 599. 

Marc d’Espine. De la grippe à Genève 
1848, comparée aux épidémies de grippe qui 
ont visité cette ville précédemment, LXVIII, 


I, i. 

Marcille. Essai des farines, XIII, 51. 

Maroncelli. Sirop pectoral, XXVIII, 110. 

Marrons d’Inde (moyen de débarrasser écono¬ 
miquement la pulpe et la fécule amylacée 
des) de l’amertume qui les caractérise, par 
M. Flandin, CXXI, 482. 

Marson (J.-F.). Observations sur la coexistence 
de la variole et de la scarlatine, 
marques sur la coexistence des autres fièvres 
éruptives, XIV, 56. 


• la proposition pré- 
i médecine, par M. 


Macquet (J). Recherches cliniques sur l’éry¬ 
sipèle traumatique et son traitement, IV, 16. 
Mackensie. De l’emploi des inhalations éthé- 
rées dans le traitement de quelques oplhal- 
mies, VIII, 32. 

Magaud. Injection contre la blennorrhée, XIII, 

51. 


Martin Solon. Rapport 
semée à l’Académie de 
Bouillaud, de faire une enquête clinique 
pour déterminer la médication que l’on doit 
préférer dans le traitement de la fièvre ty¬ 
phoïde, LXI, 259. 

Matière médicale (traité de) etdethérapeutique, 
précédé de considérations générales sur 1 
zoologie, et suivi de l’histoire des eaux na 
turelles, par M. Dieu (analyse), XXI, 82. 

Mayer, (lettre deM.) sur l’inspection des phar 
macies, XI, 43. — Des rapports conjugaux 
considérés sous le double point de vue dt 
l’hygiène et de la morale publique, XCVIf, 
343. 

Magne (Robert). Observations sur un cas de 
persistance du troudeBotal. XLIV, 174. 

Médecin (le) à la campagne, par M. P. Bernard, 
Vif, 25, XV, 57, XXXIV, 131. 

Médecin (le) de campagne à Paris, par M. P. 
Bernard, LV1II, 227.—LXV, 255. 

Médecine comparée des maladies du cœur par 
M. Royer, LXXII, 286. — (influence de la) 
dans la solution des questions politiques, 
par M. Hamont, XLIV, 171. — nationale (de 
l’organisation de la) en France, parM. C. Ber¬ 
nard, LXXIII, 290. — (premiers principes 
de), par M. Bitling, traduit par M. Chereau, 
LXIII, 249. — de charité (faits relatifs à la), 
XIV, 56. — (la) et les gens du monde, XXII, 
85. — et gouvernement, par M. P. Bernard, 
XLV1II, 187. — militaire. Delà nécessité 
de constituer le corps des officiers de santé 
dans l’armée et pour l’armée, XIII, 49. — 
militaire (remarques sur la réorganisation 
projetée du corps de la) par M. Michel Levy, 
LI, 202. — militaire (décret du gouverne¬ 
ment sur la nouvelle organisation de la) LV, 
215. —(des rapports de la) avec l’agricul¬ 
ture, Par M. Forget, XXXVI, 139. —poli¬ 
tique^), XXXV, 135. — (la) et l’organi¬ 
sation d’un enseignement agricole, XCII, 
363. — et médecins de l’Allemagne contem¬ 
poraine, par MM. Michea et Otterburg, 
CXXXIX, 551. — populaire (les livres de), 
parM. P. Bernard, CXLII, 563. 

Médecins cantonaux (les), XCIII, 327. — 
communaux (un mot sur les), VII, 25. — 
envoyés en mission (quels sont les services 
que les) peuvent rendre à la science et à 
la civilisation, XXX, 115. — (de l’interven¬ 
tion des) dans les grands travaux d’agri¬ 
culture. LX, 235. — (les) à l’Assemblée 
nationale, LVI, 219. — (les) au ministère, 
LXV, 255. — de la marine (les), XLIV, 
174. —sanitaires, (démarche de l’Académie 
de médecine en faveur des), LVIII; 227. 

— sanitaires en Orient (les), CXXX, 515. 

— sanitaires (les). Note remise à M. le 
ministre de l’agriculture et du commerce, 
au nom de l’Académie nalionalede médecine, 
par M. Méfier, CVII, 424. 

Médicamens actifs (de la liberté de prescrire 
et de dispenser les), par M. Vée, CXXII, 
483. — administrés à haute dose, cas dans 
lesquels ils doivent être préférés, par M. 
Chreslien, LIX, 233. 

Médication réfrigérante (de la), par M. Robert- 
Latour, CXX, 478. 

ège. Du rétablissement de la place d’ins¬ 
pecteur général des eaux minérales III, 12. 

Mélier. Note sur les médecins sanitaires re¬ 
mise à M. le ministre de l’agriculture et du 
commerce au nom de l’Académie de méde¬ 
cine, CVII, 424. 

Membrane muqueuse utérine (mémoire pour 
servir à l’histoire anatomique et patholo¬ 
gique delà) de son mucus, de la caduque 
et des œuls ou mieux glandes de Naboth, 
par M. C. Robin, CVI, 421. 

Méningite cérébrale (observations de) suivie 
d’invagination intestinale et d'expulsion par 
l’anus de seize pouces d’intestin gangréné ; 
guérison par M. Guillemin, LV, 218. — 
cérébro-spinale ou cérébro-spinite. Invasion 
dans la garnison d’Orléans pendant l’hiver 
1847-48, par M. Corbin, LXXVI, 300. 


Meningo encéphalite tuberculeuse (observa¬ 
tion de), par M. Manuel Salari, CIV, 413. 

Mercure (observations sur la purification du), 
par M. Lacassin, CXXIV, 493. 

Mercuriaux (de l’indication des) hors les ca 
de syphilis, par M. Forget, XXXVIII, 149. 

Métrite puerpérale (de la) idiopathique, ou mé 
trite franche des nouvelles accouchées, et de 
sa complication avec les phlegmons pelviens, 
par M. A. Villemin, I, 3. 

Mettais. Traitement de l’épilepsie par les fric¬ 
tions stibiées sur la tète, XVIII, 72. 

Meynier. Tissu idio-élcctrique, VI, 24, XIII 
51. 

Mialhe. Note sur le tartrate de potasse 
fer, II, 7. — Note sur les pilules de cyno- 
glosse, XI, 43. — Considérations chimico- 
thérapeuliques sur les acides, XXII, 88. — 
Pommade contre l’eczema chronique, XXVIII, 
110. — Sirop de phellandrium aquaticum, 
XXVIII, 110. — Sirop d’acétate de codéine, 
XXVIII, 110. — Recherches théoriques et 
pratiques sur les purgatifs, LXXXIV, 552. 
— Lettre sur le collodion, CVII, 426. 

Michea. De l’efficacité des semences du phellan¬ 
drium aquaticum .dans les affections des or¬ 
ganes respiratoires, IV, 15. — Lettre — 
citoyen Thierry, directeur des hôpitaux 
hospices civils de Paris, sur l’injustice et 
danger qu’il y aurait à supprimer le concours 
spécial' pour les places de médecins des 
aliénés, LXIV, 254. t- Théophile de Bordeu, 
LXXVIII, 307. — Le calomel exerce-t-il 
une influence spéciale sur la sécrétion bi¬ 
liaire? CXXV, 475. — et Otterburg. Méde¬ 
cine et médecins de l’Allemagne contempo¬ 
raine. CXXXIX, 551. 

Millon. Note sur la présence de plusieurs métaux 
dans le sang et sur l’analyse des sels fixes 
contenus dans ce liquide. VI, 24. — dosagt 
de l’urée , XX, 79. 

Ministère des affaires médicales, CVIII, 429. 

' XXIX, 111. 

3 méthode sûre el 


Molière (Elude médicale sur), par M. Faucon¬ 
neau Dufresne , LXI, 239. 

Molluscum contagieux ( observations relatives 
au), suivies de quelques réflexions sur l’his¬ 
toire et la pathologie générale de cette affec¬ 
tion , par M. Richard Payne-Colton , XXX , 
118. 

Monneret. Relation du choiera morbus observé 
à Constantinople en 1847 et 1848 , XL , 155, 

Moreau. De l’emploi du hachisch dans le cho- 
léra-morbus, CXXIV, 491. 

Morel (de Gany). Histoire de la médecine mo¬ 
derne (épidémies), X, 37. 

Mort par suite de l’ingestion de pièces de mon¬ 
naie, LIX, 233. 

Mort rapide (observation de), causée par la 
coagulation du sang dans les divisions de 
l'arière pulmonaire pendant la convalescence 
d’une pneumonie légère , suivie de quelques 
réflexions , par M. Richelol, V, 20. 

Mortalité sur la côle d’Afrique ,1, 4. — à Alger 
(marche de la), VI, 24. — (essai sur les lois 
pathologiques de la), par M. Boudin, X, 40. 
— dans les villes manufacturières (de la), 
VIII, 32. — en Angleterre pendant l’année 
1847, LI, 202. 

Mollet des toniques fébrifuges, LI, 202. 

Mouchet. Epidémie de variole qui a régné à 
Lyon pendant l’hiver de 1847, 1848, LX, 
238. 

Morve aiguë (cas de), III, 12. 

Muguet (champignon du), XXXIX, 154. 

Mystification faite aux médecins de Paris, 
XLVIII, 187. 


N 

Naturalisation Je nouvelles espèces domestiques 
(de la), par M. I. Geoffroy Saint-Hilaire, 
CXIX, 471. 

Naevus maternus traité et radicalement guéri 
par le caustique de Vienne, par M. Jœge - - 
chenits, CXVI, 461. 

Nécrose des os maxillaires produite par des ' 
peurs phosphoriques (quelques remarques sur 
la), Clinique deM. Blandin, XXVI, 101. 

— des mâchoires (de la), produite sous l’in¬ 
fluence des vapeurs de phosphore dans la 
fabrication des allumettes chimiques, par 
parM. Hervieux, LI, 200. 

Néphrite albumineuse (de la), considérée dans 
scs rapports, comme cause et comme effet, 
avec la péricardite et l’affection tuberculeuse 
(Clinique de M. Chomel), XIV, 55. — (quel¬ 
ques considérations sur les causes el les 
formes delà), (Clinique de M. Rayer), 
CXXXIX, 553. — (traitement de la), par le 
tartre slibié , par 1 M. Garcia y Alvarez, 
LXVIII, 268. 

Neret. Quelques observations de fièvres inter¬ 
mittentes avec albuminurie, I, 4. 

Névralgie sciatique, datant de quinze ans et 
rebelle à une foule de moyens, presque ins- 
tanément guérie par l'application du cautère 
actuel sur le dos du pied, par M. Payan, I, 2. 

— du nerf crural chez une femme en 
couches , guérison par l’ipécacuanha , par 
M. Frédéricq, V, 20. — intercostale chez un 
sujet phthisique (Clinique de M. Legroux), 
XLVI, 180. — générale (de la), affection qui 
simule des maladies graves des centres ner¬ 
veux , et de son traitement, par M. Valleix, 
LXXI, 282. 

Nitrate d’argent (manière d’enlever les taches 
de), sur le linge, par M. Herapalh, LXII, 
242. — (décomposition du), parla chaleur, 
par M. Persoz, XCIV , 334. 

Névralgies (du traitement des), par l'emploi de 
l’essence de thérébentine à petites doses , par 
M. Leriche, CXXIV, 492. 

Noale (A), observations d’empoisonnement par 
la teinture de cantharides, XLVII, 185. 

Nouveau-nés (conditions physiologiques et pa 
thologiques des), par M. Loir, LV, 215. 

O 


Observation de passage d'un penny dans le 
canal alimentaire, par M. David Davies, L, 
197. 


Obstétrique (observation très curieuse d’), par 
M. Oldham, LIX, 233. 

Œdème de la glotte (observations sur I’) causé 
par la déglutition de l'eau bouillante, par 
M. Jameson, XLIX, 193. 

O’Ferral. Recherches sur le diagnostic et l e 
traitement des tumeurs de l’orbite, VII, 
25. 

Officiers de santé (des), par M. Gaillard, XXXI, 
122, — (note sur les), XXXVI, 139. 

Offrande du corps médical à la République, 
XLIV, 171. 

Oldham. Observation très curieuse- d’obste- 


s de n 




duite par le séjour d’un corps étranger dans 
le vagin, XXVIII, 109. 

Ongle incarné (nouvelle méthode de traite¬ 
ment de 1’), par M. Malle, XVIII, 71. — 
(du traitement de 1'), par M. Da Camino. 
XCIII, 369. 

Onguent Populeum (modifications au mode de 
préparations de 1’), parM. Thélu.VII, 27. 

Opérations en plusieurs temps (des), par M. 
Vidal (de Cassis). XIV, 54. 

Ophthalmie scrofuleuse (sur la cautérisation 
des fosses nasales dans le traitement de 1’), 
parM. Samuel Edvards, CV, 417. —syphi¬ 
litique (note sur les affections vénériennes 
de l’œil et sur une forme insidieuse de I’), 
par M. Deval, III, 12. — purulente (nou- 
vaux détails sur 1’), (Clinique de M. Rayer). 
XXIX, 113. 

Ophthalmies (De l’emploi des inhalations élhé- 
rées comme moyen curatif de quelques), VIII, 

Ophthalmique (Compte-rendu des maladies trai- 
, - t - A l'infirmerie de) de Glascow, par M. An- 
__ Anderson, XIX, 75. 

OÇthalmologie (Observation d’), parM.Frances 
LI, 202. 

Opium (culture de 1") dans l’Arménie, par M, 
Gaultier de Claubry, XXVI, 102. — (Moyen 
pour découvrir les petites quantités d’), par 
M. Heusler, XLIX, 195. — (Des bons effets 
de 1’) dans la période ataxique des affections 
inflammatoires chez les ivrognes, parM. Du¬ 
bois (de Neufchàlel), LXXII, 285. 

Orchite (Débridement dans 1’), par M. Jules 
Roux, CVIII, 429. 

Organisation médicale, par M. Chapelle, LIX, 
234. 

Organisation du service de santé de la marine 
CII, 405. 

Ormerod. Observation de dégénérescence encé- 
phaloïde de l’endocarde, XXXIV, 134. 

Orthopédie. Extrait du rapport adressé à M. le 
délégué du gouvernement provisoire sur les 
traitemens orthopédiques de M. Jules Guérin, 
â l’hôpital des enfans, pendant les années 
1845, 44, 45, par une commission, etc., 
CXIII, 449. 

Otologie (De I’) depuis son origine jusqu'i Iiard, 
par M. Hubert Valleroux, X, 38. — (De l’é¬ 
tat actuel de I’). par M. Hubert Valleroux, 
XLIX, 191. —Recherches pour servir aux 
maladies de l’oreille, par M. Wilde, XLIX, 
193. 

Ovariotomie pratiquée avec succès, par M. Yaul- 
legeard, XCIX, 354. 

Oxyde de zinc (Emploi de 1') dans la peinture 
à l’huile, par M. Clément, XXXII, 126. 

Ozone, par M. Schœnbein, CIII, 409. 


Pain de munition (du blutage, du rendement des 
farines et de la composition du ), par M. 
Haussmann, X, 40. 

Palma. Une observation d’anévrisme poplité , 
traité par la galvano-puncture, XXIX, 114. 

Papillaud (Lucien). Note sur l'expérimentation 
comparative de quelques médications dans le 
traitement de la dyssenterie et des autres 
flux intestinaux des régions chaudes extra¬ 
tropicales, XXI, 84. 

Paracentèse du thorax (de la) suivant la mé¬ 
thode du docteur Schuch (de Vienne), par 
M. Agostini, XLVII, 185. 

Paralysie du mouvement dans les membres 
supérieur el inférieur du côté gauche, avec 
contraction légère du membre supérieur ; 
état crétacé des artères du cerveau (observa¬ 
tion de), par M. Hdlairet , CI , 401. — gé¬ 
nérale progressive (delà), par M. Sandras, 
CXVII, 466. — générale incomplète, suivie 
de quelques remarques sur la paralysie sim¬ 
ple ou compliquant l’aliénation mentale. 
(Clinique de M. Bouillaud), CXLVI, 581. 

Paraplégie (emploi du seigle ergoté dans le 
traitement de la), par M. Boari, IV , 16. — 
traitée avec succès par la brucine adminis¬ 
trée à l’intérieur. ( Clinique de M. Briche- 
teau), LXX, 277. 

Parchappe. Des conseils de discipline, XX, 


du cerveau, par M. Hérard, XIX, 73. - 
(localisation de la) dans les lobes antérieurs 
du cerveau, VI, 24. 

Parturition ( recherches sur la cause excitante 
de la), par M. Syler-Smilh, LIX, 232. 

Passaquay. Délivrance naturelle après des ef¬ 
forts infructueux, XII, 48. 

Pastilles de manne, par M. Collas, LXI, 248, 

Payan. Névralgie sciatique , datant de quinze 
ans et rebelle à une foule de moyens ; pres¬ 
que instantanément guérie par l’applica¬ 
tion du cautère actuel sur le dos du pied, 
I, 2, — Un mot sur une réduction de luxa¬ 
tion coxo-fémorale à l'aide du chloroforme, 
I, 3. 

Payen. Réclamation de priorité sur les moyens 
d’alimenter les aliénés, IV, 16. 

Payne. Observation d’ulcération et de perfora¬ 
tion de l’estomac, L, 197. 

Payne Colton (Richard). Observations relatives 
au molluscum contagieux, suivies de quel¬ 
ques réflexions sur l’histoire et la patholo¬ 
gie de cetté affection, XXX, 118. 

Peebles. Recherches sur l’emploi de l'eupato- 
rium perfoliatum dans le traitement de la 
grippe, XIII, 52. 

Peganum harmala ( recherches sur les graines 

du), par M. Fritzache, LXII, 246. 













Pénétration d’un haricot dan» la trachée-artè¬ 
re chez une enfant de quinxe moi» ; opéra- 
lion de la laryngo-trachéotomie, pratiquée 
vingt et un jour» après l’accident ; expul¬ 
sion du corps étranger; guérison, par M. 
Kosciakiewiez, CIII, -410. 

Pénitentiaire! de la folie dans le régime), par 
M. Joret, 111,11. 

Pereire. Jacob Rodrigues, premier instituteur 
de» sourds-muets en France. Notice sur sa 
vie, ses travaux et analyse raisonnée de sa 
doctrine, par Ed. Séguin. ( Analyse par M. 
Joseph Dominique), I, 1. 

Péricardite tuberculeuse (recherches sur la), 
par M. Burrows, LIV, 212. 

Persesqui-nitrale de fer (emploi thérapeutique 
du), par M. Kerr, CXII, 446. 

Personnel médical (études statistiques sur le) 
et les secours qu'il doit donner aux popula¬ 
tions rurales, par M. Gaillard, XV, 60. 

Perte complète de la sensibilité et de la motilité 
du membre thoracique gauche, guérie par 
l’électro-magnélisme, par M. Logerais fils, 
CXLII, 564. 

Pertes utérines passives (d’un remède peu 
connu dans les) , par M. Réné Vanoye, 
CXLIII, S69. 

Pessaires, bougies et suppositoires médicamen¬ 
teux, CXLIV, S73. 

Petit (Edouard). Observations de fièvre ty¬ 
phoïde traitée par la méthode de M. Serres, 
VI, 24. 

Petit-lait (du) et'de sa falsification, parM. Stan. 
Martin, CXXIII, 490. 

Pharmacie en Chine (lettre sur la), parM. Vvan, 
XVI, 61. 

Pharmacologie générale et spéciale (traité de). 

par M. Jaumes (analyse), XLII, 165. 
Phellandrium aqualicum (de l’efficacité des se¬ 
mences du) dans les affections des organes 
respiratoires, par M. Michea, IV, 15. — 
(du) employé comme moyen de traitement 
dans certaines affections de poitrine — 
M. Sandras, CXXXIV, 521. 

Phillips. De la goutte militaire et de son traite¬ 
ment, LXXII, 285. 

Phillyrea Iatifolia (observations sur les pro- 


Premiers Paris (dans tous les numéros), 
Présentation de l’épaule (de la) avec i 

_ „ , . bras et de son traitement, par M. Betzius, 

priétés fébrifuges delà) et de ses préparations, XCVII, 386. 
parM. Jachelli, IV, 16. “ ’ 


Phlébite (de quelques accidens consécutifs 
la) et en particulier de l'ophtbalmie puru¬ 
lente (Clinique de M. Rayer), XXIII, 91. 
Phlegmon ganglionnaire de la région paroti¬ 
dienne gauche, ponction avec le bistouri ; 
résolution rapide (Clinique de M. Velpeau), 
par M. Escalier, X, 39. 

Phosphate d’ammoniaque (remarques 
tion thérapeutique du) dans la goutte et le 
rhumatisme, par M. Edwards, CXI, 442. — 
et carbonate de chaux dans les végétaux 
(mode de transport des) par M. Lassaigne, 
CXL, 558. 

Phosphore (Emploi du) dans le traitement de 
l’amaurose, par M. Liedbeck, XCVI, 312. 
Phthisie pulmonaire (De la valeur relative des 
signes physiques et rationnels de la), (Clini¬ 
que de M.Louis), IX, 34. — (De la curabili¬ 
té et du traitement de la), par M.Forget, 
LXXI, 282. 

Physiologie générale (Traité de) ou nouvelles 
recherches sur la vie et la mort, considérées 
dans la nature, dans l’animal et dans l’hom¬ 
me, par M. A. Depierris, LXIII’, 250. 
Piachaud. Observation de luxation sus-pubien¬ 
ne du fémur gauche, VII, 26. 

Pierloz Feldmann. Nouveau procédé pour la 
préparation du chloroforme, CXX1I, 285. 
Pierre chatonnée (Observation de). Remarques 
sur les difficultés du diagnostic ; taille péri¬ 
néale sans résultat, etc. (Clinique de M. 
Roux), LV, 217. 

Picquotiane (De la), XXXVI, 142. 

Pilules purgatives, par M. Vandamme, LII, 205. 
Piory. Note sur le concours appliqué aux chai¬ 
res de professeurs, XXII, 85.— Question 
pratique de la discussion sur le rôle de la 
rate dans les fièvres d’accès, XCII, 364. 

Piria. Moyen de reconnaître le sang répandu 
sur les vètemens, XXXII, 126. 

Places médicales (Du mode de nomination aux 
diverses), CI, 399. 

Plaies par armes à feu (Leçons cliniques de 
Velpeau sur la gravité et sur le traitement 
des fractures et des), XXVIII, 109.— (Dis¬ 
cussion à l’Académie de médecine sur les), 
opinion de M. Roux, XCI, 359. — (Faits et 
expériences sur les), par M. Félix Legros, 
XCIII, 367.—Opinion de M. Malgaigne, 
XCIV , 373. — Opinion de M. Blandin, C, 
398 — Opinion de M. Piorry, CVI, 422.— 
Opinion de M. Velpeau, C1X, 434. — Opi¬ 
nion de M. Jobert (de Lamballe), GXV, 457. 
— de M. Begin, CXXVII, 504. 

Plettinck. Délire dans un cas de phthisie deux 
jours avant la mort, V, 20. 

Plouviez. De l’éthérisation en médecine, et en 
particulier sur son utilité dans l’épilepsie, 
XVIII, 70. 

Pneumonie (Du délire dans la), par M. Gri¬ 
solle, IX , 33.— (Mémoire clinique sur le 
kermès à haute dose associé aux saignées 
dans le traitement de la), par M.Robin, XII, 
45.— (Des formes diverses de la), et en par¬ 
ticulier de la pneumonie bilieuse. (Clinique 
de M. Bricheteau), LXX, 277. 

Pneumonie du sommet chez un enfant de qua¬ 
torze ans (Observation de), dans la conva¬ 
lescence, développement successif de la scar¬ 
latine miliaire, de la variole et de la vaccine; 
quelques réflexions sur la complication des 
fièvres éruptives entre elles. (Clinique de M. 
Rlache), LXII, 245. 

Pneumonie bilieuse (De la) et de son traite¬ 
ment, par M. Martin Solon, CXVI, 461. 
Pneumo-lhorax datant de quatre mois (Obser¬ 
vation de), suivie de quelques remarques sur 
cette affection. (Clinique de M. Andral), 
XXXV, 137. 

Poggiale. Action anesthénisante de I’aldohyde, 
XXXIII, 130. 

Poggiale et Marchai (de Calvi). Composition 
du sang artériel et du sang veineux, dans un 
3 inflammation du cer- 


XL III, 169. 

Polidypsie traitée aves -urcès par le calomel ei 
la salivation (Note sur un cas de), par M. 
Fleury, LXII, 246. 

Polype de la partie supérieure du pharynx, 
s’insérant à la base du crâne, aux premières 
vertèbres cervicales et à la voûte palatine, 
et s'engageant dans les sinus sphénoïdiens et 
la fosse nasale gauche, guéri par l’ablation 
et l’os maxillaire supérieur; destruction par 
arrachement, excision et cautérisation, par 
M. Michaux, LXXVII, 306. 

Polype utérin énorme excisé avec succès, par 
M. Lussana, CXXXVII, 544. 

Polypes (Quelques mots sur la ligature di s), par 
M. F. Hatin, CV, 418. — (Nouveau procédé 
très simple pour la ligature des), par M. Fa- 
vrot, XIII, 52. 

Polypes du pharynx (Des accidens consécutifs à 
la ligature des); nécessité de pratiquer deux 
fois la trachéotomie à la suite d’une sembla¬ 
ble ligature; emploi d’une canule trachéale à 
soupape mobile ; des avantages qu’elle pré¬ 
sente. (Clinique de M. Blandin), IV, 14. 

Pommade anli-psorique, par M. Vandamme, 
LII, 206. — contre l’eczéma chromqt 
M. Mialhe, XXVIII, 110. 

Pomme de terre (panification de la), par 
M. Martin, XCIII, 370. 

Pons y Guirerra. Des injections de cachou dans 
de la bl ' 


République (la) et la médecine, XXXI, 122. 
(des bienfaits de la), et des devoirs qu’elle 
impose, par M. Rusian, XLV, (75. — (la) 
et le travail scientifique, XLVIII, 192. 

René Vanoye. Sur quelques effets des vésie i 
toires chez les vieillards. LXV, 258. 

Résection d’une côte (observation de), par 
M. A. Linoli, LXXV, 298. — des vaisseaux 
qui rampent sous la conjonctive dans quel¬ 
ques cas de kératite ulcéreuse rebelle (mé¬ 
moire sur la), par M. Dufrestte-Chassaigne, 
LXIX, 271. 

Responsabilité légale des médecins (de la) , 
CXXIX, 511. 

Résumé clinique des faits observés à l’hôpital 
du Midi pendant les mois de juillet, août et 
septembre 1848 (salles des femmes), sertiee 
de M. Puche, par M. Em. Foucher, CXLIV, 
571. 

Rétrécissement de l’urèire, ponction de la ves- 
au-dessus du pubis, guérison, CXXXVII. 


le traitement c 
269. 


blennorrhagie, LXVIII, 

Population de Paris (considération sur la) à 
propos du dénombrement de 1846, X, 37. 

Potasse caustique ( de l’emploi de la) comme 
rubéfiant et comme contro-stimulant dans 
certaines formes de maladies, par M. 
Barnes, LXVIII, 268. 

Poullain. Du traitement de la blenno-urelrite, 
XXIII, 92. 

Pouls (du) chez l’enfant à l’état physiologique, 
par M. Farge, XCIV, 372. 

Preisser. Urine renfermant du sperme, LXI, 


242. 


Presse médicale et homœopathie en Espagne 
(coup d’œil sur la), CXLVIII, 587. 

Principes immédiats végétaux, leur nature et 
nouveau mode d'obtention, parM. Lebourdais, 
CXL, 558. 

Prisons (de l’abolition du travail dans les), LI, 

202 . 

Produits chimiques (sur les émanations des 
fabriques de), par MM. Braconnot r 
monin, LIX, 234. 

Profession médicale (histoire de la) depuis les 
temps les plus reculés jusqu’à nos jours, par 
Joseph Dominique, VI, 21 et suivans. 

Prus. Rôle des médecins pendant l'épidémie de 
choléra à Alexandrie et au Caire: Détails 
sur la maladie et la mort d’Ibrahim-Pacha, 
CXLIII, 567. 

Purgatifs (recherches théoriques et pratiques 
sur les), parM. Mialhe, XCIV, 332. 

Purpura hemorrhagica traité avec succès par 
les saignées (observation de), par M. Lossetti. 
XCIII, 369. 


Quinquina dans les fièvres intermittentes (i 
marques sur l’emploi du), précédées d’une 
observation de fièvre intermittente récidivant 
annuellement depuis 44 ans, par Al. Bou- 
chardat, XII, 48. — et ses composés admi¬ 
nistrés à haute dose (note sur le), par M. Bri¬ 
quet, CXLl, 562. 


d’érysipèle, 
t, XIII, 51. 


Poisons métalliques (Méthode générale pour la 
recherche des principaux), par M. Abreu, 
XCIV, 373. 

Pollard. Hémorrhagie interne ; mort amenée 
par la rupture d’un gonflement ovarique, 


H 

Ramollissement du cerveau (observation de) , 
avec quelques réflexions sur le diagnotic dif¬ 
férentiel de cette affection et de l’apoplexie 
(Clinique de M. Legroux), XLVI, 180. 

Rapport de la commission des médecins et _ 

rurgiens des hôpitaux et hospices de Paris, 
adressé au directeur général, XXXVII, 144. 
— médico-légal sur une lésion grave de la 
tête, par M. Fantoni, CXIV , 453. 

Rapports conjugaux (des), considérés_ 

double point de vue de l’hygiène et de la 
morale publique, par M. Mayer, XCVII, 343. 

Rate (recherches expérimentales sur les fonc¬ 
tions de la) et de la veine porte, par M. Bé- 
clard, IX, 36. — (l’engorgement de la), est 
une conséquence des fièvres paludéennes et 
n’est pas la cause des accès, par MM. Jac¬ 
quot et Sourier , XCV, 337. — (question 
pratique de la discussion sur le rôle de la), 
dans des fièvres d’accès, par M, Piorry, 
XCII ,364. 

Ravel (Charles), Additamenla ad Lud. Choulanti 
bibliothecam médîco-historicam, etc., edidit 
Julius Rosembaum (analyse) , VI, 23. 

Rayer ( compte-rendu de la Clinique de M.), 
de quelques accidens consécutifs à la phlé¬ 
bite et en particulier de l’ophthalmie puru¬ 
lente , XXII , 91. — Observations d’atrophie 
partielle des membres, réflexions sur l’atro¬ 
phie partielle et générale ; considérations sur 
les causes et les formes de la néphrite albu¬ 
mineuse ; apoplexie cérébrale et maladie du 
cœur, CXXXIX, 553. — Médecine comparée 
des maladies du cœur, LXXII, 286. 

Reboissemens (les), Cil, 403. 

Récamier. Observations de tumeur fibreuse in¬ 
tra-utérine ; ablations, accidens des plaies 
par armes à feu, XCIII, 328. 

Réforme sanitaire en Angleterre, II, 8. 

Régénération des tissus (de la) dans l’homme 
et les animaux par M. Jobert de Lamballe 
XXXVI, 139. 

Reich. Emploi de la voie chimique pour déce¬ 
ler la falsification du sucre de canne ou de 
son sirop par le sucre ou le sirop de fécule, 
VII, 27. — Action de la potasse sur le suc- 
cm, VII, 27. 

Reinsch. Présence de la maunite dans la ra¬ 
cine de Meum, VII, 27. 

Remplacement militaire (sur l’abolition du) 

I \ YTV OQ,l 1 * 


Rétrécissemens de l’urètre. (Note su 

au mode de dilatation des), par M. Amus- 
t, XCVIII, 350. — indurés de l’urètre (du 
traitement des), par M. Béniqué, CI, 400. 

Rétroflexion de l’utérus (de la), par M. Ilens- 
ley, CXIII, 447. 

Réunion des médecins du département de la 
Seine pour les élections préparatoires , 
XXXVIII, 147.—(nouvelle) des médecins de 
Paris, Ll, 199. 

Rhumatisme articulaire aigu avec coïncidence 
de rhumatisme musculaire; guérison par le 
sulfate de quinine à haute dose, par M. Du- 
breuilh fils, XXII. 87. — (traitement du) par 
le sulfate de quinine, parM. Vinet, XLIII, 
170. 

Rhumatisme articulaire et sciatique aigus ; 
guérison par l’eau froide, par M. Andrieux 
de Brioude, XXXVI, 141. — (traitement mé¬ 
canique du) notamment par l’appareil ami¬ 
donné, par M. Forget, de Strasbourg, 
XCII, 366. 

Richelot. Observation de kyste de l’ovaire 
droit, guéri après deux ponctions faites avec 
une aiguille à acupuncture, V, 19. — Obser¬ 
vation de mort rapide, causée par la coagu¬ 
lation du sang dans les divisions de l’artere 
pulmonaire, etc., V, 20. — Olivier Crom¬ 
well malade , CXXXIII, 527. — Du meil¬ 
leur mode de réduction des luxations verti 
cales de la rotule, CXL1X, 592. 

Rilliet. De l’inflammation limitée à la mem¬ 
brane séreuse ventriculaire et sur sa termi¬ 
naison par une hydrocéphalie chronique, I, 
3. — Mémoire sur l’épidémie de rougeole 
qui a régné à Genève dans les premiers mois 
de l’année 1847, XXIV, 96. 

Rivaud-Landrau. Deux observations de cata¬ 
ractes pierreuses passées dans la chambre an¬ 
térieure, XXXV, 138. 

Robert. Insectes xylophages et traitement des 
arbres attaqués par ces animaux, LII, 205. 

Robert (A.). Notice sur l’eau minérale iodurée 
et bromurée de Wildegg, LI, 201. 

Robin. Mémoire clinique sur le kermès à haute 
dose associé aux saignées dans le traitement 
de la pneumonie, XII, 45. 

Rochoux. Notice sur la structure et sur quel¬ 
ques maladies du poumon, LXV1I, 265. 

Rawski. Dosage de l’acide phosphorique, LXII, 


XX, 79, — (La) nouveau veraiiuge, par M. 
Spencer Wels, CXI, 442. 

Sapey. Anatomie et physiologie des vaisseaux 
lymphatiques de la langue, I, 3. 

Sâuvel. Emploi de l’acide arsénieux dans les 
fièvres intermittentes, LV1I, 226. 

Savons médicamenteux, par M. Héreau, CXIV, 
454. 

Scanzoni. De la constriction spasmodique du 
col utérin pendant l’accouchement, CXXXVII, 
544. 

Scheneider. Nouveau procédé de fabrication de 
l'acide sulfurique, XIX, 75. 

Schreiber (De l’ivrognerie par l’eau-de-vie et 
de son traitement, par la méthode du doc¬ 
teur) , XC, 355. 

Schmidt. De la densité de l'albumine, de la fi¬ 
brine musculaire, des tendons et des globu¬ 
les du sang, XIV, 56, 

Scimper. Des médicamens employés en Abyssi¬ 
nie contre le ver solitaire, LXVII, 265. 

Scorbut (Mémoire sur la nature, les causes et 
ia prophylaxie du), par M. Garrod, XX, 78. 
— (Composition du sang dans an cas de) et 
dosage de la fibrine du sang humain, par 
MM. Chatin et Bouvier, XXXII, 126. 

Sécrel (Question du), L, 195. — (Questiondu), 
opinion de SI. Lamennais, LU, 203. 

Secret en médecine (Du), par M. don Pedro 
Mata, CXXXIV, 331. 

Sedillot. Nouveau procédé de cheiloplastie, III, 
12. — Nouvelles remarques sur les proprié¬ 
tés du chloroforme, VI, 23. — De l’insensi¬ 
bilité produite par le chloroforme et par l’é¬ 
ther, XXIV, 96. — Des moyens d’assurer la 
réussite des amputations des membres, CXI, 
440. — Lettre sur l’amputation à un seul 
lambeau antérieur, CXLVIII, 590. 

Seguin (Ed.). Jacob-Rodrigues Pereire, premier 
instituteur des sourds-muets eu France. No- 


1 Sulfure sulftifé de calcium (du), comme épi- 
latoire ; et de son action sur diverses pro¬ 
ductions animales, par M. Dorvault, CXXVI, 
501. — d e carbone ( préparations du), par 
M. Chandelier, CXVI, 462. 

Syler-Smith. Recherches sur la cause excitante 
de la parturition, LIX, 232. 

Syphilides ( considérations sur les ), leur diag¬ 
nostic et leur traitement. ( Clinique de M. 
Cazenave), CIV, 413, 

Syphilis (exposé d'une méthode sûre et prompte 
pour guérir la ) au moyen des préparations 
d’iode, par M. Moysisovie, IX, 36. — (cours 
sur la), par M. Diday, CXIV, 453. 

Système capillaire circulatoire, dit intermédiai¬ 
re des artères aux veine», par M. Bourgery, 
CIX, 433. 


246. 

Roslan. Des bienfaits de la République et des 
devoirs qu’elle impose, XLV, 175. 

Rougeole épidémique (de quelques anomalies 
observées dans le cours d’une), IV, 15. — 
(mémoire sur l’épidémie de) qui a régné â 
Genève dans les premiers mois de l'année 
1847, par M. Billet, XXIV, 96. 

Roussel (Th.). Lettres médicales sur les dé- 
partemens pyrénéens et sur l’Espagne. (Pas- 
sim.) (Voyez lettres médicales, etc.) 

Roux Clinique de M.). Observation de pierre 
chatonnée ; difficulté du diagnostic ; taille 
périnéale sans résultat, LV, 217. — Consi¬ 
dérations pratiques sur la ligature de l’artère 
iliaque externe et sur les accidens auxquels 
elle expose, etc., CXLII, 565. — Une visite 
à Alger, CXLV, 575. 

Roux (Jules). Ethérisme hypochloreux. I, 

II, 5. — Luxation des os du métacarpe dans 
leur articulation carpo-métacarpienne, LVII, 
224. — De la trépanation par évulsion, 
LXX, 275. — De l’amputation et de l’éthé¬ 
risme dans le tétanos traumatique, XC, 356. 
— Débridement dans l’orchite, CVIII, 429. 

Rudder. Emploi des vessies natatoires pour ad¬ 
ministrer l’huile de foie de morue, XIX, 75. 

Rul-Ogez. Note sur un cas d’ascite asthénique 
chronique, guérie par une injection iodée 
dans la cavité péritonéale, XXXI, 122. 

Rupture des instrumens litrolribes et moyen 
de prévenir cet accident, par M. Leroy d’E- 
tiolles, CXXXVI, 541. — de la trompe de 
Fallope (observation de), pas M. Jone; " 
sel, CXLVIII, 589, 

Ruspini. De la mannile ou sucre de t 
XIV, 55. 


Seigle ergoté (Emploi du) dans le traitement 
de la paraplégie, par M. Boari, IV, 16.— 
(De l'emploi de l’extrait aqueux de) dans les 
cas d’hémorrhagies internes, par M. Arnal, 
XXI, 84. — (Résumé des principaux écrits 
sur la vertu obstétricale du), suivi de quel¬ 
ques considérations pratiques,par M. Aubi- 
nais, LIV, 213. 

Sel (le) et la viande, LIV, 211. 

Serres. De la variole confluente typhoïde, 
CXVIH, 468. 

Servet (Michel), par M. Fauconneau-Dufresne, 
LII, 203. 

Sichel. Considérations sur l’introduction dans 
l’œil de corps étrangers non métalliques, 
LXXI, 282. 

Simeons. Lettre sur l’éruption qui se produit 
parties génitales chez les sujets soumis 
frictions stibiées, XXXIII, 130. 

Simpson. Remarques sur le décès récemment 
attribué au chloroforme, XXII, 87. — Note 
sur les propriétés anesihésiques du chlorure 
d’hydro-carbone, du nitrate d’elhyle, de la 
benzine, de l’aldehyde et du bi-sulfure de 
carbone, L, 197. — De la production de 
l’anesthésie locale par le chloroforme chez les 
animaux inférieurs et chez l’homme XCIV, 
371. 

Sirop d’acétate de codéine, par M. Mialhe, 
XXVIII, 110. — pectoral, parM. Maroncelli, 
XXVIII, 110. — de phellandrium aquati¬ 
on,,. YYVTTI A n I.. 


LXXIV, 291. 

Renouard. Projet d’une manifestation du corps 
médical, XLVII, 183. I 


Salmon.Lettre sur le collodion, CVIII, 430. 

Sandras. Du phellandrium aquaticum employé 
comme moyen de traitement dans certaines 
affections de poitrine, CXXXIV, 531. 

Sang (Note sur la présence normale de plu¬ 
sieurs métaux dans le), et sur l’analyse des 
sels fixes contenus dans ce liquide, par AI. 
Mellon, VI, 24. — (Composition du) artériel 
et du sang veineux, dans un cas d’érysipèle 
avec inflammation du cerveau, par MM. Pog¬ 
giale et Marchai de Calvi, XIII, 51. — ré¬ 
pandu sur les vètemens (Moyen de reconnaî¬ 
tre le), par M. Piria, XXXII, 126. 

Sangsues (Rapport sur la vente et la conserva¬ 
tion des), par M. Soubeiran, XV, 60. _ 

(Aloyen de multiplier et d’élever les), tel qu’il 
est pratiqué dans le Scinde, par M. Spacks, 
LXXII, 285. ’ 

Salines de Wurtemberg (Analyse des), par A1. 
Fehling, XIV, 56. 

Salubrité de la France (Etat actuel de la), CIV, 


Santé publique (Une administration de la) 
LXX, 275. 

J Santonine (Recherches sur la), par M, Heldt, 


Société médicale d'émulation (compte-rendu 
des séances de la). ( Passim.) — médico- 
pratique (compte-rendu des séances de la). 
(Passim.) — médicale du Temple (compte¬ 
rendu des séances de la) (Pastim.) — des 
sciences médicales de l’arrondissement de 
Gannat. Rapport général sur les travaux de 
la Société pendant l’année 1847, par Al. Ch. 
Laromie, CXLVII, 585. — médicale du 
premier arrondissement de Paris (compte¬ 
rendu des travaux de la) pendant l’année 
1848, par M. Foissac, CLII, 607. 

Solution ammoniacale (formule d’une) qui a 
paru modifier très heureurement une coque¬ 
luche survenue chez un petit garçon amputé 
du pouce droit, VIH, 32. 

Soubeiran. Rapport sur la vente et la conser¬ 
vation des sangsues, XV, 60. — note sur 
la décoloration des vins par le quinquina, 
LVIII, 229. 

Soufre (sur quelques propriétés chimiques du), 
parM. Deville, XXXIV, 133. 

Sous-carbonaie d’ammoniaque (bons effets de 
l'emploi du ) dans le traitement des affec¬ 
tions squameuses chroniques de la pet 
CXVII, 466. — de fer contre les fièvi 
intermittentes (note sur l’emploi du), par 
M. Frays, CXXXIX, 554. 

Sphéno-palatin (description nouvelles du gan¬ 
glion), par Al. Gros, XXXI, 122. 

Stark (James). Observation de luxation delà 
tète du radius, réduite avec succès deux 
ans et un mois après la production de l’a 
cident, XXX, 118. 

Statistique médicale des armées, par M. Boudin, 
LII, 205. 

Statique chimique du corps humain, par M 
Barrai, CXX1, 482. 

Strangurie (vins d’abeilles contre la), XCV, 
377. 

Strychnine (emploi de la) dans le traitement 
de la bronchite chronique par M. Clarke, 
LXVIII, 269. 

Sublimé (bains de) dans les affections cutanées 
non fébriles chez les très jeunes enfans, par 
M. Duclos (deTours), VIII, 32. 

Subsistances de la France (des), par M. V. 
Hausmann, X, 40. 

Succin (action de la potasse sur le), parM. 
Reicb, VII, 27. 

Sucre dans l'économie animale (de l’origine 
du), parM. Bernard, CXXXVIII, 549. 

Suicide (du) considéré comme maladie, par Al. 
Bourdin, V, 20. 

Sulfate de cinchonine (procédé pour reconnaître 
la présence du) dans celui de quinine, par 
AI. Henry, XXVI, 102. — de quinine dans 
le rhumatisme , par M Fauconneau Dufres¬ 
ne. XXVIII, 110. — de quinine (peut-on 
administrer le) pendant la fièvre? LXXI, 


Taches de sang (Distinction des tache» de suc de 
fruits acides de celles de), par M. Monde, 
CXLIX, 593. 

Taffetas vésicant, par M. Thorel, CXL, 558. 
Taille pgr le rectum (Nouvelle méthode de pra¬ 
tiquer la), observation dans laquelle cette 
oélhode a été pratiquée avec succès; ré¬ 
flexions pratiques. (Clinique de M. Maison¬ 
neuve), LXIII, 248. 

Taille par le haut appareil; irrigations conti¬ 
nues d’eau tiède dans la vessie, par la ca¬ 
nule placée dans la plaie de l’hypogastre ; 
guérison, par Al. Amussat, CLII, 605. 
Talbot. Remarques sur le lauJanatn de Syden¬ 
ham, XX, 79. 

Tanchou. Observation sur la guérison d’une 
tumeur de mauvaise nature, X, 39. 

Tannin. (Note sur l’utilité du) dans le traite¬ 
ment de l’épistaxis, par M. Pielro Porta, 
LXXV, 298. 

Tartrate de potasse et de fer (tarlrate ferrico- 
potasrique) (Note sur le), par M. Mialhe, II, 
7. — double de potasse et de magnésie et acé¬ 
tate de magnésie, par Al. Garat, XXVIII, 109. 
Tatouage (Possibilité de faire disparaître par 
le) certaines taches ou nœvi materni de la 
peau, par M. Cordier, XLV11I, 189. 
Température animale (Modificalinns apportées 
i la), par les lésions chirurgicales), par Al. 
Demarquay, XCVIII, 389. 

Tessier. Des difficultés du diagnostic des tu¬ 
meurs du ventre; cancer pancréatique com¬ 
prenant l’aorte abdominale et compliquée de 
dilatation de l’estomac, XXIII, 92. 
Térébenthine (Du traitemeut des névralgies par 
l’emploi de l’essence de) à petites doses, par 
M. Leriche, CXXIV, 492. 

Tétanos traumatique (De l’amputation et de l’é¬ 
thérisme dans le), par M. Jules Roux, XC, 
356. — (Du traitement interne du), et en 
particulier de l’emploi de la teinture de bel¬ 
ladone en frictions, par M. Ch. Bresse, 
CXXVIII, 510. — et hydrophobie (Observa¬ 
tion du) traitées sans succès par riuhalalion 
du chloroforme, CXXXVII, 545. 

Thelu. Alodificalions au mode de préparation 
de l’onguent populeum, VII, 27. 

Thore. Observation d’hémorrhagie par le tu¬ 
bercule ombilical, XXXIII, 130. 

Thorel. Dissimulation de l'odeur et de la sa¬ 
veur de l'eau de javelle par l'eau-de-vie de 
marc, XHI, 51. — Falsification de la résine 
de jalap par celle de gayac, XX, 79. 

Tœnia (des médicamens employés en Abjrs- 
’ lie contre le), par M. Schimper, LXVII, 

5 • 

Toniques fébrifuges (de*), par M. Mattéi, LI, 

202. 

Travail (le) des enfans dans les manufactures, 
XCVII, 383. — (le) dans les prisons, CVII, 
423. 

Trépanation parévulsion (delà) parM. J. Roux, 

Trou de Bolal (observation sur un cas de per¬ 
sistance du) avec dérangement remarquable 
de la circulation, par M. Robert Mayx- 
XLIV, 174. 

Trousseau. De la belladone dans le traitement 
de l'incontinence nocturne de l'urine che* 
les enfans et les adolescens, CXXII, 483. 
Turbercules dans les lobes antérieurs du cer¬ 
veau ayant déterminé la perte subite de la 
parole six jours avant la mort du sujet, 
par M. Laforgne, CXLl, 559. 

Tumeur em'éphaluïde de l’humérus, amputation 
de l’épaule, récidive de la maladie, par M. 
Robert Slorks, XCVI, 382. — érectile vei¬ 
neuse traitée avec succès par le cautère 
actuel (observation de), par M. Hervieux, 
XC, 357. — fibreuse intra-utérine (obser¬ 
vation de) par M. Recamier, XCIII, 328. ■— 
ganglionnaire du cou (extirpation d’une) 
inspiration de vapeurs de chloroforme, (Cli¬ 
nique de M. Jobert de Lamballe), II, 6. 

— lacrymale vénérienne (note sur la), par 
M. Tavignol, XCVIII, 349. — de mauvaise 
nature (observation sur la guérison d’une), 
par Al. Tanchou, X, 39. — de l’ovaire 
(observation d’extirpation d’une) pratiquée 
avec succès pendant là grossesse, par M. 
Burd, XLII, 164. 

Tumeurs laiteuses du sein (quelques considé¬ 
rations sur l’origine et les développemens 
des), CXIV, 452. — de l’orbite (recherches 
sur le diagnostic et le traitement des), par 
M. O’Ferral, VII, 25. — particulières de la 
main (enchondroma) avec des recherches sur 
leur nature, par MM. Ovelom et Ampetofft, 
XCVII, 380. — sanguines (de certaines) et 
d’une nouvelle méthode de traitement, par 
M. Petrequin, CXVII, 466. — du vemre 
(des difficultés du diagnostic des) ; cancer 
pancrétique comprenant l’aorte abdominale 
et compliqué de dilatation de l’estomac, 
par M. Tessier, XXIII, 92. 

Turner (Robert). Nouveaux détails sur un cas 
de concrétions intestinales, XIX, 75. 

Typha Latifolia (du) comme subsience alimen¬ 
taire, par M. Alorren, CXXXVI, 540. 


Ulcération scrofuleuse considérable, accom¬ 
pagnée d’abcès qui s’est ouvert dans la tra¬ 
chée (observation d’), par M. Fraiser, XIX, 
75. — et perforation d» l'estomac. parM, B 
Payne, L. 197. 





















Union et confraternité, XL VIII, 187. 

Urée (dosage de 1’) par M. Millon, XX, 79. 
— dans la transpiration (découverte de 1’), 


L, 198. 

Urine renfermant du sperme, par M. Preisser, 
LXI, 242. 


y 


Vaccin (note sur un nouveau moyen de re¬ 
cueillir le) dans des tubes et sur la couser- 
vation de ce virus, par M. Leriche, XCIX, 
554. . 

Vaisseaux sanguins (traité sur la structure, les 
maladies et les lésions physiques des), par 
M. Crisp (analyse), XII, 47. . 

Valleix. Colique végétale observee à Pans, 
LV 216 — De la névralgie générale, affec¬ 
tion qui simule des maladies graves des 
centres nerveux, et de son traitement, LXX1, 
282 — Etudes statistiques propres a eclai- 
rer ces questions : la fréquence proportion¬ 
nelle, la nature, les principaax caractères 
des maladies ont-ils subi, dans le cours des 
siècles, d’ausssi grandes modifications qu on 
le prétend? CI, 399. — Indications sur l’em¬ 
ploi du chloroforme, XCIV, 331. — Consi¬ 


dérations sur la fièvre intermittente chez les 
jeunes enfans, CXX, 476. 

Vandame. Pilules purgatives , LI1 , 203 — 
Pommade anti-psorique, id., 206. 

Vanden-Corput. Formules diverses , XXXV , 
137. 

Vandezande. Efficacité de l'acétate de plomb 
dans un cas d’hypertrophie du cœur, V, 20. 

Varicocèle ( observation de) double développé 
du côté droit; nouveau cas de transposition 
des organes. Clinique de M. Vidal (de Cas¬ 
sis), LX1X, 273. 

Variole (observations sur la coexistence de la) 
et de la scarlatine, avec des remarques sur la 
coexistence des autses fièvres éruptives, par 
M. Marson, XIV, 36. — (épidémie de) qui 
a régné à Lyon pendant l’hiver de 1847- 
1848, par M. Mouchet, LX, 238. — con¬ 
fluente typhoïde (traitement de la), par M. 
Serres, CXVIII, 468. 

Variole et vaccine ( du développement simul¬ 
tané de la ) et de la vaccine, par M. Hérard, 
CVIII, 4î8. 

Vée. Du meilleur mode à adopter pour l’inspec¬ 
tion des pharmacies et des drogueries-épice¬ 
ries , VIII, 29. — De la liberté de prescrire 
et de dispenser les médicamens actifs, CXXII, 
483. 


Velpeau. Leçons cliniques sur la gravité et sur 
le traitement des fractures et des plaies par 
armes à feu, XXVIII, 109. — (Clinique de 
M.), des corps étrangers dans l'articulation 
du genou, LXIII, 249. 

Vente des substances vénéneuses (rapport sur 
la) , par M. Bussi, C1X, 433. 

Verneuil (A). Note sur cinq opérations prati¬ 
quées avec l'aide des inspirations de chloro¬ 
forme et recueillies dans le service de M. le 
professeur Denonvilliers , VIII, 31. 

Version (de la) , destinée à remplacer, dans 
plusieurs cas la cràniolomie et l’emploi du 
forceps, par M. Simpson, CXLVIII, 589. 

Vésicatoires chez les vieillards ( sur quelques 
effets des), par M. Réné Vanoye , LXV, 258. 

Vichy (observations sur la composition chimi¬ 
que de plusieurs sources de), et quelques 
réflexions sur la manière d’envisager la com¬ 
position des eaux minérales, par M. O. Henry, 
VII, 27. 

Vidal (de Cassis). Des opérations en plusieurs 
temps, XIV, 54. — (Clinique de M.), obser¬ 
vation de varicocèle double, dévelopé du 
côté droit ; nouveau cas de transpositions 
des viscères, LXIX, 273. — (opinions de M.), 
sur le débridement des plaies d'armes à feu, 
XCIX ; 391. 


Viguerie (neveu). Ablation de la totalité du 
maxillaire supérieur pour une tumeur cancé¬ 
reuse dans le sinus maxillaire, XL , 156. 

Vin d’abeilles contre la slrangurie, XCV, 377. 

Vinet. Traitement de rhumatisme articulaire 
aigu , par le sulfate de quinine , XLIII, 170. 

Vingtrinier. Examen des comptes de l’adminis¬ 
tration de la justice criminelle de 1825 à 1843, 
XI, 44. 

Vipère (traitement de la morsure de la), par 
M. Langrais, XCIX , 354. 

Vogel (fils). Applications du gutta-percha, LXI, 
242. 

Volatilité des sels fixes dans la vapeur d’eau 
(de la), par M. Laroque, CXLIX , 394. 

w 

Waller. Remarques cliniques sur divers points 
de l’art des accouchemens , LV, 218. 

Wanner. Sur la circulation du sang , LIV, 213. 

Warmé. Moyen de reconnaître le lavage des 
papiers timbrés. VII, 27. 

Warwick. Observation de délirium tremens 
traité avec succès par le chloroforme, L, 197. 

Weeden-Cook. Nouvelle opération pratiquée sur 
le pied ; extirpation du calcanéum et de 
l’astragale; résection des deux malléoles. L, 
197. 


Wilde. Recherches pour servir aux maladies de 
l’oreille, XLI, 193. 

Wildegg (Notice sur l'eau minérale iodurée et 
bromurée de), par M. A. Robert, LI, 201. 

Willemin (A). De la mélrite puerpérale idiopa¬ 
thique , ou métrile franche des nouvelles 
accouchées, et de la complication avec les 
phlegmons pelviens ,1,3. 

Williamson (G). Notes et observations sur plu¬ 
sieurs cas de blessures reçues dans différens 
engagemens qui ont eu lieu dans le Stutlége 
et dans son voisinage, XXX ,118. 

Wishart (James). Observation d’anévrisme de 
l’artère innominée spontanément guéri ; obli¬ 
tération de l’artère carotide primitive gauche, 
XIX, 75. 

Y 


Y van. Lettre sur la pharmacie éh Chine, 
XVI, 61. 

Yvonneau sur l'emploi du collodion, CXXXVI, 
559. 

Yaws, pian ou Frambœsia (mémoire sur le), 
de son traitement et des moyens de faire 
disparaître cette maladie des contrées où 
elle sévit, par M. Paulet, CXXX, 517. 



FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES. 










Samedi 1" Janvier 9* «ft, 


deuxième année. 


Tome 1T 


N* I 


BUREAUX B'AIOIREIEIT: 

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de Cotte et de* Messagerie* Rojrale* et 
Générât**. 


L UNION MÉDICALE 

JOURNAL DES INTÉRÊTS SCIENTIFIQUES ET PRATIQUES, MORAUX ET PROFESSIONNELS 

DU CORPS MÉDICAL. 


PRIX OE L’ABOKREMERT. 


* v.u. 4tr. 

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■•««p l'Kirsager , 


Ce «Mnal aidé par M. BICHIMT e* Al'.K.T-HDtiti, parait trat» Me par aematae, le BUDI, le nVDl et le HUKDI. 

Tout ce qui concerné U Rédiction doit ttr. , tté mi Bureaux du Journal, à H. U Docteur *a*«dée iiroia, Rédacteur en ehef; tout ce qui concerne l’Administration, à M. le Docteur Uiciimoi, Gérant. 

lut tetfra» «t Pafmtls da t e»at ftri affranchit. 


UOUUimi:._I. Démarche de la Société médicale du 4* arrondissement de 

Paris au député de eet arrondissement. — II. Travaux originaux: Ethérisme 
hypochloreux. — UI. Clinique dus dxpartkmens : Hôtel-Dieu d’Aix ; clinique de 
M. i e docteur Payan. — IV. Académies, sociétés savantes st associations : 
Académie det sciences : Ether et chloroforme. — Anatomie et physiologie des 
vaisseaux lymphatiques de la langue. — V. Revue des journaux : (journaux de 
Paris): Archives générales de médecine : De l'inflammation limitée à la mem¬ 
brane séreuse ventriculaire, et sur sa terminaison par une hydrocéphalie chronique. 

De la métrite puerpérale idiopathique, ou métrite franche des nouvelles accou¬ 
chées, et de sa complication avec les phlegmons pelviens. — De l’érysipèle dans la 
convalescence ou dans la période ultime des maladies graves. — Recherches sur les 
maladies de l’arlère pulmonaire. — Quelques observations de fièvres intermittentes, 
avec albuminurie. — VI. Correspondance : Lettre de M. Leriche sur l’emploi du 
chloroforme à dose réfractaire. — Vil. Variétés : De l'alimentation des aliénés qui 
se refusent à prendre de la nourriture. — VIII. Nouvelles et Faits divers. — 
IK. Feuilleton : Jacob Rodrigues Pereire. 


PARIS, LB9I DÉCEMBRE 1847. 


MOUVEMENT DU CORPS MÉDICAL. 

DÉMARCHE DE LA SOCIÉTÉ MÉDICALF. DU 4“* ARRONDISSEMENT DE 
PARIS AUPRÈS DU DÉPUTÉ DE CET ARRONDISSEMENT. 

La Société médicale du 4 me arrondissement de Paris vient de 
faire une démonstration qui mérite d’être signalée, et que nous 
nous empressons de proposer comme exemple à toutes les au¬ 
tres Sociétés médicales de France. Voyant approcher le mo¬ 
ment de la convocation des Chambres, elle a chargé une Com¬ 
mission de rédiger une lettre destinée à M. Malgaigne, député 
de l’arrondissement, pour lui exposer ses vœux relativement 
au projet de loi sur l’enseignement et l’exercice de la médecine. 

Voici cette lettre : 

Monsieur le député, 

La part active et utile que vous avez prise comme médecin aux travaux 
du Congrès médical et de la Commission permanente, nous est un sûr 
garant du zèle intelligent que vous apporterez, comme législateur, dans la 
discussion de la loi sur l’enseignement et l’exercice de la médecine, qui 
doit être présentée à la Chambre des députés. 

Nous nous confions pleinement à vos connaissances spéciales, à votre 
expérience et à votre talent, pour la discussion de l’ensemble et des détails 
de cette loi. Néanmoins, nous avons cru convenable, au moment où les 
Chambres vont reprendre leurs travaux législatifs, de vous signaler les 
points qui ont fixé plus particulièrement l’attention de notre Société : 

1“ L’abolition du second ordre de médecins. 

2* Le concours pour toutes les chaires des Facultés et des Ecoles se¬ 
condaires, concours qu’on pourrait simplifier, et auquel devraient être ap¬ 
pelés les seuls docteurs en médecine reçus dans les Facultés du royaume. 

3* Les avantages de l’enseignement libre. 

4* La création de Conseils médicaux, dont les membres seraient nom¬ 
més par les médecins seuls. 

5° Les dangers du charlatanisme, ceux de certaines annonces et de la 
prétendue médecine de charité. 

6* Les graves inconvéniens de quelques articles du projet, relatifs à 


i’incapacité d’exercice et la justice qu’il y aurait à laisser les médecins dans 
le droit commun. 

7* Les abus qu'entraîneraient les professions dites spéciales. 

Pour vous, Monsieur le député, cas points principaux de la loi ne doi¬ 
vent être qu’indiqués; tout développement serait superflu. Ce projet de 
loi n’intéresse pas seulement ie corps médical ; il intéresse la société tout 
entière. En défendant les droits d'une des classes les plus utiles de la so¬ 
ciété, vous défendrez encore les intérêts généraux ; vous ne cesserez pas 
d’etre l’homme du pays. A l’occasion même, votre vote prouvera que le 
désintéressement et le dévoûmenl des médecins ne font jamais défaut 
quand le bien du pays l’exige. 

Monsieur le député, nous espérons que la part que vous prendrez à 
cette discussion donnera la mesure des lumières que les médecins peuvent 
fournir aux législateurs. 

Ont signé : 

MM. les docteurs J.-F. Païen, président; Haguette, 
secrétaire; Caron, vice-secretaire; Cordier, com¬ 
missaire; Tessereau, commissaire; et Godart, 
rapporteur. 

La Société ayant approuvé la rédaction de cette lettre, la 
Commission et ie bureau se sont présentés chez M. Malgaigne, 
et le président la lui a remise en lui adressant les paroles sui¬ 
vantes : 

Monsieur le député, nous venons, au nom de la Société médicale du 
U’ arrondissement, pour vous taire connaître ses vœux relativement au 
projet de loi sur la médecine qui sera présenté à la Chambre des députés. 
La Société apprécie assez ce que vous avez fait pour ia cause commune 
pour n’avoir pas la prétention de vous ouvrir de nouvelles voies ; elle a 
voulu seulement faire un acte de sympathie, alin que, lors de la discus¬ 
sion, si vous avez à lutter contre l’indill'érence des uns, l’ignorance d’un 
grand nombre, le mauvais vouloir de plusieurs, vous puissiez dire aux 
autres, vous dire à vous-même que ce ne sont pas seulement vos opinions 
que vous défendez, que ce sont celles de la grande majorité de la famille 
médicale. Aussi nous voudrions que toutes les Sociétés de Paris, toutes les 
Sociétés de France suivissent notre exemple, et fissent près de yous une 
démonstration semblable à celle que nous faisons en ce moment. 

M. Malgaigne a répondu : 

Je commencerai par vous remercier, Messieurs, de la démarche que 
vous avez bien voulu faire près de moi ; je suis heureux et fier de cette 
marque de sympathie et de confiance ; j’accepte dans sa plénitude le man¬ 
dat que la Société médicale du quatrième arrondissement veut bien re¬ 
mettre entre mes mains. Vous le savez assez. Messieurs, sur celte matière 
nos désirs sont communs, et je n’ai pas d’autres vœux que les vôtres. Et 
ces vœux, ils n’ont point été émis à la légère; ils ont traversé de nom¬ 
breuses discussions ; ils satisfont à la fois aux intérêts de la profession et 
aux intérêts de la Société, et partout où ces questions ont été posées au 
corps médical, elles ont toujours été résolues de la même manière. Après 
la justice de notre cause, c'est cette unanimité qui fera surtout notre 
force; car il ne faut pas nous le dissimuler, nous aurons à soutenir une 
lutte forte et périlleuse. Puisse donc votre exemple porter tous ses fruits. 
Que d’un bout à l'autre du royaume toutes les Sociétés médicales portent 
aux députés l’expression de leurs vœux, afin que ceux qui seront appelés 
à les défendre ne paraissent pas seulement soutenir une opinion person¬ 
nelle, mais qu’on voie derrière eux le corps médical tout entier. Que cha¬ 


cun fasse son devoir, et la victoire en sera plus sûre. Pour moi. Messieurs, 
je n’ajouterai qu’une seule parole, c’est que je ne faillirai pas au mien. 

Nous nous associons de tout notre cœur au vœu émis par 
l'honorable président de la Société médicale du 4 e arrondisse¬ 
ment de Paris. Nous voudrions voir les manifestes de toutes les 
Sociétés médicales de France se réunir dans les mains du dé¬ 
puté qui promet ainsi de prendre la défense de nos intérêts. 


TRAVAUX ET MÉMOIRES ORIGINAUX DE MÉDECINE 
ET DE CHIRURGIE, 

DE THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE ET APPLIQUÉE. 


éthérisme hypochloreux ; 

par M. le docteur Jules Roux, chirurgien en chef de la marine à 
Cherbourg. 

Je propose d’appeler éthérisme hypochloreux l’état spécial 
que produit dans l’organisme l'inhalation du chloroforme. 
Cette dénomination s’étaiedu rapport qui existe entre le chlo¬ 
roforme et les autres éthers, rapport qui est tel, que fierzélius 
et la plupart des chimistes considèrent ce corps comme un éther 
chloré; son mode de préparation, ses caractères physiques,son 
action physiologique, etc., justifient ce rapprochement. Dès lors, 
il serait au moins superflu d’introduire dans la science de nou¬ 
velles dénominations, telles que chloroformisation, chloroformis¬ 
me, expressions peu euphoniques, qui auraient le grand inconvé- 
nientde faire croire à une action entièrement différente de celle 
consacrée par les mots : éthérisation, éthérisme. Le principe 
de la dénomination que j’emploie pour exprimer les effets du 
chloroforme s’applique aussi à ceux que produisent les autres 
éthers qui, jusqu’à présent, sont les seuls corps connus qui 
jouissent des propriétés anesthénisantes, que le mot éthérisme 
exprime si bien. Ainsi on pourra dire éthérisme sulfurique, 
chlorhydrique, acétique, nitrique, nitreux, etc., selon qu’on aura 
procédé à l’éthérisation avec les éthers obtenus par la réaction 
sur l’alcool des acides sulfurique, chlorhydrique, acétique, 
nitrique, nitreux, etc. Cet artifice dans le langage permet de 
grouper les effets communs des divers éthers, et d’apprécier 
leurs différences spéciales, double avantage qu’on ne saurait 
considérer comme dépourvu de tout intérêt, puisqu’à u0 
époque très rapprochée la science aura certainement à traB^lf 
de l’éthérisation et de Y éthérisme en général, de chaque éthéjmm 
tion et de chaque éthérisme en particulier. Du reste, les cufupi 
minations suivantes, éthérisme sulfurique, acétique, elc\ né 
sont pas nouvelles ; M. le docteur Chambert les a employas 
dans son livre sur les effets des éthers (Baillière, 1847). Il serait 
certainement préférable de désigner les éthérismes divers par 
des expressions fondées sur la composition même des éthers 
plutôt que sur les considérations secondaires tirées de l’acide 
qui sert à leur préparation. Si nous avons préféré celte der- 


Feuilleton. 


JACOB - RODRIGUES PEREIRE, 

PREMIER INSTITUTEUR DES SOURDS-MUETS EN FRANCE. 

Notice sur sa vie, ses travaux, et analyse raisonnée de sa doctrine; 

Par Ed. Seguin. 

Ce livre est à la fois une œuvre doctrinale et une œuvre de justice et 
de réhabilitation. Quand le vrai s’allie avec le juste dans un écrit, on 
peut dire que rien ne lui manque, excepté peut-être cette forme qui fait 
valoir la pensée en la dessinant en traits élégans et précis. Sous ce rap¬ 
port, l’auteur, M. Seguin, n’est pas au-dessous de sa tâche. Habitué de¬ 
puis longtemps à manier la plume, il connaît toutes les ressources du 
style, et sait brillamment les faire valoir. Mais qu’importe la forme ; 
n’est-ce pas un accessoire qui n’est jamais bien utile, et duquel on pour¬ 
rait aisément se passer ? Il y a des hommes qui sont les iconoclastes du 
style. Comme ces hérétiques qui faisaient la guerre aux images, ils repous¬ 
sent les beautés de la forme pour ne fixer les yeux que sur le fond. Ils 
ont bien tort. Le style fait passer l’idée, avec lui on parle non pas seule¬ 
ment aux esprits éclairés, mais on pénètre jusqu’aux masses ; et lorsqu’on 
croit être en possession d’une bonne chose et qu’on se dévoue à la faire 
comprendre, il est important.que le plus grand nombre en profite, car 
Farbre doit porter tous ses fruits. A cause du but du livre, le style qui 
sert d’auxiliaire à la démonstration était une condition essentielle de re¬ 
tentissement et de succès : je suis heureux de constater que cette notice 
substantielle et élégante ne restera pas une lettre morte, c’est-à-dire un 
travail sans résultat. 

Ainsi donc, ce volume bien petit pour ce qu’il renferme, plaide une 
cause perdue, et réhabilite une doctrine oubliée. Cette doctrine, c’est celle 
qui fait parler les muets; cette cause, c’est celle de la gloire et du dévoû- 
ment du^ premier instituteur de ces malheureux, qui a rendu à l’huma- 
Dité, il n’y a pas un siècle encore, un si éclatant service. Mais va-t-on 
s’écrier en lisant cette phrase : vous vous trompez, ou M. Séguin se 
trompe avec vous. La doctrine existe ; montez au sommet de la rue Saint- 
Jacques, et avant d’arriver au Val-de-Grâce vous verrez une grande porte 
qui est celle de l’institution des sourds-muets. Là demeurait l’illustre 


Itard, ce savant dévoué qui est mort il y a quelques années ; là, enfin, la 
doctrine est mise en pratique sur une population d’enfans qui croissent, 
prospèrent et deviennent des êtres en jouissance de la pensée, dans toute 
l’étendue du mot et de l’expression qui la nomme et la communique. 
Voilà ce qu’on s’est empressé déjà de répondre pour ce qui regarde la doc¬ 
trine; on n'y mettra pas moins d’empressement, pour ce qui regarde le 
premier instituteur des sourds-muets. Vous ne connaissez donc pas l’abbé 
de l’Epée, dira-t-on à l’instant ? Si vous n’avez pas lu ses écrits, allez à 
Saint-Roch, et vous verrez dans une chapelle un monument à sa gloire qui 
ne vous laissera aucun doute sur la réalité du bien qu’il a fait. Sa vénéra¬ 
ble figure modelée en bronze, est supportée sur un socle couvert de l’al¬ 
phabet dactylologique, cl deux entons en bronze aussi, le remercient des 
yeux et de ia main pour leur avoir donné la parole, à l’imitation du Sau¬ 
veur, comme le dit l’inscription explicative. Si cette preuve matérielle ne 
vous suffit pas, transportez-vous à l’institution, où vous verrez partout les 
preuves d’une apothéose qui ne s’interrompt pas depuis le commencement 
du siècle. Eh bien ! de quelque apparence de vérité que soit entourée 
l’erreur, cette erreur existe ; et elle s’applique à la doctrine qui n’existe 
plus et dont le secret est resté perdu, comme elle s’applique aussi au pre¬ 
mier instituteur qui n’est pas l’abbé de l’Epée, mais un homme d’un nom 
bien obscur pour les masses, le juif portugais Jacob Rodrigues Pereire ! 

Je m’empresse cependant de réparer les profondes atteintes que la re¬ 
nommée de l'abbé de l’Epée doit subir par l’acte de justice qui met au 
grand jour les services signalés du véritable et du seul fonda eur. II ne 
faut pas ternir cette pure gloire que les mères font aimer aux enfans, dans 
ce naïf langage de l’éducation première qui s’adresse au cœur avant de 
frapper aux portes de l’esprit. Jacob Rodrigues est le savant, le prêtre est 
l’homme charitable ; l’un a fait par la puissance de l’intelligence ce que 
l’autre n’a su remplir qu’imparfaitement sous l’impulsion du zèle et du 
dévoùment. Le dirai-je aussi d’après M. Séguin, qui, dans une plaidoirie 
aussi délicate, ne manque jamais de s’appuyer sur la preuve ? Du vivant 
même de Pereire, i’abbé de l’Épée adopta une marche particulière, un 
procédé tout personnel, car les âmes les plus pures, les plus candides ne 
sont pas à l’abri de la rivalité ; et ce mal, qui n’était rien peut-être qu’une 
dissidence du vivant des deux instituteurs, a fini par engendrer ce que 
nous v oyons maintenant. Du temps de Pereire, et par son enseignement» 
les muets parlaient ; depuis l’abbé de l’Épée, et dans, l'institution dont il a 
été le premier directeur, les muets parlent par maaosyllabes ou même ne 


parlent pas. Tout le monde peut s’en convaincre, bien que cet asile d'une 
des grandes misères humaines soit rarement ouvert au public. J’ai assisté 
à quelques exercices annuels pendant la direction de M. Ordinaire, il y a 
quelques années. J’entendis quelques sons pénibles et presque inarticulés 
qui exigeaient une lutte violente chez l’enfant et inspiraient une profonde 
compassion à l’auditoire. Et puis je fus témoin de la pantomime à laquelle 
se livra un élève pour peindre par gestes, la fable du Bœuf et de lu Gre¬ 
nouille. La peinture était plus comique que vraie. Depuis cette époque, 
les exhibitions annuelles sont suspendues ; ies résultats ne sont pas assez 
satisfaisans pour initier les hommes instruits à ce progrès en sens inverse* 
Pour mettre fin à un état de choses qui ne tardera pas à déshériter les 
sourds-muets du patrimoine intellectuel dont ils avaient obtenu la jouis¬ 
sance, il faut fermer les yeux au présent, et demander ses secrets au 
passé. C’est ce qu’a fait l’auteur du livre sur Pereire. 11 s’est demandé si 
Pereire faisait mieux, et par quels moyens il parvenait aux résultats que 
la méthode actuelle ne peut jamais donner. Il est difficile, sans doute, de 
recomposer tout un passé quand les élémens manquent, lorsqu’au lieu 
d’un traité plus ou moins complet on ne possède plus que des lambeaux 
épars pris dans des correspondances ou dans les souvenirs reconnaissans 
de la tradition. Mais, ne sait-on pas que lorsqu’on est préparé par des ré¬ 
flexions ou des travaux qui appartiennent à la même classe, la lumière se 
fait d’elle-mème, et presque sans avoir besoin de soumettre l’esprit à de 
grands efforts? M. Seguin se trouvait précisément dans cette position fa¬ 
vorable. Auteur de travaux remarquables sur l’éducation des idiots, il 
s’est depuis longtemps familiarisé avec le problème qui consiste à placer 
la pensée dans l’esprit pour mettre ia parole sur les lèvres, et à faire 
rayonner sur la figure humaine, si triste quand l’intelligence est inerte, les 
manifestations de la vie cérébrale, qui est la véritable vie. Mieux que per¬ 
sonne, il pouvait donc comprendre et interpréter l’homme qui, bien avant 
l’abbé de l’Épée (en 1749), présentait en ces termes, à l’Académie des 
sciences, le programme de sa découverte. « Les sourds de naissance, di¬ 
sait-il,, parleront et deviendront aussi capables que les autres de tout ce 
qui ne dépendra point de l’ouïe. Il n’y aura plus de sourds-muets, il y 
aura des sourds parlans. » On va voir que ce programme n'était ni une. 
illusion, ni une bravade. M. d’Azy d’Etavigny fut, parmi ses élèves, un 
des plus brillans. « Nous jugeons, écrivait la Commission académique qui 
avait assisté à l’épreuve à laquelle ce sourd-muet fut soumis, et qui était 
composée de d’Ortous de Mairan, de Buffon et de Ferrein, nous jugeons 
































ïoièré source, c’est qu’elle nous a paru convenir davantage à la 
généralité des corps employés pour produire l’insensibilité, se 
prêter mieux à l’uniformité des termes, à la simplicité et à la 
facilité d» langage. 

Les propriétés anésthénisantes du perchloride defùrmyle in¬ 
diquées d’abord par M. Flourens, et proclamées ensuite par le 
docteur Simpson, étaient bien dignes de produire une profonde 
impression sur l’esprit des chirurgiens, dont l’attention avait 
été vivement sollicitée, il n’y a pas un an encore, par la décou¬ 
verte des merveilleux effets de l’éther. Mais l’intérêt qui s’atta¬ 
che au chloroforme a tout d’abord dominé l’intérêt secondaire 
qui s’attacherait à la découverte d’un simple succédané de 
l’éther, puisque le mémoire remarquable présenté à la Société 
médico-chirurgicale d’Edimbourg par le professeur Simpson, 
présente le chloroforme comme préférable à l’éther, qu’il doit 
remplacer désormais pour produire l’insensibilité dans les opé¬ 
rations. Il devient donc très important de constater cette su¬ 
périorité. 

En France, et à Paris surtout, on s’est empressé de repro¬ 
duire les tentatives du chirurgien écossais, et bien que, sur ce 
sujet, les travaux soient déjà très nombreux, comme la ques¬ 
tion ne saurait être épuisée, que la discussion n’est pas close, 
je vais faire connaître les résultats que j’ai obtenus de l’éthéri¬ 
sation hypochloreuse employée d’abord sur moi-même, et en¬ 
suite sur divers opérés. Le tableau suivant servira à indiquer 
les tentatives que j’ai faites dans cette direction. 


Personnes en santé. 3 

Incisions profondes.. . • , 4 

Fistule à l’anus. .. 1 

Amputations de jambes.2 


12 

Je vais exposer avec quelques détails l’expérience faite sur 
moi-même et les observations des deux malades qui ont subi 
l’amputation de la jambe dans l’éthérisme hypochloreux, ces 
trois observations offrant seules quelques particularités à men¬ 
tionner. 

Ethérisme hypochloreux produit sur moi-même dans un but 
physiologique. 

Pbemière observation. — Déjà plusieurs fois j’avais produit sur moi 
l’éthérisme sulfurique, je devais donc être très désireux de comparer avec 
ses effets ceux de l’éthérisme hypochloreux. Le 8 décembre, à dix heures 
du matin, je réunis à l’hôpital les chirurgiens de la marine employés dans 
mon service, et après m’être assis au milieu d’eux, je plaçai sur ma bouche 
et mon nez mon sac à éthérisation (voyez Union Médicale, juin 18û7), 
dont l’éponge avait préalablement reçu une cuillerée de chloroforme pro¬ 
venant de la pharmacie Béral, à Paris. Les premières inspirations furent 
piquantes et accompagnées d’une saveur très prononcée de pomme rei¬ 
nette; mais la toux qu’elles provoquèrent céda bientôt à un courant d’air 
établi dans le sac par l’enlèvement momentané du bouchon qui enfermele 
bouton. Après30 secondesd’inbalation. j’éprouvai un sentiment de fourmil¬ 
lement dans les membres, de chaleur dans tout le corps, de vibration dans 
la tête, de tintemens dans les oreilles. Ces sentimens divers grandissaient 
avec le bien-être qui les accompagnait. J’étais cependant encore vague¬ 
ment sensible aux pincemens. Je croyais l’expérience suffisante, et il me 
semblait que je ne pourrais jamais perdre la conscience dé moi-même, 
^.lorsqu’une nouvelle cuillerée de chloroforme, jetée à mon insu dans le 
r sac à éthérisation par le bouton qu’il porte, amena instantanément une 
complète insensibilité, quatre minutes et demie aprèsle commencement de 
l’inhalation. On m’a dit que pendant une minute au moins les pincemens 
les plus forts ont vainement été imprimés sur ma peau, que je suis devenu 
très pâle, et que je serais tombé certainement sur le sol si mes élèves ne 
m’avaient soutenu. On m’a dit que mon pouls, devenu très petit et filiforme, 
lie donnait plus que 35 pulsations par minute, tandis qu’avant l’expérience 
il en offrait 75. On a noté durant mon insensibilité absolue des efforts 
pour vomir, des nausées, une transpiration abondante et froide. Ces der¬ 
niers phénomènes, joints à la pâleur extrême de mon visage simulaient un 
état de syncope si profond, que les assistans ont déclaré n’avojr pu se dé¬ 
fendre d’une certaine émotion. Après.deux minutes d’anéantissement, j’ai 
par degrés repris la conscience de moi-même. Alors il m’a semblé qüe 


2 

durant des siècles j’avais été subjugué par un sommeil semé de rêves heu¬ 
reux; ensuite j’ai recouvré mes rapports avec le monde extérieur, j’ai en- 
endu les voix qui m’entouraient, j’ai senti mon. corps, la sueur froide qui 
le couvrait ; il m’a semblé que ma lèvre supérieure se contractait convul¬ 
sivement, que j’éprouvais au cœur une anxiété particulière ; j’ai vu les 
assistans et j’ai compris qu’ils n’avaient pas été sans inquiétude sur mon 
état. J’ai pu immédiatement les rassurer et même marcher en leur pré¬ 
sence, bien que l’engourdissement fût encore assez prononcé pour m’em¬ 
pêcher de sentir la résislanqe du sol qui me supportait. Cependant la p⬠
leur était moins grande, le froid moins intense, le pouls moins petit et 
moins lent, les nausées peu fréquentes, mais fêtais toujours comme pour¬ 
suivi par une saveur sucrée qui se prolongeait dans l’œsophage, le pharynx, 
et par des éructations également sucrées. Vingt-cinq minutes après le 
commencement de l’expérience, j’ai pu rentrer chez moi après un quart 
d’heure de marche. Là seulement la pâleur de la face s’est dissipée, ainsi 
que l’anxiété précordiale que je n’avais cessé d’éprouver. Un verre de 
vin sec a contribué à ramener l’harmonie et m’a permis de dicter les im¬ 
pressions que j’avais ressenties. 

Fracture des deux jambes ; commotion cérébrale et pulmonaire ; 

bronchite; dix-huit jours après l'accident, amputation de la jambe 

gauche dans l’éthérisme hypochloreux. 

Deuxième observation. — Lelong (Paul), matelot à bord de la corvette 
l’ Isère , âgé de 21 ans, s’était fracturé les deux jambes en lombantdela vergue 
d’artimon sur le pont; cette chute avait aussi produit une commotion assez 
grave de tous les organes, mais surtout du cerveau et des poumons. La 
fracture de la jambe gauche, comminutive avec trois plaies peu étendues 
des tégumens, nécessitait seule l’amputation. Après quelques jours de tra¬ 
versée par une mer très grosse et un temps orageux, le malade fut trans¬ 
porté à l’hôpital de Cherbourg, où il arriva le 3 décembre. Le gonflement 
de ia jambe était considérable, les plaies violacées laissaient échapper un 
liquide sanieux ; le pouls était petit, leiît, mais l’état des centres nerveux 
et des organes respiratoires aggravait surtout la situation du blessé. On 
observait : faiblesse profonde, stupeur, surdité prononcée, aphonie, toux 
fréquente, expectoration difficile de crachats muqueux, ampliation incom¬ 
plète des cellules pulmonaires, inappétence, rêvasseries la nuit. Le 16, de 
vastes ulcérations pultacées envahissaient à la jambe gauche les points de 
la peau en rapport avec les os fracturés ; la suppuration était abondante, 
mais le gonflement était diminué, et l’état générai du malade s’était un 
peu amélioré ; il dormait davantage et prenait quelques alimens ; il était 
mieux en rapport avec ce qui l’entourait, mais l’état des centres nerveux 
et des poumons laissait encore bien à désirer. Cependant l’amputation 
me parut ne pouvoir être différée. MM. Blache, médecin en chef de la 
marine, et Hello, ayant partagé mon opinion, je pratiquai l'opération au- 
dessous de la tubérosité du tibia dans l’épaisseur même des condyles de 
cet os, après avoir préalablement plongé le malade dans l’éthérisme hypo¬ 
chloreux. 

Une grande cuillerée de chloroforme venait d’être jetée dans mon sac 
à éthérisation, lorsque les inhalations furent commencées. 11 y eut d’abord 
de la toux ; le malade voulut repousser le sac, mais bientôt la respiration 
devint facile. On ajouta un peu de chloroforme, et cinq minutes après le 
commencement de l’éthérisation, l’insensibilité était complète. Le malade 
ne sentit pas les premiers temps de l’opération ; il ne commença à se 
plaindre qu’au moment de la section des os. Je dois dire que j’avais de 
bonne heure fait suspendre l’inhâlation éthérique, parce que je craignais 
de prolonger la respiration des vapeurs anesthénisantes chez un homme 
où les centres nerveux et les poumons étaient encore si profondément 
affectés. Grâce à ce puissant moyen, l’amputation a été terminée sans 
beaucoup de souffrances. Cinq ligatures d’artères ont été faites; la cou¬ 
leur du sang a paru la même que dans l’état ordinaire ; la nuit suivante a 
été bonne ; le malade n’a que faiblement souffert dans son moignon. 
L’éthérisme chloreux n’a donc été suivi d’aucun résultat fâcheux sur les 
organes affectés, et n’a rien ajouté à la situation d’ailleurs délicate dans 
laquelle le malade se trouvait avant l’opération. La jambe droite est au¬ 
jourd’hui en bonne voie de consolidation ; pour lui donner une résistance 
et une immobilité convenables et si nécessaires pendant les manœuvres 
de l’amputation pratiquée sur la jambe opposée, elle avait été, depuis 
quelques jours, maintenue par un bandage dextriné. 

(La suite au prochain numéro.) 


CLIMQÜF. DES DÉPARTEMENS. 


hotel-diec d’aix. — Clinique de M. le docteur Payan, 
Névralgie sciatique, datant de quinze ans et rebelle à une foule de 
moyens ; presque instantanément guérie par l’application du cau¬ 
tère actuel sur le dos du pied; par M. le docteur Payan (d’Aix). 
Tous les praticiens savent combien certaines névralgies scia¬ 


que Part d’apprendre à lire et à parler aux sourds-muets, tel que M. Pe¬ 
reire le pratique est extrêmement ingénieux, que son usage intéresse 
beaucoup le bien public, et qu’on ne saurait trop encourager M. Pe- 
reire à le cultiver et à le perfectionner. » Le digne instituteur suivit toute 
sa vie ce conseil ; il continua jusqu’à la fin à faire des élèves ; mais com¬ 
ment, par quelle méthode les faisait-il, puisque les documens qui restent 
ne disentqu’implicitement et d’une manière latente, les procédés qu’il em¬ 
ployait? 

La physiologie était très peu avancée au milieu du siècle dernier, mal¬ 
gré les travaux récens de quelques anatomistes et les écrits de Buffon, qui 
a conçu ce que d’autres après lui ont démontré. Pereire ne l’avait pas 
étudiée, mais il avait médité sur ses mystères et avait surtout longuement 
observé les moyens par lesquels la connaissance des choses extérieures se 
faisait jour jusqu’à l’esprit de l’homme. A cette époque on raisonnait beau¬ 
coup et même on divaguait souvent sur la sensation. La sensation était la 
seule et unique porte par laquelle tout passait jusqu’à l’intelligence. Sans 
elle, l’homme n’était rien, pas même un animal, pas même une plante, pas 
même un cristal ; c’était un aggrégat qui ne méritait pas certainement le 
nom d’humain, épithète que donne à notre organisme l’école vitaliste de 
Montpellier. Vivant au milieu de ces idées, Pereire y composa les siennes, 
et il eut bientôt le sentiment, ou même plutôt la divination de cette loi 
toute moderne de notre science physiologique, à savoir que tous les sens 
accomplissent leurs fonctions au moyen d’un toucher plus ou moins mo¬ 
difié. Ce principe, qui paraît avoir été le point de départ de la méthode de 
l’illustre Portugais, est très habilement dégagé par M. Seguin, qui en dé¬ 
duit toutes les conséquences par lesquelles le plan de l’enseignement a dû 
être constitué dans des détails. 

Avec cette pensée de l’identité de perceptions sensoriales, il fal¬ 
lait entrer par un sens lorsqu’on ne pouvait pas pénétrer par un autre. Le 
sourd qui ne pouvait toucher les sons par l’oreille, pouvait les sentir vi¬ 
brer par la main, et s’initier par la vue aux conditions organiques de la 
phonation. Ainsi Pereire parvenait à envisager la voix humaine par la per¬ 
ception tactile des vibrations sonores, en y joignant l’enseignement de 
l’intonation au moyen du geste, et celui de l’accent au moyen de la mesure. 
Il offrait par la vue un tableau parlant, quoique muet, des effets successifs 
que la pensée dans son action, et que la parole dans sa succession produit 
sur la physionomie générale de l’homme. Le sourd-muet était en face de 
cette scène qui se jouait devant lui, et avec le concours des divers moyens 


auxiliaires que la méthode mettait en œuvre pour faire son éducation, il 
pénétrait, suivant l’heureuse expression de mademoiselle Marois, l’une 
des élèves de Pereire, jusqu’à la connaissance de l’intérieur des hommes 
par les inflexions de la figure. 

Ces procédés cependant eussent été stériles dans une limite, s’ils n’a¬ 
vaient pas été complétés par un autre moyen d’action ; ne pouvant faire 
comprendre que la force et le caractère des sons, et le langage abstrait 
de la pensée, il fallait parvenir cependant à initier au langage par la pa¬ 
role. Ce résultat fut obtenu par la daclylololgie , qui donnait les mots et 
les plaçait, en quelque sorte, dans l’instrument physiologique qui en com¬ 
prenait le sens, et en émettait l’articulation. M. Seguin a méthodisé tout 
cet ensemble avec les rares jalons que le maître a laissés, et a marqué la 
route avec assez de précision pour qu’on puisse dire que si elle n’est pas 
identiquement la même, elle doit certainement faire toucher au but. Mais 
ici une objection se présente. Pour qui a vu les élèves formés par la mé¬ 
thode de l’abbé de l’Épée et de son continuateur l’abbé Sicard, la dactylo¬ 
logie ' existe à l’état pratique ; elle est le moyen de communication en 
usage parmi les sourds-muets. Cela est vrai; seulement il est important de 
s’entendre. La dactylologie est une traduction qui ne s’applique pas à une 
seule chose ; elle peut traduire des signes, des mots, des phrases. Suivant 
qu’elle adopte l’une de ses méthodes, le résultat doit différer. Ne sait-on 
pas, en effet, que telle langue se prête plus volontiers aux découvertes de 
l’intelligence que telle autre ? Que le chinois, par exemple , condamne 
celui qui le parle à l’immobilité, et que la langue française nous pousse 
invinciblement au progrès ou à la connaissance successive d'idées nou¬ 
velles. C’est sur ce terrain qu’il faut juger l’enseignement fécond de Pe¬ 
reire, et l'enseignement relativement stérile de l’abbé de l’Épée. 

La dactylologie de l’abbé de l’Épée était une traduction de mots, tra¬ 
duction étroite, qui les faisait concorder au point de vue matériel, mais 
qui n’excitait pas le muet à les articuler. La dactylologie de Pereire con¬ 
sistait dans une grammaire qui, en représentant l’émission articulaire du 
mot, faisait concorder ensemble le moyen et le but. Celui-ci s’adressait 
à la mémoire, pour parler à l’intelligence et pour éveiller l’activité de la 
fonction physiologique ; celui-là croyait .qu’une traduction fidèle suffisait 
toujours à l’intelligence, et conduisait nécessairement l’élève à choisir le 
moyen de communication qui lui coûtait te moins d’efforts : pour ne pas 
parler il ne conversait qu’avec la mimique. Ainsi, l’abbé de l’Épée ha¬ 
bituait te mue'i &£ passer de la parole, Pereire la lui restituait avec ses 


tiques sont rebelles aux traitemens que la thérapeutique ap¬ 
prend à leur opposer. Tel était le cas que nous a présenté 
tout récemment un* malade atteint depuis quinze ans de cette 
infirmité, que Te cautère actuel, appliqué sur le dos du pied de 
la manière qué;nous dirons ci-après, a fait disparaître d’une 
manière qui paraît devoir être définitive. Ce fait nous a semblé 
trop curieux pour ne pas lui donner de la publicité. 

Observation. — Le sieur Arnaud, plâtrier, âgé de trente ans, d’un 
tempérament bilioso-nerveux, commença à souffrir d’une névralgie scia¬ 
tique dès l’âge de quinze ans. Cette première fois, la névralgie fut très 
intense, et résista pendant huit mois à une foule de moyens qui lui furent 
méthodiquement opposés. Cependant l’application tardive des vésica¬ 
toires avait fini par amender ce pénible état, sans toutefois faire cesser 
complètement les douleurs, car pendant les quatorze ans qui ont suivi, cet 
individu en a constamment éprouvé des ressentimens, qui l’obligeaient 
même parfois de temps en temps à suspendre son travail, savoirquand 
les douleurs devenaient plus intenses. Mais, vers le milieu du mois de juin 
dernier, celte névralgie prit une intensité depuis longtemps inusitée, et 
force fut à cet homme de laisser tout travail et de réclamer les secours de 
l’art. Pendanttrois mois et demi il fut soigné par son médecin, qui s’adressa 
vainement à la kyrielle des moyens préconisés par les auteurs contre 
cette maladie. Cet homme finit enfin par venir se faire traiter dans nos 
salles, à l’Hôtel-Dieu d’Aix, où il fut reçu le 3 octobre dernier. Il était 
désespéré de se voir toujours souffrant, et c’était bien vraiment d’une 
sciatique qu’il était atteint. Étendue depuis l’origine du nerf sciatique, 
entre l’ischium et le grand trochanter, cette névralgie se propageait de là 
au creux poplité, et venait s’étendre insensiblement jusqu’aux dernières 
ramifications nerveuses du pied. La continuité de sa violence le privait 
presque continuellement du repos, et il ne marchait qu’avec peine, en 
s’aidant d’un bâton. 

Je fis faire d’abord une abondante application de sangsues : le résultat 
en fut nul. Des frictions avec la pommade belladonnée furent aussi de nul 
effet. Ce que voyant, je fis appliquer un premier vésicatoire allongé der¬ 
rière le trochanter, et, quelques jours plus tard, un second à la partie 
supérieure externe du mollet, et je les fis panser avec trois centigrammes 
par jour de sulfate de morphine. Un soulagement assez sensible suivit ce 
traitement, et le malade, pressé de reprendre son travail habituel, quitta 
nos salles le 10 novembre. 

Mais à peine se fut-il remis à ses habitudes, que la névralgie sciatique, 
qui n’avait été qu’apaisée, redevint pour lui insupportable, et qu’il se 
hâta de revenirà l’hôpital, où il rentra six jours après, le 16 novembre. 

Je fais cette fois appliquer deux moxas au haut de la cuisse, sur le tra¬ 
jet du nerf sciatique, et fais faire des frictions diverses sur le restant du 
membre. Les. douleurs furent uii peu calmées vers la cuisse, mais non à 
la jambe et au dos du pied. Tout en laissant faire les moxas, j’ordonnais 
des lavemens térébenthinés et des opiacés à l’intérieur, néanmoins la né¬ 
vralgie persistait toujours d’une manière désespérante, et chaque matin 
le malade me réitérait ses plaintes et son désespoir. C’est dans ces entre¬ 
faites que je lus, dans I’Union Médicale! la note de M. Alph. Robert sur 
le traitement de la névralgie sciatique par l’application du cautère actuel 
sur le dos du pied, et plein de confiance en la probité scientifique de cet 
excellent confrère, je me proposai de suite d’employer cette méthode 
renouvelée des Arabes chez mon malade. 

En conséquence, le 6 décembre, j’appliquai sur la face dorsale du pied 
gauche, et vis-à-vis l’intervalle des quatrième et cinquième orteils, une 
cautérisation dans l’étendue de deux travers de doigt en longueur, et 
d’un demi-travers de doigt en largeur (moins étendue du double par 
conséquent que celle de M. Robert). Le malade se soumit volontiers à 
cette opération, tant il désirait guérir. 

Dès le lendemain, il nous annonça un soulagement très marqué, lequel 
fut complet dans deux ou trois jours. Il ne pouvait concevoir lui-même 
un bien-être aussi promptement obtenu. Les élèves qui assistaient à nos 
visites étaient étonnés d’un aussi beau résultat. 

Cette amélioration s’est maintenue. Cet homme, après avoir constaté 
que quoiqu’il marchât, il n’éprouvait plus d’indice de sa névralgie, est 
sorti de nos salles le 22:décembre, au 17 e jour de sa cautérisation. La 
plaie du pied était presque cicatrisée. 

Ce fait, associé à ceux qu’a rappelés M. Robert, nous fait penser que 
la cautérisation du dos du pied, pour la guérison de la sciatique rebelle, 
est appelée à rendre de bien grands services aux malheureux que tour¬ 
mente cette pénible infirmité. Voilà, en effet, un sujet qui, pendant quinze 
ans, avait été plus ou moins tourmenté de sa sciatique, qui n’avait pu s’en 
débarrasser, malgré l’emploi des traitemens usités, et qui s’est vu presque 
instantanément guéri par la cautérisation sus-indiquée. Comment un trai- 


caractères et ses nuances. Sans s’en douter probablement, le premier 
condamnait ses élèves à une intelligence bornée, puisqu’il n’entretenait le 
sentiment de la parole que par une traduction toujours pénible ; tandis que 
le second donnait aux siens la spontanéité, l’initiative, en leur donnant la 
faculté de parler et en leur faisant préférer l’usage de la parole à l’exer¬ 
cice des signes mimiques. Telle est la distance qui sépare le prêtre du 
pauvre juif, humble, intelligent et dévoué, du prêtre respectable sans 
doute et plein de cette charité inépuisable dont il a donné des témoignages 
si éclatans, mais qui trop confiant peut-être en lui-même, a voulu substi¬ 
tuer une œuvre stérile à une œuvre qui d’un premier élan avait atteint 
toute sa perfection. Que reste-t-il à désirer? Qu’on revienne aux bonnes 
sources ; qu’on redemande à la tradition de Pereire, qui n’est plus con» 
fuse et perdue, les moyens d’arriver à un autre but d’éducation, différent 
de celui qu’on poursuit avec une trop courageuse persévérance. EnGn, 
qu’on rende la parole aux muets, la parole sonore et facile comme celle 
que savait faire parler celui qui méritait d’avoir un monument durable, 
œre perennius, dans la mémoire de la postérité. M. Seguin a commencé 
l’œuvre de la réhabilitation ; c’est à d’autres à la continuer, en n’abandon¬ 
nant pas cette méthode à la poussière des bibliothèques, mais en l’appli¬ 
quant largement pour la faire fructifier. ’ 

D r Joseph Dominique- 


— quarantaines du choléra. — L'Echo A’Orient raconte le fait' 
suivant, qui prouve l’absurdité des intendances sanitaires, et jusqu’où la 
peur peut conduire lorsqu’on permet à ces administrations de décider les 
questions de contagion et de non contagion : 

« L’office sanitaire de Salonique ayant été informé que le courrier venu 
de Constantinople par terre était entré en ville en exhibant son passe¬ 
port, sans billet de quarantaine, a prisses mesures pour qu’une sembla¬ 
ble irrégularité, qui compromet la santé publique ne fût plus commise. 
Des ordres ayant été donnés en conséquence, le courrier suivant fut mis 
en quarantaine, et la valise des lettres reçue avec les précautions usitées 
et le parfum. Tant qu’on eut à statuer si Ton devait ou non admettre à 
libre pratique les provenances de l’intérieur, les portes de la ville furent 
fermées jusqu’au soir. Le médecin de la santé, se basant sur l’article 3 de 
ses instructions, insistait pour la non admission, pendant qu’un conseil 
des principaux médecins de la ville, réuni extraordinairement chez 3e 
Kéhaya bey délibérait le contraire. Le lendemain matin, les habitans de 
la banlieue furent admis en ville. » 


















aussi efficace avait-il pu, après avoir été préconisé, retomber dans 
"icomplet oubli? 

Un mot sur une réduction de luxation coxo-fémorale à l’aide 
chloroforme. . 

Le 15 décembre dernier nous trouvâmes, dans nos salles, un 
malade âgé de quarante-quatre ans, qui avait la cuisse gauche 
luxée. C’était une luxation sous-pubienne, qui était effectuée 
depuis trente-sept heures. Le malade avait été porté sur une 
charrette, d’un village distant de deux bonnes lieues. Un en¬ 
gorgement considérable existait déjà. 

& Nous pensâmes, pour facilite! la réduction, devoir nous aider 
de l’action anesthésique du chloroforme : nous fîmes, en consé¬ 
quence, sentir au malade une éponge qui en était imbibée; 
dans trois minutes et quart l’insensibilité fut complète, et, 
comme tout avait été disposé à l’avance pour pouvoir faire aus¬ 
sitôt l’extension et la contre-extension, nous obtînmes la ré¬ 
duction de la luxation avec une bien plus grande facilité que si 
nous n’avions eu à notre disposition un aussi précieux moyen 
pour anéantir momentanément la sensibilité, et produire un 
relâchement musculaire complet. 

Docteur Payan ( d’Aix ). 


ACADÉMIES, SOCIÉTÉ S SAVANT ES ET ASSOCIATIONS. 

ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Séance du 27 Décembre. — Présidence de M. Brongniart. 

ÉTHER ET CHLOROFORME. 

MM. Girardin , professeur à la Faculté des sciences de Rouen, et 
Verrier, médecin-vétérinaire de la même ville, communiquent le résultat 
des expériences qu’ils ont faites sur des chevaux, tant avec le chloroforme 
qu’avec l’éther. De ces expériences les auteurs concluent : 

1” Que les vapeurs d’éther et de chloroforme n’agissent point en as¬ 
phyxiant les sujets qui y sont soumis, mais qu’elles anéantissent la sensi¬ 
bilité en portant leur action directe et exclusive sur les organes de l’encé¬ 
phale et sur les annexes ; 

2» Que le chloroforme agit d’une manière prompte et complète sur le 
cheval, tandis que l’éther ne fait que l’assoupir ; 

3“ Que l’inspiration du chloroforme prolongée longtemps après l’insen¬ 
sibilité, n’amène point la mort du cheval, même après l’emploi d’une dose 
énorme (75 grammesJ; 

4° Enfin que le chien, comme les autres animaux, peut être chlorofor- 
misé et éthérisé sans que sa vie en soit compromise, si ces opérations sont 
conduites avec soin. 

Ayant varié leurs expériences en opérant soit avec les vapeurs inhalées 
en présence d’une grande quantité d’air, soit avec les liquides introduits 
directement dans le torrent de la circulation, MM. Girardin et Verrier ont 
constaté que sur les animaux les mêmes phénomènes d’ivresse etd’in- 
sensiblité sont produits par l’injection directe dans le torrent de la circu¬ 
lation, mais avec doses bien moins élevées. Dans ce mode d’expérimen¬ 
tation, l’appareil respiratoire jouit de toute l’intégralité de ses fonctions, 
bien que l’insensibilité se manifeste de la même manière que par l’inhala¬ 
tion, sans que le sang artériel en soit aucunement modifié ; d’où les auteurs 
concluent que l’éther et le chloroforme ont une action spéciale et primi¬ 
tive sur les organes directs de la sensibilité, et qd’ils n’agissent point à là 
manière des gaz irrespirables. Si quelquefois il y a asphyxie, celle-ci n’est, 
suivant eux, qu’un phénomène consécuiifà l’altération de l’innervation. 

M. Amussat communique le procédé qu’il a employé dans ses expé¬ 
riences, afin d’expliquer la divergence d’opinion qui existe à l’égard de 
l’altération du sang dans l’inhalation de l’éther et du chloroforme, diver¬ 
gence qui lui paraît provenir uniquement des conditions différentes dans 
lesquelles on s’est placé pour constater ce fait important. 

Il commence par mettre à découvert, avant Tinhalation, les vaisseaux 
et les nerfs superficiels et profonds de la partie supérieure de la cuisse, le 
long du bord interne du muscle continu. Il constate la sensibilité des 
nerfs, le degré de contraction déterminé par leur pincement, la couleur 
rose-roiige'de l’artère, la couleur bleu foncé presque noire de la veine ; 
et afin de bien apprécier la couleur du sang, indivise, près du genou, une 
petite artère, à 3 centimètres plus haut, une petite veine collatérale ; enfin 
il fait la torsion de ces vaisseaux et commence l’inhalation ; en observant 
attentivement, au moment où les animaux sont devenus insensibles, on 
peut suivre graduellement les changemens très remarquables qui survien¬ 
nent dans l’état des vaisseaux et du sang. Cette expérience doit être faite 
sur un chien de moyenne taille et non sur de petits animaux. Les effets de 
l’éther et du chloroforme sur le sang sont si fugaces, qu’il est indispen¬ 
sable de les observer pendant que l’appareil à inhalation continue à fonc¬ 
tionner régulièrement. 

M. le docteur Guillon adresse une lettre avec indication d’un appareil 
destiné à l’inhalation de toutes substances médicamenteuses, propres à 
être introduites dans l’économie par la respiration. 

Cet appareil est composé d’un réservoir en verre dans lequel on verse 
le chloroforme et qui est pourvu d’une soupape empêchant toute déperdi¬ 
tion; plus d’un diaphragme et d’un tube inspirateur à travers lesquels les 
vapeurs chloroformiques sont rapidement entraînées dans les poumons. 

Les résultats merveilleux obtenus par des vapeurs de l’éther sulfurique 
et du chloroforme, le portent à espérer que par l’inhalation de substances 
appropriées, on pourra un jour guérir la rage, certaines espèces d’épi- 
epsie, d’asthme, d’hystérie, de phthisie pulmonaire, etc. 

M. Blanchet adresse le résultat des observations qu’il a faites sur 
l’homme et des expériences nouvelles qu’il a tentées sur les animaux vi- 
vans pour déterminer 1° la propriété du gaz oxygène pur ou mélangé 
à l’air pour combattre les accidens produits par le chlorofoi-me; 2° les 
changemens qui s’opèrent dans l’état du sang sous l’influence du chloro¬ 
forme, de l'air et de l’oxygène; 3° l’emploi du chloroforme pour pro¬ 
duire la dilatation de la pupille dans j’iritis, le staphylôme de l’iris récent, 
et diminuer la douleur qui accompagne ces affections. 

Des observations et des expériences que l’auteur a faites sur le sang 
des animaux, il lui a paru possible d’établir que l’oxygène agit non seule¬ 
ment en faisant passer le sang de la couleur noire à la couleur rouge, 
mais que la portion de ce gaz qui circule en nature avec lui porte une 
excitation générale au système nerveux cérébro-spinal et à tous les or¬ 
ganes, et neutralise l’effet hyposthénisant du chloroforme introduit dans 
la circulation. 

La dilatation presque constante de la pupille par le chloroforme l’a 
porté à l’essayer avec succès chez un malade qui avait un staphylôme ré¬ 
cent de l’iris, accompagné de douleurs atroces, et pour lequel on avait 
employé sans résultat un traitement antiphlogistique des plus énergiques 
et les préparations de belladone. 

M. Belou adresse une note relative à l’emploi du chloroforme contre 
certaines affections nerveuses, et en particulier l’épilepsie. L’auteur n’a 
fait aucune expérience. 

M. S.A.PEEÏ communique un travail relatif à l’anatomie et à la physio¬ 


5 

logie des vaisseaux lymphatiques de la langue. Ces vaisseaux, suivant 
M. Sappey, existent en grand nombre sous le double épiderme de cet or¬ 
gane, au point même qu’ils lui forment une sorte de gaine absorbante. 
Il résulte des recherches délicates auxquelles cet anatomiste s’est livré : 
1° qu’il existe à la surface de la langue deux genres de réseaux, les uns 
lymphatiques et les autres veineux ; mais les premiers sont toujours super¬ 
ficiels et peuvent être injectés indépendamment des seconds ; 2° que les 
réseaux signalés sur la muqueuse qui tapisse les fosses nasales sont exclusi¬ 
vement composés des radicules veineux (1). 

M. Germain adresse un supplément au mémoire sur l’action thérapeu¬ 
tique des eaux-mères des salines de Salins (Jura) , qu’il a envoyé le 1 er mars 
pour le concours au prix Montyon. 

M. Sucquet adresse une note sur l’assainissement des amphithéâtres 
d’anatomie, pour être jointe à son précédent mémoire sur le même sujet. 
(Concours Montyon.) 


MOUVEMENT DE LA PRESSE MÉDICALE, ANALYSE 
DES JOURNAUX. 


JOURNAUX DE PARIS. 

Archives générales de Médecine. — Décembre 1847. 

1° De l'inflammation limitée à la membrane séreuse ventriculaire, 
et sur sa terminaison par une hydrocéphalie chronique; par M. le 
docteur Rilliet, médecin de l’hôpital de Genève. — On sait que la phleg- 
masie des méninges n’est pas toujours bornée aux membranes qui enve¬ 
loppent la périphérie du cerveau; elle envahit quelquefois la séreuse qui 
tapisse l’intérieur des ventricules. L’histoire de cette dernière inflammation 
est à peine ébauchée. En effet, pour tracer celte histoire, il faudrait pos¬ 
séder des observations de phiegmâsie franche, limitée à la membrane qui 
tapisse les ventricules. Or, lés cas de cette espèce sont excessivement 
rares. Le docteur Rilliet n’en avait trouvé aucun exemple dans les divers 
ouvrages ou journaux, lorsqu’il lui a été donné de recueillir un fait qui lui 
semble être un exemple de méningite ventriculaire aiguë, terminée par 
une hydrocéphalie chronique. Voici, d’après cette observation, les analo¬ 
gies et les différences qui existeraient entre la méningite ventriculaire et la 
méningite périphérique : 

Dans les deux formes, la maladie débute, au milieu d’un état de santé 
parfait, par une violente céphalalgie, des vomissemens, de la constipa¬ 
tion, de la fièvre; mais dans la méningite périphérique l’intelligence est 
pervertie à une époque très voisine du début ; tandis que dans la ménin¬ 
gite ventriculaire, elle pourrait, comme dans l'hydrocéphalie aiguë, être 
conservée jusqu’à une période très avancée de la maladie. Dans la ménin¬ 
gite externe des enfans qui ont dépassé l’âge de deux ou trois ans, les 
convulsions ne sont pas un symptôme caractéristique ; tandis que dans la 
méningite ventriculaire, elles sont remarquables par leur précocité, leur 
répétition et leur fréquence. Enfin, la phiegmâsie de la membrane qui 
tapisse les ventricules serait susceptible de se terminer par une hydrocé¬ 
phalie chronique. 

Voici en quelques mots le fait qui a donné lieu à ce travail : une jeune 
fille de dix ans et demi, intelligente et bien développée, est prise subite¬ 
ment d’une violente céphalalgie, accompagnée de vomissemens, de fièvre, 
de crainte du bruit et de la lumière. Au 5 e jour, violente attaque de con¬ 
vulsions générales. Au 7 e jour, dureté de l’ouïe. Depuis lors, céphalalgie, 
vomissemens, et surtout convulsions. Au 18' jour, pouls irrégulier et ra¬ 
lenti ; surdité complète au 21*' ! jour. A partir du 52 e jour l’intelligence 
commence à décroître ; les convulsions s’éloignent. Le 63'jour, selles 
involontaires ; idiotisme presque complet au 68' jour ; diminution des 
forces au côté droit au 78' jour ; disparition des convulsions au troisième 
mois. Huit jours plus tard, vomissemens avec crises convulsives intermit¬ 
tentes. Mort dans une de ces attaques,- quatre mois après le début de là 
maladie. A l'autopsie, circonvolutions cérébrales complètement effacées. 
Un peu d’opacité des membranes d’enveloppe des centres nerveux. Arach¬ 
noïde très légèrement épaissie et un peu opaque, sans aucun caractère 
d’inflammation aiguë ou chronique, Dix'onces de sérosité limpide et for¬ 
tement albumineuse dans les ventricules. Membranes ventriculaires d’un 
aspect gélatineux, d un demi-millimètred’épaisseur et d’une consistance re¬ 
marquable. 

M. Rilliet discute successivement les trois opinions qui se présentenlà 
l’occasion de ce fait, à savoir : si. c’est un cas d'hydrocéphalie essen¬ 
tielle, d’ hémorrhagie vei,tributaire, ou de phiegmâsie . Il se prononce 
pour la dernière opinion, surtout à cause de la présence de la lièvre dès 
le début, et de l’apparition des convulsions vers le quatrième jour seule¬ 
ment. En résumé, M. Rilliet établit : 1“ que la membrane qui tapisse les 
ventricules peut être enflammée sans que l’arachnoïde et la pie-mère péri¬ 
phérique participent à cette inflammation; 2° que cette méningite est ca¬ 
ractérisée par de la céphalalgie, des vomissemens, de la constipation, une 
fièvre assez intense, puis par des convulsions répétées, sans altération de 
l’intelligence ; 3° que la phiegmâsie peut se terminer par une hydrocé¬ 
phalie chronique; que la déchéance de l’intelligence, et, plus tard, l’idio¬ 
tisme en sont les symptômes ; 4° que dans cette forme d’hydrocéphalie, le 
liquide épanché est fortement albumineux. 

2° De la métrite puerpérale idiopathique, ou mèlrite franche des 
nouvelles accouchées , et de sa complication avec tes phlegmons pel¬ 
viens; parle docteur A. Willemin, ancien interne des hôpitaux (2 e ar¬ 
ticle et fin). — Dans ce mémoire, l’auteur s’est occupé d’une affection de 
l’utérus, que l’on rencontre assez fréquemment dans les hôpitaux, chez 
les femmes nouvellement accouchées; affection déjà décrite par le profes¬ 
seur M. Chomel, sous le nom de métrite post-puerpérale. L’auteur n’a 
pas cru devoir cependant leur conserver le nom qui leur avait été donné 
par le professeur de l’Hôtel-Dieu. En effet, s’il est vrai que cette affection 
débute quelquefois à une certaine distance de l’accouchement, à savoir, 
quand la première période puerpérale est passée, il n’est pas moins fré¬ 
quent, dit-il, de la voir survenir dès le premier ou les premiers jours des 
couches. Suivant lui, ce qui la distingue, c’est la lenteur et la gravité peu 
considérable de ses symptômes. Aussi lui donne-t-il le nom de métrite 
puerpérale simple ou idiopathique. L’auteur admet quatre formes prin¬ 
cipales de cette métrite : la première, caractérisée par le volume anormal 
de l’utérus, la douleur et la fièvre ; la seconde, par le volume anormal de 
l’utérus, avec douleur, mais sans fièvre; la troisième, dans laquelle la 
douleur manque ainsi que la fièvre : il ne reste que l’augmentation du vo¬ 
lume de l’utérus, jointe à d’autres symptômes, tirés de l’état des lochies, 
en général sanguinolentes, et de celui du col utérin; enfin la quatrième 
(la plus rare) renfermant les métrites sans fièvre, sans tumeur à l’hypo- 
gastre, mais avec douleur, jointe à d’autres symptômes, tels que lochies 
anormales. Chacune de ces formes de métrite peut se compliquer de l’in¬ 
flammation du tissu cellulaire environnant, qui constitue les phlegmons 
pelviens. 

M. Willemin a résumé ce travail intéressant et vraiment pratique dans 
les quelques propositions suivantes : 1° On observe chez les nouvelles 
accouchées une espèce de métrite, qui, par sa marche, ses symptômes 
et une moindre gravité relative, doit être rapprochée des inflammations 
franches et distinguée des autres métrites puerpérales, ordinairement très 
graves, qui se terminent sisouvent par suppuration, ramollissement, gan- 


(1) A l’occasion de ce travail, M. Sapey nous adresse la note suivante : 

« Nous remplissons un devoir en annonçant que M. Bonamy, qui s’occupe de¬ 
puis longtemps et avec succès de recherches sur les vaisseaux lymphatiques, vient 
de publier, dans son remarquable atlas d’anatomie, un dessin qui représente ces vais¬ 
seaux à la surface de la langue. Ce dessin suffit pour démontrer que cet anatomiste 
distingué est arrivé à un résultat identique au nôtre. En présence de ce dessin, nous ne 
soulèverons point une puérile question de priorité ; nous nous contenterons de faire 
remarquer que, depuis cinq ans environ, nous nous occupons de recherches sur le 
système lymphatique, et que, travaillant ainsi dans la même voie, nous avons pu ar¬ 
river l’un et l’autre au même succès. » 


<grène [métrite pyogéntque, gangréneuse, etc; j. 2" Les causes lès plus 
fréquentes de cette espèce de métrite paraissent être l’excitation locale 
produite par un premier accouchement, la déchirure profonde du. col 
utérin, la marche, la fatigue peu de temps après la parturition. 3“ Le ra¬ 
lentissement du retrait de l’utérus, avec induration partielle des parois de 
cet organe, les lochies anormales sont les symptômes locaux les plus 
conslans de cette espèce d’inflammation. La douleur et la fièvre n’ont sou¬ 
vent lieu qu’au début ou lorsque l’inflammation est intense. 4° Cette mé¬ 
trite franche, survenant parfois quelques heures après l’accouchement, 
dépendant, dans certains cas, de l’irritation de l’utérus pendant la partu¬ 
rition, ne peut être considérée comme un accident, arrivant toujours 
après l’époque dite puerpérale, époque dont le terme n’est pas d’ailleurs 
rigoureusement fixé. 5° Le volume anormal de l’utérus étant un phéno¬ 
mène important pour le diagnostic de la maladie, cette circonstance sup¬ 
pose une appréciation de la marche du retrait normal de la matrice, con¬ 
naissance qui, aujourd’hui, n’est nullement établie. Aussi le diagnostic 
serait-il douteux si d’autres phénomènes ne venaient l’éclairer. 6° Le pro¬ 
nostic de la métrite puerpérale franche est beaucoup moins grave que 
celui des autres métrites puerpérales. La mort serait ici l’exception ; tandis 
que, au contraire, la guérison est très rare dans celte dernière. 7° Le 
traitement dit antiphlogistique est éminemment applicable à cette espèce 
particulière de métrite, comme à toutes les inflammations franches ; et 
l’on sait combien il échoue souvent dans la métrite pyogénique, ainsi que 
dans toutes les affections générales qui rentrent dans la classe des fièvres 
puerpérales. Le même traitement, et surtout l’emploi de vésicatoires vo- 
lans appliqués coup sur coup, convient parfaitement aux phlegmons ilia¬ 
ques, dont cette forme de métrite est fréquemment compliquée. 

3° De f érysipèle dans la convalescence ou dans la période ultime 
des maladies graves; par M. Hervieux, interne des hôpitaux. — L’im¬ 
portance du rôle que joue l’érysipèle dans la convalescence ultime des 
fièvres graves, recommande d’une manière toute particulière à l’attention 
des praticiens l’étude de cette dangereuse complication. L’auteur a cher¬ 
ché, d’aprèsquelques observations recueillies dans le service de M. Rayer, 
etd’après'celles qu’il a empruntées au Traité de M. Louis, sué la fièvre 
typhoïde, à construire l’histoire de cette phiegmâsie. Dans la plupart des 
cas, l'étiologie est restée la partie la plus obscure. On n’a pas su sous 
quelle influence, par quels concours de circonstances se manifestait l’éry¬ 
sipèle, et encore moins pourquoi il affectait telle ou telle forme, pourquoi 
il se fixait sur telle ou telle partie du corps. Dans un cas cependant l’au¬ 
teur a pu apprécier bien manifestement celte cause. C’était un excès dans 
l’alimentation. Considéré sous le rapport de son siège, l’érysipèle qui sur¬ 
vient dans la convalescence des fièvres graves n’a pas présenté, comparé 
à l’érysipèle ordinaire, de différences bien notables. Il occupait presque 
toujours la face et le cuir chevelu; dans d’autres cas, et par ordre de fré¬ 
quence, les bras, le tronc et les genoux. L’auteur a observé deux formes 
seulement d’érysipèle : la forme serpigineuse et la forme ambulante. 
Dans aucun cas ii n’à rencontré la forme phlegmoneuse. Envisagés dans 
leur ensemble, et abstraction faite de l’état général et de la disposition 
intérieure qui les produit, les phénomènes locaux n’acquièrent jamais ce 
degré d’intensité, ne se présentent jamais sous la forme grave et avec les 
caractères alarmans qu’on observe souvent dans les érysipèles ordinaires, 
quand l’économie n’est pas sous l’influence d’une maladie grave anté¬ 
rieure. Souvent même, quelques-uns de ces symptômes locaux peuvent 
manquer. Ainsi, la rougeur, ce symptôme presque pathogmonique de 
l’érysipèle, qui est alors remplacé par une pâleur complètement maie, 
excepté vers leur circonférence, du côté où a lieu la progression dé la 
phiegmâsie; ainsi encore la tuméfaction, l’élévation de la température et 
la douleur qui, indépendamment de ce qu’ils ne sont pas constans, n’appa¬ 
raissent pas avec ce degré d’intensité qu’on observe dans la plupart des 
érysipèles. 

On peut donc dire que les phénomènes locaux, dans l’érysipèle de la 
convalescence ou de la dernière période des maladies graves, n’acquiè¬ 
rent presque jamais une intensité alarmante, et qu’ils peuvent être consi¬ 
dérés comme la manifestation symptômatique la moins importante de cette 
dangereuse complication. Les phénomènes généraux (qu’il ne faut pas 
confondre avec l’état général) sont exactement en rapport, dans leur in¬ 
tensité, avec l’intensité des phénomènes locaux ; c’est-à-dire qu’ils n’ac¬ 
quièrent jamais ce degré de violence, particulier aux érysipèles graves, 
qui surviennent en état de santé ; en d’autres termes, ces érysipèlès ne 
provoquent pas dans l’économie de vives réactions sympathiques, aux¬ 
quelles on puisse attribuer la terminaison funeste qu’on observe presque 
toujours en pareils cas. La marche de ces érysipèles les distingue encore 
essentiellement des érysipèles ordinaires : elle se fait remarquer par sa 
rapidité. L’auteur a vu, chez une femme convalescente de fièvre typhoïde, 
l’érysipèle parti de la face avoir envahi, en quarante-huit heures, toute la 
tête, le cou, la partie supérieure du tronc, et la plus grande partie du 
bras gauche. Leur durée est généralement aussi courte que leur marche 
est rapide : on les voit paraître le matin, arriver le soir à leur summum 
d’intensité, et s’effacer, sans laisser de traces, dans la journée du lende¬ 
main. Leur diagnostic n’offre de particulier que la facilité avec laquelle ils 
peuvent échapper aux yeux du praticien, par l’absence de quelques-uns 
de leurs caractères habituels. Leur pronostic est toujours grave, non pas 
tant pour l’érysipèle lui-même que pour l’état général, pour la condition 
toute spéciale de l’organisme, sous l’influence de laquelle se produit la 
phiegmâsie. La nature de la maladie antérieure, sa durée, ses complica¬ 
tions plus ou moins graves, l’état d’anémie ou de débilitation dans lequel 
peut se trouver actuellement le sujet; telles sont les circonstances dont 
un médecin doit s’étayer pour prononcer sur l’imminence plus ou moins 
grande du danger. Ce' qui prouve d’ailleurs, d’une manière incontestable, 
l’innocuité delà phiegmâsie incidente en elle-même, c’est que, un seul cas 
excepté, tous les malades qui ont succombé, parmi ceux observés par 
M. Louis et par l’auteur, ont péri après un certain temps depuis la dis¬ 
parition complète des accidens locaux ou généraux déterminés par l’éry¬ 
sipèle. L’auteur n’a trouvé, ni dans les lésions locales, ni dans les lésions 
viscérales observées après la mort, l’explication des caractères particu¬ 
liers de cet érysipèle. Le traitement doit consister à combattre la maladie 
dans son principe morbide ; ou du moins dans l’appareil sy mptomatique 
plus ou moins manifeste, qui en traduit la présence. 

4° Recherches sur les maladies de l’artère pulmonaire ; par le doc¬ 
teur Norman Ciievers (3 e article). —Ce troisième article complète l’his¬ 
toire des altérations congéniales de l’artère pulmonaire. Dans ce mé¬ 
moire, des plus inléressans par la nature des matériaux qu’il renferme, 
l’auteur a traité successivement 1° de l 'absence congëniale de l’artère 
pulmonaire, soit qu’un seul ventricule fournisse une seule artère, d’où 
se détache une branche pour les poumons ; soit qu’un seul ventricule 
fournisse une seule artère qui envoie deux branches au poumon ; soir 
enfin que le cœur soit formé de deux oreillettes et de deux ventricules, 
fournissant une seule artère, d’où partent les branches pulmonaires ; 2" 
de l 'oblitération de l’artère pulmonaire ascendante, ou occlusion 
congénitale de son orifice, soit qu’il y ait persistance du canal artériel, 
soit que la circulation pulmonaire soit effectuée par le canal artériel et les 
artères bronchiques, ou seulement par les artères bronchiques dilatées, 
ou bien encore par des branches surnuméraires de l’aorte ou de ses divi¬ 
sions; 3° du rétrécissement congénial de l’orifice pulmonaire, dont il 
a admis sept formes : la première, dans laquelle la circulation pulmonaire 
est continuée par les artères bronchiques dilatées; la deuxième, dans la¬ 
quelle il y a persistance des ouvertures auriculaire et ventriculaire, ainsi 
que du canal artériel ; la troisième, dans laquelle le canal artériel et le 
trou ovale persistent seuls ; la quatrième, où le trou ovale et la cloison 
ventriculaire sont perméables; la cinquième, dans laquelle il y a commu¬ 
nication anormale entre une des branches de l’artère pulmonaire et l’ar¬ 
tère sous-clavière; la sixième, avec perforation des cloisons auricu¬ 
laire et ventriculaire seulement; la septième, avec perforation de la cloi¬ 
son ventriculaire, occlusion du trou ovale et du canal artériel ; la huitième, 
avec persistance du trou ovale seulement; la neuvième, sous-perforation 
des cloisons cardiaques, et avec oblitération du canal artériel ; 4° de l’ab¬ 
sence des valvules sigmoïdes ; 5“ de diminution du nombre des valvules; 










h 


<&• de Fabsence et de l'oblitération congéniale du canal artériel ; 7* enfin, 
-de la division prématurée de l'artère pulmonaire. 

5* Quelques observations de fièvres intermittentes, avec albumi¬ 
nurie; par le docteur Nébf.t, médecin de l’bôpitsl Saint-Charles, de 
Jiancv.—L’auteur a rassemblé trois observations de lièvres intermittentes, 
compliquées d’albuminurie. Dans la première, relative à un homme de 
■vingt-sept ans, l’albuminurie coïncidait avec une hypertrophie de la rate, 
avec les signes d’une fièvre intermittente, en quelque sorte erratique, et 
une douleur qui avait plutôt pour siège le rein gauche que l'organe splé¬ 
nique lui-même. Dès que la rate commença à prendre ses dimensions nor¬ 
males, les urines cessèrent peu à peu d’être albumineuses; la douleur du 
côté gauche s'éteignit insensiblement, et le malade recouvra la santé. La 
deuxième observation est relative à un homme de vingt ans, qui avait 
contracté, en Algérie, une lièvre intermittente, datant de plusieurs mois, 
avec hypertrophie de la rate, et chez lequel, après l'administration du 
sulfate de quinine à haute dose, et par conséquent après la guérison de la 
fièvre et de l'hypertrophie splénique, il survint une hydropisie générale et 
■des urines albumineuses. Enfin le troisième malade, âgé de trentc-et-un 
ans, atteint depuis longtemps d’une fièvre intermittente, sous dilférens 
types, dont il avait été guéri à diverses reprises par le sulfate de quinine, 
îut pris d’une hydropisie générale avec urine albumineuse, et succomba 
«n mois après. L’autopsie révéla un tr ès grand développement de la rate 
et des altérations des reins, caractéristiques de la maladie de Bright. Chez 
ce malade, les urines avaient été effervescentes et alcalines pendant un 
certain temps. M. Néret dit s’être assuré que l 'effervescence /le l’urine, 
dans quelque maladie qu’elle se montre, est le signe certain d une termi¬ 
naison funeste, on comprend qu'une telle assertion aurait besoin dere- 
.poser sur un plus grand nombre de faits bien observés, pour pouvoir être 
acceptée d’une manière définitive. 


CORRESPONDANCE. 

EMPLOI DU CHLOROFORME A DOSE FRACTIONNÉE. 

Monsieur le rédacteur, 

Grâce h votre vigilance et au soin que vous mettez à instruire le monde 
médical des conquêtes que fait chaque jour la science, j’ai connu les expé¬ 
riences tentées avec le nouvel agent anesthésique. Je ne vous entretiendrai 
point de la rapidité avec laquelle il éteint la sensibilité, ni des divers phé¬ 
nomènes qui se produisent pour plonger l’organisme dans cet état ; ils ont 
été trop bien constatés par I’Union Médicale pour que j’aie rien à y 
apporter de nouveau. Je n’ai pas non plus à vous parler des avantages 
qu'il présente sur l’éther, ils me paraissent trop bien établis pour qu’on 
puisse les contester. C’est sous un autre point de vue que j’ai employé le 
chloroforme. 

Permellez-moi. Monsieur le rédacteur, de vous faire connaître la 
pensée qui m’a porté à essayer ce nouvel agent, et les résultats que 
j'ai obtenus. Je m’estimerai heureux si vous les trouvez dignes de quelque 
intérêt : ses effets physiologiques étant identiques à ceux de l’éther, moins 
Ses inconvéniens de ce dernier, j’ai pensé que, dans les cas de douteur 
son emploi devait avoir pour résultat de la faire cesser, sinon d’une ma¬ 
nière complète, au moins de la rendre plus supportable. Les résultats ont 
dépassé mes espérances. 

Pensant qu’il était inutile de pousser l'emploi jusqu'à l'insensibilité, 
qu’il fallait même l’éviter dans la crainte d’inquiéter le malade lui-même, 
€t les personnes qui l’entourent, ce n’est pas comme asthénisant que j’em¬ 
ploie le chloroforme, mais bien comme un des plus puissans anodins (j'en¬ 
tends ce mot dans toute sa force). Voici les faits tels qu’ils se sont présentés 
à mon observation : 

Premier fait — M. A.... sujet à des coliques néphrétiques, en fut 
atteint le 15 de ce mois; les accès duraient d’habitude quarante-huit 
heures avec une violence extrême ; les moyens ordinairement employés 
consistaient en bains et opiacés. A mon arrivée le malade souffrait déjà 
depuis deux heures environ. Je saisis cette occasion pour essayer le chlo¬ 
roforme: 20 gouttes furent répandues sur un mouchoir de poche qu’on 
lui posa sur la bouche et le nez. Au bout d'une minute environ, le ma- 
îade cessa de crier et de s’agiter, la douleur avait cessé. Au bout de 
quelques instans elle revint ; je fis de nouveau respirer du chloroforme et 
profitai de ce calme pour donner un grain d’opium et mettre le malade 
dans un bain de siège. Les douleurs avaient reparu, mais avec une inten¬ 
sité infiniment moindre. Environ deux heures après le calme et la tran¬ 
quillité paraissaient assurés. Bientôt, sous l'influence narcotique de l’opium 
Je sommeil se fit sentir. 

Ceci se passait le matin ; le soir le malade se trouvait bien et me disait 
.que j’aurais dû employer ce moyen là beaucoup plus tôt. C’était chose un 
peu difficile, il n’est pas besoin de vous dire pourquoi. 

Deuxième fait. — M. M.... est sujet à une névralgie du plexus cer¬ 
vical qui le fait horriblement souffrir. Les narcotiques et tous les moyens 
employés en pareil cas ont toujours fini par éteindre la douleur, mais un 
<tu deux mois après elle revient, et chaque fois dure plusieurs jours, 
quelle que soit l’énergie des moyens employés. 

Le 12 décembre, il me fil demander pour ses douleurs habituelles: je 
tentai le chloroforme à dose fractionnée, c’est-à-dire que je désirais 
calmer la douleur sans arriver au sommeil. Je ne mis alors sur un mou¬ 
choir que 15 à 20 gouttes de la liqueur que je fis respirer au malade. La 
douleur cessant instantanément, je cessai défaire respirer et recommandai 
au malade de faire ce qu’il venait de voir faire toutes les fois que la douleur 
reviendrait. 

La première fois il fut deux heures sans la ressentir et mettant en usage 
le moyen que je lui avais recommandé il la fit cesser aussitôt. J’adminis¬ 
trai des narcotiques, les pilules de Méglin et l’accès ne dura, cette fois, 
que quelques heures. 

Troisième fait. — M. M..., jeune prêtre, atteint d’asthme sec, avait 
jusqu’à présent vainement tenté d’améliorer son état, soit par des narco¬ 
tiques, soit par l’usage du camphre, soit par la cautérisation pharyngienne, 
sans obtenir de succès. Ces jours derniers, le 16 décembre, il vint me de¬ 
mander conseil ; je tentai le chloroforme à dose fractionnée. La première 
fois il en mit une vingtaine de gouttes sur un mouchoir etrespira pendant 
quelques minutes en ayant le soin d’éloigner, de temps en temps, le mou¬ 
choir de ses narines; dans le courant de la journée il répéta cette opéra¬ 
tion trois ou quatre fois, et le soir il n’avait plus d’oppression. Deux 
jours se passèrent sans que l’asthme reparût. Le troisième il revint un peu 
et cessa bientôt de nouveau, par l’usage du chloroforme. 

Qu’on n’aille pas inférer de ce fait que l'asthme peut se guérir aussi 
promptement, car je m’inscris en faux contre cette hypothèse. Je me 
borne à raconter les faits sans en tirer aucune conséquence. J’appelerai 
plus particulièrement votre attention sur cette dernière observation, car 
depuis sept jours l’asthme ne s’est pas reproduit. 

. Agréez, etc. Lebiche. 

•Lyon, ce 23 décembre 1847. 


VARIÉTÉS. 


L’ALIMÊNTATION DES ALIÉNÉS QUI SE REFUSENT A PRENDRE 

DE LA nourriture; 

par M. le docteur Marchant (de Charenton), médecin-adjoint de l’École 
royale vétérinaire d’Alfort. 

Un certain nombre d’aliénés refusent des alimens sous divers prétextes. 
Ce refus est le plus souvent très obstiné ; on est alors obligé d’employer 
des moyens violens pour les forcer à manger, tels que bains d’affusion ou 
'douches froides sur la tête. On réussit quelquefois à vaincre leur répu¬ 
gnance ; d’autres fois tous les moyens sont insuflisaps, et on est obligé de 
. recourir à la sonde oesophagienne. C’est un moyen extrême, et jusqu’à 


présent on n’a pu alimenter qu' imparfaitement les aliénés qui se refamit 
absolument à prendre toute espèce de nourriture. Cela tient : 1" à l’imper¬ 
fection des instrumens; 2* à l'insuffisance de la nourrit re; les sonde» 
œsophagiennes employées jusqu’à ce jour n’ayant servi à introduire que 
des bouillons ou des potages légers, et jamais des alimens solides, tels que 
viande, pain, etc. 

Les sondes œsophagiennes employées jusqu’à ce jour sont une imita¬ 
tion des algulies en caoutchouc qu'on introduit dans le canal de l’urètre, 
sauf qu’elles sont plus grandes et plus appropriées à l’usage auquel on les 
destine. Ce sont de longues sondes en gomme élastique, d’un diamètre 
de 6 à 7 millimètres, munies de deux yeux absolument semblables à ceux 
des sondes urétrales. 

Les fabricans en ont de deux espèces : les unes en simple tissu, les au¬ 
tres en triple tissu. Les premières, d’une introduction plus facile, et qui 
permettent le passage d’alimens assez substantiels, sont cassantes. Il est 
rare qu’elles résistent sans se détériorer, précisément à l’endroit des 
yeux, et qu’elles supportent deux ou trois introductions. Les secondes, 
plus solides et plus résistantes, ne doivent leur résistance qu’à l’épaisseur 
de leurs parois, et par conséquent à la petitesse «lu conduit intérieur qui 
les traverse ; elles servent tout au plus à introduire des bouillons on des 
potages très clairs. 

Ces sondes droites et sans courbures ne peuvent servir, en raison de 
leur rectitude, à traverser un canai qui est angulaire, soit qu’on les intro¬ 
duise par les fosses nasales, soit qu’on ies introduise par la bouche. Il 
faut donc trouver une soude que l’on puisse facilement introduire par la 
bouche et par les fosses nasales dans l'œsophage ; il faut en meme temps 
que le canal qui traverse la sonde soit assez large pour permettre le pas¬ 
sage d’alimens plus substantiels que le bouillon et les potages. 

La sonde que je propose est une sonde ouverte par les deux bouts, 
d’un diamètre de huit millimétrés à un Centimètre, sans yeux, ayant seule¬ 
ment à l’extrémité que l’on introduit dans le corps un embout semblable 
à ceux des spéculums utéri et de meme nature que la sonde et ayant une 
courbure légère, que l’on retire lorsque la sonne a subi l’inflexion déter¬ 
minée par l’angle que forme l'axe, soit de la bouche, so t Ues fosses na¬ 
sales, avec l’axe de l’œsophage. Les sondes droites et munies d’yeux, vont 
toutes frapper sur la paroi postérieure du pharynx, et se replient préci¬ 
sément à la place qu’occupent les yeui ; alors il est impossible de faire 
passer dans leur canal aucune espèce de liquide, lu réflexion de la sonde 
sur eile-mëme la fermant complètement. Si on introduit la sonde parles 
fosses nasales, outre cet accident qui oblige toujours à placer la sonde de 
nouveau, la sonde va frapper d’abord sur la face antérieure,de la «conne 
vertébrale, contourne le voile du palais , frappe sur tu base de la langue 
et se réfléchit ensuite dans la bouche ; on est donc obligé de la déplacer 
et de l’introduire de nouveau. Il résulte de là que la dilliculté que l’on a à 
vaincre pour introduire la sonde dans l’œsophage dépend seulement de la 
rectitude de l'instrument, qui va frapper directement sur la face antérieure 
de la colonne vertébrale. Lorsqu’elle Irappe angulairement, elle se courbe, 
pénètre dans l’œsophage, et I introduction du reste de la sonde est on ne 
peut plus facile. 

Lorsque la sonde dont nous parlons a été introduite dans l’œsophage 
avec le plus de facilité possible, le cul-de-sac qui la termine se remplit de 
parcelles d’alimens qui, peu à peu, remontent et bouchent les deux yeux. 
La sonde à embout recourbé dont j’ai fait usage n’est pas sujette à cet 
inconvénient. Elle est d'un calibre égal aux deux extrémités ; ies alimens 
qui ont pu pénétrer dans une partie de son étendue doivent la parcourir 
tout entière. On peut donc avec elle introduire des alimens plus solides, 
plus nutritifs. 

Il existe, à la vérité, une sonde œsophagienne due à M. Baillarger, qui 
est d'une introduction facile, qui ne cause jamais aucune espèce d’acci- 
dens ; mais elle est trop mince ; on ne peut injecter avec elle que des 
bouillons ou des potages légers. 

Pour que l’alimentation puisse s'exécuter, les substauces alimentaires 
subissent dans la bouche une première opération, qui est la mastication, 
pendant laquelle les alimens sont broyés et introduits ensuite par l’œso¬ 
phage dans l'estomac. Pendant cet acte, la salive ies pénètre et les rend 
propres à être digérés dans i’estomac. 

L'insalivation ne se fait pas toujours dans la bouche d’une manière ab¬ 
solue, puisque nous introduisons dans notre estomac une quantité d’ali¬ 
mens qui ne font pour ainsi dire que passer dans la bouche (la soupe, les 
bouillies, les crèmes, etc.). L’insalivalion se fait alors dans l’estomac, par 
des mouvemens de déglutition dont nous n’avons pas conscience ou aux¬ 
quels nous prêtons peu d’attention. Cette opération ne doit pas strictement 
se passer dans la bouche ; elle se fait dans l’estomac, saus que la digestion 
en soit sensiblement troublée. La mastication seule est d’une absolue né¬ 
cessité. Peut-on la faire artificiellement et rendre les alimens que l’on doit 
introduire dans i’estomac propres à etre insalivés et puis digérés? Au 
premier abord, cela peut paraître difficile ; mais quand on réfléchit bien, 
on conçoit qu il est possible de triturer les alimens solides avec une quan¬ 
tité d’eau, ou, mieux encore, de bouillon, et les rendre ainsi propres à 
être digérés. Quand on ouvre l’estomac d’un homme mort pendant la diges¬ 
tion, on trouve la pâte alimentaire demi-liquide ; les alimens sont, il est 
vrai, encore reconnaissables, lorsque, par la mastication, on ne les a pas 
dénaturés, et l’on pourrait très facilement faire passer les substances trou¬ 
vées dans l’estomac à travers une sonde œsophagienne J’ai donc pensé 
qu’en hachant les viandes, le pain, etc., et les pilant ensuite dans un 
mortier, et ajoutant un liquide nutritif, comme du lait ou du bouillon, et 
introduisant par la sonde le mélange ainsi préparé, les malades pourraient 
vivre ainsi indéfiniment par ce mode d’alimentation. Cet essai m’a réussi 
au-delà de toute expression, et, à l’heure qu’il est, j’ai un malade sorti 
d’une maison de santé de Paris, parce qu’on ne pouvait plus l’alimenter 
par la sonde; il dépérissait, et les médecins auxquels il avait été confié 
ne lui donnaient que quelques jours à vivre. Sous l’influence de ce mode 
d’alimentation, le malade a repris des forces, de l’embonpoint, et cepen¬ 
dant il y a aujourd’hui quarante-trois jours qu’il ne vit qu’en lui introdui¬ 
sant les alimens par la sonde. 

Dans un prochain article, j’examinerai le mode d’introduction de la 
sonde soit par les fosses nasales, soit par la bouche, et je discuterai les 
avantages ou les inconvéniens de l’un et de l’autre mode d’introduction. 


NOUVELLES. — FAITS DIVERS. 

BépartemenB. 

— La petite vérole sévit avec force dans le département de la Vienne, 
l’arrondissement de Châlellerault surtout a beaucoup à souffrir de cette 
maladie. 

— A Rustrel, dit le Mercure artésien, la plupart des habitans ont eu 
les oreillons (tumeurs des carotides), appelées vulgairement cornues. A 
Avignon, dans la première semaine de décembre, on a constaté 37 décès, 
sur lesquels 7 par suite de méningite. 

— On nous écrit de Strasbourg, le là décembre 1847 : 

« La Société de médecine de celte ville vient de prendre une initiative 
qui l’honore. Sur la proposition de M. le professeur Sédillot, elle a décidé 
qu’une souscription serait ouverte parmi les médecins de l’Alsace, et que 
le produit en serait offert à M. Jackson, l’inventeur de l’application de 
l’éther comme agent anesthésique, La commission, sur la proposition d’un 
autre membre,' a décidé qu’outre les médecins, les personnes étrangères 


à notre art pourraient s’associer b cette œuvre de reconnaissance enver» 
un homme qui a plus rendu de services à l’humanité que les auteurs des 
plus belles découvertes dans les sciences et dans les arts. La Société s’em¬ 
pressera de réunir son offrande à celles des départemens, si, comme 
nous l’espérons, un comité central se forme à Paris dans ce but. 

; ” Le chloroforme continue d’être employé à la clinique de M. Sédillot 

avec le pius grand succès, et tout fait présumer qu’il détrônera l’éther, s 

Étranger. 

— Le parlement anglais n’a pas reçu dans la session dernière moins de 

41.682 pétitions relatives à des ohjels ayant rapport à la médecine, et ce» 

41.682 pétitions ne portent pas moins elles-mêmes de 98,909 signatures, 
i De ces pétitions, le plus grand nombre, 40,954, est destiné à prôner 

l’adoption delà réforme médicale ( medical registration and medical 
; laiv amendinent bill) ; 298 à demander la régularisation des chimistes et 
l des droguistes ; 378 ayant droit à la réforme sanitaire ( healtli of torons 
bill) . 35 pour réclamer le rapport de la loi sur les dissections ( anatomy 
ad), et une seule, mais couverte de 19,955 signatures, pour demander 
une loi qui mette un terme à l’abus de la vente dès poisons.... Hélas! 
quand on considère le mouvement et l’agitation qui travaille le corps mé¬ 
dical en Angleterre, on a tout lieu de s’étonner de l'apathie dans laquelle 
la plus grande partie du corps médical français parait malheureusement se 
complaire. 

— La mortalité a été beaucoup plus considérable dans la ville de Lon¬ 
dres pendant les dernières semaines, qu’elle n’avait été dans cette ville 
non seulement à l'époque du choléra, mais encore à aucune époque de¬ 
puis ia grande peste. Pendant le mois de novembre dernier, il est mort 
4,309 personnes de plus que la moyenne des années précédentes. Bien 
que les tables du Ne.istrar general de la dernière semaine établissent 
qu’il y a unedécroissance marquée, ia mortalité est encore presque double 
de ce qu’elle est ordinairement dans celte saison de l’année. On a attribué 
généralement cette augmentation de la mortalité à la grippe; mais il ne 
parait pas que cette opinion soit exacte; car sur le nombre des morts, 
on ne compte que 1/6 dont la mort soit rapportée à Vépidemie ré¬ 
gnante. 

— Des lettres arrivées par la voie de Cadix apportent des nouvelles 
des Canaries, à la date du £8 novembre. L'épidémie, qui avait exercé ses 
ravages notamment a Las Palmas, était presque stationnaire ; mais elle ne 
s’était pas communiquée aux lies environnantes. 

— Le docteur Iloline, vice-président de l'Associatiou provinciale de méde¬ 
cine, est mort à Manchester le 28 novembre dernier dans sa78’année. Il 
était un ceux qui avaient le plus contribué à la création de cette Associa¬ 
tion, dout il avait présidé lesséancesavec beaucoup d’éclat, il était membre 
de la Société linnéenne, président de la Société littéraire et philosophique 
de Manchester, etc. 

— Le docteur J. F. France, a été nommé chirurgien de l’infirmprie des 
maladies d’yeux de l’hôpital de Guy, en remplacement de M. Morgan, 
dont nous avons annoncé la mort dans ces derniers temps. 

épidémie DANS le nord de l’écosse.— Pendant les deux dernières 
semaines, une épidémie très remarquable et dont on n’avait pas observé 
rièxemple dans ce pays de mémoire d’homme, a régné dans le nord de 
l’Ecosse. Elle a commencé à Dundee et a envahi toute la côte est jusqu’au 
cap Kinnaird ; de là, elle s’est dirigée à l’ouest et s’étend maintenant le 
long des bords du détroit Murray cl à l’intérieur dans la direction de 
Huntly, Keith, Elgin, jusqu’à Inverness. Elle commence par un mal de 
gorge; puis surviennent de la céphalalgie, des nausées, nue expectora¬ 
tion de matière bdieuse épaisse et de ia faiblesse générale. L'épidémie 
s’est tellement étendue à Aberdeen la semaine dernière, qu’il a fallu fer¬ 
mer le collège de l’Université et le collège Royal pendant un ou deux jours. 

Au collège Maréchal et au collégedc l’Université, la moitié des élèves étaient 
malades; de même à l’école de Grammaire. A i’hôpital Gordon, sur 150 
enfans, 55 étaient malades. L’Académie de West-End a été fermée pen¬ 
dant quelques jours ; et parmi les élèves qui suivent les cours on n’enten¬ 
dait que des accès de toux. Les églises étaient vides et les chaires sont 
restées incultes pendant quelques dimanches. A Monirose, l’épidémie n’a 
pas été moins alarmante. Les écoles avaient 810 élèves qui gardaient le 
lit. C’est à la saison froide et pluvieuse qu’on attribué généralement l'in¬ 
vasion de l’épidémie, dans laquelle nos lecteurs auront sans doute reconnu 
la grippe. La mortalité ne parait pas avoir été considérable. 

— On a fait courir le bruit à Londres, ces jours derniers, que le cho- ' 
lcra avait paru dans cette ville, et que deux cas suivis de mort avaient eu 
lieu dans la paroisse de Southwark. On est allé aux renseignemens, et tout 
compte fait, il a été prouvé que cette rumeur n’avait aucun fondement. 

La Gazette médicale de Londres, à laquelle nous empruntons cette 
nouvelle, ajoute sur un ton peu rassurant : « II est malheureusement Irop 
vrai que l’apparition du choléra a presque partout été précédée, pendant 
quelque temps, de ces fausses rumeurs répandues sur son apparition. » 

mortalité sur la cote D'AFRIQUE. — Le gouvernement anglais a 
publié des documens sur la fièvre pernicieuse qui décime les équipages 
des bâlimens en station sur la côte occidentale d’Afrique. En 1845, l’An¬ 
gleterre a consacré 56 hâtimens de guerre et 9,289 hommes à la répres¬ 
sion de la traite. Parmi ces marins, 259 sont morts, et 271 ont été atteints 
d’infirmités qui les laisseront invalides. Total, 530 hommes qui ont été, en 
un an, frappés mortellement ou réformés. C’est remplacer la traite des 
noirs par la mort des blancs. Le gouvernement français fait publier par 
ses journaux que nos équipages, contrairement aux documens anglais, 
sont dans le meilleur état de santé. Nous ne pouvons que nous en 
féliciter; seulement, comme nos navires se trouvent dans les mêmes 
conditions que les navires anglais, qu’ils sont comme eux exposés aux 
miasmes mortels de la côte d’Afrique, il serait important de connaître le 
secret hygiénique qui est mis en pratique pour préserver nos équipages. 

éthérisation. — Une circulaire du ministre de l’intérieur de Russie 
ordonne que les médecins seuls pourront pratiquer l’éthérisation ; que les 
dentistes et sages-femmes ne pourront employer ce moyen qu’en présence 
d’un médecin et sous sa responsabilité. 

— misère et mortalité. — Suivant une lettre de Lemberg, pu¬ 
bliée dans la Gazette de l’Oder, journal de Breslau, la mortalité a fait 
depuis quelque temps des progrès effrayans dans la Gallicie. Dans les dix 
premiers mois de cette année, le seul district de Lemberg aurait eu 
60,820 morts sur une population de 328,614 habitans. 

Cette mortalité affreuse est le résultat de la grande misère et du déni¬ 
aient auxquels est en proie depuis deux ans la population de cette malheu¬ 
reuse province. La faim a engendré le typhus et a produit partout ua 
abattement, une débilité générale, même parmi les hommes les plus, ro - | 

bustes; aussi le plus grand nombre voient-ils arriver la mort avec indiffé¬ 
rence. 


APPAREIL 

POUR L’INIIALATION DU CHLOROFORME, 

GABNI DE soupapes SPHÉB1QUES (modèle Charrière). 

Cet appareil, récemment modifié, est toujours en étain, fin, mais la base du réser¬ 
voir, criblée de trous par lesquels s’introduit l’air pendant l’aspiration, se ferme en¬ 
suite en tournant une virole qui s’y trouve adaptée. Le corps du réservoir est garni 
d’un fil métallique disposé en spiral et sur lequel est fixé un tricot de coton. Ce spi¬ 
ral, replie sur lui-même, rej)résentc quaire ou cinq rondelles superposées sur lesquelles 
on verse le chloroforme, et quand il se développe, il étend la vapeur dans toutes lès' 
parlies du réservoir; un tuyau élastique d’aspiration est placé entre l’embouchure et 
l’orifice du réservoir. Le reste du système est le même. 


Tout l’appareil en étain fin. 10 francs.. 

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ce Journal, fondé par MM. BICIUSLOT et ABBïBT-BOCHE, parait trois fols par semaine, le le JïIIW et le IaMBM. 

Tout ce qui concerne la Rédaction doit être adressé aux Bureaux du Journal, à M. le Docteur Amédée lAiom, Rédacteur en chef; tout ce qui concerne l’Administration, à M. le Docteur ïwcïseï.ot, Gérant. 

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AVIS. 

Nos souscripteurs de la CORSÉ, de l'ALGÉRIE et de 
rÉTRAjSGÉR sont prévenus qu'il ne nous est plus possible de 
faire toucher à leur domicile le montant de leur abonnement. 
Ils sont donc invités, s’ils ne veulent pas éprouver d’interrup¬ 
tion dans l’envoi du journal, à vouloir en. acquitter le prix 
soit par un mandat sur la poste, soit par une traite à vue sur 
une maison de Paris. 

Ce numéro est le dernier qui leur sera envoyé, ainsi qu’aux 
abonnés de trois mois dans les départemens qui n’ont pas en ¬ 
core acquitté le prix de leur abonnement. 

SOMMAI®»- — I. Destitution de M. Bérard, doyen dfc la Faculté de Montpellier. 

_II. Travaux originaux : Ethérisme hypochloreux. — III. Revue clinique 

des hôpitaux ET hospices : Hôpital Saint-Louis, service de M. Jobert (de Lam- 
_IV. Clinique étrangère : Observation d’étranglement interne de l’in¬ 
testin, traité par l’opération et suivi de mort. —V. Pharmacie, matière médicale 
et revue thérapeutique : Note sur le tari rate de potasse et de fer (tartrâte fer- 
rico-potassique). — Expériences sur l’action physiologique et thérapeutique de la 
racine d’élatérium (mormodica elaterium). — VI. Correspondance : Lettre d« 
M. Fix. — Consultation demandéeà l’Union Médicale.— Vil. Variétés : Réforme 
sanitaire. — VIII. Nouvelles et Faits divers. — IX. Feuilleton : Causeries 
hebdomadaires. 


PABSS, I>E 3 JAHV5B® 184=8. 


DESTITUTION de m. jsérard, doyen de la faculté de médecine 

DE MONTPELLIER. 

L’année 1847 a mal fini pour le corps médical. Le discours 
de la couronne n’a fait aucune allusion à la présentation pro¬ 
chaine du projet de loi si attendu. A moins d’en voir l’indica¬ 
tion dans ces divers projets de loi sur L’instruction publique 
dont a parlé le ministère, M. de Salvandy n’a laissé rien trans¬ 
pirer de ses intentions. 

Mais voici que l’année 1848 commence plus mal encore. 
L’honorable doyen de la Faculté de Montpellier vient d’être 
brutalement destitué pour avoir fait connaître sés opinions 
politiques. Nous croyons devoir mettre sous les yeux de nos 
lecteurs la lettre de M. le recteur de l’Académie de Mont¬ 
pellier et la réponse digne et ferme de M. le professeur Bé¬ 
rard. 

n Monsieur le professeur, 

» M. le ministre de l’instruction publique me charge de vous annoncer 
qu’il a jugé à propos de vous remplacer dans e décanat de la Faculté de 
médecine. Il m’invite à vous faire savoir que votre position administrative 
était incompatible avec la lettre publique par laquelle vous adressiez à 
toutes les branches de l’administration l’accusation fausse et odieuse de 
corruption. U administration au sein de laquelle vous aviez l'honneur 
d’occuper une fonction si considérable, ajoute M. le ministre, semblerait 
accepter une telle accusation pour elle-même, si elle se laissait repré¬ 


senter plus longtemps par celui qui a pu souscrire de telles paroles ! » 

Yoici la réponse de M. Bérard : 

« Monsieur le recteur, 

» Je viens de recevoir la lettre par laquelle vous m’annoncez que M. le 
ministre de l’instruction publique vous invite à me faire savoir que ma 
position administrative était incompatible avec la lettre publique par la¬ 
quelle j’adresse à toutes les branches de l’administration l’accusation fausse 
et odieuse de corruption. Je vous avoue, monsieur, que je suis singuliè¬ 
rement étonné qüe M. le ministre traite de /a tes .se l’accusation de corruption, 
quand des procès fameux ont prouvé d’une manière plus évidente et plus 
authentique que cela n’a pu jamais être fait devant la justice ordinaire, 
que des corruptions et des corrompus se trouvaient précisément dans 
la classe des ministres. Au reste, monsieur, je quitte le décanat de la 
Faculté, que je n’avais pas sollicité et qui m’avait été offert ; je le quitte 
pour une cause qui m’honore aux yeux de tous les citoyens honnêtes et 
indépendans. M. le ministre a raison en disant que je ne pouvais plus 
occuper la place de doyen ; on met, en effet, aujourd’hui, à l’occupation 
des places les moins administratives, des conditions qui doivent faire re¬ 
culer tous les esprits qui veulent conserver quelque dignité dans leur opi¬ 
nion politique. » 

La loi nous interdit toute réflexion sur ces deux lettres; nous 
ne sommes pas un journal politique et ce terrain nous est dé¬ 
fendu. Mais qu’il nous soit permis de nous étonner, de nous 
plaindre, de nous affliger que le gouvernement, par l’organe 
de M. le recteur de Montpellier, assimile le doyen d’une Fa¬ 
culté à un employé de Y administration. Cette assimilation est 
fausse et pleine de périls pour l’indépendance politique de tout 
le corps enseignant. C’est un retour malheureux vers les plus 
mauvais jours de la restauration. Les ordonnances Corbière 
pour .la disssolution de la Faculté de Paris n’invoquaient pas 
de plus pitoyables motifs. Le décanat est une fonction scienti¬ 
fique, et administrative seulement au point de vue restreint des 
affaires de la Faculté. Nous voilà revenus au beau temps des 
professeurs bien pensons. La lettre de M.le recteur n’est française 
ni par le fond ni par le syle. 11 ne s'agit plus, pour les Facultés 
de placer à leur tête, les plüséminens professeurs, les plus capa¬ 
bles, mais bien ceux qui auront donné des gages à la politique 
ministérielle. C’est un affront fait au professorat, et nous con¬ 
sidérons cette destitution comme un fait des plus graves. Que 
sont devenues vos belles paroles devant le Congrès médical, 
Monsieur de Salvandy ? 

Cette destitution a produit une très vive impression à Mont¬ 
pellier. 

Le 27 décembre, à deux heures, les étudians rangés sur deux 
lignes se sont présentés au domicile de leur ancien doyen, et 
l’ont salué d’acclamations unanimes. Ün discours lui a été 
adressé. En voici la dernière phrase : 

« Soyez donc persuadé, Monsieur, que chacun de nous, une fois rentré 
au foyer de famille, gardera toujours en son cœur à son professeur, à son 
ancien doyen, une reconnaissance éternelle, faible récompense du talent 
et du zèle infatigable qu’il a mis à nous instruire, et que nul n’oubliera la 
belle leçon que vous nous avez donnée de profond désintéressement et 
de noble indépendance. » 


M. Bérard a répondu avec émotion. M. Ribes, professeur 
distingué qui avait consenti à remplacer le doyen destitué, a 
été empêché de faire son cours par une vive manifestation des 
éfudians qui remplissaient l’amphithéâtre. Nous ne connaissons 
M. RÎfies que sous des rapports honorables, 'et nous regret¬ 
tons la scène de tumulte dont il a été victime ; mais évidemment 
la responsabilté de cette manifestation pèsera tout entière sur 
le pouvoir. 


TRAVAUX ET MÉMOIRES ORIGINAUX DE MÉDECINE 
ET DE CHIRURGIE, 

DE THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE ET APPLIQUÉE. 

ÉTHÉRISME HYPOCHLOREUX; 

par M. le docteur Jules Roux, chirurgien en chef de la marine 
Cherbourg. 

( Suite et fin. — Voir le dernier numéro.) 

Écrasement delà jambe droite; bronchite préexistante ; amputation 
dans l’éthérisme hypochloreux. 

Troisième observation. — Le 17 décembre, Balleust (Jean-François), 
âgé de quarante-et-un ans, d’un tempérament sanguin, ayant eu la jambe 
droite prise sous l’arbre en mouvement d’une machine à vapeur, fut at¬ 
teint de fracture comminutive des deux os de la jambe, au-dessus delà 
partie moyenne du membre, avec dilacération très étendue des parties 
molles. La nécessité de l’amputation était des plus évidentes, et celle-ci ne 
pouvait être retardée, bien que depuis quinze jours le malade fût atteint 
d’une bronchite intense ; je la pratiquai donc à sept heures du soir, en 
présence de M. le docteur Blache et de MM. Augier, Savaria, Cornu, chi¬ 
rurgiens et pharmacien de la marine.Le sac à éthérisation, contenant huit 
grammes de chloroforme, fut appliqué sur le menton, la bouche et le nez 
du blessé. Les premières inspirations provoquèrent de la toux et un sen¬ 
timent passager de suffocation. Après deux minutes, le malade déclara 
qu’il était dans un état d’ivresse, état qui se révélait à nous par des paroles 
incohérentes et des mouvemens désordonnés. Cinq minutes après le com¬ 
mencement de l’inhalation, l’éthérisme hypochloreux était complet. Je pus 
dès lors commencer l’amputation, qui fut pratiquée vers la tubérosité du 
tibia, dans l’épaisseur des condyles de cet os. L’incision de la peau ne fu- 
pas sentie, mais sa dissection fut accompagnée de mouvemens violens et 
de paroles dont le malade paraissait ne pas avoir la conscience. Bientôt 
ces mouvemens disparurent et la section des muscles, des os, la ligature 
des artères, et le pansement, se firent dans le silence le plus complet et 
l’insensibilité la plus absolue, le malade paraissant plongé dans un doux 
sommeil. Pendant tout ce temps, l’éthérisation avait été reprise et sus¬ 
pendue par intervalles. La surface de la plaie donna beaucoup de sang en 
nappe, et elle en fournissait encore après l’oblitération des artères princit 
pales ; mais sept ligatures jetées sur sept vaisseaux arrêtèrent définitive¬ 
ment l’hémorrhagie. 

Après l’opération, qui fut longue, Balleust revint entièrement à lui, dé¬ 
clara n’avoir pas souffert et ne cessa de réitérer l’expression de sa recon¬ 
naissance et de ses remerciemens. La nuit fut bonne, le lendemain la 
réaction fébrile était peu prononcée, et aujourd’hui, cinquième jour de 
l’opération, le malade est dans d’excellentes conditions qui promettent une 
guérison prochaine. 


Feuilleton* 


CAUSERIES HEBDOMADAIRES. 

Sommaire. — Bonne année. — Jubilation du caissier de I’Union Médicale. — Une 
histoire remise. — La Faculté et le concours.— L’Académie de médecine et les élec¬ 
tions;— M. Bouillaud. — M. Mérat. — Tripotages. —Un pair de France complice 
du double délit d’exercice illégal de la médecine et de la pharmacie.—Nouveau moyen 
de guérir la fièvre cérébrale. — Une contrefaçon belge.— La santé du roi de Prusse. 
— Les canards au chloroforme. — Sôuffrance et misère. ( 

Je vous souhaite une bonne année, cher et bien aimé lecteur. Si je ne 
me mets pas en frais pour chercher une formule moins banale, c’est que 
je n’en trouverais pas de plus simple, de plus naïve, exprimant mieux et 
et plus complètement tout ce qu’elle veut dire et plus sincèrement tout ce 
que je pense. Une bonne année ! tout est là, santé, jouissances du cœur et 
de l’esprit, satisfaction de la bourse, petites joies de l’amour-propre, snc- 
cès dans les concours, thérapeutique efficace, cheval infatigable, bons 
chemins vicinaux, pharmacie achalandée, clientèle fructueuse, bonne con¬ 
fraternité, et, par dessus tout, la fin si attendue, si espérée de nos tribula¬ 
tions législatives et la promulgation d’une loi qui vous garantisse enfin de 
cette piraterie charlatanesque et soi-disant charitable dont vous avez tous 
tant à souffrir. 

Bien aimé lecteur, il faut, moi, que je vous remercie de votre bienveil¬ 
lance et de votre généreux concours. Grâce à vous, I’Union Médicale 
est devenue un des organes les plus itnportans de la presse scientifique. 
Que pourrais-je vous dire qui soit plus sincère que ceci : Continuez ! je 
vous assure que c’est là mon vœu le plus ardent, et ce sera toujours avec 
un nouveau plaisir que nous recevrons la preuve de votre estime et de 
votre satisfaction. Sous ce rapport, la nouvelle année commence sous les 
plus favorables auspices ; nos listes s’allongent d’une manière continue, et 
notre bien-aimé caissier en est tout rayonnant de joie. Les anciens nous 
restent, ce qui est très bien à eux, et les nouveaux nous arrivent nom¬ 
breux, ce qui est admirable. Merci pour les fidèles; soyez les bienvenus, 
nouveaux venus. Pour vous contenter tous ce n’est pas le désir qui nous 
fera défaut. 

— Pour ce qui me concerne, j’avais une délicieuse histoire à vous con- 
îer, l’hkldire de la grippe au château des Tuileries, et le traitement pré¬ 


conisé et employé contre cette affection par un malade auguste. Mais, 
respect aux douleurs de famille. Dans ce palais, d’où d’indiscrètes, mais 
de charmantes révélations médicales m’étaient parvenues, règne à cette 
heure l’affliction. Le feuilleton est trop bien appris pour ne pas incliner 
sa plume devant de telles convenances. 

— Cherchons donc ailleurs notre petit butin hebdomadaire. La Faculté 
poursuit paisiblement les épreuves du concours actuellement en train pour 
une chaire de clinique externe. Ce concours est très suivi sans exciter 
néanmoins de vifs enthousiasmes. Est-ce exigence de l’auditoire ou fai¬ 
blesse des épreuves ? Nos colonnes supérieures auront à décider cette 
question. Quanta moi, à moins que i’âge ne commence à amortir les im¬ 
pressions, je dois reconnaître que depuis dix-sept ans je n’ai pas vu un 
concours moins éclatant que celui-ci. Tout y est froid, terne, languissant. 
Les épreuves cliniques se succèdent en se ressemblant. Ce concours man¬ 
que de caractère, d’originalité. On dirait que la génération chirurgicale 
représentée par les compétiteurs a été coulée dans le même moule, qui en 
a reproduit une infinité d’exemplaires : qui entend l’un entend à peu près 
l’autre. Rien de spontané, d’individuel; il n’y a d’exception à faire que 
pour le compétiteur qui n’appartient pas à l’école de Paris, M. Alquié, 
agrégé de Montpellier. C’est un peu humiliant pour Paris, mais la justice 
et la vérité m’obligent à reconnaître que la palme des deux premières 
épreuves appartient jusqu’ici à M. Alquié. 11 est fort curieux et piquant que 
quelques mois après que M. Flourens a proclamé, du haut de la tribune 
de la Chambre des pairs, l’infériorité chirurgicale de l’école de Montpel¬ 
lier, ce soit un disciple et un agrégé de cette école qui excite le plus d’ap- 
plaudissemens dans un concours de chirurgie. 

Ne préjugeons rien cependant. Il reste encore deux épreuves où peu¬ 
vent se relever ceux qui se sont abaissés, qui peuvent faire descendre 
ceux qui se sont élevés. Quant au résultat final, il est encore enveloppé 
dans les épais nuages de l’avenir; je n’ai nulle envie de les percer. 

— L’Académie de médecine a consacré ses dernières séances à renou¬ 
veler son bureau et ses commissions. Pourquoi, demandait-on de toutes 
parts, pourquoi M. Bouillaud a-t-il refusé la présidence ? Il me serait bien 
agréable de pouvoir satisfaire la curiosité des questionneurs, mais j’ai 
trente-six bonnes raisons pour m’y refuser. La première, c’est que je 
n’en sais rien. Vous me dispenserez, je le vois bien, des trente-cinq autres, 
et je vous en remercie, car il est devenu bien difficile au feuilleton le 
mieux intentionné de parler de M. Bouillaud sans froisser sa sensibilité 


excessive. Je souhaite à cet éloquent et savant académicien ce calme de 
l’esprit sans lequel la vie n’est qu’un long supplice et les plus belles facul¬ 
tés intellectuelles un don funeste. 

La démission de M. Mérat a été aussi le sujet d’un grand étonnement.De- 
puisquelquesjours, j’ai appris certaines choses qui me font regretter d’avoir 
été quelquefois bien sévère pour les défauts de l’ancien trésorier de l’Acadé¬ 
mie. Il y a sous jeu une intrigue très compliquée, dont la divulgation jette¬ 
rait une vive émotion dans la Compagnie et ailleurs. Dieu veuille que je 
n’aie pas à revenir sur ce sujet, et que, puisqu’il en est temps encore, le 
petit avertissement que je donne ici porte ses fruits. Toujours est-il que la 
principale cause de la retraite de M. Mérat a été son énergique et longue 
résistance à un tripotage qui compromet les intérêts de l’Académie, tripo¬ 
tage dont ni la Faculté de médecine, ni l’Académie des sciences n’au¬ 
raient su se garantir. Assez de scandales comme cela, mon Dieu ! 

C’est à tort aussi, je le confesse, que nous avons dit ici que l’Académie 
ne dépensait pas son budget. Lés dix mille francs placés sur l’Etat par 
M. Mérat ne proviennent pas dés économies faites sur son budget, mais 
d’une autre source très légitime. Les tracasseries suscitées à M. Mérat 
pour cet objet l’ont fait renoncer à ces produits, ce qui est un véritable 
dommage pour l’Académie. Il faut être juste envers tout le monde, M. Mé¬ 
rat avait de grands défauts, il était rogue, hargneux, toujours disposé à 
dire non, mais c’était un trésorier modèle pour l’économie etle zèle, c’était 
surtout un comptable redoutable aux tripoteurs, et par le temps qui 
court, cette qualité là est bien précieuse. 

J’ajouterai un fait qui mérite assurément toute publicité : l’Académie 
alloue douze cents francs comme indemnité à son trésorier ; pendant toute 
la durée de ses fonctions, c’est-à-dire pendant dix-huit ans, M. Mérat a 
constamment refusé cette indemnité. Voilà, certes, un beau cadeau fait à 
l’Académie et un désintéressement fort rare. 

Je n’ai pas l’avantage de connaître l’honorable académicien que l’Aca¬ 
démie vient de nommer à la place de M. Mérat. Je désire qu’il ait la force, 
lè courage ou l’adresse de résister aux obsessions dont il va être l’objet. 

— Voulez-vous un exemple en action de l’intelligence que certains légis¬ 
lateurs peuvent apporter dans l’examen des lois qui concernent le corps 
médical ? Ayez la bonté de lire le petit morceau suivant, dont un exem¬ 
plaire très proprement calligraphié m’a été remis ces jours derniers : 

« Baume stomachique et très efficace, inventé par M. Dieboltz, pein- 
» tre, mort depuis dix-huit ans. — On s’adresse, pour s’en procurer, à 

































6 


j’ai rapporté ces dernières observations pour montrer l’inno¬ 
cuité et les bienfaits de l’éthérisme hypochloreux chez deux 
malades affectés de bronchite et dont l’un offrait, en outre, un 
état grave des centres nerveux et des poumons, par suite de 
commotion. La pratique n’a point encore assez signalé les 
complications des maladies chirurgicales qui permettent ou 
contre-indiquent l’éthérisation. J’avoue qu’il y a bientôt deux 
mois, je n’ai pas osé plonger dans l’éthérisme sulfurique un 
homme que j’allais opérer de la résection du coude, à la suite 
d’une grave lésion traumatique, parce qu’il présentait des 
signes de commotion cérébrale et que je pouvais craindre de 
produire par les vapeurs anesthénisantes employées dans cette 
circonstance une dépression du système nerveux dont j’aurais 
eu de la peine à tirer le malade. 

J’ai eu recours au chloroforme dans deux cas de névralgie, 
sans pouvoir déduire de ces deux essais si cet éther est, dans 
cette affection, de quelque utilité, déduction qu’il m’avait été 
aisé de tirer de mes premières tentatives faites avec l’éther sul¬ 
furique, dont l’efficacité est bien constatée. Si de nouveaux es¬ 
sais venaient à démontrer l’utilité de l’éther chloré dans ces 
maladies, il ne serait pas indifférent de chercher à savoir s’il y 
a sur ce point une prééminence favorable à l’éther sulfurique 
ou au chloroforme, car il pourrait bien se faire que chacun de 
ces corps amenât la guérison ou le soulagement des névralgies, 
non seulement par l’état d’éthérisme qu'il fait naître, mais en¬ 
core par les modifications spéciales que son éthérisme particu¬ 
lier produit. 

Chez toutes les personnes que j’ai soumises à l’éthérisation 
hypochloreuse, j’ai obtenu l’insensibilité dans un espace de 
temps variable, en général assez court, une ou six minutes; 
chez toutes il y a eu des phénomènes divers, tels que toux, 
suffocation, répugnance pour la saveur de la substance elle- 
même, agitation, ivresse, rêves heureux ou pénibles, nausées, 
mouvements automatiques, etc. Or, en comparant les résultats 
que j’ai obtenus avec l’éther chloré et l’éther sulfurique, en te¬ 
nant compte de tout ce qui a été écrit dans la presse médicale 
à ce sujet et des impressions que les deux éthérismes m’ont 
laissées dans les expériences tentées sur moi- même, je suis 
porté à penser : 

1° Que le chloroforme produit l’insensibilité comme l’éther 
sulfurique, mais en général dans un temps plus court; 

2» Que l’éthérisation hypochloreuse est plus agréable et ac¬ 
compagnée de moins de suffocation, d’irritation, de toux et 
d’agitation que l’éthérisation sulfurique, sans être cependant 
•entièrement dépourvue de ces inconvénients ; 

3° Que l’éthérisme hypochloreux , plus rapide dans ses ef¬ 
fets, dure en général moins longtemps que l’éthérisme sulfuri¬ 
que, mais qu’il peut, comme ce dernier, être prolongé en sus¬ 
pendant, par intervalle, la respiration des vapeurs énivrantes; 

4»Que l’innocuité appartient à ces deux éthérismes maintenus 
dans des limites convenables ou thérapeutiques; mais que l’éthé¬ 
risme dangereux ou toxique est plus prompt, et partant, plus a 
redouter avec le chloroforme qu’avec l’éther sulfurique ; 

5° Que le danger plus grand de l’éther chloré lient à son ac¬ 
tion plus rapide et plus intense, sur la substance grise de l'axe 
nerveux spinal et sur le grand sympathique, d’où résultent les 
troubles graves du cœur, et les désordres prononcés de la cir¬ 
culation, signalés par presque tous les observateurs, et que j’ai 
surtout bien constatés sur moi-même; 

6° Que l’éthérisation hypochloreuse se fait également bien 
avec tous les appareils usités pour l’éthérisation sulfurique, et 
que mon sac à éthérisation, d’abord expérimenté par M.le pro¬ 
fesseur Sédillot, m’a toujours réussi dans la production rapide 
de l’éthérisme hypochloreux ; 

7° Que le chloroforme, moins volatil que l’éther sulfurique, 
est plus propre à être transporté au loin ; avantage précieux 
pour la médecine des vaisseaux et des armées ; 

8° Enfin, que le chloroforme ne paraît pas destiné à rempla¬ 
cer entièrement l’éther sulfurique, puisque quelques personnes, 


et je suis du nombre, préféreront par goût les vapeurs anesthé¬ 
nisantes de ce dernier corps, à celles si sucrées et si nauséeuses 
du premier. 


BULLETIN CLINIQUE. — CHIRURGIE. 


hôpital saint-louis. — Service de M. Jobert (de Lamballe), 

Extirpation d'une tumeur ganglionnaire du cou. — Inspiration de 
vapeurs de chloroforme. 

La nommée Picot (Hortense-Elisabeth), couturière, âgée de 22 ans, entra 
à l’hôpital St-Louis le 1" décembre 1847, pour y être traitée d’une tumeur 
ganglionnaire située sur le côté droit du cou. Après avoir tenté par diffé- 
reus moyens de faire disparaître l’engorgement, M. Jobert, persuadé que 
cette tumeur contient de la matière tuberculeuse dans son intérieur; que, 
dans tous les cas, loin de disparaître spontanément, elle ne pourra que 
se ramollir, donner lieuà un abcès et aune plaie qui, en mettant un temps 
souvent très long pour se cicatriser, produit une cicatrice difforme; 
M. Jobert, dis-je, propose de la lui extirper. Cette opération, ayant été 
acceptée, fut pratiquée le 21 décembre 1847, après que la malade eût été 
soumise à l’influence de la vapeur chloroformique sans aucun appareil 
autre qu’une éponge imbibée de chloroforme. 

Les premières inspirations ne produisirent aucune gêne dans la respi¬ 
ration et ne donnèrent lieu à aucun accès de toux ni de suffocation. Après 
une minute et demie d’inspiration, la sensibilité n’est pas encore complè¬ 
tement éteinte, et la malade sent parfaitement qu’on la pince ; mais, au 
bout de deux minutes et demie, la malade dort profondément ; sa figure 
est calme et reposée, nullement congestionnée. L’opération est alors pra¬ 
tiquée par M. Jobert, qui fait une incision verticale suivant le grand dia¬ 
mètre de la tumeur, et qui, à l’aide d’une érygne et du bistouri, en achève 
la dissection. Pendant tout le temps que dura cette opération, la malade 
resta entièrement insensible et ne fit pas le plus léger mouvement. Il ne 
s’écoula qu’une petite quantité de sang qui avait conservé sa couleur nor¬ 
male ; et sans faire aucune ligature, ni appliquer aucun point de suture, 
M. Jobert se contenta, pour tout pansement, d’introduire un morceau 
d’agaric entre les lèvres de la plaie et d’appliquer par dessus plusieurs ron¬ 
delles d’agaric; le tout fut maintenu au moyen d’une bande médiocrement 
serrée. 

Le pansement était presque terminé, lorsque la malade se réveilla avec 
le même calme et la même tranquillité qu’une personne qui dormirait 
d’un sommeil profond ; elle reprend immédiatement ses sens et reconnaît 
les personnes qui l’entourent ; et bien que les paupières soient encore pe¬ 
santes et qu’elle conserve l’envie de dormir, cependant elle répond exac¬ 
tement aux questions qu’on lui adresse. C’est alors qu’elle raconte que, 
peu de temps après avoir respiré la vapeur de chloroforme, elle s’est 
sentie comme quelqu’un qui va se trouver mal ; puis elle a entendu un 
très fort bourdonnement dans les oreilles et des coups de canon, puis 
elle n’a plus eu conscience de rien. 

Lorsque la malade est reportée dans son lit, M. Jobert fait voir aux 
personnes présentes qu’il a eu parfaitement raison de penser qu'il était 
nécessaire d’extirper le ganglion, qui, après avoir été incisé, a présenté 
manifestement, en effet, de la matière tuberculeuse, infiltrée dans cer¬ 
tains points, et dans d’autres rassemblée en foyer. M. Jobert est persuadé 
qu’à l’aide du microscope on en découvrirait beaucoup plus. 

Amputation de la cuisse droite par la méthode à lambeaux; inspi¬ 
rations de vapeurs de chloloforme. 

Le nommé Pernet (Julien), âgé de dix-huit ans, plumassier, entra à 
l’hôpital Saint-Louis le 11 décembre 1847, pour y être traité d’une tumeur 
blanche suppurée du genou. Après avoir examiné attentivement l’affec¬ 
tion locale et l’état général du malade, M. Jobert jugea l’amputation né¬ 
cessaire, et pratiqua cette opération le 21 décembre 1847, après avoir 
soumis le malade à l’influence des vapeurs de chloroforme, versé sur une 
éponge placée sous le nez sans appareil. 

Les premières inspirations ne provoquèrent aucun accès de toux, ni de 
suffocation, pas même la moindre gêne dans la respiration. Au bout d’une 
minute et demie, il ferme les yeux, mais n’est pas encore insensible, ce 
dont on s’assure en le pinçant. Après deux minutes, il se manifeste dans 
les membres quelques contractures auxquelles succède un relâchement 
complet ; les membres, et surtout celui qui doit être amputé, peuvent être 
portés à droite ou à gauche sans que les muscles y apportent la moindre 
résistance ; presque immédiatement après, on commence à entendre le 
ronflement que nous pourrions presque appeler caractéristique et patho¬ 
gnomonique de l’insensibilité. En effet, le malade à ce moment ne mani¬ 
feste plus la moindre douleur quand on le pince. 


M. Jobert pratique alors l’amputation en taillant deux lambeaux laté¬ 
raux. Pendant tout le temps qu’elle dure, le malade ne donne pas le plus 
petit signe de sensibilité ; il a la figure parfaitement calme, la respiration 
facile, les paupières abaissées. Le sang avait conservé sa couleur rutilante. 
Il se réveille tout à coup lorsqu’on fait les dernières ligatures, comme une 
personne qui sortirait d’un sommeil profond. Il ne restait plus à appliquer 
que trois points de suture entortillée. Cette partie de l’opération fut par¬ 
faitement sentie par le malade, qui raconte alors qu’au moment où on lui 
a fait respirer le chloroforme, il a senti d’abord sa tête lourde ; puis il a 
entendu un bourdonnement dans les oreilles et un bruit qu’il compare à 
des coups de canon, puis il s’est endormi complètement et n’a plus rien 
senti. 


CLINIQUES ÉTRANGÈRES. 

OBSERVATION D’ÉTRANGLEMENT INTERNE DE L’INTESTIN, TRAITÉ PAR 
L’OPÉRATION ET SUIVI DE MORT; 

Par le docteur Golding Bird, médecin de l’hôpital de Guy, et le docteur 
J. Hilton, chirurgien du même hôpital (1). 

Ç’est une question encore bien douteuse pour beaucoup de 
chirurgiens que de savoir si l’art chirurgical peut et doit inter- ■ 
venir dans les cas de constipations rebelles qui dépendent d’un i 
étranglement interne de l’intestin. Nous pensons cependant ; 
que cette question ne serait pas entourée d’autant de doutes et 
de difficultés si nous possédions des données plus certaines sur 
le diagnostic de l’espèce et du siège de l’étranglement. 

Le fait que nous allons mettre sous les yeux des médecins 
est un exemple d’opération pratiquée dans un cas de cette es¬ 
pèce, et il est probable que beaucoup de personnes ne le trou¬ 
veront pas très encourageant, puisqu’il a été suivi de mort. 
Nous croyons cependant devoir le faire connaître, d’une part 
parce qu’il nous semble établir que le diagnostic de la nature ! 
et du siège de l’étranglement n’est pas toujours impossible ; 
et de l’autre parce que nous sommes convaincus que si l'opé¬ 
ration eût été pratiquée beaucoup plus tôt et que si l’on n’eût 
pas attendu quinze jours, le succès eût probablement couronné 
notre tentative. 

Le 21 décembre 1846, l’un de nous, M. Bird, fut appelé en consulta¬ 
tion avec deux autres praticiens, MM. Harrison et Holmstead, auprès 
d’un jeune homme de vingt ans, bien constitué, qui, depuis plusieurs 
jours, présentait une constipation rebelle. La face était injectée, les yeux ! 
brillants, la peau froide, le pouls un peu faible, de 80 à 90 ; il était cou¬ 
ché sur le côté gauche, les genoux fléchis, et tout en lui indiquait un état j 
d’anxiété extrême. Comme renseignemens antérieurs, ce jeune homme 
avait éprouvé huit jours auparavant, et après deux jours de constipation, 
une sensation de déchirure dans le côté droit de l’abdomen, à deux 
pouces au-dessous de l’ombilic, vers l’épine de l’os des îles. Cette sensa¬ 
tion fut de courte durée et ne tarda pas à être remplacée par un sentiment 
de douleur ou de gêne dans le même point. Il n’y fit cependant pas grande 
attention. 

Pendant six jours, il ne put aller à la garderobe qu’en prenant de 
grands Iavemens. Mais une fois le gros intestin débarrassé, tous les la- 
vemens n’amenèrent aucun résultat. Il en fut de même des purgatifs. Il 
avait cependant rendu la veille quelque peu de matières féculentes par ■ 
l’anus. Depuis troisjours, il avait des nausées et des vomissemens; tout 
ce qu’il prenait était presque immédiatement rejeté. Bientôt après, les 1 
matières vomies commencèrent à prendre les caractères des matières in¬ 
testinales. Cependant il n’y avait pas, à proprement parler, de douleur 
dans le ventre, excepté dans le point où il avait éprouvé la sensation de 
déchirure près et à droite de l’ombilic, et aussi dans le point correspon¬ 
dant du côté opposé. Pas de hernie. Ventre plat et affaissé, à peine sen¬ 
sible. Le gros intestin paraissait vide; pas de tumeur appréciable. M. Bird 
crut cependant sentir une saillie en forme de rebord à deux pouces au- 
dessous de l’ombilic sur le trajet d’une ligne partant de cette ouverture 
pour aboutir à l’épine iliaque antérieure et supérieure droite de l’os des 
lies. Le malade se plaignait seulement de spasmes que soulageaient les § 
éructations gazeuses. 

Rien dans ses habitudes ordinaires ne pouvait mettre sur la voie de | 
l’étiologie de cette affection. Il ne pouvait cependant y avoir aucun doute 
sur l’existence d’un obstacle au libre cours des matières. En l’interrogeant 


(1) Extrait des London médico-chirurgical Transactions, deuxième série, 
tome xiii, 1847. 


» sa fille (madame Maviez, femme d’un peintre en bâtimens), rue du Fau- 
» bourg-St-Martin, n° 100. 

» Il faut absolument en demander au nom et de la part du général 
» pair de France, comte d’ANTHOOART, et ne pas parler de ceci à 
» MM. les médecins. 

» Il y a du baume pour prendre intérieurement. . 6 fr. la bouteille. 

» Et du baume pour frictionner à l’extérieur. ... 5 fr. 50 c. id. 

» Les malades en prendront tous les jours à jeun une cuillerée à café.» 
De deux choses l’une, ou l’on abuse du nom du noble pair, ce qui se¬ 
rait une impudence à peine croyable, et alors M. le comte d’Anthouard 
sera bien aise de la publicité que je donne à ce fait, et il fera cesser cette 

spéculation honteuse, ou bien.; mais, en vérité, je n’ose poursuivre 

mon dilemme; car ce serait un législateur, un pair de France qui donne¬ 
rait lui-même l’exemple de la violation de la loi, qui se rendrait complice 
du double délit d’exercice illégal de la médecine et de la pharmacie, et, 
alors...... alors, ilne faudrait pas hésiter. Le feuilleton dénoncerait hau¬ 
tement le délit, il solliciterait une ordonnance royale pour convoquer la 
Chambre des Pairs en cour de justice, et puis arriverait ce qui pourrait, 
le feuilleton, comme Pilate, s’en laverait les mains, i 

— Voici un nouveau moyen de guérir la fièvre cérébrale. L’expérience 
en à été faite il y a quelques jours à la police correctionnelle, à Paris : 

— M. le président : Margou, vous êtes accusé d’avoir volé une caisse 
de savon au préjudice du sieur Levrau, épicier. 

— L’accusé : Je n’en sais rien. 

— Mais on vous a trouvé nanti du produit du vol ? 

— C’est vrai. 

— Et vous dites que vous ne savez pas que vous avez volé ? 

— C’est que j’avais dans ce moment-là ma fièvre cérébrale, et quand 
j’ai ça, je ne connnais plus rien. 

— Ainsi,, cette fièvre cérébrale vous ôte toutes vos facultés, suivant 
vous? 

— Absolument. Dans ces momens là, je cours, je marche, je chante, 
sans savoir ce que je fais. 

— Et vous volez sans savoir ce que vous faites ? 

— C’est ça même. Un jour j’ai pris un mouchoir dans la poche d’un 
garde municipal. Il faut bien être fou, n’est-ce pas ? 

— Et le garde municipal vous a arrêté ? 

— Non, il ne s’est pas aperçu de la chose. 


— Vous avez gardé le mouchoir. 

— A qui le rendre ? Je ne pouvais pas reconnaître un garde municipal 
au milieu de ses quatre mille camarades. 

— Il paraît que vous avez souvent de ces accès de fièvre cérébrale ? 

— Très souvent. 

— Vous en aviez un lorsqu’en 1845 vous avez été poursuivi pour fi¬ 
louterie? 

— Justement. 

— Et en 1846, lorsque vous avez été condamné pour vol ? 

— Parfaitement. Ah ! je donnerais bien de l’argent au médecin qui me 
guérirait de cette maladie-là. 

Margou est condamné à un an de prison. Peut-être le tribunal a-t-il 
trouvé le remède qui convient à son mal. 

—On lit dans le Sancho de Bruxelles : » L’un des derniers membres de 
notre Académie de médecine a trouvé, pour se faire élire, un moyen cu¬ 
rieux, et que nous recommandons aux candidats futurs. —Pendant un 
mois et demi, il a invité chaque jour à dîner un des membres de l’Acadé¬ 
mie ; ses titres académiques consistent en quarante cartes à payer, repré¬ 
sentant la somme de 800 fr. de comestibles consommés en détail par 
l’Académie. » 

Hélas ! ce n’est encore là qu’une contrefaçon. 

— Le roi de Prusse n’y va pas de main morte ; il vient de publier un 
projet de code pénal où l’on lit un article qui a jeté la terreur dans l’es¬ 
prit de tous les médecins de la cour. Il y est dit que la tentative contre 
la santé du roi, entraînera la peine de mort ; en outre, la peine du 
poignet coupé et de l’exposition de la tête du supplicié. Contre la santé dn 
roi ! c’est fort captieux. Une erreur de diagnostic ou de thérapeutique, 
sera-t-elle une tentative contre la santé du roi ? Cela ressemblerait fort au 
procédé de ce roi barbare, qui faisait écorcher vifs les médecins qui ne 
guérissaient pas leurs malades. 

— Le chloroforme donne déjà lieu à des canards et à des puffs assez 
divertissans. Le vol au chloroforme est assez ingénieux, s’il était praticable. 
Voici un puff anglais encore plus fort : 

L’essai du chloroforme à l’hôpital de Faunton a occasionné un 
accident qui aurait pu avoir des suites très graves. Un chirurgien se 
disposait à employer le chloroforme pour une amputation. L’infirmière 
qui remplit dans celte maison des fonctions semblables à celles de nos 
sœurs de charité, laissa tomber le bocal. La liqueur se vaporisa aussitôt et 


endormit à la fois le malade, l’infirmière, l’opérateur, ses aides, les autres 
médecins et l’économe de l’hospice, qui assistaient là comme curieux. En 
les voyant tous inanimés, les uns sur leurs sièges, les autres sur le par¬ 
quet, on eût cru voir une scène de la Belle au bois dormant. Peu de mi¬ 
nutes après, chacun avait repris son état naturel, il ne manquait plus que 
le chloroforme. 

Que de professeurs, hélas! et d’académiciens, et d’auteurs dramatiques, 
et d’avocats, et de prédicateurs qui n’ont pas besoin, pour endormir leur 
auditoire, du nouvel agent anesthésique ! 

— Voici une lettre qui a été adressée à tous les pharmaciens de Paris, 
et dont je possède un exemplaire dûment timbré: 

« Monsieur, 

» Le docteur Michel (Jules) a l’honneur de vous annoncer qu’il désire 
» donner une ou plusieurs heures de consultations chez un pharmacien. 
» Son prix est de cinquante francs par mois, pour une heure de consul- 
» tation tous les jours. 

» Ecrire : rue des Maçons-Sorbonne, 16. » 

O sublime profession des Baillou, des Boerrhaave, des Sydenham et des 
Bordeu, à quel degré de souffrance et de misère es-tu donc tombée, pour 
qu’un de tes enfans en soit réduit à de pareils expédiens ! 

— Dernièrement, le Droit entretenait ses lecteurs d’une affaire ana¬ 
logue à celle dans laquelle l’exécuteur de Bourges se trouvait impliqué. 
Aujourd’hui ce n’est pas l’exécuteur en chef qui vient s’asseoir sur le 
banc de la police correctionnelle de Versailles, mais son premier aide, le 
nommé Wolf. 

Quel remède vend ce monsieur ? A-t-il une spécialité ? Oui, il traite les 
maladies incurables et abandonnées par les médecins ; il les guérit avec la 
graisse de guillotiné, qui coûte 6 fr. le pot. D’après un témoin, la cause 
du haut prix de cette graisse ne vient pas du lieu et de l’individu d’où elle 
a été extraite, mais bien de la graisse de singe qui s’y trouverait mélangée. 
Or, l’accusé prétend que la graisse de singe est très chère, vu que ces 
animaux sont maigres. Le tribunal, n’admettant pas ces raisons, a con¬ 
damné l’accusé à 45 francs d’amende et aux frais. 

Ceci a lieu aux portes de Paris. Nous soumettons ce fait à la haute 
science médicale du jeune pair de France, M. de Montalembert, lui qui 
demandait l’exercice libre de la médecine. 

Jean Raimond. 


















avec attention, on apprit que depuis l’âge de trois ans, il avait été sujet à 
la maladie mésentérique (carreau), dont il avait eu grand peine à se réta¬ 
blir; que quelques années plus tard, il avait eu très probablement une 
péritonite, et une maladie analogue quatre ans auparavant. Toute sa vie, 
fl ava n été sujet à la constipation. 

D’après la nature des symptômes observés, l’un de nous crut pouvoir 
affirmer qu’il y avait là un étranglement interne produit par la présence 
d’une bride pseudo-membraneuse. Quant à la portion d’intestin étranglée, 
par la nature des matières vomies et par la vacuité du gros intestin il 
était facile de voir que c’était l’intestin grêle. Le malade rendait encore 30 
onces d’urine dans les vingt-quatre heures ; preuve que la surface d’ab¬ 
sorption intestinale n’était pas considérablement diminuée et que l’étran¬ 
glement n’était pas très éloigné de, la valvule iléo-cœcale; ce qui était 
confirmé du reste par le siège de la sensation éprouvée par ce malade. 

Ce jeune homme, fort éclairé et fort instruit, demandait qu’on le dé¬ 
barrassât par une opération. On cessa les purgatifs; on administra la tein¬ 
ture d’opium en lavement, et on lui fit prendre du mercure métallique 
préalablement chauffé à 24° Réaumur. Il en prit 14 onces. Les vomisse- 
mens cessèrent presque immédiatement ; et vingt-quatre heures après on 
lui administra deux nouvelles doses de mercure coulant, de sorte qu’il en 
prît de deux et demie à trois livres. Le surlendemain, il eut une petite 
évacuation féculente, sans mélange de mercure, de sorte qu’on pût con¬ 
cevoir un instant l’espérance de voir cesser lesaccidens. Mais le 25 décem¬ 
bre, les vomissemens reparurent avec violence, et avec eux les autres 
symptômes alannans. 

Le 26, M. Bird fut appelé de nouveau. L’état du malade était plus 
grave : peau humide et froide ; pouls à 90, petit, faible et filiforme ; lan¬ 
gue blanche au centre, rouge sur les bords et à la pointe. Vomissemens 
de matières intestinales. Ventre un peu plus ballonné mais se contrac¬ 
tant facilement sous la pression, sans être plus sensible. 

L’idée de l’opération se présenta de nouveau, mais le docteur Bird 
n’ayant pas d’expérience personnelle résista à sa propre impulsion et au 
désir du malade. Enfin, le 28 décembre , quinze jours après le commen¬ 
cement des accidens, le docteur Bird fut appelé de nouveau. Il trouva ce 
jeune homme calme et plein de courage ; le ventre un peu plus ballonné 
du côté droit ; les muscles abdominaux plus irritables, mais pas plus de 
douleur. Pouls à 90 ; peau humide et froide. Langue humide, à peine 
chargée. Le malade désirait ardamment l’opération, et une chambre bien 
disposée pour être chauffée d’une manière permanente à 22 ou 2? degrés 
Réaumur étant préparée, le docteur Hilton procéda à l’opération dans la 
soirée de la manière suivante : 

Le malade couché sur un petit lit de repos, la vessie vidée par le caté- 
thérisme, une incision fut faite sur la ligne médiane, depuis l’ombilic jus¬ 
qu’à un pouce de la symphise pubienne. La peau et le tissu cellulaire 
furent d’abord divisés ; puis, à l’aide d’une petite incision, le péritoine 
fut ouvert sans intéresser les viscères, un peu au-dessous de l’ombilic, et 
l’incision prolongée à l’aide d’un conducteur porté dans la cavité périto¬ 
néale. Il s’écoula une petite quantité de sérosité mêlée de sang. One pe¬ 
tite artère qui avait été divisée fut liée. Plusieurs circonvolutions de l’in¬ 
testin grêle, distendues, arrondies et congestionnées se présentèrent 
aussitôt à l’ouverture, en faisant effort pour s’échapper de l’abdomen. La 
main fut portée vers le côté droit dans la direction du siège de la douleur. 
Elle ne distingua aucune adhérence morbide ; rien de pareil non plus du 
côté opposé. Les intestins bouchaient tellement l’ouverture qu’il fallut 
l’élargir, ce qu’on fit en prolongeant l’incision sur une sonde can¬ 
nelée jusqu’à un pouce au-dessous de l’ombilic et en se portant à gauche. 
Alors on put séparer les intestins et les examiner de plus près. Du côté 
droit, on ne trouva rien d’abord ; mais du côté gauche, on reconnut une 
ancienne bride solide et fibreuse, large d’un demi-pouce et longue d’un 
pouce, que l’on divisa. Cependant nous ne pouvions croire que ce fût là 
la cause de l’étranglement, et en examinant l’intestin, nous découvrîmes 
l’S du colon très petite et tout à fait vide. On revint donc au côté droit, 
et en soulevant les parois abdominales, on aperçut une anse intestinale de 
6 à 8 pouces de long, d’une couleur plus foncée et plus rénitente que 
les circonvolutions voisines ; on la souleva et on la porta en avant. Le 
cæcum fut mis à nu et avec lui une petite portion de l’intestin grêle. Tous 
deux étaient décolorés et rétractés sur eux-mêmes. L’iléon, dans une 
étendue de 6 à 7 pouces, avait passé dans une ouverture annulaire, for¬ 
mée en partie par une autre portion de l’intestin grêle et en partie par 
d’anciennes adhérences du côté du bassin vers les vaisseaux iliaques ex¬ 
ternes. M. Hilton cherche à repousser l’intestin à travers l’ouverture, 
mais sans succès. Il fallut exercer des tractions douces sur l’intestin 
grêle du côté opposé à l’ouverture par où elle avait passé; et avec un peu 
de persévérance^ il y réussit. On vit alors la portion inférieure de l’intes¬ 
tin grêle et le cæcum se distendre, preuve que l’obstacle au cours des 
matières n’existait plus. Les intestins furent ensuite réduits, non sans dif¬ 
ficulté ; on fit une suture continue, soutenue par des bandelettes aggluti- 
nalives, disposées transversalement d’une région lombaire à l’autre. 

Pendant l’opération, qui dura près d’une heure, le malade se plaignit à 
peine, n’éprouva pas de faiblesse et eut seulement du hoquet. Après l’opé¬ 
ration, il était affaissé, transpirant; le pouls battait 100 à la minute; il était 
très petit et très faible ; pas d’anxiété. On lui administra 40 gouttes de so¬ 
lution d'opium de Bartley. La nuit fut assez bonne ; il ne se plaignit pas ; 
il n’eut ni vomissemens, ni hoquet ; il urina librement. Vers cinq heures 
du matin, il se plaignit d’éblouissement et de chaleur vers la tête, puis il 
entra dans le délire et dans une agitation furieuse. A six heures et demie, 
il tomba dans l’affaissement, et à sept heures et demie il était mort. 

Autopsie. — Il y avait un commencement d’adhésion dans quelques 
points de la plaie extérieure. Quelques intestins étaient adhérens à ce ni¬ 
veau entre eux et avec les parois abdominales. Quand les intestins eurent 
été mis à nu, on ne distingua rien de plus que ce qu’on avait vu pendant la 
vie. Seulement l’intestin grêle était un peu plus pâle, le cæcum et le colon 
distendus par des matières. Le foie, très solidement adhérent au dia¬ 
phragme et aux parois abdominales par des adhérences celluleuses très 
anciennes. L’intestin grêle était soudé au niveau de plusieurs de ses anses 
par des adhérences également anciennes, dont quelques-unes devaient 
sans doute gêner le cours des matières. 

L’estomac et le duodénum complètement vides et sans traces d’inflam¬ 
mation. Le jéjunum congestionné, ainsi que tout l’iléon au-dessusde l’étran¬ 
glement. En suivant l’iléon jusque vers le cæcum, on arriva à ce point où 
se trouvait la bride divisée pendant l’opération, et deux pouces plus bas 
il y avait encore entre les deux mêmes circonvolutions des adhérences 
celluleuses très fortes. A trois pouces au-dessous, dans la partie la plus 
déclive et dans le fond du bassin, on trouva le mercure qui avait été ad¬ 
ministré à divers intervalles, et qui n’était parvenu qu’à deux ou trois 
pieds de l’étranglement. En suivant l’intestin, on arriva à une portion de 
l’iléon de sept pouces d’étendue, d’une couleur foncée, plus volumineuse 
que les portions voisines, peu uniforme, couverte de débris de fausses 
membranes et présentant les traces d’une constriction récente. C’était la 
portion d’intestin étranglée ; et, tout près, l’on voyait l’ouverture anor¬ 
male par où elle s’était échappée. Elle était annulaire, formée par l’intestin 
grêle soudé par des adhérences anciennes aux parois du bassin, près des 
vaisseaux iliaques externes. Celte ouverture avait un peu moins d’un 
pouce de diamètre ; elle était située à quatorze pouces environ de l’extré¬ 
mité inférieure de l’iléon. Toute cette portion d’intestin était fortement 
contournée et soudée avec les parties voisines par des adhérences très 


fortes. Cæcum rempli dèapfij&'e^f^qujàjîés, ainsi que le colon, jusqu’à 
la partie supérieure du rect^ll^qfedêmwtnce de sérosité sanguinolente 
dans le petit bassin. Rien de paffîêiiïïér dans les autres organes. 

Après avoir ainsi exposé toutes les circonstances de ce fait 
intéressant, nous croyons devoir le faire suivre de quelques 
observations. 

En visitant ce malade, nous ne pouvions avoir de doute sur 
la cause des symptômes et sur le siège probable de cette cause. 
L’issue ordinairement funeste des cas de cette espèce devait 
lever pour nous toute hésitation. Aussi pratiquâmes-nous l’opé¬ 
ration, malgré toute la responsabilité que faisait peser sur nous 
cette détermination, et malgré l’opinion si formelle des chirur¬ 
giens, qui se fondent sur les probabilités de l’erreur et sur la 
crainte de ne pouvoir faire disparaître l’étranglement. Aujour¬ 
d’hui, et malgré le résultat fâcheux de l’opération, nous croyons 
encore que les difficultés ont été considérablement exagérées. 

Les résultats n’ont pas été, au reste, aussi peu encourageans 
que l’on pouvait le craindre. Le hoquet, les vomissemens ces¬ 
sèrent ; le cours des matières se rétablit, ainsi qu’on put s’en 
assurer directement par les mouvemens vermiculaires de la 
portion inférieure de l’intestin grêle et du cæcum. L’autopsie 
montra, en outre, que l’intestin grêle était presque vide et les 
gros intestins remplis de matières fécales jusque dans le voisi¬ 
nage du rectum ; preuve que si le malade eût vécu encore 
quelques heures, les évacuations alvines se seraient rétablies. 
L’autopsie prouva encore l’inutilité de l’administration du 
mercure coulant; car ce métal s’était arrêté dans les parties les 
plus déclives des deux circonvolutions adhérentes, bien loin 
par conséquent de l’étranglement. 

Quoiqu’on puisse conclure de ce fait que les sensations 
éprouvées par le malade et les autres circonstances conco¬ 
mitantes peuvent mettre sur la voie du siège de l’étrangle¬ 
ment, nous pensons toutefois qu’il vaut beaucoup mieux faire 
l’incision sur la ligne médiane, de manière à pouvoir passer 
en revue toute la cavité abdominale. De cette manière, d’ail¬ 
leurs, on n’affaiblit pas la résistance des parois abdominales, 
et on n’expose pas les malades aux hernies ventrales, en même 
temps qu’on évite les hémorrhagies qui pourraient résulter de 
la lésion des vaisseaux artériels et veineux. 

On sait que dans les cas de hernie, les opérations pratiquées 
de bonne heure réussissent en général beaucoup plus souvent. 
Ne peut-on pas supposer qu’il y aurait également avantage à 
pratiquer l’opération à une époque où il n’existe pas encore 
d’inflammation des viscères abdominaux et du péritoine, et où 
le malade n’est pas encore trop affaibli par la continuité des 
souffrances ? 

En résumé, et en réfléchissant à toutes les circonstances du 
fait que nous avons placé sous les yeux du lecteur, nous ne 
pouvons que nous applaudir du parti que nous avons adopté, 
et par conséquent encourager nos confrères à nous suivre dans 
la voie que nous avons ouverte, persuadé qu’il y a là une 
nouvelle voie de progrès et des ressources nouvelles contre une 
maladie qui fait courir des chances si défavorables aux per¬ 
sonnes qui en sont affectées. 

PHARMACIE, MATIÈRE MÉDICALE ET REVUE 
THÉRAPEUTIQUE. 


NOTE SUR LE TARTRATE DE POTASSE ET DE FER (TARTRATE fer¬ 
rico-potassique) ; par M. Mialhe. 

Le tartrate ferrico-potassique constitue, à proprement parler, un médi¬ 
cament nouveau, et, en effet, bien que ce sel existe depuis longtemps 
dans les pharmacies, puisqu’il fait partie essentielle des préparations dé¬ 
signées sous les noms de tartre chalybé, tartre Martial soluble, teinture 
de Mars tartarisée, extrait de Mars, boules de Mars ou de Nancy, il n’est 
guère connu des chimistes que depuis 1839, époque à laquelle MM. Sou- 
beiran et Capitaine en firent une étude chimique complète qui lui mérita 
l’honneur d’être inséré au nouveau Codex ; et des praticiens que depuis 
un temps moins long encore, car, bien que M, Soubeiran, dans son 
excellent Traité de pharmacie, les eût vivement engagés à faire usage de 
ce sel, celui-ci passa presque inaperçu jusqu’en 1844 ou 1845, ou, pour 
mieux dire, jusqu’au jour où nos recherches sur l 'action physiologique 
des ferrugineux nous conduisirent à porter sur cette préparation mar¬ 
tiale, remarquable à plus d'un titre, un jugement thérapeutique en tout 
point semblable à celui qu’en avait porté M. Soubeiran, et nous déter¬ 
mina à publier plusieurs formules pharmaceutiques ayant ce composé 
salin pour base dans le but d’en régulariser le mode d’administration. 

C’est depuis lors seulement que le tartrate ferrico-potassique est déci¬ 
dément entré dans le domaine de la pratique médicale, et, nous ne crai¬ 
gnons pas de dire, qu’il y est entré pour ne plus en sortir. 

Pour étayer cette proposition capitale, nous allons résumer ici les 
principaux caractères spécifiques qui assurent, selon nous, à ce précieux 
agent thérapeutique, une prééminence marquée sur toutes les autres pré¬ 
parations martiales usitées en médecine. Bien que ce sel renferme plus de 
30 pour 100 de peroxyde de fer, il offre une saveur ferrugineuse à peine 
sensible, plutôt douceâtre que styptique, ce qui lui permet d’être toléré 
par les estomacs les plus réfractaires au fer. Il est éminemment soluble, 
et comme sa dissolution résiste à l’action décomposante des alcalis, son 
absorption peut avoir lieu tout aussi bien en présence du suc intestinal 
alcalin qu’en présence du suc gastrique acide ; de plus, comme il est, 
par sa nature chimique, inapte à produire la moindre aslriction, la moin¬ 
dre précipitation durant son absorption, il en résulte que la consti- 
pation ne saurait être la conséquence de son ingestion quotidienne, 
comme cela arrive avec la plupart des médicameus ferrugineux con¬ 
nus. En un mot, le tartrate ferrico-potassique peut être avantageusement 
employé dans toutes les circonstances pathologiques où les ferrugineux 
sont indiqués, et spécialement dans les affections qui nécessitent l’admi¬ 
nistration du fer à haute dose, notamment dans certaines cachexies syphi¬ 
litiques, ainsi que les recherches cliniques de MM. Ricord et Puche l’ont 
péremptoirement démontré. A l’appui de cette dernière assertion, nous 
croyons devoir relater le résumé d’une observation que nous devons à 
l’amitié de notre honorable confrère M. le docteur Cahen fils, observa¬ 
tion dont nous avons été nous-même témoin. 

Chez un malade affecté d’ulcères phagédéniques qui avaient résisté à un 
traitement mercuriel prolongé, la cachexie syphilitique avait fait de tels 
progrès, qu’il y avait urgence à administrer des martiaux pour réparer 
les forces épuisées. Le tartrate ferrico-potassique fut conseillé à des doses 
progressivement croissantes, jusqu’à concurrence de 20 grammes par jour. 
En même temps, le malade prenait, à Enghien, des bains sulfureux. Sous 
l’influence de ces moyens, et pendant leur emploi, la constitution du ma¬ 
lade changea complètement, l’état général s’améliora, les forces revinrent, 


la cachexie syphilitique disparut et le tempérament même se modifia d’une 
manière très notable. Ainsi, ce malade, qui primitivement présentait tous 
les attributs d’un tempérament lymphatique extrêmement prononcé, vit 
successivement sa peau changer de couleur, ou plutôt prendre une teinte 
brune en place de la pâleur qu’elle présentait auparavant. Les cheveux, 
qui étaient blonds presque blancs, prirent une teinte brunâtre qu’ils ont 
conservée. La barbe, qui se dessinait à peine sur le fond blanc de la peau, 
est à présent d’un blond chatain très prononcé. Des changemens analo¬ 
gues se manifestèrent d’ailleurs dans l’intérieur de l’économie, et permi¬ 
rent au traitement anti-syphilitique d’amener un résultat satisfaisant ; mais 
il fallut, pendant plusieurs mois, persister dans l’emploi du tartrate de 
potasse et de fer, et le malade prit en somme environ 4 kilogrammes de 
ce médicament. 

De cette observation il résulte incontestablement, 1” que le tartrate 
ferrico-potassique est doué au plus haut degré des vertus régénératrices 
des ferrugineux; 2” qu’il peut être administré pendant longtemps à une 
dose énorme sans occasionner aucun dérangement dans les fonctions di¬ 
gestives ; 3° que son ingestion longuement continuée a pour effet de mo¬ 
difier la couleur du système pilleux. Or ce dernier point est surtout digne 
de fixer l’attention des physiologistes et des médecins, car il démontre 
que lors de l’administration du fer, c’est uniquement par les poils que 
l’excès de ce métal est excrété (1), ainsi que M. Dumas l’avait déjà sup¬ 
posé ; car c’est bien certainement à du sulfure de fer que la coloration 
précitée doit être rapportée. 

On a dit que les Chinois, par l’administration quotidienne de certaines 
drogues, changent à volonté la couleur des cheveux et de la barbe; mais 
les physiologistes n’ont ajduté que peu de foi à cette assertion ; cependant 
le fait qui précède permet de concevoir qu’il peut en être ainsi. 

Bien que, comme nous l’avons déjà dit, nous considérions le tartrate 
de potasse et de fer comme ayant réellement pris rang dans la matière 
médicale, nous ne devons pourtant pas omettre de dire que quelques 
praticiens le repoussent encore, prétendant que, contrairement aux au¬ 
tres préparations martiales, il donne fréquemment lieu à la diarrhée, ce 
qui, selon nous, n’arrive que lorsque l’on a eu affaire à un tartrate fer- 
rico-polassique impur, ce qui malheureusement n’est pas rare, et en effet 
nous nous sommes assurés qne dans le commerce de la droguerie, sous 
le nom de tartrate de potasse et de fer, on délivre tantôt un mélange de 
crème détartré et de tartrate ferroso-ferrique obtenu en faisant réagir le 
bitartrate de potasse sur de la limaille de fer, tantôt un mélange dece der¬ 
nier composé avec du tartrate neutre de potasse, c’est-à-dire du tartre 
martial soluble, préparation plutôt purgative que réellement ferrugineuse. 
Pour obvier à ce grave inconvénient, nous ne saurions donc trop engager 
nos confrères à préparer eux-mêmes leur tartrate ferrico potassique, 
cette préparation étant des plus simples puisqu’il suffit de faire réagir un 
excès d’hydrate de peroxyde de fer sur de la crème de tartre délayée dans 
6 à 7 fois son poids d’eau, non dans une bassine d’argent ou dans un 
vase de porcelaine, comme le Codex le recommande, mais tout simple¬ 
ment au bain-marie dans la bassine même où l'on prépare les extraits, 
ainsi qu’on le pratique à la Pharmacie centrale et ainsi que nous le prati¬ 
quons nous-mêmes depuis longtemps. Aussitôt que la saturation est com¬ 
plète, ce que Ton reconnaît à la fois à la coloration rouge foncé qu’ac¬ 
quiert la liqueur et à la saveur douceâtre qu’elle manifeste, on filtre au 
papier, on met la dissolution saline dans des assiettes et Ton en achève la 
dessiccation à l’étuve. Quelques fabricans de produits chimiques dessè¬ 
chent ce sel sur des plaques de verre, afin de l’obtenir en paillettes aussi 
minces que possible; mais c’est là un usage puéril qu’il convient de reje¬ 
ter, puisqu’il augmente sans nul avantage le prix de revient de ce médi¬ 
cament. 

Nous croyons devoir terminer cette petite note par la reproduction de 
deux formules que nous avons insérées dans notre Traité de l’art de 
formuler, lesquelles n’ayant peut-être pas été suffisamment reproduites 
dans les journaux de médecine et de pharmacie, nous sont assez fréquem¬ 
ment demandées par nos confrères. 

PILULES FERRUGINEUSES. 


Tartrate ferrico-potassique. 25 grammes. 

Sirop de gomme, q. s., environ. . 5 grammes. 

» Ou mieux encore : 

Mucilage huileux, q. s. (2). 


F. S. A. 100 pilules argentées, lesquelles pèseront environ 30 centi¬ 
grammes chacune et contiendront 25 centigrammes de tartrate de potasse 
et de fer, c’est-à-dire plus du doublede principe actif que n’en renferment 
les pilules de Blaud et celles de Vallet. On les prescrit à la dose de 2,4, 
6,8 et même plus par jour dans toutes les maladies qui réclament l’usage 
du fer. 

SIROP FERRUGINEUX. 

Sirop de sucre blanc. 500 grammes. 

Tartrate ferrico-potassique, eau de ca- 
nelle, de chaque. 16 grammes. 

Faites dissoudre le tartrate de potasse et de fer dans l’eau de canelle, 
filtrez la solution, ajoulez-là au sirop simple et agitez convenablement le 
tout, afin d’obtenir un mélange parfait. 

Bien que ce sirop soit très chargé de fer, puisqu’il contient 1 gramme de 
sel ferrique par 30 grammes, néanmoins son goût n’est pas désagréable ; 
les enfansmême le prennent avec la plus grande facilité. 


REVUE THÉRAPEUTIQUE. 

Expériences sur T action physiologique et thérapeutique de la racine 
d'élatérium [mormodica elaterium); par le docteur F. Lavagna, 
membre correspondant de l’Académie royale de Turin. 

Le concombre sauvage ou T elaterium, est une plante très commune le 
long des bords de la mer, dans toute l’Europe méridionale, principalement 
dans la Ligurie occidentale, où ellejouit, parmi le peuple, de propriétés 
diurétiques et fébrifuges, surtout la racine, dont la décoction est très sou¬ 
vent employée par les empiriques. 

L’auteur fut appelé, il y a quelques mois, auprès d’un homme de 
soixante ans, fort et robuste, atteint, depuis un mois, de fièvre tierce, 
qui d’abord avait été coupée par le sulfate de quinine, mais qui n’avait 
pas tardé à reparaître, aussitôt que cet homme eut eu repris ses fatigues 
habituelles. Ce fut alorsqu’un de ses parens lui proposa, pour couper sa 
fièvre, de prendre de la décoction de racine d’élatérium. Le malade en 
prit un verre le matin et le soir. Il en éprouva du malaise, de l’anxiété, 
des nausées et des vertiges ; il n’en prit pas moins la troisième et la qua¬ 
trième dose le lendemain, bien que, aux symptômes précédents, se fus¬ 
sent ajoutés des vomissemens répétés. Alors survint aussi de la diarrhée ; 
le pouls devint presque imperceptible ; le malade tomba dans le délire et 
dans une prostration effrayante. Lorsque l’auteur arriva, le pouls ne 
battait plus au poignet droit : il était à peine sensibleau poignet gauche; 
coma; délire. Le malade paraissait plongé dans une espèce de léthargie ; 
Ta face était cadavéreuse et tout le corps était agité d’un violent frisson. 

(1) On sait actuellement que toutes les préparations martiales actives ont pour ca¬ 
ractères commun de ne pas être excrétées par les urines. Voir notre Traité de l’art 
de formuler, p. 165 à 168. 

(2) En faisant usage d’un mucilage huileux composé de gomme arabique 200, sucre 
100, huile d’amande 100, et eau 250, en place de sirop de gomme, comme nous l’a¬ 
vions d’abord conseillé, l’expérience nous aappris que ces pilules peuvent être préparées 
dans un espace de temps plus de quatre fois moindre. 

















Des friction* furent faites le long de la colonne vertébrale, sur les extré¬ 
mités inférieures, et le scrobiculedu cœur fut recouvert de fomentations 
chaudes; on fit avaler au malade quelques gouttes d’ammoniaque étendu 
d’eau ; à l’aide de ces moyens on parvint à obtenir une réaction. Le len¬ 
demain, le soulagement était évident; mais l’intelligence était encore 
obtuse; le ventre était gonflé, mais indolent; il y eut de nombreuses 
évacuations alvines, liquides, bilieuses et fétides. Cinq jours après, lorsque 
tout fut rentré dans l’ordre, la lièvre tierce reparut. On la coupa définiti¬ 
vement au troisième accès avec le sulfate de quinine. Le pouls resta, 
pendant 20 jours, beaucoup au-dessous de l’état normal, et les facultés 
intellectuelles déprimées et languissantes pendant le même espace de 
temps. 

Ce fait, qui montrait toute la puissance toxique de la racine d’élaté- 
rium, et en même temps son action,élective sur le système circulatoire, 
fut pour l’auteur le point de départ de nouvelles expériences. Les cas 
dans lesquels il a employé la décoction de racine d’élatérium sont nom¬ 
breux; mais il n’en a fait connaître que cinq. 

Le premier est relatif à une femme de 50 ans, qui entra à l'hôpital avec 
un œdème considérable du bas-ventre et des extrémités inférieures ; de 
la faiblesse musculaire, des urines rares, limpides et aqueuses ; très peu 
de soif ; point de fièvre. On lit préparer une décoction de deux onces de 
racine d’élatérium, coupée par morceaux et séchée à l’ombre pendantquel- 
ques jours, que l’on fit bouillir dans trois livres d’eau, jusqu’à réduction de 
moitié, trois fois par jour. La malade, en prenait un tiers de verre ordi¬ 
naire; elle continua ainsi jusqu'à la guérison complète, qui eut lieu au 
huitième jour. Vingt-quatre heures après le commencement dutraitement, 
les urines devinrent plus abondantes et plus colorées ; en même temps, 
l’œdème diminua notablement; le pouls se développa. Il n’y eut qu’une 
seule garderobe par jour ; et la malade ne ressentit qu’une seule fois un 
peu d’ardeur à la gorge et des douleurs de ventre. 

Dans la deuxième observation, il s’agit d’un jeune homme de 16 ans, 
qui, pendant la convalescence d’une variole confluente, fut pris d’une 
anasarque générale. La fièvre était vive, le pouls résistant, la langue rouge; 
il y avait souvent de l’assoupissement. Vingt-quatre heures après l’adminis¬ 
tration de la décoction de racine d’élatérium, il y avait déjà une grande 
amélioration : la face était plus naturelle, la langue moins rouge, le pouls 
moins fréquent et moins vibrant, les urines plus abondantes ; il y avait eu 
trois évacuations alvines ; l’ascite et l’œdème du bras avaient considéra¬ 
blement diminué. Pendant sept jours, le malade continua l’usage del’éla- 
térium, toujours avec urines très abondantes, et trois évacuations alvines 
par jour. L’auteur suspendit pendant trois jours la décoction, et aussitôt 
il vit reparaître l’œdème et l’urine diminuer de quantité. Il les reprit alors, 
et les continua de nouveau pendant sept jours. L’œdème abandonna suc¬ 
cessivement le bras, les extrémités inférieures, la face, le bas-ventre et 
le scrotum. A cette époque, le malade était sans fièvre ; bon appétit. La 
guérison pouvait être considérée comme complète. 

Dans la troisième observation, il s’agit d’un jeune homme de 16 ans, 
qui, à la suite d’une phlegmasie gastro-hépatique, avait été pris d’ascite et 
d’œdème des pieds. Chez celui-ci, la décoction de racine d’élatérium dé¬ 
termina, une heure après, un vomissementbilieux. lien continua cepen¬ 
dant l’usage ; trente-six ou quarante-huit heures après, la diurèse s’était 
établie; l’œdème avait diminué, la douleur de l’hypocondre droit avait 
perdu de son intensité, et il suffit d’appliquer quelques sangsues sur la 
région du foie, pour obtenir la guérison au vingt-et-unième jour. 

La quatrième observation a trait à une femme de soixante ans, atteinte 
de pneumonie, et chez laquelle on avait déjà pratiqué trois saignées en 
quatre jours. L’auteur, pour faire disparaître les dernières traces de l’in¬ 
flammation, lui fit prendre pendant cinq jours la décoction de racine d’é- 
latériuin; au troisième jour la fièvre était tombée, le point de côté avait 
presque disparu, la respiration était plus facile, les urines abondantes. 
Ce jour-là, il y eut trois évacuations.alvines. Au quatrième jour, plus de 
douleur, respiration libre, toux modérée, pouls subfréquent. Le cinquième 
jour, apyrexie complète, diurèse abondante, convalescence. 

Enfin, la cinquième observation est relative à un homme de 36 ans, 
qui, à la suite d’une pneumonie, avait conservé delà toux, un peu de dif¬ 
ficulté de respirer, un peu de lièvre, un point de côté vers les fapsses côtes 
gauches, avec difficulté de reposer sur ce côté. Cet homme n’avait pas 
pris la décoction depuis quatre jours, que déjà le pouls était moins fré¬ 
quent, la fièvre moins intense ; en vingt jours tout avait disparu. Il est re¬ 
marquable que, dans ce cas.le malade ne présenta ni évacuations alvines 
abondantes, ni diurèse marquée. 

L’auteur a voulu essayer sur lui-même les effets de ce médicament. 
Il a pris le matin, et à jeun, un quart de verre de la décoction de racine 
fraîche, un demi-verre à onze heures et même dose à cinq heures du soir. 
A part une sensation très désagréable d’amertume, l’auteur n’a éprouvé 
rien de particulier : ni douleur à la gorge, ni chaleur au bas-ventre, ni 
modification notable dans le pouls , ni diurèse remarquable. La nuit 
suivante il put dormir, et il fut assez tranquille jusqu’au matin, où il eut 
quelques douleurs de ventre avec des borborygmes et de l’agitation dans 
le pouls. Mais apres une évacuation alvine, il reprit sa tranquillité, et le 
pouls tomba à 60 pulsations. 

En résumé, ajoute l’auteur, je crois pouvoir de ces observations et d’un 
assez grand nombre qui sont encore en ma possession, déduire les con¬ 
clusions suivantes : 

1° La décoction de racine d’élatérium , loin d’augmenter l’irritation de 
l'organisme, ou l'intensité de l’inflammation, en modère notablement la 
force; 

2° Cette décoction jouit de propriétés diurétiques notables, susceptibles 
d’être utilisées dans beaucoup de cas d’hydropisie; ainsi, dans l’ascite con¬ 
sécutive ou compagne de l’hépatite, dans l’hydrothorax inflammatoire, 
dans les rhumatismes joints à l’œdème, bref dans tous les cas d’hydropisie 
dans lesquels les épanchemens séreux coïncident avec une inflammation 
subaiguc de quelque organe. 

3° La décoction de la racine d’élatérium possède des propriétés plus ac¬ 
tives, plus puissantes et plus promptes que les autres parties de la plante, 
sans en excepter l’extrait. 

[Giornale dette scienze mediche di Torino; août 1847.). 


CORRESPONDANCE. 

EMPLOI DE CHLOROFORME DANS LES MALADIES SIMULÉES. 

Monsieur le rédacteur. 

Une lettré de M. Bougarel, contenue dans un des derniers numéros de 
votre estimable journal, me laisse supposer que personne encore n’a 
songé à appliquer l'action du chloroforme à une affection plus fréquente 
et plus souvent simulée que celle dont parle notre honorable confrère. 

Si le bégaiement entre pour un millième dans les moyens usités par les 
jeunes gens pour échapper au service militaire, l’épilepsie y entre, sans 
aucun doute, pour un centième, avec cette différence que le bégaiement 
estleplus souvent réel, tandis que l’épilepsie est presque toujours simulée. 

Des expériences faites à Bicètre, par M. Moreau (de Tours) et publiées 
par I’Union Médicale, avaient déjà démontré qu’au moyen des inhala¬ 
tions éthérées, on pouvait à volonté déterminer un véritable accès d’épi¬ 
lepsie chez les sujets atteints de cette maladie ; que les vapeurs du chlo¬ 
roforme produisaient le même résultat plus promptement encore. Il ne 


8 

restait plus grand chose à faire pour donner à.cette découverte une milité 
pratique. 

En effet, pour réformer un homme se disant atteint d’épilepsie, il n’est 
légalement parlant, d’autre preuve valable qu’un accès constaté par un 
médecin. En attendant cette preuve, l’homme est envoyé dans un régi¬ 
ment, habillé, instruit et entretenu aux frais de l’état jusqu’à ce que la 
réalité de son affection ait été reconnue, à la caserne d’abord par le doc¬ 
teur du corps, puis à l’hôpital pour contre-visite, et les chirurgiens mili¬ 
taires savent mieux que personne ce qu’il faut de temps etde peines pour 
arriver là. 

Si le sujet est un simulateur adroit, que de dérangemens, que de 
pièges, que de courses inutiles avant de pouvoir assister à une scène de 
cette comédie, jouée avec plus ou moins d’adresse, presque toujours pen¬ 
dant la nuit ou bien quand on suppose le docteur trop loin pour arriver à 
temps. 

Si l’épilepsie est réelle, mais les accès rares, irréguliers et de peu de 
durée, il peut s’écouler des années avant qu’elle ne soit bien et dûment 
constatée comme l’exige le règlement, c’est-à-dire à l’infirmerie, puis à 
l’hôpital, où le malade séjourne indéfiniment aux frais de l’Etat, jusqu'à 
ce que le hasard lui ait envoyé un nouvel accès en présence du médecin 
traitant ou du chirurgien de garde, s’il y en a. Enfin, quand arrive la revue 
trimestrielle, on sollicite on congé de renvoi et la réforme est prononcée; 
mais on n’en a pas moins arraché ce malade à ses foyers malgré son affec¬ 
tion ; il a coûté au budget de la guerre des sommes considérables sans 
compensation ; enfin, il a exigé de plusieurs médecins des soins et des dé- 
rangemens d’autant plus inutiles, que l’épilepsie est, comme on le sait, la 
plus fréquente des affections simulées. 

Ce qui pourrait donc arriver de plus heureux à ces pauvres malades, ce 
serait d’avoir un accès au conseil de révision. Or, nous pouvons aujour¬ 
d’hui provoquer à volonté cet heureux accident. Et les observations sui¬ 
vantes prouvent de quelle utilité pratique seraient pour les médecins mi¬ 
litaires l’application des faits constatés à Bicètre. 

Aubier , jeune soldat au 34 e régiment de ligne, arrivé au corps depuis 
deux mois, se dit atteint d’épilepsie. Cette infirmité est antérieure à son 
entrée au service ; les accès, de peu de durée, surviennent presque tou¬ 
jours pendant la nuit, une ou deux fois par mois. Il a été impossible, jus¬ 
qu’à présent, d’arriver assez tôt pour les constater. 

Admis à l’infirmerie, le 18 de ce mois, le malade étant couché, trois 
grammes de chloroforme sont versés sur du coton disposé au milieu d’un 
cylindre de carton roulé. Une extrémité de ce cylindre appliquée sur la 
bouche et les narines closes ; le malade perd connaissance en moins d’une 
minute et se trouve atteint d’un violent et véritable accès, qui dure plus 
d’une heure. Envoyé à l’hôpital pour y être contre-visité, ce jeune soldat 
sera bientôt rendu à sa famille , c’est-à-dire après trois mois de service 
seulement et grâce au chloroforme, sans lequel il aurait pu passer sous 
les drapeaux plus d’une année peut-être avant d’obtenir justice. 

Legroi, soldat au même régiment chez lequel l’éther a été employé 
dans le même but, a présenté des symptômes en tout semblables. Chez 
tous deux, lorsque pendant l’accès l’appareil était rapproché des voies 
respiratoires, on pouvait remarquer une exacerbation considérable de 
tous les phénomènes qui constituent l’affection. Il est même très probable 
qu’on pourrait ainsi prolonger à volonté la durée d’un accès, si cela pou¬ 
vait être de quelque utilité pour le malade ou pour le traitement. 

Ajoutons enfin que chez tous ceux reconnus pour avoir autrefois simulé 
l’épilepsie, le chloroforme a produit un résultat négatif, c’est-à-dire l’hy- 
posthéuisation telle qu’on la voit tout les jours, et non pas ces accès pro¬ 
voqués, dont la durée et l’intensité beaucoup plus grande nous ont obligé 
à n’agir qu’avec prudence et à petites doses. 

De ces faits, Monsieur le rédacteur, et de ceux constatés à Bicètre, 
ne serait-il pas naturel de concfûre : 

1” Que chez un véritable épileptique, on peut toujours à volonté pro¬ 
duire un accès au moyen du chloroforme; 

2° Que dans l’épilepsie simulée, ce même agent fait naître l’hypos- 
thénisation et rien autre chose ; 

3° Que les inhalations d’éther et de chloroforme administrés pendant 
l’accès en augmentent, singulièrement la durée et l’intensité ; 

4° Qu’enfin, l’application médico-légale de cet agent à l’épilepsie dans 
les conseils de révision est destinée à remplacer avantageusement les 
longs et dispendieux moyens usités actuellement. 

Agréez, etc. Le docteur Fix, 

Chirurgien aide-major au 34 e . 

Fontainebleau, le 23 décembre 1847. 

Note du rédacteur en chef. — Ces conclusions paraîtront peut-être 
prématurées et basées sur un nombre de faits infiniment trop petit. Mais 
cette communication de notre honorable confrère soulève une question 
plus grave, une question de déontologie médicale que nous croyons de¬ 
voir soumettre aux méditations de nos lecteurs. 

En supposant la confirmation positive du fait, c’est-à-dire la provocation 
d’un accès d’épilepsie par l’éthérisation, est-il permis au médecin de con¬ 
seiller l’emploi de ce moyen ? Est-ce agir selon les règles charitables de 
notre profession de provoquer un accident que nous devons chercher au 
contraire à retarder et à combattre ? L’utilité du résultat compense-t-elle 
la gravité des moyens? 

Nous croyons que ce sujet est digne de fixer l’attention, et nous serions 
heureux de provoquer une solution à ces questions diverses. 

consultation DEMANDÉE A l’Union Médicale. 

Monsieur le rédacteur, 

Votre estimable journal s’occupe souvent de questions professionnelles. 
Je me trouve dans ce moment mêlé à une affaire qui, d’après moi, peut 
me forcer à manquer au secret que notre profession nous impose. Voici 
les faits sur lesquels je désirerais avoir votre opinion. M. F..., dont 
j’étais le médecin, a succombé, il y a quelques mois, à une affection céré¬ 
brale. Pendant sa maladie il lit un testament par lequel il légua ses biens 
à sa nièce, qui se trouvait seule auprès de lui lors de sa maladie et qui 
m’avait appelé pour lui donner mes soins. Ce testament est aujourd’hui 
attaqué par d’autres co-héritiers pour cause d’incapacité du testateur. J’ai 
été prévenu que j’allais être appelé en témoignage pour déposer sur l’état 
des facultés intellectuelles du sieur F... quand il testa. Quelle est la con¬ 
duite que je dois tenir? Ne veut-on pas me faire divulguer un fait qui est 
parvenu à ma connaissance en ma qualité de médecin ? N’est-ii point à 
craindre que dans des cas semblables, dans la crainte de trouver dans le 
médecin traitant un témoin importun, on ne laisse mourir le malade sans 
secours ? Si vous jugez que ma question soit assez importante pour méri¬ 
ter de vous une réponse, veuillez avoir la bonté de me dire dans votre 
correspondance quelle est la réponse que je dois faire au tribunal. 

Agréez, etc. .. d.-m. 

Réponse.— Il ne nous paraît pas possible d’invoquer, dans le cas actuel, 
l’obligation du secret imposée au médecin. Le principe contraire paraly¬ 
serait toute action de la justice dans les circonstances graves où elle a in¬ 
térêt à connaître l’état mental des personnes, A notre avis, notre confrère, 
interrogé par elle, doit répondre. L’abus que l’on peut faire de sa ré¬ 
ponse ne doit pas le préoccuper. Il n’y a pas lieu, selon nous, à se retran¬ 
cher derrière le devoir du secret. 


VARIÉTÉS. 


RÉFORME SANITAIRE. 

Les progrès du choléra et sa marche d’Orient en Occident, suivant le' 
trajet qu’il avait parcouru lors de l’épidémie de 1832, ont excité en An¬ 
gleterre des craintes d’autant plus vives que l’état sanitaire de ce pays est- 
dans des conditions plus déplorables et que les ravages exercés par l’épi¬ 
démie de 1832 sont encore présens à tous les esprits. Aussi l’agitation est 
grande non seulement parmi les médecins, mais encore dans les popula¬ 
tions des grandes villes. Les pétitions affluent au parlement et des mee¬ 
tings monstres s’organisent pour provoquer de la part du gouvernement 
des mesures spéciales. 

Parmi ces pétitions, il en est une bien digne de remarque, parce 
qu’elle résume les améliorations principales que réclame l’état actuel de 
la plupart des grandes villes, c’est la pétition des médecins de la ville de 
Gloucester. Cette dernière ville est entourée de toutes parts par des fossés 
d’eau stagnante qui reçoivent une grande partie des détritus solides et 
liquides. La pétition demande d’abord le curage de ces fossés et leur net¬ 
toyage par de l’eau courante. C’est là une mesure propre à cette ville; mais 
ce qui est également applicable à toutes les villes, c’est la seconde mesure 
proposée par le corps médical de Gloucester, et qui consisterait à prati¬ 
quer une inspection générale des habitations du pauvre, des maisons de 
logement, etc., et à en provoquer la purification, la ventilation, et, si be¬ 
soin est, la désinfection ; à ouvrir des hôpitaux convenables pour recevoir 
les malades, et à diviser la ville en districts médicaux, de manière à ne pas 
se trouver désarmé lors de la venue de l’épidémie. 

A Londres, l’agitation a trouvé encore plus d’écho que dans les autres 
centres manufacturiers et industriels de l’Angleterre; c’est qu’au milieu 
des réformes qui s’accomplissaient de toutes parts, Londres seule est 
restée immobile. Nous trouvons dans une brochure très remarquable d’un 
médecin, M. Ganvin ( Unhealthiness of London and the necessity of 
remédiai measures ), les détails les plus aftligeans sur l’état sanitaire de 
cette grande ville. « Les causes de cette grande mortalité qui frappe les 
grandes villes, dit l’auteur de cette brochure, doivent être rapportées à la 
densité, de la population, au défaut de ventilation et à l’impureté de l’air 
qui en est la conséquence, à l’absence de pavés, d’égouts et de balayage ; 
à la saleté des habitations du pauvre et à leur trop grand rapprochement; 
à la concentration des émanations putrides provenant des rues, des cours, 
des allées étroites: à l’insalubrité et à la petitesse des ateliers; enfin, aux 
occupations dangereuses auxquelles est attachée une partie de la popula¬ 
tion. » Croirait-on que, à Londres, dans une des plus grandes villes du 
monde, et au sein d’un pays civilisé, il existe des lacs énormes remplis de 
matières solides et liquides en putréfaction, au voisinage de propriétés 
bâties , sur le trajet du chemin de fer de l’est, par exemple, dans le district 
de Bethnal Green !... 


NOUVELLES. — FAITS DIVERS. 

Paris. 

— refes D’admission a l'hotel-dieu. — Le Droit du 2 janvier 
signale un double refus fait par l'interne de garde, à l’Hôtel-Dieu, d’ad¬ 
mettre une femme sur le point d’accoucher. Forcée de retourner chez 
elle, cette femme serait accouchée sur le quai Saint-Michel, et serait restée 
une heure sans secours, ce qui aurait causé la mort de l’enfant. Le Droit 
prétend que ses reoseignemens sont positifs. 

Nous enregistrons ce fait, qui serait un acte d’inhumanité s’il était réel, 
mais nous n’y croyons pas, et l’interne de garde fera bien de le démentir, 
ou du moins de donner quelques explications. 

Etranger. 

— Le docteur Ed. Cock a été nommé chirurgien de l’hôpital de Guy, 
à Londres, en remplacement de M. John Morgan, dont nous avons an¬ 
noncé la mort. 

— Le Conseil d’ordonnance a accordé une pension de 20 livres ster¬ 
ling par an (500 francs), à la veuve du célèbre chimiste, M. Marsh, l’in¬ 
venteur del’appareil qui porte ce nom et qui a rendu tant de services à la 
toxicologie. 

nouvelle-Orléans. —La fièvre jaune, qui a régné dans cette ville du 
mois de juillet au mois d’octobre dernier, a causé 2,544 morts. 

—La question de la grossesse à constater par des matrones rappelle 
une anecdote médicale qui s’est passée en 1825, lors du procès Gardner. 
On sait que ce procès eut lieu devant la chambre des lords et qu’il roula 
sur la durée de la gestation normale. La plupart des médecins en renom 
furent entendus et ils ne furent pas toujours d’accord. L’un d’eux soutint 
que la grossesse était plus Longue dans le cas d’enfant mâle que dans le 
cas d’enfant femelle: 290 jours pour le premier cas, et 280 dans le se¬ 
cond. — « Mais, lui dit le solliciteur général (le président), supposez 
que l’enfant soit un hermaphrodite. Quelle sera la durée de la grossesse? 
—Je la prends entre les deux, » reprit le témoin. C’était se tirer adroi¬ 
tement d’affaire. Mais résoudre la question!... 

noevelles de gholéra. — Le choléra^ n’a point encore disparu de 
Constantinople. Les dernières lettres de cette ville signalent au contraire 
un nombre assez important de nouveaux cas suivis de mort. En consé¬ 
quence, les mesures sanitaires prises en Grèce à l’égard de la Turquie sont 
maintenues. [Moniteur grec du 19 décembre.) 

On écrit de Constantinople, 17 décembre : 

o Bien que le froid soit assez rigoureux et que !a température se soit 
abaissée de deux ou trois degrés au-dessous de zéro, le choléra a fait 
quelques progrès pendant ces jours derniers, notamment dans les hôpi¬ 
taux militaires, où sur 60 attaques, la moitié environ a été suivie de mort. 
Le médecin en chef de l’empire, Ismaïl-Effendi, a publié une brochure 
pour l’instruction des médecins des hôpitaux, et fait ouvrir trois ambu¬ 
lances dans diü'érens quartiers de la ville pour fournir aux malades les se¬ 
cours nécessaires. 

M. Monneret, envoyé par le gouvernement français pour étudier le 
choléra, est arrivé ; il a été présenté au médecin en chef qui l’a parfaite¬ 
ment accueilli et lui a donné toutes les facilités nécessaires pour remplir 
sa mission. » 


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Bureaux du taas. a ». le M. rx.edée MkW •» « « «* * «• '* »*«“"' Gé “*- 

Les Lettres et Paquets doivent être affranchis. 


K _ I Présentation du projet de loi à la Chambre des députés. —II. 
' T "Fxnosé'*d"es motifs et projet de loi sur l’enseignement et l’exercice de la medecine et 
dManhafmacie -IlX. Pharmacie, matière médicale et revue theradeu- 
tioce • De la vente du chloroforme; un mot sur l’ordonnance royale concernant la 
3e des poisons.-IV. Académies, sociétés savantes et associations : Aca¬ 
démie de médecine, séance du 4 janvier : Correspondance. - Rapports. — lectures. 
— V REVUE DES journaux (journaux de Paris). Gazette médicale : Note sur 
les affections vénériennes de l’oeil, et sur une forme insidieuse de l’oplithalmie Sy¬ 
philitique-Nouveau procédé de chéiloplastie.- VI. Nouvelles et Faits divers, 

PARIS i M5 5 JANVIEB 1848. 

PRÉSENTATION DG PROJET DE LOI A LA CHAMBRE DES DÉPOTÉS. 

A l’heure même où, lundi dernier, nous écrivions quelques 
lienes d’inquiétude sur le projet de loi, M. de Salvandy le dé¬ 
posait sur la tribune de la Chambre des députés. Cette présen¬ 
tation si rapprochée du début de la session, était à peu près 
inespérée; elle indique surtout que M. le ministre de l’instruc¬ 
tion publique veut faire tous «« 


; efforts pour que la discussion 

sou leuuiuvx, —-ambre des députés, afin que, 

dans cette session même, le projet de loi puisse etre reporte a 
la Chambre des pairs et adopté par elle. 

Yoilà donc les intérêts du corps médical plus serieusement 
enqaeés que jamais ; les circonstances sont graves et décisives; 
cette'année même doit fixer le sort de nos institutions et régler 
nos intérêts moraux et professionnels. Il s’agit donc, pour tout 
membre de la famille médicale, de faire ses efforts dans les li¬ 
mites de son influence, pour que nos voeux si légitimes soient 
connus et sanctionnés. L’indifférence et 1 inaction seraient un 
coupable abandon de nos droits menacés. 

Nous mettons aujourd’hui sous les yeux de nos lecteurs le 
texte officiel de l’exposé des motifs de M. le ministre de l’ins¬ 
truction publique et du projet de loi. 

M. de Salvandy n’a pas changé de système; ce sont les memes 
façons d’agir; exposition brillante des besoins généraux du 
corps médical, hommage éclatant rendu à son honorabilité, à 
la loyauté de ses intentions, à la générosité de ses vœux, mais 
restrictions mesquines dans l’application, dispositions méfian¬ 
tes, mesures incomplètes, quelquefois incohérentes et bizarres, 
annonçant ou des tergiversations incroyables ou l’absence de 
franchise dans les dpinions. 

Nos lecteurs verront que dans son voyage du Luxembourg 
au Palais-Bourbon , le projet de loi a subi d’assez nombreuses 
et d’assez graves modifications. M. de Salvandy n’a pas tont 
adopté des décisions de la Chambre des pairs, et nous ne sau¬ 
rions, en vérité, l’en blâmer. Nous lui adresserions plus volon¬ 
tiers îe reproche contraire, et nous regrettons qu’il n’ait pas 
été plus fidèle à ses convictions sur les deux points importons 
du concours et de la durée des études. 

Pour le concours, JI.de Salvandy a adopté un mezzo termine 
qui ne contentera personne. 11 reconnaît, en principe, que la 
nomination des professeurs doit se faire par présentation, mais 
il réserve au ministre de l’instruction publique le droit et la 
liberté de mettre les chaires au concours. Ces dispositions man¬ 
quent de courage et de sincérité. JI. de Salvandy n a pas osé 
aborder de front la question du concours, en faveur de laquelle 
le poussent cependant ses convictions et ses sympathies; il n a 
osé non plus l’abandonner tout à fait. 

Je suis oiseau, voyez mes ailes, 

pourra-t-il dire aux partisans du concours. 

Je suis souris, vivent les rats, 

pourra-t-il répondre aux partisans de la présentation. 

Une autre façon d’agir de JL de Salvandy, c’est d’invoquer, 
avec une grande habileté de mise en scène, l’unanimité du corps 
médical toutes les fois que le projet de loi est en eflet en har¬ 
monie avec ses vœux. Lire cet exposé des motifs sans bien con¬ 
naître l’expression réelle des désirs de la famille médicale, ce 
serait tomber à coup sûr dans l’erreur, et attribuer au corps 
médical ce qui n’est que la pensée de Jl. de Salvandy. Ainsi, 
s’agit-il de l’abolition du second ordre, oui, sans doute, JI. le 
ministre a raison d’invoquer l’imposante unanimité du corps 
médical ; mais cette unanimité est-elle moins réelle sur d’autres 
vœux auxquels le projet de loi ne donne pas satisfaction? Le 
concours, la durée des études, les conditions d’incapacité, la 
médecine dite de charité, les conseils médicaux, et bien d’autres 
questions, tout cela n’a-t-il pas reçu une solution unanime 
aussi, et dont cependant il n’est pas tenu compte? 

La question des médecins privilégiés vient encore de changer 
de lace. Ce ne sont plus des médecins cantonaux (première édi¬ 
tion du projet de loi), ni des médecins de charité (dénomina¬ 
tion de la Chambre des pairs), JI. de Salvandy les intitule au¬ 
jourd’hui médecins communaux, dénomination qui n’est pas un 
simple changement de titre, mais qui indique aussi un change¬ 
ment de système que nous avons besoin d’étudier, et sur lequel 
nous voulons réfléchir avant de hasarder notre opinion. 

Une modification considérable est l’introduction dans le pro¬ 
jet de loi d’un article relatif aux abus commis par la publicité. 
Nous reviendrons avec détails sur cet article, qui mérite , en 
effet, toute l’attention du législateur. 


La rédaction nouvelle donnée à l’article relatif à la médecine 

exercée par charité, nous semble d’une naïveté et d’une inno¬ 
cence parfaites; personne assurément n’a jamais pensé à incii- 
miner ce que cet article veut sauvegarder. Encore une petite 
concession faite aux exigences de la noble Chambre, qui aura le 
bon esprit, nous l’espérons, de s’en contenter. 

Telles sont les principales modifications qu’a subies ce pro¬ 
jet de loi depuis l’année dernière; sur tous les autres points, il 
est resté ce que l’avait fait la Chambre des pairs ; ses lacunes 
n’ont pas été comblées, ses imperfections corrigées. Nous es¬ 
pérons que cette nouvelle élaboration qu’il va subir devant la 
commission delà Chambre des députés, et par la discussion 
elle-même, le rendront plus conforme enfin à nos besoins et 
nos vœux. Il en a grand besoin. 

La Commission permanente du Congrès médical doit se réu¬ 
nir samedi prochain, sous la présidence de M. Serres, pour ar¬ 
rêter les mesures à prendre dans les circonstances présentes 
auprès de la Chambre des députés. 

Ji. le docteur Thierry, membre du conseil général du depar¬ 
tement de la Seine, a été appelé à faire partie de la Commis- 
sion, en remplacement de M. le docteur Miquel, décédé. 
JL Thierry est, en effet, celui qui obtint le plus grand nombre 
de voix, après les quinze membres qui la composent. 


L’intérêt et l’étendue des communications législatives nous 
forcent à ajourner le feuilleton et plusieurs autres articles. 


CHAMBRE DES DÉPUTÉS. 

Séance du 3 Janvier 1848. — Présidence de M. Sauzet. 
té des motifs et projet de loi sur l’enseignement et l'exercice de la méde¬ 
cine et de la pharmacie. 

je Salvandy, ministre de l’instruction publique : Messieurs, nous avons 
l’honneur de présenter à vos délibérations, par les ordres du Roi, le projet de 
loi sur renseignement et l’exercice de ia médecine et sur 1 enseignement île la 
pharmacie, qui a occupé avec tant d’éclat et de persévérance une grande place 
dans les travaux de la Chambre des pairs, pendant la session dernier*. Le pro¬ 
jet aue nous avons l’honneur de vous soumelire est le meme pour les principes 
essentiels, pour l’ensemble des matières, pour l’ordre général que la Chambre 
des pairs leur a attribué. Mais nous avons été convaincus d entrer dans la pen- 
sée de celte savante et patriotique assemblée, en admettant dans la lorme, et 
quelquefois même dans le fond du projet de loi, toutes les modifications qui nous 
ont semblé de nature à le rendre plus conforme au but que le Gouvernemeut du 
D oi et la Chambre elle-même s’étaient proposé. 

Une discussion aussi brillante et aussi prolongée ne pouvait pas manquer 
d’éclairer tous ceux qui s’occupent de ces questions de nouvelles lumières. Elles 
devaient éveiller de nouvelles réflexions au sein du corps médical, des médita¬ 
tions plus approfondies au sein de l’adminisiralion. 

L’administration n’a pas manqué au devoir d’employer 1 intervalle des deux 
sessions à recueillir tous les faits, à entendre tous les intérêts, a peser toutes 
les réclamations; elle a même appelé sur les parties nouvelles ou techniques de 
la loi la délibération des écoles supérieures et des facultés, qui sont la représen¬ 
tation la plus élevée des vœux et des besoins de la grande lannlle médicale, et 
à nui les intérêts de la science et ceux de la pratique sont également présens et 
également chers. IL nous a paru qu’à l’égard d’une loi qui atteint a tout dans la 
société et qui est sur le chantier, il faut le dire, depuis trente-cinq ans, I impor¬ 
tant n’était pas de faire vite, mais de faire bien; que la loi ne pouvait manquer 
de revenir à celle des deux Chambres qui en a été saisie la première, et que celte 
Chambre la trouverait d’autant plus digne de ses suffrages, que la lorme serait 
plus précise, plus simple, plus exacte, et que le fond répondrait mieux à ia pen¬ 
sée généreuse et aux nombreuses solliciludes du législateur. 

Un des soins auxquels nous nous sommes livrés, Messieurs, a ele de dresser 
une statistique complète et certaine du corps médical, par des reuseignemens 
officiels aue l'administration a recueillis dans chaque département, dans chaque 
arrondissement, dans chaque commune. Un sait que ce travail existait déjà, et 
que si ce n’était pas elle qui l’avait publié, il avait été facile d eu contre.er les 
résultats par des faits dont tous les élémens sont en leur pouvoir. Mais enfin 
nous avons voulu une siatistique nouvelle, un état nouveau, complet, actuel, 
s’étendant à tous les lieux, comprenant toutes les personnes et dont l’aulhenti- 
cité ne pût laisser aucune espèce de doute dans les esprits. Ce travail si impor¬ 
tant pour déterminer la question fondamentale des deux ordres de praticiens 
sera mis sous les yeux de la Chambre. Nous y mettons en même temps les dé- 
iibéralions des facultés de médecine, des écoles supérieures de pharmacie, et la 
Chambre pardonnera au chef de l’université s’il recommande ces travaux a tou¬ 
tes les méditations comme des témoignages éclatans des vives lumières et des 
sentimens élevés de ces grands corps. Joignons à ces documens la série com¬ 
plète des travaux successifs de toutes les administrations depuis 1 ol 1 jusqu a ce 
four, sous l’empire, sous la restauration, sous mes prédécesseurs, pendant mes 
deux ministères, sur les importantes questions que vos délibérations, Messieurs, 
vont enfin résoudre. Les principaux travaux accomplis sur ces questions au sein 
du corps médical lui-même, émanés de sociétés considérables, et en particulier 
de ce congrès spontané mais autorisé dans lequel nous persistons à voir un fait 
honorable pour le corps dont il a élé la représentation sage et éclairée, vous se- 
rout également soumis. Nous voulons ainsi rassembler sous vos yeux, Messieurs, 
tous les élémens, môme les plus contradictoires, de la longue contrqverse qu il 
vous appartient de terminer. Nous remplissons ain-i le devoir de faciliter voire 
travail) d’éclairer et d’assurer votre marche ; en même temps, nous écarterons 
à l’avance de cette tribune l’un des reproches les plus étranges que le projet de 
loi ait d’abord rencontré sur sa route, celui de ne pas répondre a des besoins 
suffisamment pressans, de n’être pas réclamé par des intérêts reels et considé¬ 
rables, de manquer de préparation, de n’avoir pas été prépare notamment par 
ces délibérations antérieures, qui sont la plus sûre garantie de la maturité de 
l’œuvre présente. Vous verrez que ces délibérations remontent au conseil d Etat 
de l’empire, au conseil d’État, aux commissions, aux chambres de là restaura¬ 
tion que la loi est réellement pendante devant les corps législatifs depuis 1825. 
Vous vous rappellerez, Messieurs, que des pétitions sans nombre, reproduites 
chaque année au milieu de vous, en ont redemandé la reprise à votre zèle et a 
votre patriotisme ; que chaque année vous pressiez l’administration de vous 
mettre en mesure de satisfaire à des vœux multipliés, divers, légitimes. Souffrez 
que nous ajoutions, qu'en se préoccupant du devoir de donner satisfaction aux 
nombreux intérêts engagés dans le débat, l’administration a tout fait pour y 
porter !a connaissance approfondie des besoins et des faits. 

Les documens qui vous sont présentés attesteront que nous avons consacre les 
cinq années de notre administration à une étude consciencieuse de la question 
de tous les élémens dont elle se compose ; et nous pensons que de ces documens 
aucun ne vous frappera plus que les procès-veibaux qui vous sonl textuellement 
soumis, de cette commission des hautes études médicales que nous avons insti¬ 
tuée pour nous éclairer de scs avis d’une manière fixe et permanente, en y ap : 
pelant des représentai de l’enseignement et de la science qui appartiennent à 


_‘e de toutes les adminis- 

.. Jeton les les époques surun point 

a constitution actuelle du corps médical. 


tous les points du royaume, qui compte dans son sein les maîtres les plus émi- 

nens de toutes nos écoles, et qui sont à la fois les meilleurs înierpieles des 

besoins de la science médicale et de la sanlé publique. • ' ... 

L’examen de ces matériaux nous fera voir,’Messieurs, par qui lie, mci situde 
a passé, sur les diverses parties de la questio^tU *”“ “ 

traLions et de lous les corps, toujours unanimes 1 

capital, savoir: les vices essentiels de la consh 

l’impossibilité de la laisser subsister un jour de plus, et fi y a trente-cinq ans 
que cette déclaration était faite pour la première fois dans les conseils de Napo¬ 
léon, sur un rapport de Dupuytren. On n’est arrivé que progressivement au 
système qui a prévalu dans le projet de loi que la Chambre des pairs a ratifie de 
ses suffrages, et que nous avons l’honneur de vous proposer. On n y est arrive 
que lentement, successivement. Pendant longtemps l élat delà société u aurait 
pas permis une solution définitive et complète ; mais on y est arrivé unanime¬ 
ment, et c’est aujourd’hui, sous les auspices de la délibération conforme de lous 
les corps médicaux, de loutes les facultés, du congrès, d’un nombre infin; de so¬ 
ciétés médicales et savantes, de la haute commission des éludes médicales, et, 
ce qui vaut mieux, la Chambre des pairs. Nous vous proposons le jugement du 
procès qui divisait, il y a vingt-cinq ans, Cuvier, Chaptal et les aeux Chambres. 

Vous savez. Messieurs, que la question fondamentale de la loi est celle des 
deux ordres. Cetle question est depuis longtemps résolue pour le corps médical. 
Les deux branches dont il se compose aspirent egalement au moment ou eue le 
sera par la législation comme elle l’a été par l'expérience. 

Si les médecins, les chirurgiens, les praticiens de tout ordre, pourvus du doc¬ 
torat, sont impatiens de voir leur profession relevee dans le sentiment public 
par la suppression en principe, le praticien, dont la considcration < 11 instruc¬ 
tion restreinte nuisent à la dignité de la profession, les officiers de sanie, a leur 
tour, n’ont pas moins La conviction de la nécessité d'un changement immédiat. 
Ils savent mieux que personne combien leur situation est incomplète, précaire, 
affaiblie d’une manière irrémédiable, iant par l’insuffisance notoire des épreuves 
qu'ils ont fournies, que par les discussions renouvelées et croissantes auxquelles 
elles donnent lieu depuis l’origine. Dans le congrès et partout, eux aussi ont 
voté pour le principe de l’unilé. Si le législateur, comme nous le proposons, joint 
à ce principe salutaire des dispositions favorables pour les officiers de sanie ac¬ 
tuels, leur reconnaissance nous sera acquise, Messieurs, comme leur adhesion. 

Les motifs généraux et plus instinctifs que réfléchis qui se sont opposés long¬ 
temps à rétablissement de l’unité sont tombés devant l’examen serieux et appro¬ 
fondi des faits. On supposait que ce second ordre éiait indispensable pour des¬ 
servir les départemens , les contrées pauvres nécessairement dédaignées et 
abandonnées parles docteurs. . , 

Nous avions annoncé déjà, et la statistique fait voir, que les officier» de sanie 
se pressent dans les départemens riches, qu’ils recherchent partout les villes, et 
que, dans l’inégale répartition de» hommes de Fart sur la face du territoire, 
les docteurs se distribuent inégalement entre les villes et les villages, entre les 
départemens pauvres, peu populeux, et les départemens les plus considérables 
et les plus prospères. Les officiers de sanlé, loin de chercher une clientèle a 
part, disputent à l’homme instruit qui a donné des gages a la science, qui a reçu 
d'elle ses consécrations, la clientèle et le crédit ; et ce n'est pas la une des moin¬ 
dres objections à l’existence d’un privilège étrange et nouveau, celui d une cor¬ 
poration qui, avec moins de garanties d’instruction, conteste a un corps, dont 
l’Etat exige les garanties les plus multipliées, les avantages qui doivent être le 
prix des lumières acquises et la compensation des sacrifices qu elles ont coûté. 

Rien n'est plus propre à détourner les familles de ces sacrifices coûteux, à dé¬ 
tourner la jeunesse d’une vocation difficile, mise au prix de si fortes éludes, pour 
être exposée le lendemain à un tel parallèle et à une telle concurrence. 11 est im¬ 
possible qu’un grand nombre de vocations moins généreuses, moins elevées, 
moins résolues, ne se détournent pas du premier ordre vers le second, qui cou e 
si peu et rapporte autant ; et ce dont on ne peut s etonner assez, c est que la 
dépopulation du corps médical, qu’on redoutait de la suppression du second 
ordre, n’ait pas élé produite en effet par sou existence et son maintien. 

Cependant Messieurs, examinez de. près si cette question de la dépopulation 

j.. linnno il PC résultat.! 


Cependant, Messieurs, examinez «e pic» . 

possible du corps médical donne des résultats imprévus et convaincans. INon 
le ment ce corps, si important à la société, ne diminue pas, mais il va eu aug¬ 
mentant toujours el ce ne sont pas les officiers de santé qui constituent 1 aug¬ 
mentation, ce sont les docteurs. Les officiers de santé décroissent d année en 
année, et, au moment où nous parlons, fl y a dans nos écoles près de 1,700 
étudians qui se destinent courageusement au doctorat, contre moins de 200 qui 
entendent se contenter d’une commission d’officier de sanie. Ainsi les mœurs 
et les faits se chargent d’accomplir la réforme que nous proposons. L intérêt 
social l’emporte sur les résistances et les erreurs de l’intérêt privé. Un sentiment 
d’honneur lutte dans les familles contre lous les conseils de la parcimonie la 
plus légitime en faveur de l’instruction la plus forte et la plus dispendieuse. On 
peut assurer que l’institution des officiers de santé disparaîtrait d elle meme, 
si la perspective d’un but plus facilement atteint, atteint a la fois avec moins de 
temps et moins d’efforts, n’enievait bien des jeunes gens a la pratique laborieuse 
des écoles et à leurs nombreuses épreuves, pour les pousser dan» une voie aussi 
courte que facile. Le jour où l’Etat se refusera à faire plus longtemps cette con¬ 
currence fatale au travail, à l’ordre, au savoir, fi est hors de J out ®,4“® Jf 
tement du doctorat, si nombreux déjà, ne fera que prendre des développemens 

C "fi°vVquelqu'es'années, la proposition des diplômes annuellement délivrés par 
les facultés s’élait élevée à près de sept cents : on ne craint pas de dire que ce 
chiffre était hors de proportion avec tous les besoins de la société française. Il 
s’est considérablement réduit par suite de 1 exigence du bacca aurtat ès science», 
mais, dès cette année, les chiffres se relèvent dans les facultés, quoique com¬ 
battus par le grand nombre de jeunes gens qui se hâtent de prendre desi com¬ 
missions d’officiers de sanlé Pendant que cette chance facile leni est encore 
ouverte ; et si les Chambres adoptent,.comme nous n’en pouvons don er les 
mesures proposées ailleurs pour rétablir 1 égaillé entre les études dç dioit et de 
médecine - si les études qui font le médecin cessent d’être taxées beaucoup plus 
cher que celles qui font l’avocat, l’administrateur, le magistrat, fl est certain 
aue les facultés de Paris, de Montpellier et de Strasbourg et les écoles prépara¬ 
toires qui les assistent, emprunteront à la fois en très grand nombre des disciples 
nouveaux à l’eos -ignemeifl qui fait surabondamment des jurisconsultes et a celui 

qui fait encore des officiers de sanlé. ..... 

Les erreurs à cet égard el les appréhensions ainsi dissipées, restent une ques¬ 
tion de fait et une question de principe. Le principe qui domine toute la matière, 
qui a fait les résolutions du Gouvernement du Roi el qui les maintiendra iné¬ 
branlables, c’est celui de l’égalité de la vie humaine dans toutes les combl ons 
où il plaît à Dieu de la placer. On a beau lui ter par tous les stratagèmes de 1 art 
oratoire contre cette vérité, le système des deux ordres repose sur le sentiment 
intime que la vie du pauvre et du riche, que la sanie de 1 habitant des villes et 
de l’habilaot des campagnes, ne sont pas exactement de même nalure, sinon ne 
même valeur, ni aux yeux de la science, m aux yeux de la loi. 

Nous tenons également pour fausse a tous les points de vue 
conséquences, non pas que nous veuillons établir une aiscussi 

ÎJKfSŒ 

le premier et chez le second. On veut que la maladie soit aussi restreinte que la 
' fortuné, aussi simple que les habitudes, qu’il y ait une physiologie médicale 
toute différente pour les différentes situations sociale» Nous croyons cette sup¬ 
position complètement erronée; toutes les affeca-Sfenté-a erneffi effire tous 
maines, nos hôpitaux en témoignent assez, se distiiDuent egalement entre tous 
les rarms de la société S’il Y a une différence, c’est que les maladies du pauvre, 
moins soignées dans les commencemens, se compliquent plus promptement 
“accidIns B graves, de catastrophes soudaines 11 est manifeste que, si une diver¬ 
sité devait être établie entre le médecin de» villes et des campagnes, c e»t le der 
nier de nui on devrait exige davantage, car il est seul ; il est tenu de tout pra- 
iauer de tout savoir- fi ne se voue pas à une branche exclusive de son art ; il 
doit professer toutes lès branches, les étudier tontes, et si un scrupule le saisit, 
s’a/un doutesur le caractère delà maladie, sur le traitement ou les remèdes 


la pensée et les 
jn sur U principe 
borne à affirmer 

































<Jtfelle exige, il n'a pas sous la main le secours de confrères éclairés, 'toujours 
prêts à venir en aide à son inexpérience et à sa responsabilité. 

Aussi faut-il dire que la distinction n'est pas physiologique et médicale comme 
on le suppose, car elle est trop évidemment fausse, elle n’a point de fondement 
sérieux ; elle n’aurait quelque consistance qu’eu s’appuyant à cet autre sentiment 
que nous avons indiqué et qui est bien plus faux encore, car il est illibéral et 
impie à ce point que tout le monde le décline. 

Voilà ce que nous appelons l’erreur de principe, l’erreur essentielle sur la¬ 
quelle repose la combinaison des deux ordres. Nous avons parlé d’une erreur et 
nous aurions pu dire une impossibilité de fait. La voici. On suppose qu’on peut 
établir une distinction entre l’instruction qui sera donnée aux deux ordres. 
L’expérience a démontré qu’on le tente en vain. Si quelqu’un pense qu’on en¬ 
seigne aux docteurs plus que le nécessaire, que noire corps médical soit trop 
instruit, qu’on indique les parties superflues de l’enseignement, nous les discu¬ 
terons. Nous tenons pour certain, avec tous les corps médicaux, que l’instruction 
actuelle des facultés n’est pas trop élevée, que nos jeunes médecins n’ont ni trop 
de science, ni trop de pratique; que si quelque chose doit fixer notre sollicitude, 
ce n’est point la trop grande durée, ni la trop grande force des études médi¬ 
cales. 

Veut-on moins que le nécessaire, 
contenter. 

C’est là l’invincible difficulté delà question ; que vous ne puissiez rien retran¬ 
cher à l’enseignement du premier ordre pour constituer le second, sans mettre 
en péril la vie humaine, sans faire de la société deux parts, celle pour qui vous 
voulez toutes les garanties, celle pour qui les garanties incomplètes vous suffi¬ 
sent. Et quand vous avez fait celle violence à la première loi écrite depuis dix- 
huit siècles dans le cœur de l’homme, vous avez à rédiger des programmes, et 
vous ne le pouvez pas ; vous ne parvenez pas à couper en deux la science à 
distinguer ce qui est de luxe de ce qui est indispensable. Ou si vous y parvenez 
avec beaucoup d’efforts, si, en effet, vous faites de la science, essentiellement une 
de sa nature, deux parts tant bien que mal distinctes, vous aurez en présence de 
vous trois difficultés nouvelles. La première, c’est d’avoir encore des docteurs 
quand vous aurez élevé jusqu’au nécessaire l’instruction des officiers de santé; 
quand vous aurez ainsi rendu à sa situation te crédit et la dignité dont elle man¬ 
que aujourd’hui. Vous reviendrez ainsi à l’unité par une autre voie, vous ne 
supprimerez pas le second ordre, vous supprimerez le premier. 

La seconde difficulté, si vous parveniez à tenir la balance égale entre l’instruc¬ 
tion nécessaire et l’instruction superflue, si vous aviez encore des docteurs avec 
des officiers de santé instruits et respectés, ou bien si vous avez encore des offi¬ 
ciers de santé en même temps que des docteurs dans un système où les sacrifices 
des familles seraient presque égaux, ce serait de trouver une classe de la société 


is demanderons pour qui on entend s’i 


----igeriez, sans les élever jusqu’au doc¬ 
torat, les conditions scientifiques qu ils ne remplissent pas aujourd hui. 

Et enfin, la difficulté dernière qui suffirait pour trancher le débat, c’est que 
ta loi n’a pas en elle-même d’expédiens et de puissance pour distinguer, séparer 
parquer les deux clientèles. La loi, qui existe depuis quarante-cinq ans, et contré 
laquelle, depuis quarante-cinq ans, tous les intérêts protestent, l’a voulu en 
vain. Elle a distingué les grandes opérations des petites, et cela pour des prati¬ 
ciens destinés à exercer seuls, sans émules, et par conséquent sans collabora¬ 
teurs et sans guides. La tentative a été vaine et devait l’être. On a introduit une 
autre distinction : celle du docteur qui peut passr d’un département à un autre 
celle de l’officier de santé qui ne le peut pas. Et on ne saurait comprendre com¬ 
ment celte distinction, qui est en effet une infirmité sociale pour le praticien 
est une garantie, à un degré quelconque, pour la société ; car dans toi.s les dé- 
partemens il y a des cités, dans tous surtout il y a des hommes, et il faudrait 
remonler à d’autres querelles célèbres pour comprendre comment la science 
suffisante ici, devient insuffisante de l’autre côté d’une frontière. 

A ces différences caduques, on a proposé d’en substituer une autre, celle de 
la ville et du village; mais c’est un argument de discussion plus qu’une propo¬ 
sition formelle. Personne n’a demandé, et nous croyons qu’en fin de compte per¬ 
sonne ne demandera d’écrire dans la loi que le législateur veut des garanties de 
plus quand il s’agit des médecins nombreux des villes, qu’il lui faut des garanties 
de moins quand il s’agit des médecins isolés des campagnes. Nous croyons avoir 
démontré que la distinction est physiologiquement fausse ; elle est, de plus, ma¬ 
tériellement fausse, car les villes n’ont-elles pas une population laborieuse et 
pauvre comme celle des campagnes. 

Les campagnes n’ont-elles pas une population vivant dans l’aisanre et dans 
■ei> habitudes qu’elle entraîne, comme celle des villes? Ces deux populations ne 
sont-elles pas sans cesse confondues parles déplacemens périodiques de l’ouvrier 
du propriétaire, de l’homme de travail et de loisir ? Et comment expliquer qu’il 
faille plus de lumières pour s’occuper des intérêts de la santé humaine dans les 
populations agglomérées de 4,000 âmes ou de plus de 4,000 âmes? Mais surtout 
comment ne pas comprendre qu’on ne peut poser la question en ces termes sans 
rencontrer l’objection décisive, fondamentale que nous avons indiquée d’abord 
parce qu’elle domine tout le débat et que le législateur de 1830 ne peut écrire 
dans ces codes l’inégalité de la vie humaine et qu’il faut en venir là pour intro¬ 
duire cette distinction qu’ou cherche ,et qu'on ne peut jamais atteindre de la ville 
et du village. 

Au terme delà route, quelques efforts que l’on tente, on est donc amené à la 
solution que la Chambre des pairs a consacrée de ses suffrages. La constitution 
medicale, fruit dis difficultés sans nombre qui pesaient sur le régime consu¬ 
laire, quand depuis dix ans il n’y avait plus d’études, sera abrogée en principe et 
disparaîtra peu à peu par l’effet du temps. Placés dans des conditions plus heu¬ 
reuses, au milieu d’une société reposée, instruite, riche, qui d’elle-même nous 
donne plus de docteurs que d'officiers de santé, malgré toutes les excitations de 
la loi, nous fondrons la nouvelle constitution médicale sur la base de l'ordre 
unique, c’est-à-dire sur le principe de l’unité des praticiens et de l’égalité des 
chens. Nous ne vous entretiendrons pas, messieurs, des questions secondaires de 
la loi qui vous sont connues par la discussion à laquelle elles ont donné lieu 
déjà. Elle se simplifie par la simplicité de ce prim ipe fécond. Son premier soin 
doit être de chercher pour les écoles qui lui donneront les docteurs qu’elle de¬ 
mande, des maîtres éprouvés, habiles et respeclés. Tout le monde sait les repro¬ 
ches qni ont été adressés au concours. Nous les avions prévus et prévenus Deux 
exposés des motifs, sur deux lois différentes (le droit et la médecine), avaient 
tout dit à cet égard. La Chambre des pairs, d’accord avec nous sur le mal est 
allée dans ta recherche du remède plus loin que nous. Nous voulions perfec¬ 
tionner le concours, la Chambre l’a supprimé. En le supprimant elle a consenti 
à renfermer la présentation dans les catégories où nous le renfermions nous- 
mêmes, et nous avons trouvé là, il faut le dire, une satisfaction à la principale 
de nos pensées, qui est de considérer l’agrégation non pas comme l’unique 
mode de recrutement du professorat, mais comme un mode de recrutement tou¬ 
jours sûr et toujours fréquent ; par le droit attribué aux facultés cette garantie 
nous est donnée. 

Cependant, Messieurs, faut-il absolument et définitivement condamner le 
concours ? La présentation dont nous ne calculons pas les difficultés et les périls 
parce qu’elle est loin de nous, ne ferait-elle pas quelque jour regretter l’instru¬ 
ment qu’ou propose d’abolir. En acceptant le système de la Chambre des pairs 
nous vous proposons de réserver à l’université, au ministre qui la dirige, assisté 
du conseil dont il est entouré, le recours à cette manifestation extérieure de la 
valeur des forces de l’homme, à cette lutte orale et publique qui, ayant l’incon¬ 
vénient de ne pas convier tous les hommes d’expérience et de mérite, a du moins 
l’avantage de bien mettre en relief les ressources de tous ceux qui la font. 

Ce sont là les points essentiels. Dans toute la rédaction de la loi, nous nous 
sommes appliqués à tenir compte des objections faites, des vœux exprimés par 
les corps compétens. Au chapitre des incapacités, au chapitre des pénalités, en 
ce qui touche l’exercice illégal de la médecine, le droit d’affiche et d’annonce, la 
protection due aux secours charitables, nous nous sommes attachés à concilier 
la pensée de la Chambre des pairs, la proposition première du gouvernement du 
roi, avee les intérêts que tous les pouvoirs entendent satisfaire et régler. 

11 nous a paru que quelques incapacités pouvaient n’être pas absolues et pé¬ 
remptoires, que quelques-unes même pouvaient être retranchées, que les peines 
pouvaient être plus exaclement graduées, soit suivant la perversité morale de 
l’acte, soit suivant la gravité possible de ses résultats; qu’enfin.une part d’ac¬ 
tion éloignée encore et restreinte, mais cependant réelle, pouvait être attribuée 
aux conseils médicaux pour les préparer, avec les lempéramens que la prudence 
exige, à l’existence que ia loi leur destine. Nous avons rétabli, sur les affiches et 
annonces, une disposition réclamée par le corps médical tout entier, qui nous 
paraît en soi morale et utile, et qui, nous en sommes convaincus, n’aurait pas 
échoué à l’autre Chambre, si la première relation avait contenu les distinc¬ 
tions que nous nous proposons entre ce qui peut intéresser à un degré quelcon¬ 
que les droits de la liberté de la presse et ce qui touche aux intérêts du corps 
médical et aux bienséances publiques. 

Nous introduisons une distinction de même nature dans la disposition par 
laquelle la Chambre des pairs s’est attachée, comme il lui appartenait, à sauve¬ 
garder avec sollicitude les nobles et touchans privilèges de la charité. Elle n’a 
pas voulu que la loi pût s’interposer entre le pauvre, le blessé, le malade qui 
souffrent et la main bienfaisante quis’étend sur leurs souffrances pour les adoucir. 

Le corps médical, dans ces termes, aurait eu tort de s’alarmer de la disposition 
religieuse et humaine que nous vous signalons. 11 nous a paru que pour donner 
satisfaction à tous les scrupules, il suffisait de compléter la pensée de la Chambre 
des pairs en la précisant. 

La noble Chambre sait que les plus touchantes vertus ne suppléent pas à la 
science quand une fois la science est nécessaire. C’est la limite que nous avons 
essayé de poser nettement dans la loi. Vous jugerez, Messieurs, si nous y som¬ 
mes parvenus. 

En résumé, Messieurs, il résultera pour vous, des examens auxquels le gou¬ 
vernement du roi vous convie, que les questions qui vous sont soumises sont les 
.plus dignes de votre sollicitude ; qu’elles sont graves et pressantes, qu’elles tou- 


10 

client aux intérêts les plus intimes et tes plus chers de la société ; que leur solu¬ 
tion doit âjouler, à la considération du corps médical français, l’efficacité de ses 
services ;. qu'elles remplaceront ces institutions caduques et insuffisantes par des 
institution» fortes et libérales; que le gouvernement, en poursuivant ce résul¬ 
tat, aura accompli une tâche qui a été l'ambition de tous les gouvernemens an¬ 
térieurs ; et qu’en vous associant à ses efforts vous accomplissez une œuvre 
digne de vous, car vous mettrez nos institutions médicales en harmonie avec 
toutes les autres, et vous rendrez un égal service à la science et à la so¬ 
ciété. 


LOUIS-PHILIPPE, Roi des Français, 

A tous présens et à venir, salut : 

Nous avons ordonné et ordonnons que le projet de loi dont ta teneur suit soit 
présenté, en notre nom, à la Chambre des députés, par notre ministre secrétaire 
d’Etat au département de l’instruction publique, grand-maître de l’université 
de France, que nous chargeons d’en exposer ,les motifs et d’en soutenir la dis¬ 
cussion. 

TITRE I. — De l’enseignement de la médecine. 

Art. 1. — L’enseignement médical est donné par les facultés de médecine et 
par les écoles préparatoires. 

L’enseignement des facultés comprend toutes les parties des études mé¬ 
dicales. 

L’enseignement des écoles préparatoires comprend les deux premières années 
d’études. 11 peut s’étendre aux douze premières inscriptions pour les élèves in¬ 
ternes des hôpitaux. 

Les facultés seules confèrent le grade de docteur. 

Art. 2. — Les écoles préparatoires établies au siège des facultés des sciences, 
celles qui sont placées dans les villes de 75,000 âmes et au-dessus, ou qui seront 
spécialement désignées par les lpis de finances, seront mises successivement à 
la charge de l’Etat. Le matériel et les collections resteront à la charge des com¬ 
munes. 

Art. 3. — Les facultés se composent de professeurs et d’agrégés. 

Les écoles préparatoires, de professeurs et d’agrégés des facultés, autorisés 
par le ministre de l’instruction publique à se fixer près lesdites écoles, ou des 
supplèans spéciaux. 

Les agrégés sont nommés pour dix ans. Leur nombre ne peut excéder celui 
des professeurs, à moins d’une décision spéciale du ministre en conseil royal de 
. .. de leur engagement, ils portent le nom d’agrégés 

Les agrégés libres restent membres de l’université, et conservent les droits dé¬ 
terminés par l’article 5. Ils cessent de recevoir le traitement de l’agrégation, à 
moins qu’ils n’aient été autorisés pendant la durée de leur service, ou depuis, 
à le continuer près les écoles préparatoires. Dans tous les cas, ils cessent dé 
compter dans les facultés. 

Les supplèans, institués près lesdites écoles, à défaut d’agrégés, ont le rang 
des agrégés de l’instruction secondaire, et remplissent les mêmes fonctions que 
les agrégés près les facultés. 

Art. 4 — Les professeurs titulaires des racullés sont nommés par le ministre 
de l’instruction publique sur des listés de candidats, présentées par la faculté où 
la vacance est ouverte, par l’Académie des sciences de l’Institut, par l’Académie 
royale de médecine, et contenant chacune les noms de deux candidats. Les 
mêmes noms peuvent être portés sur les différentes listes. 

Les professeurs titulaires des écoles préparatoires sont nommés sur des listes 
doubles de candidats présentées par l’école préparatoire et par la faculté de mé- 
de médecine de la circonscription. 

Les agrégés et supplèans sont nommés au concours et institués par le ministre 
de l’instruction publique. 

Le ministre peut toujours décider, en conseil royal, que les chaires vacantes, 
soit dans les facultés, soit dans les écoles préparaloiras, seront mises au con¬ 
cours. En ce cas, la liste des candidats est arrêtée par le ministre en conseil 
royal. 

Art. 5. — Nul n’est candidat 
Soit aux fonctions de professeur titulaire près les facultés de médecine ou près 
les écoles préparatoires, 

Soit à celtes d’agrégé ou de suppléant, 

S’il ne justifie de l’âge de trente ans dans le premier cas, de vingt-cinq dans 
le second, s’il n’a le diplôme de docteur en médecine, ou s’il n’est Français ou 
reçu docteur dans les facultés françaises et autorisé par le ministre de l'instruc¬ 
tion publique. Pour être nommé, il faut être naturalisé Français. 

Les candidats aux fonctions de professeurs tilulaires près tes facultés doivent 
en outre être revêtus de l’un des titres ci-après : 

Agrégés en médecine; 

Professeurs près une autre faculté ou près une école préparatoire ; 

Membres de l’Académie royale des sciences ; 

Membres de l’Académie royale de médecine ; 

Médecins ou chirurgiens chefs de service dans un hôpital de Paris ; 

Médecins ou chirurgiens en chef d’hôpital civil d’une ville de plus de 20,000 
âmes ; 

Inspecteurs du service de santé de la guerre ; 

Professeurs dans les hôpitaux militaires d’instruction ou de perfectionnement, 
on officiers de santé en chef d’un hôpital militaire, pourvus du grade de médecin 
principal ou ordinaire, de chirurgien ou de pharmacien principal ou major; 
Inspecteurs généraux du service de santé de la marine.; 

Professeurs ou officiers de santé en chef d’une école de la marine. 

Les candidats aux fonctions de professeurs d’histoire naturelle près les facultés 
de médecine doivent, de plus, justifier du diplôme de docteur ès-sciences natu¬ 
relles; 

Les professeurs de physique, de chimie et de toxicologie, du diplôme de doc¬ 
teur ès-sciences physiques ; 

Les professeurs de pharmacie, de ce diplôme et de celui de pharmaciens ; 

Les candidats aux fonctions de professeurs d’histoire naturelle médicale près 
les écoles préparatoires justifieront du diplôme de licencié ès-sciences natu¬ 
relles ; 

Les professeurs de chimie, du diplôme de licencié ès-sciences physiques; 

Les professeurs de pharmacie, de ce diplôme et de celui de pharmacien. 

Art. 6. — Les concours pour les chaires des facultés ont lieu au siège des fa¬ 
cultés. Le ministre de l’instruction publique peut les fixer à Paris. 

Les concours pour les chaires des écoles préparatoires ont lieu au siège de ces 
écoles. Le ministre de l’instniction publique peut les fixer près les facultés. 

Les concours pour les supplèans ont lieu au siège des écoles préparatoires. 

Le jury pour tes chaires üe faculté se compose : 

1° Des professeurs de la facudé; 

2° De membres adjoints préalablement désignés par le ministre de l’instruc- 
on publique en nombre inférieur à celui des professeurs, et choisis : 

Dans l’Institut cl l’Académie royale de médecine, quand il s’agit des sciences 
médicales proprement dites; 

Dans ces corps et dans les facultés des sciences, quand il s’agit des sciences 
naturelles ou physiques appliquées à la médecine ; 

Dans les différens corps ci-dessus et dans les écoles supérieures de pharmacie, 
quand il s’agit des sciences pharmaceutiques. 

Le jury pour les chaires d’écoles préparatoires se compose de trois professeurs 
i agrégés de la faculté la plus voisine, de trois professeurs de l’école et de trois 
autres membres désignés par le ministre dans l’ordre de la médecine ou des 
sciences. 

Lejury pour l’agrégation se compose de professeurs choisis dans les facultés et 
d’agrégés titulaires ou libres. 

Lejury pour les suppléances se compose de professeurs de l’école préparatoire 
ius la présidence d’un professeur de la faculté de la circonscription. 

Art. 7. — Les permutations de chaires dans une même faculté ou dans une 
même école préparatoire, peuvent être autorisées, après une délibération delà 
faculté ou de l’école, par le ministre en conseil royal de FUniversité. 

Les permutations de chaires de faculté à faculté, ou d’école à école, peuvent 
êire autorisées en conseil royal de l’Université, après délibération des deux 
écoles ou des deux facultés. 

Le ministre, en conseil, peut également appeler à toute chaire vacante, après 
délibération de la faculté où la vacance est ouverte, tout professeur d’une autre 
faculté, chargé, depuis cinq ans au moins, du même enseignement. 

Art. 8. — Tout docteur en médecine qui voudra ouvrir un cours particulier 
ir quelque partie que ce soit des sciences médicales, sera tenu de déposer à la 
mairie de la commune où le cours devra être ouvert et au chef-lieu de l’Acadé- 
n programme précisant l’objet du cours, le lieu et l’heure où il sera fait, 
iis après le dépôt, le cours pourra être ouvert, si le recteur n’a pas formé 


un uiui» apres le uepoi, le cours pourra cire uuven, si le recieur u a pas îuiuie 
opposition devant le conseil académique, dans l’intérêt des mœurs publiques. Il 
peut être appelé de la décision du conseil académique, par la partie seulement, à 
la cour royale qui statue, en la première chambre civile, à huis-clos et contradic¬ 
toirement. 

TITRE II. — Des conditions d’études et de grades dans les facultés ou écoles 
de médecine, et des exceptions. 

Art. 9. — La durée des études nécessaires pour le doctoral est de quatre 
années, non compris le temps des épreuves. 

Nul n’est admis, s’il n’est bachelier ès-lettres, à prendre sa première inscrip¬ 
tion dans les facultés ou dans les écoles préparatoires. Une première inscription 
provisoire pourra êtrp accordée aux candidats ajournés dans les épreuves du 


baccalauréat. Il ne seront admis, en aucun cas, à prendre la deuxième inscrip¬ 
tion, s ils ne sont bacheliers. 

Nul n’est admis, s’il n’est bachelier cs-sciences, à prendre la cinquième ins¬ 
cription dans une faculté ou dans une école préparatoire placée près une faculté 
des sciences. r r 

Les élèves des autres écoles préparatoires sont autorisés à nejuslifier du bac¬ 
calauréat ès-sciences qu’avant leur treizième inscription dans la faculté. 

Le Français et l'étranger qui ont étudié à l’étranger peuvent faire compter 
pour la moitié, dans les écoles françaises, leur temps d’étude en restant, quant 
au surplus, soumis à toutes les conditions imposées aux étudians français. 

Art. 10. — Les élèves des hôpitaux militaires d’instruction ou de perfection¬ 
nement pour les armées de terre et de mer, sont autorisés a prendre les inscrip¬ 
tions dans les écoles préparatoires et dans les facultés, gratuitement. 

Les élèves en chirurgie et les officiers de santé des armées de terre et de mer, 
pourvus des diplômes de bacheliers ès-lettres et de bacheliers ès-sciences, sont 
admis a se présenter devant les facultés pour y soutenir les épreuves du docto¬ 
rat sans inscriptions préalables et sans autres frais que ceux de réception. 

Art. 11. — Les aspirans au lilre d’officiers de sanlé civils, qui, à l’époque de 
la promulgation de la présente loi, justifleront, soit d’une année d’études dans 
les facultés ou dans les écoles préparatoires, soit de deux années dans les hôpi¬ 
taux, ou sous un docteur, pourront compléler leurs études conformément à l’art. 
15 de la I91 du 10 mars 1803 (19 venlôse an 11), et recevoir ensuite, de l’école 
préparatoire ou de la faculté de la circonscription, une commission d’officier de 
santé. 

Les aspirans au titre d’officier de santé qui auront étudié dans les facultés ou 
dans les ecoles préparatoires, lorsqu’ils seront bacheliers ès-lettres et ès-scien¬ 
ces, pourront se présenter aux épreuves du doctorat devant les facultés, après 
avoir complété les quatre années d’études. 

Les officiers de santé, pourvus de ce titre au moment de la promulgation de la 
présente loi, lorsqu’ils compteront quatre années d’exercice et qu’ils seront ba- 
cheliet» tb-lettres, pourront se présenter devant les facultés aux épreuves du 
doctorat sans inscriptions préalables et sans autres frais que ceux de réception. 
TITRE III. — De l’enseignement de la pharmacie et des conditions d’études. 

Art. 12. — L’enseignement de la pharmacie est donné par les écoles supé¬ 
rieures de pharmacie établies au siège des facultés et par les écoles préparatoires, 
lesquelles poiteni le titre d’écoles préparatoires de médecine et de pharmacie. 

Les ecoles supérieures de pharmacie confèrent seules le diplôme de pharma¬ 
cien. Elles sont composées de professeurs et d’agrégés. 

L organisation des agrégés de pharmacie est celle des agrégés des facultés de 
médecine ; ils prennent rang immédiatement après ces derniers, et remplissent 
près les écoles supérieures, et, s’il y a lieu, près les écoles préparatoires, les mê¬ 
mes fonctions. 

Art. 13. — Nul n’est candidat aux fonctions de professeur titulaire d’une 
ecoie supérieure de pharmacie s’il n’est Français, âgé de trente ans, pourvu du 
diplôme de pharmacie et docteur ès-sciences physiques ou naturelles. 

Les professeurs tilulaires des écoles supérieures de pharmacie sont nommés 
par le ministre de l’instruction publique, sur des listes de candidats, présentées 
par 1 école supérieure de pharmacie où la chaire est vacante, par l’Académie 
royale des sciences, par l’Académie royale de médecine, et contenant les noms de 
deux candidats. Les mêmes noms peuvent être portés sur les différentes listes. 

Nul 11e peut être présenté s’il n’est agrégé ou compris soit dans les catégories 
déterminées en 1 art. 5, soit dans les catégories spéciales correspondantes. 

Les dispositions de l’art. 7 sur l’enseignement libre, s’appliquent à l’enseigne¬ 
ment de la pharmacie. 

Art. 14. — Lejury de concours pour l’agrégation se compose de professeurs 
des écoles supérieures et d’agrégés de pharmacie, de professeurs des facultés 
de médecine et des facultés des sciences. 

Nul n’est admis à concourir, s’il n’est Français,âgé de vingt-cinq ans et pourvu 
du diplôme de pharmacien et de celui de licencié ès-sciences physiques ou na¬ 
turelles. 

Art. 15. — La durée des études pharmaceutiques est de six années qui se 
composent : 

Soit de quatre années de stage officinal et de deux années de cours dans une 
école supérieure ; 

Soit de trois années de stage officinal et de trois années de cours, dont les 
deux dernières au moins doivent être suivies dans une école supérieure. 

Nul n’est admis à prendre ses inscriptions dans une école supérieure ou une 
école préparatoire, s’il n’est bachelier ès-lettres, sauf l’exception provisoire pré¬ 
vue au paragraphe 2 de l’art. 9. 

Le paragraphe dernier de l’article 9 sur les Français et les étrangers qui ont 
étudiéà l'étranger est applicable aux écoles de pharmacie. 

Art. 16. — Les aspirans au titre de pharmacien, qui devaient se présenter 
devant les jurys médicaux, s’ils justifient devant les écoles supérieures ou prépa¬ 
ratoires, dans le délai d’un mois, à dater de la promulgation de la présente loi, 
d’au moins une année de cours ou de stage officinal, pourront se présenter aux 
épreuves devant lesdites écoles, lorsqu’ils auront complété le temps d’étude ac¬ 
tuellement exigé. Des ajournemeus de trois mois, six mois, ou une année, au 
plus, pourront être prononcés. Les frais seront ceux de la réception devant les 
jurys médicaux. 

Les pharmaciens reçus antérieurement par les jurys médicaux seront admis à 
se présenter aux épreuves, devant les écoles supérieures sans autre justification, 
pour recevoir, s’il y a lieu, le diplôme de pharmacien. 

Les dispositions de l’article 10 s'appliquent aux pharmaciens des armées de 
t crre et de mer qui se présenteront devant les écoles supérieures pour obtenir 'e 
diplôme de>pharmacien. 

TITRE IV. — Des professions spéciales et de leurs conditions d’études. 

Art. 17. — La loi ne reconnaît de professions spéciales dans l’art de guérir 
que celle de dentiste et de sage-femme. 

Quiconque prendra un autre titre médical est tenu de justifier du diplôme de 
docteur en médecine. 

Art. 18. — A l’avenir, quiconque voudra exercer la profession de dentiste, 
devra être docteur en médecine, ou justifier d’un brevet spécial délivré après 
deux ans de cours et trois examens, par une faculté ou par une école prépara¬ 
toire. 

Quiconque exerce actuellement la profession de dentiste, sans être docteur ou 
officier de santé, devra se pourvoir, rians le délai d’un an à dater de la promul¬ 
gation de la présente loi. Les facultés pourront accorder un ajournement qui 
n’excédera pas une année. 


1. 19. — Les sages-femmes devront être pourvues d’un brevet spécial, dé- 
près deux ans ü’études théoriques et pratiques dans une école d’accouche- 


livré après 
tes at 

Art. 20- — Les orthopédistes et bandagistes non pourvus du doctoral, ne 
peuvent délivrer aucun appareil qui n’ait été spécialement et régulièrement or- 
3 - ' ir un médecin. 

_peuvent appliquer aucun appareil que sous les yeux d’un médecin et en 

vertu de ses 0 donnances. 

Ils lie peuvent tenir de maisons pour le redressement de la taille, qu’avec 
l’assistance et sous la responsabilité d’un médecin. 

TITRE. V. — De l’exercice de la médecine. 

Art. 21. — Nul ne peut exercer ta médecine, ni aucune des branches de la 
médecine, s’il n’est pourvu d’un diplôme de dorteur, d’une commission d’offi¬ 
cier de santé ou d’un brevet spécial, et s’il n’a fait enregistrer son litre au secré¬ 
tariat de l’académie et au greffe du tribunal civil de son domicile. Le brevet spé¬ 
cial de sage-femme est enregistré au secrétariat du comité supérieur d’instruc¬ 
tion primaire et au greffe du tribunal. 

Art. 22. — Le Français reçu docteur à l’élranger ne peut exercer en France 
lu’après avoir obtenu devant une des facultés du royaume le diplôme de docteur. 
J ne sera admis à subir les épreuves qu’en produisant un certificat de moralité, 
délivré par les autorités françaises et dûment légalisé. 

L’étranger reçu docteur devant les facultés françaises exerce librement dans 
le royaume. 

Pourra également exercer librement, après dépôt et enregistrement de sa dé¬ 
claration. le médecin étranger qui, pour de grands services rendus à la science, 
aura été admis conformément au sénatus-consulte du 19 février 1808, à jouir des 
droits de citoyen français. 

Dans tous les autres cas, l’étranger reçu docteur à l’élranger n’exerce qu’rn 
vertu d’une autorisation du roi, qui ne peut être accordée qu’après délibération 
du conseil royal de l’université. 

Ampliation de l’ordonnance du roi doit êire enregistrée, avant tout exercice, 
à la diligence de l’impétrant, conformément aux dispositions de l’art. 21. 

Art. 23. — Les officiers de santé, reçus conformément au titre III de la loi 
du 10 mars 1803 (19 ventôse an 11), ains'i que les médecins et chirurgiens régu¬ 
lièrement autorisés, continueront d’exercer dans les termes de leur commission, 
dûment enregistrée. Ils pourront, avec l’autorisation du ministre de l’instruction 
publique, transporter leur domicile dans un autre département. 

Art. 24. — L’exercice de la profession de médecin et de toutes les branches 
de la médecine est incompatible avec la profession de pharmacien. Toute asso¬ 
ciation publique ou secrète entre des pharmaciens et ceux qui exercent ces pro¬ 
fessions est interdite. 

Tout praticien domicilié dans une commune où il n’y a point de pharmacie à 
ne distance de six kilomètres, pourra tenir des médicamens pour le service de 
1 clientèle, sans officine ouverte, sous la condition de les avoir renfermés dans 














un lieu don 1 seul il aura la clé, el de les prendre dans une officine régulièrement 
«st-ihlie dont ils porteront l’étiquette, et de se soumettre aux lois et règlemens 
«,ir la pharmacie, la patente exceptée. 

Pourra également, tout praticien exerçant dans une commune où il n’y a point 
de pharmacien à une distance de six kilomètres, porter avec lui le petit nombre 
de mcdicamens de premiers secours qui seront désignés par un règlement déli¬ 
béré en conseil royal de l’université. 

Art. 25. — Le droit d’affiche et d’annonce appartient pleinement à la li¬ 
brairie médicale et à tous les ouvrages, revues, journaux qui la constituent. 
Des consultations, remèdes et traitemens ne sont pas matière d’affiche et d’an¬ 
nonce. 

Il est interdit à quiconque exerce la médecine, la pharmacie ou l’une des bran¬ 
ches de la médecine d’en faire usage.3 

Art. 26. —Tout médecin doit le concours de son art à la justice lorsqu’il est 
requis par le magislrat compétent, et qu’il n’a pas d’excuses valables. 

Ce devoir est commun aux pharmaciens et à quiconque exerce l’une des bran¬ 
ches de la médecine. 

Art. 27.— Sont incapables d’exercer la médecine, ni aucune des branches de 
la médecine : 

1° Ceux qui sont condamnés à des peines afflictives ou infamantes; 

2° Ceux qui sont condamnés à des peines correctionnelles pour crimes de 
faux, pour délit de vol ou d’escroquerie, pour crimes ou délits prévus par les art. 
316,317 (§S 1 et 3), 331, 345,349, 354, 355 du Code pénal, 41 de la loi du 22 
mars 1832 sur le recrutement; 

3° Ceux qui sont condamnés en vertu de l’art. 338 du Code pénal, s’ils don¬ 
naient leurs soinsà la femme dont ils seront reconnus les complices. 

Les cours d’assises courront déclarer incapables d’exercer la médecine 
cune des branches delà médecine, ceux qu’elles condamneront à des peines cor¬ 
rectionnelles pour des faits qualifiés crimes par la loi. 

Le même pouvoir est attribué aux tribunaux correctionnels en cas de con¬ 
damnation pour les délits prévus par les articles 317 (S 4), 330, 350, 353, 
400, 405, 408 du Code pénal, et 45 de la loi du 22 mars 1832 sur le recrute¬ 
ment. 

TITRE VI. — Des médecins communaux. 

Art. 28. — Sur la demande des conseils municipaux, et après délibération du 
conseil général, les préfets pourront établir, dans une commune ou dans plu¬ 
sieurs communes réunies, des médecins communaux qui seront chargés de visitei 
les indigens reconnus tels par le préfet, sur la proposition de l’autorité munici¬ 
pale, de porter secours aux malades atteints par les épidémies, de vacciner gra¬ 
tuitement, de faire toutes les opérations de médecine légale qui leur seraient 
confiées d’une façon permanente par la justice ou par l’administration, et de 
transmettre aux autorités compétentes les faits et documens intéressant la science 
et l’hygiène publiques. 

Le traitement des médecins communaux sera assigné, partie sur les revenus 
des bureaux de bienfaisance, et, dans les communes où ces bureaux ne sont 
pas établis, sur les revenus des communes, dans la proportion déterminée par le 
conseil général ; partie sur les centimes facultatifs du département. 

Art. 29. — Les médecins communaux seront nommés pour six ans par les 
préfets, sur une liste dressée par le conseil médical du département, après examen 
et classement des candidats. 

L'étendue de leur circonscription, le lieu de leur résidence et leur traitement 
seront fixés par les conseils généraux sur la proposition des préfets. 

TITRE VIL — Des conseils médicaux. 

Art. 30. — Les jurys médicaux sont supprimés. Des conseils médicaux, 
composés, en nombre conforme aux besoins du service, de deux tiers de mé¬ 
decins et d'un tiers de pharmaciens, nommés pour six ans et renouvelés par 
tiers, seront institués dans chaque département, et, s’il y a lieu, dans les arron- 
dissemens, par le ministre de l’instruction publique. 

Art. 31.— Les conseils médicaux, dans les départemens qui n’ont point 
d’écoles supérieures de pharmacie ou d’écoles préparatoires, remplissent, par 
ceux de leurs membres que l’administration désigne, à défaut de délégués 
spéciaux du ministre, les fonctions attribuées aux jurys médicaux pour la visite 
des officines de pharmacie. 

Les conseils vérifient l’acte de dépôt prescrit par l’article 21. Ils dressent la 
liste des prauciens ainsi vérifiés et l’adressent, pour la publication aux autorités 
competentes, lis informent l’autorité administrative et judiciaire des faits d’ 
fraction aux dispositions de la présente loi qui leur sont signalés. 

Ils surveillent l’exécution des règlemens relatifs au stage des élèves dans les 
officines, ou, s’il y a lieu, dans les hôpitaux. Les jurys spéciaux pour la réce 
tion des sages-femmes sont pris dans leur sein. 

Ils exécutent les mesures de police médicale prescrites par l’autorité ail 
que les opérations de médecine légale qui leur sont confiées par la justice. 

Ils réunissent les documens relatifs à l’hygiène et à la statistique médicale du 
département et exécutent les missions scientifiques ou médicales qui leur sont 
données par l’administration. 

Ils sont autorisés à délibérer, après l’expiration ou la remise des autres pei¬ 
nes, pour poursuivre, s’il y a lieu, par la voie régulière, la remise de la peine 
“^capacité prononcée dans les cas prévus aux trois derniers paragraphes de 

TITRE VIII. 

Art. 32.— Seront punis : 
lo De six mois à deux ans d’emprisonnement ceux qui feront profession d’exer¬ 
cer la médecine ou l’une de ses branches, soit en prenant indûment le titre de 
docteur en médecine ou i un des litres reconnus parla présente loi, soit en pre¬ 
nant tout autre titre medical non reconnu par la loi ; 

. 2° D’un emprisonnement de quinze jours à un an, ceux qui feront acte d’exer¬ 
cice de la medecine sans être pourvus d’un diplôme de docteur ou d’un brevet 
spécial conformement à la présente loi ; 

3° D’un emprisonnement de trois mois à un an, ceux qui se trouvant dans 
1 un des cas d incapacité prevus par l’article 27, exerceront la médecine ou l’une 
des branches de la médecine ; 

4° D une amende de 300 francs à 3,000 francs, et d’un emprisonnement d’un 
mois a six mois, ceux qui exercent simultanément la médecine ou une de ses 
branches et la pharmacie, contrairement aux dispositions de l’art. 24 ; 

5» D une amende de 50 fr. à 500 fr. ceux qui exerceront la médecine ou l’une 
de ses branches sans avoir fait enregistrer leur titre conformément à l’art. 21. 
ou qui ouvriront des cours particuliers sur les sciences médicales sans avoir rem- 
?nit f for ™ a ' it , és Prescrites par l’art. 8, ou qui contreviendront, 

son a t art. 25 sur la prohibition des affiches et annonces, soit à l’art 26 sur les 
devoirs envers l’autorité publique ; 

' (lcn^roende de 50 fr. à 200 fr les bandagistes qui contreviendront au 
“m e par3 n raphe de 1 art. 20 ; el d’un emprisonnement de 6 jours à 3 mois, 
les orthopédistes qui contreviendront au dernier paragraphe du même article. 
,lMr m ?a;.il e „ S0 , nt pas co ! lsidér « s comme constituant le délit d’exercice illégal 
un J c' i° nSel S et soms donnds ? ux malades gratuitement et dans 

a wn ? Ils "® P as accompagnés de prescriptions, de traitemens ou 

d opérations qui exigent des connaissances médicales. 

fc 3 fi,T E “, cas de ré ® idiv ®> les peines pourront être portées au double. 

JLx ' dlV v lor8 1 ue > dans les cinq années antérieures, le prévenu a été 
condamné pour 1 un des délits prévus par la présente loi. F 

n Aü,, Ca L de i C r Vlel ' on , d ® P 1 . 118 '® 111 : 5 dd üts prévus par la présente loi, les peines 

ne pourront être cumulées, si ce n pci S raîcnn , 1..pain. »I „ „„„ ,1X1;.,» —:- 

postérieurs au . __ I_ j 

sonnement puisse jamais dépasser cinq ans. 

L'article 463 du Code pénal pourra être appliqué aux délits prévus par la pré- 
^®?Dsans que toutefois 1 exercice illégal de la médecine puisse être puni de 
peines inférieures aux peines correctionnelles. F 

TITRE IX. — Dispositions générales. 

minûT; Des ordonnances du roi, rendues dans la forme des règlemens d’ad- 

miuistralion publique, statueront sur tout ce qui concerne : 6 

les coVr^pamcuiilrs^ 1 "' 11 * 51 ” 1 * 0115 d6S hôpilaux avec l’enseignement public et 

les L éenf«c!!^ inscript i ons i ® xam ® ns et diplômes dans les facultés de médecine, 
nl?Jîti Péri . eu ^: s . d ® Pharmacie et les écoles préparatoires, 
ce qui concerne • SdéllbéreSenC ° nSeilr0yal de rüniversit ®> statueront sur tout 
faenHéf'? s con ® ours . les conditions et la durée des études dans les 
cie ainri ^,» 1 it é a COl x S Préparatoires et dans les écoles supérieures de pharma- 
dans les hôpitaux dUrée d6S intemats obligatoires des étudians en médecine 

iw.dHnnfa.7 , La J oi du 10 mars 1803 (19 ventôse an XI), ainsi que les dis- 
contrairesl?h , a ? ril de , la “ êm « anné ® t 21 germinal an XI), qui seraient 

contraire 5 à la présen te loi, sont et demeurent abrogées. 

Fait au palais des Tuileries, le 3 janvier 1848. 

LOUIS-PHILIPPE. 

Par le Roi : 

le ministre secrétaire d’Etat au département de l’instruction 
publique, grand-maitre de l’université de France, 

Salvandy. 


- Dispositions pénales. 


-e de poursuite, sans que, par suite du cumul, l’empri- 
lennsspr r.ina ont; 


M 

PHARMACIE, MATIÈRE MÉDICALE ET REVEE 
THÉRAPEUTIQUE. 


DE LA VENTE Dü CHLOROFORME; — DN MOT SÜR L’ORDONNANCE 
ROYALE CONCERNANT LA VENTE DES POISONS. 

Il est maintenant démontré par l’expérimentation que le 
chloroforme restera dans la matière médicale. L’étude physio¬ 
logique du chloroforme est loin d’être complète, on peut 
même dire qu’elle est à peine commencée. Blais ce n’est point 
une question de cette nature que nous venons débattre aujour¬ 
d’hui. C’en est une autre moins relevée, plus terre à terre 
peut-être, mais qui n’a pas moins besoin d’être résolue; 

Il y a quelques jours, M. Dumas appelait l’attention de l’Aca¬ 
démie des sciences sur la vente du chloroforme* L’illustre aca¬ 
démicien, considérant les dangers qui pouvaient résulter pour 
la santé publique de la vente libre de ce produit, émettait le 
vœu que l’autorité prît des mesures restrictives. Un autre aca¬ 
démicien, BI. Bousingault, fit observer à ce propos que le 
conseil de salubrité était saisi de la question. 

Nous avons appris depuis que le conseil de salubrité avait 
ouvert la discussion sur ce sujet, mais n’avait encore rien ré¬ 
solu. Le moment est donc on ne peut plus opportun pour dis¬ 
cuter la mesure qui s’élabore, démoütrer, s’il se peut, la véri¬ 
table position des choses, et défendre à la fois les intérêts de la 
sécurité publique, de la médecine et de la pharmacie. On sait, 
en effet, combien il est difficile de faire revenir l’autorité sur 
une décision, fût-elle des plus mauvaise, témoin la fameuse or¬ 
donnance du 29 octobre, pour la vente des poisons, sur la¬ 
quelle nous reviendrons dans un instant. Ce serait, selon nous, 
un acte de haute sagesse, une garantie puissante pour ses ar¬ 
rêtés, que l’autorité, avant de les prendre à huis-clos, provo¬ 
quât le plus possible les avis du dehors. 

Le chloroforme doit-il être considéré comme n’offrant aucun 
danger pour la santé ou la morale publique, et, par consé¬ 
quent, comme uu produit dont la vente doit être libre? ou 
doit-il être considéré comme présentant les conditions con¬ 
traires? 

Le chloroforme offre des dangers pour la santé et la morale 
publiques, cela ne fait aucun doute; par conséquent la vente 
n’en doit pas être libre. Une autre manière de voir de la part 
de l’autorité sur ce dernier point aurait pour conséquence 
forcée que l’emploi du produit en question doit être également 
libre. Admettons pour uu moment que la vente et l’emploi du 
chloroforme soient libres, voici les dangers que nous y verrions. 
Chacun pouvant se procurer et faire usage de cet énergique 
agent, la simple curiosité dans un cas, le goût que des per¬ 
sonnes pourraient prendre à se plonger dans cette ébriété par¬ 
ticulière que procure le chloroforme dans un autre, pourraient 
avoir fréquemment des résultats funestes. En effet, tout d’abord 
on a eu le soupçon que le chloroforme, en raison même de la 
plus grande rapidité de son action, offrait des dangers plus 
grands que l’éther, qui en possède cependant de bien réels ; 
les expériences tentées changent pour la plupart ces soupçons 
en certitude. On objectera peut-être qu’aucun accident fatal 
sur le genre humain n’est encore venu attrister les expérimen¬ 
tateurs. A quoi cela tient-il? A ce que, jusqu’à présent, les 
expérimentations ont été faites par des hommes compé- 
tens. Blais si l’on prétexte de l’absence des cas fâcheux sur 
l’homme, nous prédisons qu’on en aura malheureusement. 
C’est donc pour en diminuer les chances, dût notre prophétie 
par cela même ne pas s’accomplir, ce que nous ne désirons 
rien tant; c’est donc pour en diminuer les chances, disons- 
nous, que nous demandons qu’on prenne des mesures res¬ 
trictives. 

Si la simple curiosité, le simple plaisir des sens pourront 
être mis en jeu par suite de la vente et de l’usage libre du chlo¬ 
roforme, des intentions immorales ou criminelles pourront 
l’être aussi. On voit tout de suite la facilité offerte aux malin¬ 
tentionnés pour faire des dupes ou des victimes. 

Blais, dira-t-on encore, il est impossible que la vente du chlo¬ 
roforme ne soit pas libre, puisque certaines propriétés du 
chloroforme font entrevoir que ce produit sera tôt ou tard uti¬ 
lisé dans les arts. A cela nous répondrons que lorsqu’on en sera 
à ce point, rien n’empêche l’autorité de prendre telle mesure 
qu’il sera nécessaire pour que le chloroforme ne soit pas dé¬ 
tourné de sa destination réelle. 

L’autorité ne peut donc admettre en principe que le chloro- 
foeme est un produit purement commercial et qui échappe à 
tout règlement restrictif, sans prendre sur elle la plus grave 
responsabilité quelle puisse prendre : la vie des hommes. 

Il faut donc admettre que des règlemens seront pris pour le 
débit du chloroforme. Mais ici se présente une difficulté. Quels 
seront ces règlemens au point de vue médico-pharmaceutique? 
Le chloroforme sera-t-il considéré comme médicament actif ou 
comme poison? 

Le chloroforme est une substance dangereuse, nous venons 
de le dire, par l’abus que l’on peut faire de ses propriétés stu¬ 
péfiantes mais il n’est pas un poison sous un certain point de 
vue. Ce n’est pas un poison, disons-nous, parce que les subs¬ 
tances qui méritent réellement ce nom au point de vue social 
stfnt celles qui peuvent être prises par la personne sur laquelle 
on veut commettre un attentat sans qu’elle s’en doute. Or, le 
chloroforme a une odeur et une saveur qui ne permettent pas 
qu’il soit pris subrepticement. On peut, il est vrai, forcer d’une 
manière quelconque à le prendre. Soit; mais est-ce avec l’as¬ 
sentiment de leurs victimes que les meurtriers les étranglent ou 
les percent de coups? Et soumet-on pour cela le cordier et le 
coutelier à un régime préventif? Assurément cela ne se pour¬ 
rait pas. 

Nous ne voulons cependant pas mettre de pair des instru- 
mens de l’ordre de ceux que nous venons de mettre en jeu, et 
qui sont avant tout des instrumens d’utilité générale, avec des 
agens tels que le chloroforme. Ce serait détruire l’économie 
de ce que nous avons dit plus haut. Le chloroforme, hors les 
quelques applications industrielles qu’il pourra recevoir, ne 
peut être employé dans le public qu’abusivement, il est donc de 


toute nécessité de soumettre son débita un régime préventif 
convenable, mais non exagéré. 

La thèse que nous soutenons ici relativement à la manière 
d’envisager la vente du chloroforme a déjà été soutenue, mais 
d’une manière générale, par BI. Dorvault, dans ses réflexions 
sur la vente des poisons, insérées dans son ouvrage, et par 
BI. Dubail, dans son remarquable travail sur la dernière ordon¬ 
nance concernant les poisons. Le poison, au point de vue de 
l’opinion et de la sécurité publiques, selon ces auteurs, se 
trouve défini : Une substance qui peut donner la mort en per¬ 
mettant au criminel de voiler son attentat et d’échapper à la vin¬ 
dicte des lois ; l’empoisonnement est un attentat qui peut trop 
souvent échapper à la répression. Un empoisonnement qui 
n’offre pas ces chances au criminel n’est plus, pour ainsi dire, 
qu’un attentat à main armée, une sorte de défi audacieux jeté à 
la foi, comme le meurtre par le couteau ou le poignard. La foi 
peut réprimer et punir les attentats; mais non les prévenir. 

Par ce qui précède, on voit déjà nos tendances. En effet, il 
nous semble qu’en considérant le chloroforme comme médica¬ 
ment actif, dont la vente ne pourrait se faire que par le phar¬ 
macien et que sur prescription de médecin, ce serait une res¬ 
triction suffisante pour là sécurité publique ; tandis que le consfo 
dérer comme poison et exiger que les pharmaciens et les mé¬ 
decins se soumettent aux règlemens qui régissent la vente des 
substances de cette catégorie, tels que l’entend la dernière or¬ 
donnance royale, ce serait trop, ce serait entravera plaisir la 
dispensation des remèdes sur garanties suffisantes, ce serait, en 
un mot, vouloir qu’il en fût comme de l’ordonnance royale 
elle-même, c’est-à-dire que l’arrêté ne fût pas exécuté. La 
mise au rang des poisons du chloroforme aurait en outre un 
sérieux inconvénient à nos yeux, ce serait de le mettre en 
suspicion auprès des malades, suspicion par suite de laquelle 
les médecins et les chirurgiens éprouveraient la plus grande 
difficulté à s’en servir dans les cas même où son emploi serait 
le mieux indiqué. On doit y réfléchir. 

Blais voyons à quelles conséquences sa classification parmi 
les poisons entraînerait. Il faudrait considérer comme tels 
l’éther sulfurique, tous les autres éthers et toutes les substances 
dont on ne saurait prévoir le nombre, dans lesquelles on vien¬ 
drait à découvrir la propriété stupéfiante à un degré plus ou 
moins prononcé. Toutes les personnes qui, comme nous, con¬ 
naissent les difficultés de la pratique, disent que cela n’est pas 
possible. 

En résumé nous demandons : 

1» Que le chloroforme soit considéré comme médicament actif 
et non comme poison ; 

2» Que la vente n’en soit permise qu’aux pharmaciens sur 
ordonnance de médecin ; 

3» Que si les arts venaient à utiliser ce produit, l’autorité 
prenne des mesures appropriées à ces besoins. 

Nous ne terminerons pas cet article sans rappeler à M. le 
ministre du commerce que, par suite des nombreuses et vives 
réclamations qui lui en ont été faites, il avait promis de faire 
réviser l’ordonnance concernant la vente des poisons. Les 
choses sont toujours dans le statu quo ; l’ordonnance n’est pas 
exécutée parce qu’elle n’est pas exécutable. Blais il n’en est pas 
moins à craindre que, l’occasion s’en présentant, on ne se ser¬ 
vît de cet état de choses comme d’une lame à deux tranchans. 
Nous demandons avec instance que l’on en sorte, en donnant 
un réglement qui concilie à la fois les intérêts de la sécurité 
publique et de la pharmacie. Le système que nous venons de 
soutenir au sujet du chloroforme, et qui est celui auquel se 
rangent à peu près tous les hommes pratiques, résoudrait par¬ 
faitement la question. 


ACADÉMIES, SOCIÉTÉS SAVANTES ET ASSOCIATIONS. 


ACADÉMIE DE MÉDECINE. 

Séance du 4 Janvier. — Présidence de M. Royer-Coilard. 

Correspondance. — La correspondance comprend : 

Une lettre de M. le ministre de l’agriculture et du commerce, trans¬ 
mettant le rapport du médecin des épidémies de Sarreguemines, au sujet 
d’une épidémie de fièvre typhoïde dont la commune de Lixing (Moselle) 
a été affectée pendant les mois de mai, juin, juillet, août et “septembre 
derniers. 

Un mémoire de M. Brailly (de New-York) sur un nouvel instrument 
auquel il donne le nom de baigneur et irrigateur uléro-vaginal. 

M. Royer-Collard remercie l’Académie de l’honneur qu’elle lui a fait 
en l’élevant à la présidence. Il fera tous ses efforts pour que ses forces 
répondent à son courage. Il invite l’Académie à se préoccuper de l’inva¬ 
sion probable du choléra en France et à prendre l’initiative de toutes les 
mesures d’hygiène à recommander au pouvoir. 

Ii propose que des remercîniens soientvotés à M, Bégin, président sor¬ 
tant, et des regrets adressés à M. Bouillaod, qui n’a pas voulu accepter 
la présidence. 

Il annonce la nouvelle perte que vient de faire l’Académie par la mort 
de M. Jourdan. 

Rapports. — M. Collineau donne lecture en son nom et au nom de 
de M. Ferrus, d’un rapport sur uu mémoire de M. Joret, médecin de la 
Maison centrale de force et de correction de Vannes, intitulé : Delà folie 
dans te régime pénitentiaire, depuis l’exécution de l’ordonnance mi¬ 
nistérielle du 10 mai 1839, qui prescrit le silence absolu de jour et de 
nuit. 

La maison centrale de Vannes est très bien située et très salubre; elle 
renferme, tenue moyen, .318 détenues couchant dans 9 dortoirs, man¬ 
geant ensemble dans un seul réfectoire et réunies dans un seul atelier où 
elles sont occupées à la couture, au tricot, à la filature el à l’écharpillage 
de vieilles cordes; genre de travaux qui n’exercent beaucoup ni le corps 
ni l’esprit. La nourriture y est saine, suffisante et convenablement variée. 
Les détenues, bien que vivant en commun, doivent observer le silence 
le pins absolu, dans tous les exercices et à toutes les heures du jour et 
de la nuit. C’est donc la règle d’Auburn, sauf 1 ’encellulement. La disci¬ 
pline est la même, tes punitions sont les mêmes, sauf les coups de fouet 
et de bâton qui ne sont plus dans nos mœurs. Elles n’ont par jour que 
deux récréations d’une demi-heure chaque, et ces récréations consistent 
à se promener silencieusement et au pas Tune derrière l’autre. Aussi il 
y a là deux choses à signaler ; 1° la privation forcée ou incessamment punie 
















n 


de l’usage de la parole et de la communication de la pensée dans la vie 
en commun ; 2° le défaut d’un exercice suffisant. 

Depuis la création de la maison centrale de Vannes, du 20 juin 1842 
au 20 juin 1845, 872 condamnées ont été reçues, 414 ont été libérées, 19 
eut été graciées, 25 ont été évacuées sur différents hospices pour cause 
d 'aliénation mentale, 8 ont été évacuées sur d’autres prisons, 81 sont 
décédées. Ainsi plus de 80 décès, et près de 8 aliénations mentales par 
an sur une population de 300 et quelques détenues adultes. 

Après avoir passé en revue les causes qui lui paraissent prédisposer à 
la folie, et qui sont pour lui la mauvaise éducation, les mauvais exem¬ 
ples, une vie de désordre et les troubles intellectuels qui dérivent de ces 
conditions morales, et aussi l’hérédité, M. Joret signale comme causes dé¬ 
terminantes: 1° le silence absolu dans la vie en commun ; 2° le chagrin 
augmenté par la règle du silence forcé; 3° le défaut d’exercice. M. Joret 
rapporte trente observations d’aliénation mentale classées suivant les trois 
espèces de causes déterminantes. La première division, qui se rapporte 
aux aliénations mentales suite du silence absolu, contient six observa¬ 
tions de délire maniaque et huit de monomanie; la deuxième division, ou 
celle par violent chagrin, joint à la règle du silence absolu, renferme 
deux observations de délire maniaque, une de manie et sept de monoma • 
nie; enfin la troisième division, ou aliénation par défaut d’exerclc.e, 
présente un cas de manie aiguë et six cas de monomanie ; sur ce nombre, 
il y a eu seulement huit guérisons. De ces observations, M. Joret se croit 
autorisé (et le rapporteur partage son opinion) à conclure que le régime 
pénitentiaire actuellement suivi dans la prison de Vannes, rend fou. En¬ 
fin M. Joret arrive, par de nombreuses recherches statistiques à ce ré¬ 
sultat que le système cellulaire, bien différent de celui d’Auburn, est 
loin de donner lieu au plus grand nombre des cas de folie. 

En résumé, le rapporteur, sans seprononcer entre les deux systèmes, et 
tout en faisant remarquer que le système suivi dans la prison de Vannes 
ne doit se rapporter qu’à cette localité, et non entièrement à la règle 
d’Auburn, qui n’a jamais reçu en France une application générale et com¬ 
plète, pense que le moment n’est pas encore venu de prononcer entre ces 
systèmes rivaux. 

Conclusions : renvoi du travail de M. Joret au comité de publication ; 
remercîmens à l’auteur, et placer son nom, avec distinction, sur la liste 
des futurs correspondans. 

M. Naçquart trouve une des conclusions trop absolues ; la détention 
cellulaire rend fou, dit-elle ; ce qu’il a vu dans les pénitenciers de Londres 
et de Remiremont ne lui permet pas d’adopter cette conclusion. 

M. Collineau répond que celte conclusion n’est pas de lui, mais bien 
de l’auteur du mémoire. Il fait remarquer qu’il s’agit de femmes détenues, 
et qu’il est bien cruel d’imposer le silence absolu à des femmes. (On rit.) 

M. Ferrus donne quelques explications sur le régime adopté en France 
dans les maisons centrales de détention. C’est la règle d’Aubrun, c’est-à- 
dire letravail en commun le jour et en silence, et l’encellulement la nuit. 
Mais l’encombrement ne permet pas cet encellulement de nuit; les déte¬ 
nus sont couchés dans des dortoirs, les lits ne sont pas suffisamment espa¬ 
cés, les détenus ne résistent pas à la tentation de communiquer entre eux, 
et de là des punitions sévères, le cachot, les privations d’alimens; de là 
aussi des maladies, la folie, la mort. L^s maisons visitées par M. Naçquart 
ne sont pas soumises au même régime, il est beaucoup moins sévère. 

M. Rochoux : La détention pénitentiaire porte-t-elle à la folie ? Gui. 
Aux Etats-Unis on a été obligé d’y renoncer. Les partisans de ce sys¬ 
tème font croire qu’ils ne sont pas pitoyables. L’encellulement dispose à 
l’exaltation. Les solitaires, les ermites devenaient fous. 

M. Londe rappelle que l’Académie a été déjà compromise sur cette 
question par un rapport dont les conclusions furent adoptées par une 
douzaine de membres. Il s’élève avec force contre l’emprisonnement cel¬ 
lulaire, qui lui paraît inique, odieux et contre nature. Il n’y a que les ins¬ 
pecteurs des prisons, payés pour cela, qui soient partisans de ce système. 

M. Naçquart répond à M. Rochoux que les ermites et les solitaires 
étaient fous avant d’aller au désert. D’ailleurs quelques accidens particu¬ 
liers ne doivent pas faire repousser une mesure généralement utile. 

M. Baillarger pense que la question pénitentiaire est trop grave 
pour être ainsi discutée à l’improviste, les conclusions du rapport de 
M. Collineau pourraient être imprimées et distribuées aux membres de 
l’Académie et la discussion renvoyée à une autre séance. La fréquence 
de la folie dans les pénitentiers ne lui paraît pas être une objection aussi 
graveque beaucoup de personnes semblent le croire. Depuis qu’on exa¬ 
mine avec plus de soin les prisonniers et leur entrée dans les pénitentiers 
on reconnaît qu’un grand nombre de ceux dont on attribuait la folie à 
l’emprisonnement cellulaire, avaient déjà été aliénés avant leur entrée ou 
même offraient encore des signes d’aliénation mentale au moment de leur 
admission. Le travail de M. Lelut a démontré que la folie est beaucoup 
plus fréquente dans les prisons que dans la population libre. Il y a en effet 
chez les prisonniers des causes trè^nombreuses et toutes spéciales de folie. 
11 suffit d’indiquer la misère, l’exaltation des passions et une mauvaise 
organisation intellectuelle et morale. 11 croit d’ailleurs, comme M. Nac- 
quart, que quand bien même il serait démontré que la folie est un peu plus 
fréquente dans les pénitentiers ce ne serait pas un motif suffisant pour re¬ 
noncer à l’emprisonnement cellulaire, qui offre sous d’autres rapports de 
de très grands avantages. La mortalité a toujours été plus forte dans les 
maisons centrales et dans les bagnes que dans la population libre, et ce¬ 
pendant personne ne songe à présenter ce fait comme une objection contre 
l’emprisonnement. 

M. le Président croit que la question s’égare en devenant trop gé¬ 
nérale, et il prie l’Académia de s’occuper seulement de la question spé¬ 
ciale au rapport. 

M. Dubois (d’Amiens) propose que l’Académie vote les conclusions du 
rapport et consacre une séance particulière à la question générale. 

M. Rochoux : C’est au point de vue de l’intérêt général que M. Nac- 
quart apprécie le système cellulaire ; eh bien ! il a été prouvé que les ré¬ 
cidives sont aussi fréquentes dans ce système que dans les autres. 

M. Ferrus fait remarquer que l’on rencontre quelquefois dans des 
maisons centrales de véritables idiots dont les tribunaux n’ont pas appré¬ 
cié l’état mental. A Lyon il a trouvé un crétin. 

Les conclusions du rapport sont adoptées. 

Lectures. — M. Mège, correspondant de l’Académie, donne lecture 
d’un mémoire sur le rétablissement de la place d’inspecteur général 
des eaux minérales. Dans ce mémoire, l’auteur se propose d’appeler 
l’attention de l’Académie sur l’organisation incomplète des commissions 
des eaux minérales et de l’administration de ces eaux en général. Les at¬ 
tributions de cet inspecteur seraient de prendre connaissance de chaque 
établissement etde toutee qu’on y fait pour les malades et pour la science; 
de recueillir les observations météorologiques et rédiger la topographie 
médicale des localités ; de prendre ou faire prendre tous les renseigne- 
mens qu’il jugera convenables sur les malades, sur les effets des eaux, etc.; 
de vérifier la tenue des registres, dresser l’état du mouvement de l’année, 
recueillir les docuinens authentiques propres à constater les propriétés 
physiques, chimiques et médicales des eaux; enfin, de se livrer à toutes 
les recherches et à toutes les études capables d’éclairer sur tout ce qui 
concerne l’administration des eaux minérales, et d’en transmettre tous les 
ans le résultat à l’Académie. 


M. Jobert (de Lamballe) présente une femme opérée et guérie par sa 
méthode d’une large fistule vésico-vaginale. 

La séance est levée à cinq heures. 


MOUVEMENT DE LA PRESSE MÉDICALE, ANALYSE 
DES JOURNAUX. 


JOURNAUX DE PARIS. 

ffiaaseite Médicale de Paris. — N° du 1 er Janvier 1848. 

La grippe. — L’épidémie de grippe est à peu près terminée ( voir 
I’Union Médicale du 9 et du 18 décembre 1847). L’article de la Gazette 
est une argumentation contre notre dernier article surla grippe, argumen¬ 
tation tendant à démontrer uniquement que nous avons eu tort de dire 
que l’épidémie de grippe de 1847 n’est pas identique à celle de 1837. 

Note sur les affections vénériennes de l’œil, et sur me forme insi¬ 
dieuse de l’ophthalmie syphilitique; par Ch. Deval, d.-m. p.— La ma¬ 
ladie vénérienne est susceptible de produire dans l’appareil de la vision 
des phénomènes morbides nombreux et dignes de fixer l’attention des 
hommes de l’art, ophthalmies, amauroses, paralysies partielles ou totales 
de la troisième paire ou d’autres branches nerveuses, etc. En général, 
ces affections, quelque graves qu’elles soient, se guérissent assez facile¬ 
ment quand leur origine véritable a été bien constatée. M. Deval en cite 
plusieurs exemples frappans. 

Les deux formes principales d’ophthalmie dont il est fait mention dans 
les ouvrages sypbilographes, sont Pophthalmie gonorrhéique et l’iritis sy¬ 
philitique. La”première est généralement assez bien connue, mais il n’en 
est pas de même de la seconde, dont l’histoire laisse beaucoup à désirer. 
C’est celte dernière qui est l’objet principal du mémoire que nous ana¬ 
lysons. 

Nous croyons être utiles à nos lecteurs en empruniant à l’auteur du 
mémoire une partie importante de sa description de l’iritis syphilitique : 
« Dans l’iritis syphilitique, forme bien moins formidable que la précédente 
(Pophthalmie gonorrhéique), .car elle nouslaisse le temps de lacombattre, 
la perte de la vision est presque constamment occasionnée par le dépôt 
de produits fihro-albumineux dans la pupille et sur la cristalloïde anté¬ 
rieure. L’iris subit un trouble dans sa structure et dans sa couleur. Des 
vascularités viennent souvent en sillonner la surface. Des déchirures se 
forment parfois dans ce diaphragme par la tension qu’éprouve son pa¬ 
renchyme. Il arrive parfois aussi que le tissu de l’iris, aminci ou détruit 
dans un ou plusieurs points, laisse passer l’üvée, poussée en avant par 
l’humeur aqueuse de la chambre postérieure, et se présentant alors sous 
l’aspect de plaques noires ou noirâtres plus ou moins saillantes (staphylô- 
mes de l’uvée). Dans que'ques circonstances encore, et ce sont les plus 
rares, l’inflammation gagne tout l’organe (ophthalmite, phlegmon oculaire), 
devient purulente et aboutit à la phthisie du globe. Cette forme, d’ailleurs, 
qui se manifeste quatre ou cinq aimées quelquefois après l’infection, ap¬ 
partient, dans lagénéralité des cas, avec leséruptions cutanées et les ulcé¬ 
rations de la gorge, à la seconde période, celle des accidens secondaires 
de la syphilis. Il est presque exceptionnel qu’elle apparaisse comme phé¬ 
nomène primitif de cette dernière. Assez fréquemment, l’iritis syphiliti¬ 
que ne présente pas d’autres symptômes que ceux que l’on observe dans 
l’iritis produite par d’autres influences : Altération de la coloration de l’i¬ 
ris, qui devient verdâtre, quand l’iris est bleu; contraction, déformation 
de la pupille; déposition de matières fibro-albumineuses, d’un réseau 
lymphatique plus ou moins dense dans le champ pupillaire, zone radiée 
péricornéenne, constituée par des vaisseaux fins et parallèles entre eux. 
caractère de l’ophthalmie rhumatismale des Allemands ; ou bien, ce qui a 
lieu beaucoup plus souvent, anneau bleu, large d’une demi-ligne environ, 
qui encadre le limbe kératique, signe de l’ophthalmie arthritique des mê¬ 
mes auteurs; ou bien encore, ces deux cercles réunis, savoir, le cercle 
bleu côtoyant la circonférence de la cornée, et la zône radiée en dehors 
du cercle bleu (forme rhumatismo-artbritique) ; injection plus ou moins 
prononcée de la conjonctive oculo-palpébrale ; larmoiement et photopho¬ 
bie ; douleurs qui, irridiant au front et à la tempe du côté du bulbe affecté, 
parfois jusque dans les mâchoires, se calment le jour et sont d’une vio¬ 
lence extrême de la brune à minuit, souvent jusqu’au matin. Dans d’au¬ 
tres circonstances, le parenchyme iridium revêt, dans son petit cercle 
surtout, une teinte rouillée ou d’un rouge cuivré, ayant quelque chose 
d’analogue à celle des syphilides ; des excroissances d’un jaune orangé et 
que nous avons vues parsemées de vaisseaux variqueux, envahissent la 
membrane, et la pupille se déforme obliquement, c’est-à-dire de bas 
en haut et de dehors en dedans, sa portion supérieure interne contractant 
une configuration plus ou moins anguleuse, et devenant quelquefois 
moins distante de la partie correspondante du ligament ciliaire que ne 
l’est le reste de la marge pupillaire. « 

L’iritis syphilitique n’est pas toujours aussi nettement caractérisée. 11 
est une autre forme lente et insidieuse dont notre confrère cite plusieurs 
exemples. Ainsi, un malade s’est présenté à lui dans les conditions sui¬ 
vantes : «....La vue du globe gauche était trouble; les objets lui parais¬ 
saient couverts d’une sorte de fumée, d’un voile blanchâtre ; il était un 
peu sensible à l’éclat des rayons lumineux; la pupille, faiblement con¬ 
tractée, était déformée du côté de la tempe par une petite bride (syné¬ 
chie postérieure partielle). Quoique l’iris fût doué de sa couleur physio¬ 
logique, que ce diaphragme fût susceptible de mobilité, celle-ci toutefois 
plus bornée qu’à l’autre œil ; que la pupille offrît son éclat naturel, et 
qu’il y eût absence presque complète de douleur, je pensai, dit l’auteur, 
à cause de l’adhérence et de la perversion de la vue, à une souffrance peu 
avancée du côté de l’iris, avec propagation de l’inflammation à la cristal¬ 
loïde antérieure (irido-périphakite), ce feuillet étant assez terne pour con¬ 
trarier le jeu de la vision, mais ne l’étant pas assez pour que sa nébulosité 
pût être accessible à l’observation.» Un autre malade a présenté des phé¬ 
nomènes un peu différens: «_L’œil droit offrait, autour de la cornée, 

le cercle arthritique de Beer. Ce cercle était peu prononcé à gauche. A 
une lumière vive, les pupilles étaient contractées et assez régulières ; 
mais si l’on plaçait le malade à un demi-jour, elles se dilataient et mon¬ 
traient au globe'droit une petite bride fibro-lymphatique qui soudait la 
marge pupillaire de l’iris à la capsule antérieure, en haut seulement, d’où 
deux angles rentrans, l’un du côté du nez, l’autre du côté de la tempe ; 
tandis qu’à l’oeil gauche une adhérence semblable existait en dedans et en 
bas. Les prunelles semblaient nettes ; toutefois, la vue était confuse, à 
droite surtout; il y avait un peu d’appréhension de la lumière; quelques 
élancemens se manifestaient de temps à autre dans le front et les tem¬ 
pes; le sommeil était paisible. Ici encore, et malgré l’absence de quel¬ 
ques-uns des symptômes les plus communs de l’iritis, je diagnostiquai, dit 
l’auteur, un travail phlegmasique, sourd et insidieux, vers l’iris. » 

Comme on le voit, pour diagnostiquer une iritis syphilitique, il ne faut 
pas attendre qu’on observe tout le cortège des symptômes énumérés dans 
la plupart des auteurs modernes. Bien qu’il y ait absence absolue ou pres¬ 
que absolue de souffrance, bien que l’iris ait sa coloration physiologique 
et la prunelle sa netteté naturelle, en apparence au moins, un cercle bleu 
en dehors de la circonférence de la cornée, du resserrement dans la pu¬ 
pille, une faible bride, qui manque parfois encore à la marge pupillaire, 
du brouillard dans la vue, un peu de photophobie, la résistance du mal 
aux agents non spécifiques employés pour le combattre, suffisent, avec les 
données commémoratives, pour fixer la nature et le siège de la lésion. 

Le traitement de l’iritis syphilitique présente deux indications : combat¬ 
tre l’inflammation locale et détruire l’élément syphilitique. 

Il faut mettre en première ligne les précautions hygiéniques. Une des 
plus importantes, consiste à ne pas se refroidir. —Les saignées générales 
et locales doivent être pratiquées largement ; la timidité à cet égard ne 
peut qu’être funeste. La résolution de l’inflammation est la seule voie qui 
conduise au salut de l’organe.—U faut toujours placer les exutoires loin 
de l’œil malade. —Les solutions astringentes, alun, acétate de plomb, sul¬ 
fate de zinc, pierre divine, nitrate d’argent, sont formellement contre-in¬ 
diquées dans l’iritis, quelle que soit sa nature. — Les préparations opia- 


ciées sur le front et sur les tempes sont indiquées pour calmer les souf¬ 
frances, notamment aux heures des paroxysmes. 

On a beaucoup vanté contre l’iritis syphilitique l’administration interné 
du calomel combiné avec l’opium. L’auteur a souvent employé cette mé¬ 
dication dans les iritis non spécifiques ; mais il ne l’emploie pas aussi com¬ 
munément dans celles de nature vénérienne, parce qu’il redoute la saliva¬ 
tion, qui contraindrait de suspendreles mercuriaux, dont une longue ad¬ 
ministration peut être mile sous peine de rechute. Aux antiphlogistiques, 
aux bydrargiriques sur la région fronto-temporale, aux dérivatifs cuta¬ 
nés, etc., il unit de préférence le proto-iodure de mercure, ou bien le bi- 
chlorure de ce métal, soit en pilules, soit sous forme de liqueur de Van 
Swieten. Dans les cas d’affection syphilitique invétérée, il a prescrit avec 
un avantage marqué le sirop de salsepareille contenant en suspension le', 
bi-iodure de mercure et l’iodure de potassium. 

Voici une formule qui est familière à Jœger, de Vienne : 1° sangsues à 
la tempe du côté du bulbe affecté; 2° vésicatoire derrière l’oreille corres¬ 
pondante ; 3° un bain chaud tous les jours ; 4° frictions matin et soir sur 
le front et les tempes avec l’onguent napolitain opiacé; 5° tous les soirs, 
un paquet de calomel, additionné d’extrait d’opium et de sucre; 6“ tous 
les matins, une tasse d’une décoction de tiges de douce-amère ou de sal¬ 
separeille. 

Les bains chauds que l’on voit figurer dans cette prescription peuvent 
être propres à prévenir la salivation, par le mouvement diaphonique, 
qui s’oppose à ce que le mercure s’accumule trop longtemps dans l’éco¬ 
nomie. 

Nouveau procédé dechéiloplastie ; par M. le docteur C. Sédillot.— 
Ce procédé, que l’auteur appelle procédé à double lambeau de la mé¬ 
thode indi traie, a été appliqué par lui sur un malade,à la suite de l’ablation 
delà lèvre inférieure pour un ulcère chancreux incurable. Après avoir fait 
éthériser fortement le malade, afin de lui donner le temps de l’opérer avant 
son réveil, M. Sédillot circonscrivit l’ulcère par deux incisions verticales, 
ayant leurs points de départ un peu au-delà et au-dessus des commissures, 
et réunies transversalement par une troisième incision horizontale, pas- 
santau-dessus de la houppe du menton. Le lambeau, ainsi limité, fut dis¬ 
séqué et enlevé, en ménageant la membrane muqueuse, et il en résulta 
une large plaie quadrilataire produite par l’ablation des tissus malades. 
Dans un second temps, M. Sédillot procéda à la réparation de la lèvre. 
Une première incision, commencée à la hauteur du rebord labial et à un 
travers de doigt en dehors de la perte de substance, descendit verticale- 
naent à gauche sur une portion de la joue, puis sur i’os maxillaire, et fut 
prolongée de deux centimètres dans la région sus-hyoïdienne. Une 
deuxième incision, commencée plus bas et plus en dedans de l’angle 
même de la première plaie résultant de l’ablation de l’ulcère, fut aussi pra¬ 
tiquée verticalement et réunie à la précédente par une section transver¬ 
sale. Le lambeau cutané, ainsi formé, fut immédiatement détaché, de bas 
en haut, des parties subjacenles. La même manœuvre fut ensuite répétée 
du côté droit, et M. Sédillot obtint de cette manière deux lambeaux laté¬ 
raux qu’il souleva et renversa en dedans l’un vers l’autre, et s’assura qu’il 
était facile de les affronter sur la ligne médiane. M. Sédillot ayant cons¬ 
taté que la perte de substance était très régulièrement comblée par ce 
procédé, réunit en premier lieu avec des épingles les deux bords des 
plaies verticales produites pour la formation des lambeaux; ceux-ci fuient 
ensuite réunis entre eux, puis inférieurement avec le menton et supérieu¬ 
rement avec la portion conservée de la membrane muqueuse. Toutes 
ces dernières sutures furent faites en surjet, en se servant d’une aiguille 
ordinaire et d’un fil très fin. L’arcade dentaire se trouva ainsi parfaitement 
recouverte et la salive retenue. 

Dans ce procédé, entre autres avantages signalés par l’auteur, on voit 
que les lambeaux ont une puissante vitalité, en raison de leur peu de 
longueur, de la largeur de leur base et du faible degré de torsion de leur 
pédicule. En outre, la nouvelle lèvre étant soutenue vers ses commissures 
par les pédicules des deux lambeaux qui la constituent et qui sont conti¬ 
nus avec les joues, est tirée en haut dans le sens de son bord libre, avan¬ 
tage très précieux auquel on n’avait pas encore accordé une suffisante 
attention. Supposez, en effet, que la base du lambeau soit inférieure au 
niveau du rebord labial, ce dernier sera infailliblement tiré en bas, et 
finira par laisser à nu l’arcade dentaire, comme on l’a observé dans les 
procédés primitifs ou modifiés de Chopart. 

Feuilleton. — Des rapports mutuels des divers organes de la 
presse médicale. — Comme le dit l’auteur de l’article, cet exposé des 
droits et des devoirs de la presse a bien un air de lieu commun ; eteepen- 
dont, dirons-nous à la Gazette médicale, parmi les journaux de médecine 
qui se publiaient à Paris avant la naissance de I’ünion, quels sont ceux 
qui ont toujours mis cette belle doctrine en pratique ? 


NOUVELLES. — FAITS DIVERS. 

— L’Académie de médecine vient de faire une nouvelle perte par la 
mort de M, Jourdan, un de ses membres, décédé à Saint-Mandé le 2 jan¬ 
vier, à l’âge de cinquante-neuf ans. 

M. Jourdan avait composé plusieurs ouvrages estimés, entre autres un 
Traité des maladies vénériennes, la Pharmacopée générale ; la littéra¬ 
ture médicale lui était redevable d’un grand nombre de traductions, telles 
que l’ Histoire de la médecine, de Sprengel, la Physiologie de Bur- 
dach, etc. 

Ses obsèques ont eu lieu aujourd’hui au milieu d’un grand concours 
d’amis et de collègues. 

jugement, — La clientèle d’un médecin n’est pas dans le commerce, 
elle ne peut faire l’objet d’une vente. La nullité de cette vente entraîne celle 
de la cession de la location des lieux occupés par le médecin vendeur. 

Ainsi jugé par la 3° chambre de la Cour royale présidée par M. Moreau, 
audience du 29 décembre. Arrêt confirmatif d’un jugement rendu par la 
3“ chambre du tribunal de la Seine. Affaire Auquetin contre Argentier. 

SJépartemens. 

_M. Le Cœur, docteur en médecine et docteur en chirurgie, profes¬ 
seur à l’Ecole préparatoire de médecine, vient d’être nommé premier 
chirurgien-adjoint des hôpitaux de la ville de Caen. 

morve aigue. — Un homme exerçant à Dieppe la profession de voi¬ 
turier eut chez lui, dans ces derniers temps, un cheval atteint de la morve, et 
lui donna lui-même des soins jusqu’au moment où, désespérant de le sau¬ 
ver, il se détermina à le faire abattre. 

A quelques jours de là, le même voiturier se trouvant souffrant, réclama 
les soins du docteur Légal, qui bientôt reconnut une morve aiguë. Cette 
affection fut constatée par M. le docteur Riolle, président de la Société 
de médecine et par M. Dussaux, vétérinaire, membre de la même So- L 
ciété. . B 

Dans une semblable circonstance, la Société de médecine avait un devoir 
à remplir, elle l’a rempli. Elle a prévenu l’autorité municipale de cet évé¬ 
nement, indiquant les mesures qu’il lui semblait nécessaire de prendre ;, 
et par un arrêté de ce jour, M, le maire vient d’ordonner la visite de tous, 
les chevaux appartenant aux habilans de la ville. 

nouvelles du choléra. — Tilsitt, 22 décembre. Le choléra a fran- ; 
chi les frontières de Prusse. Les premiers symptômes de cette maladie se 
sont manifestés dans notre ville, toutefois d’une manière bien douce et, 
propre à inspirer peu d’inquiétude. 

Si la nouvelle est exacte, c’est un pas en avant du choléra. Malgré la 
restriction bénigne donnée à la nouvelle, le choléra ne paraîtpas cepen¬ 
dant très doux, puisque sur 235 attaqués en Russie, Géorgie, Tauride,, 
etc., etc., il a tué 100 individus. 


Typographie FÉLIX MALTESTE et C% rue des Dcux-Portcs-Saiut-Sauveur, t8-. 












Samedi 8 Janvier 1848. 


DEUXIÈME ANNÉE. 


Tome 1T 


■ NT 0 4, 


BUREAUX D’ABONNEMENT: 


l*° 56, 

Et à la Librairie Médicale 
de Victor MASSOX, 

place de l’Écple-de^Médecme, N° t 


On s'abonne aussi dans tous les Bureaux 
de Poste et des Messageries Royales et 
Générales. 


L UNION MÉDICALE iiffr 

JOURNAL DES INTÉRÊTS SCIENTIFIQUES ET PRATIQUES, MODAUX ET PROFESSIONNELS 

6 Mois. 20 

f I An. aq 

DU CORPS MEDICAL. ï*our l’étranger s 

• 1 An . 45 Fr 


Ce Journal, fondé p 


KSCHKI.OT et itllïIlT-BOtHH, parait trois f< 


Tout ce qui concerne la Rédaction doit être adressé aux Bureaux du Journal, à M. le Docteur Amédée i.atoc», Rédacteur en Chef; tout ce qui concerne l’Administration, à M. le Docteur bichelot, Gérant. 

Les lettres «t Paquets doivent être affranchis. 


SOMMAIE®.- I. Séanee de l’Académie de médecine; influence de l’emprisonne¬ 
ment cellulaire sur la production de la folie. — II. Travaux originaux : De la 
lièvre intermittente chez les jeunes enfans ; de la gangrène paludéenne ; des fébri¬ 
fuges et des différentes manières de les administrer. — III. Revug cunique des 
hôpitaux et hospices : Hôtel-Dieu (Service de M. le professeur Blandin ). — IV. 
Revue des journaux (journaux de Paris ). Bulletin général de thérapeutique : 
De la fièvre synoque au point de vue de la séméiotique et du traitement des fièvres 
continues. — De quelques anomalies observées dans le cours d’une rougeole épidé¬ 
mique.— De l’efficacité des semences du pheliandrium aquaticum dans les affections 
des organes respiratoires. — Recherches cliniques sur l’érysipèle traumatique et son 
traitement.—V. Pharmacie, matière médicale et revue thérapeutique: 
Observations sur les propriétés fébrifuges de la phillyrea latifolia, et de ses prépa¬ 
rations. — Emploi du seigle ergoté dans le traitement de là paraplégie.— VI. Cor- 
respondance : Lettres de M. Bérard et de M. Paÿcn. — VII. Nouvelles et Faits 
divers. — VIII. Feuilleton : Dixième lettré médicale sur les déparlemens pyré¬ 
néens et sur l’Espagne. 


PARIS, LK » JANVIER 1848. 


SÉANCE DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE. — INFLUENCE DE L’EMPRI¬ 
SONNEMENT CELLULAIRE SUR LA PRODUCTION DE LA FOLIE. 

L’Académie de médecine a ouvert, et comme toujours à I’im- 
proviste et sans préparation, une discussion sur une des ques¬ 
tions les plus considérables de notre époque, une question qui 
soulève les débats les plus graves parmi jes philosophes, les 
jurisconsultes,et les législateurs, et qui, par une étrange im¬ 
prévoyance de l’administration, n’a pas encore été soumise à 
ceux qui seraient appelés sans doute à la résoudre, aux méde¬ 
cins. Cette question est celle de l’influence des divers modes 
d’emprisonnement sur la santé des prisonniers, et notamment 
sur la production de la folie; et cette question n’est elle- 
même qu’une partie du grave problème économique et social 
actuellement soumis aux chambres législatives, relatif au nou¬ 
veau projet de loi sur les prisons. 

Il s’agissait pour l’Académie d’un fait tout spécial, de la mai¬ 
son centrale de.y aunes, où ne sont reçues que des femmes, et 
qui est régie par le système d’Auburn, c’est-à-dire le travail de 
jour en commun, mais en silence, et l’encellulement de nuit. 
M. le docteur Joret, médecin de la prison, a adressé un mé¬ 
moire à l’Académie, dans lequel il prouve, par des relevés in¬ 
contestables, que ce système de détention, quelque doux qn'il 
soit comparativement à Tençeliulement complet, détermine 
l’aliénation mentale. 

M. Collineau, rapporteur de ce travail, l’a accepté comme 
renseignement précieux, comme document utile pour l’élucida¬ 
tion de la question générale, mais sans lui donner plus d’im¬ 
portance que ne peut en avoir un travail isolé. 

. Après une courte discussion qui n’a que trop prouvé que 
l’Académie, malgré les provocations de quelques orateurs, 
n était pas prête pour aborder la question générale, les conclu¬ 
sions du rapporteur ont été accueillies. MM. Baillarger, Dubois 


(d’Amiens) et Ferrus avaient demandé une séance spéciale pour 
la discussion de la question générale. L’Académie n’a pas pris 
de détermination à cet égard. Si ce sùjèt vient à l’ordre du jour,., 
ce qui serait fort opportun au moment où les Chambres'soht 
saisies d’un projet de loi sur la matière, nous suivrions cette 
discussion avec intérêt, et nous chercherions à apporter nous- 
même notre faible appui aux opinions qui sauraient concilier les 
intérêts du corps social avec ceux des malheureux contre les¬ 
quels la société est obligée de se garantir. 


travaux et mémoires originaux de médecine 

ET DE CHIRURGIE, 

DE THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE ET APPLIQUÉE. 

DE LA FIÈVRE INTERMITTENTE CHEZ LES JEUNES ENFANS; — DE 

LA GANGRÈNE PALUDÉENNE ; — DES FÉBRIFUGES ET DES DIFFɬ 
RENTES MANIÈRES DE les administrer ; par M. le docteur E. 

Ebrahd, d.-m. p., à Bourg. 

Les maladies chez les enfans revêtent en général une forme 
particulière; elles suivent une marche différente, elles exigent 
un traitement tout autre que chez les adultes. Les modifications 
imprimées par le premier âge aux manifestations morbides, ex¬ 
pliquent le grand nombre de traités spéciaux que les auteurs 
modernes ont consacrés à l’étude des maladies des enfans. 

L’histoire de ces maladies est encore très incomplète; l’his- 
toire de plusieurs est encore à faire. Ainsi aucunedes affections 
qui atteignent l’enfance n’est plus digne d’intérêt que la fièvre 
intermittente. Son diagnostic présente alors des difficultés plus 
grandes, l’administration des médicamens demande plus de 
soins, plus de précautions. Si par elle-même elle entraîne rare¬ 
ment la mort, elle amène souvent des complications mortelles, 
telles que les convulsions, l’hydropisie. En passant à l’état 
Chronique, elle ruine la constitution des jeunes malades, elle 
arrête leur croissance. Cependant les pathologistes de l’enfance. 
Billard, Clarion, Berton, Valleix, Vannier (du Havre), Richard 
(de Nancy), Barrier, Barthez et Rilliet, ont passé la fièvre inter¬ 
mittente sous silence. Un seul auteur, M. Bouchut, dans son 
Traité des maladies des enfans à la mamelle, a parlé de cette 
affection ; mais ce médecin n’avait pas été à même d’observer 
plus de sept cas de fièvres intermittentes. Son travail a dû né¬ 
cessairement se ressentir du petit nombre d’observations qui 
lui servent de base. 

Exerçant la médecine dans un pays d’étangs, la Bresse, où 
les maladies paludéennes sont endémiques, j’ai mis ma position 
à profit pour étudier.la fièvre intermittente chez les enfans, 
pour l’étudier dans ses causes, ses symptômes, ses complica¬ 
tions, son traitement. J’ai cherché aussi à connaître quels sont 
les moyens les plus simples, les plus sûrs, les ipoins désagréa¬ 
bles, d’administrer les fébrifuges, parce que si la forme donnée 
aux préparations pharmaceutiques n’est jamais indifférente, cela 


est surtout vrai quand il s’agit de cette espèce de médicamens, 
quand il s’agit de les administrer aux enfans. Ce sont les résul¬ 
tats de mes observations et de mes recherches qui feront le 
sujet de ce mémoire. 

Etiologie de la fièvre intermittente chez les enfans. — La fièvre 
intermittente atteint les enfans qui habitent sur le bord des 
étangs, des marais, des prairies marécageuses, des mares, des 
rivières à eaux peu courantes, dans des rues sales, humides, non 
pavées, ou bien au milieu des bois. Elle est produite par l’ab- 
sorptiondes émanations qui s’exhalent des substances végétales 
en putréfaction. Cette absorption a lieu par la voie des organes 
pulmonaires, par la voie des organes gastro-intestinaux. 

L’introduction des miasmes paludéens dans le canal de la di¬ 
gestion s’opère de deux manières différentes: I» Les miasmes 
peuvent être introduits avec les boissons. Hippocrate avait déjà 
remarqué que l’usage en boisson des eaux marécageuses déve¬ 
loppait la rate. M. Boudin rapporte que des soldats, ayant bu, 
pendant la traversée d’Alger à Toulon, de l’eau provenantd’un 
marais, eurent tous la fièvre pernicieuse. 2» Les miasmes peu¬ 
vent, encore être transmis à l’enfant à la mamelle, par l’inter¬ 
médiaire d’une nourrice malade, par le véhicule du lait. L’in¬ 
duction analogique suffirait pour conduire à cette proposition. 
Une nourrice affectée par le virus syphilitique communique la 
syphilis à son nourrissson ; le lait acquiert des qualités purga¬ 
tives quand on a donné des médicamens purgatifs à une femme 
qui allaite. Il est naturel de penser que si "la fièvre intermit¬ 
tente a sa cause dans l’empoisonnement du sang parles émana¬ 
tions marécageuses, la fièvre doit se transmettre d’une nourrice 
à son enfant. Des faits prouvant cette transmission n’ont pas, 
que je sache, été consignés dans les annales de la presse médi¬ 
cale; les deux observations qui suivent me paraissent, à ce 
titre, être dignes d’attention. 

Première observation. — La femme Petit, laquelle habite une rue 
très saine de Bourg, a l’habitude d’aller tous les' deux jours laver son 
linge à la Reyssouce, rivière qui coule au milieu des prairies marécageu¬ 
ses, mais elle a soin de laisser à la maison un enfant qu’elle allaite. Le 16 
août 1845, elle éprouve à midi un accès de fièvre tremblante ; le soir du 
même jour, l’enfant, qui est âgé (le cinq mois, prend lui-même à six heures 
un accès caractérisé par les trois stades de froid, chaleur et sueur. 

Retour de ces accès chaque jour aux mêmes heures, et chez la mère et 
chez 1 enfant, jusqu’au 21 août. Huit décigrammes de sulfate de quinine 
sont administrés à la femme Petit; sa fièvre ne reparaît pas, et son enfant 
cesse d’être malade. 

Deuxième observation. — La femme Galet, de Montracot, pays d’é¬ 
tangs, avait eu la fièvre quotidienne pendant huit jours. Celte fièvre avait 
disparu depuis quinze jours, à la suite de plusieurs prises de quinine, 
lorsque la femme Galet vint être nourrice à Bourg, dans une maison très 
salubre. Quatre jours après son arrivée, elle est de nouveau atteinte par 
la fièvre, a quatre heures du soir. Le nourrisson, qui est âgé de sept mois, 
est lui-même atteint dans la nuit. Chez la nourrice, les accès sont quoti¬ 
diens, mais un accès est beaucoup moins fort de deux jours l’un. Chez 
l’eufant, ils revêtent le type tierce. Sept jours après le début de cette rna- 


Feailleton. 

lettres Médicales 

S LES DÉPARTEMENS PYRÉNÉENS ET SUR L’ESPAGNE. 


Mimizan, 30 Octobre 1847. 

Monsieur le rédacteur, 

S’il est un lieu que l’on puisse appeler le bout du monde, c’est, à n’en 
pas douter, le lieu d’où je vous écris. Une auberge, une grande et cu¬ 
rieuse église, quelques maisons chétives; puis, d’un côté l’Océan mugis¬ 
sant avec fracas et poussant devant lui des montagnes de sable ; de l’autre 
des pins résineux et la lande sans fin : tel est Mimizan, ville maritime aux 
temps des Romains et des Goths, aujourd’hui capitale d’un désert. 

Je suis allé de La Teste 5 Mimizan par un chemin indescriptible , ou 
plutôt sans suivre aucun chemin et voyageant comme je me figure qu’on 
voyageai 1 Sahara; mon guide allait suivant son instinct et la marche du 
soleil, je le suivais en silence, comme Dante suivait Virgile à travers les 
routes inconnues de l’enfer ; nous avons marché ainsi depuis l’aube, tra¬ 
versant tantôt des landes rases, tantôt de sombres pignadas, côtoyant des 
étangs immenses, et n’entendant pas même le trot de nos chevaux, dont 
e sable amortissait le bruit. Le soleil nous manquait depuis deux heures 
t nous marchions toujours; mon guide ne dissimulait plus son inquié- 
uae, et je bornais mon ambition à trouver un abri dans une cabane de 
lors T’ lln son de cloche a frappé notre oreille : « Enfin !.... s’est 
irnn’ 011 u Ulde ’ cesl la cloclie tle Milnizan ; il paraît que nous allions 
rop a gauche. » Frappant alors avec l’éperon les flancs de nos chevaux 
tr P a TDr O S, H n ° US aV0 !' S quiUé la,isière < lu b 0ls et nous sommes engagés à 
tpmne des pins < e hame futaie - Au bout d’une demi-heure environ ( le 
hienwtT paraissait très iong alors), nous avons aperçu une lumière, et 
nav^m mî?! Une . so . rt f (ie clairière nous avons distingué une maison et un 
9 o rachait la P aille d ’ une meule, à la lueur d’une torche de ré- 
„ pnq ' Sommei-aous loin de Mimizan, a demandé le guide? — Braves 
gens, a répondu le Lanusquet, vous allez droit à l’étang d’Aureillan ; Mi- 


tc X } J5ï', liBS n " méros des 14, 21 et 28 octobre , des 4 el 
*0 et 29 décembre 1847. 


S novembre, é 


mizan est derrière vous et à une heure d’ici. » — C’était la cloche d’Au¬ 

reillan que nous avions entendue et nous allions nous noyer. 

Remis sur la vraie route, il nous a fallu, pendant près de deux heures, 
lutter à la fois contre les ténèbres et l’épuisement de nos montures, dont 
les jambes fléchissaient à chaque pas. Enfin, dix heures venaient de sonner 
lorsque s’est ouverte la bienheureuse porte d’auberge, qui pour nous tous, 
hommes et chevaux, a été la porte du paradis. 

« Tout cela nous importe fort peu, diront sans doute vos lecteurs, nous 
demandons des faits médicaux et non des impressions de voyage. » Vos 
lecteurs sont dans leur droit et je ne puis me faire pardonner une licence 
que je prendrai le plus rarement possible, qu’en les priant de compatir à 
la position d’un médecin voyageur. Lorsque, après une pénible journée, 
je reste seul, comme je suis ici, sans un ami avec lequel jepuisse parier, la 
plume que je prends pour écrire une lettre médicale, laisse couler, mal¬ 
gré moi, un flot d’émotions difficiles à comprimer ; cela fait, je me sens 
plus heureux. Que vos lecteurs me pardonnent ce bonheur : mon zèle re¬ 
doublera pour leur témoigner ma reconnaissance. 

• f* ans lp P<\vs où je suis on ne connaît d’étrangers que les offreurs : 
c’est ainsi qu’on appelle les commis qui viennent offrir des liqueurs fortes. 
Bien peu de touristes, et surtout de médecins franchissent la mer de sable 
qui sépare Mimizan du reste du monde, et peut-être cette circonstance me 
fera-t-elle pardonner si je vous en parie un peu trop longuement. L’isole¬ 
ment dans lequel vivent les habitans de cette partie des Landes a sur 
leurs croyances et leurs mœurs une influence qui se révèle par mille 
traits curieux ; je n’en citerai que quelques-uns qui touchent aux choses 
médicales : 

On croit ici beaucoup plus aux miracles et aux sortilèges qu’aux remè¬ 
des et aux causes naturelles des maladies. A l’exception des cas de mala¬ 
dies aiguës, on s’adresse beaucoup moins aux officiers de santé, qui sont 
a peu près les seuls représentai du corps médical, qu’aux prétendus 
saints et aux mèges, et on les visite moins volontiers que les images et les 
fontaines miraculeuses. A peu de distance de Mimizan, il existe une fon¬ 
taine dite de Sainte-Rose , qui passe pour guérir diverses maladies de 
peau, confondues par les Lanusquets sous le nom de mal d'arrouset, nom 
qui comprend à la fois la pellagre et plusieurs autres variétés de psoriasis. 
Tous les ans, pendant la belle saison, les malades y accourent, et ceux 
qui ne peuvent quitter la maison se font porter au moins quelques bou¬ 
teilles de l’eau merveilleuse pour en laver les parties affectées. Mais le pè¬ 


lerinage le plus célèbre est celui des Bascons, localité située plus loin dans 
les terres. Là existe dans une chapelle une statue de Saint-Amans, qui 
offre, dit-on, l’étrange phénomène dVire toujours en sueur. Les ma¬ 
ndes qui s’y rendent de tous les points des Landes, vont, après avoir fait 
leurs dévotions, toucher la statue avec un linge, qu’ils trempent ensuite 
dans une huile qu’on trouve aussi dans la chapelle : ce linge sert à frotter 
les parties affectées ; et au bout d’un nombre variable de frictions, a lieu 
la guérison temporaire ou définitive. 

J’ajouteraià ce sujet que dans les environs de Gabarret et dans la con¬ 
trée des Landes que j’ai explorée en quittant Mont-de-Marsan, la pellagre 
est généralement connue des paysans sous le nom de mal de Bascons. 

A côté de ces saints qu’une tradition séculaire accrédite, il surgit de 
temps a autre des saints d’une autre fabrique, et dont le plus grand 
malheur est de venir dans un temps où il y a des préfets et des tribunaux 
correctionnels. Gette année même, pendant presque toute la belle saison, 
la foule crédule accourait dans un village, à l’entrée du Marensin, pour 
demander Ja santé à une enfant de dix ans, que deux fripons, un homme 
et une femme, avaient réussi à faire considérer comme inspirée de Dieu. 
Je tiens d un témoin oculaire, que les jours de fête on voyait jusqu’à deux 
cents personnes faisant queue à l’entrée de la chaumière où cetle étrange 
pythomsse rendait ses oracles. 11 était déclaré que les oracles étaient ren¬ 
dus gratis, seulement il fallait se présenter avec un cierge vendu par le 
père adoptif de la jeune sainte; la mère adoptive, de son côté, recevait 
les cadeaux qu’on voulait bien lui offrir ; faisait mauvaise mine à ceux qui 
n apportaient rien et laissait comprendre à ceux qui donnaient, que leur 
cause ne serait que mieux plaidée auprès du médecin suprême. 

Mieux que personne, les officiers de santé ont connu les progrès de 
cette vogue incroyable d’une petite fille ignorante et bornée ; ils lui ont 
du des momens de repos ; mais par malheur le préfet des Landes est venu 
1 interrompre. Instruit de ces miracles, M. Leroy a voulu voir lui-même, 
et après avoir vu, il a fait conduire la sainte à l’hospice de Mont-de-Mar¬ 
san, et ses parens adoptifs en prison. 

Si le métier de saint a ses désagrémens par suite des interventions de 
la police. Je métier de sorcier entraîne aussi des dangers par le fait même 
des superstitions sur lesquelles est fondé son empire. Le Lanusquet res¬ 
pecte le saint, qui, sans le guérir, lui prend son argent; mais malheur au 
sorcier dont il croit avoir à se plaindre. En règle générale, les vieilles 
femmes vivantpauvres et isolées, passent pour des sorcières. A la fin du 





































ïüdie, un purgatif, le jalap, administré à la femme Galet, comme moyen 
préliminaire, empêche le retour des accès. 

Symptomatologie. — Là fièvre intermittente survient parfois 
brusquement, sans symptômes avant-coureurs. Le plus fré¬ 
quemment, elle est précédée par quelques jours de malaise; 
l’enfant est triste, grognon. Ces prodromes apparaissent à peu 
près à la même heure. 

Les accès ont, en général, une périodicité régulière; seule¬ 
ment, la moindre circonstance, l’exposition au froid, par 
exemple, avancent leur retour. Quand les accès avancent ou 
retardent sans circonstance appréciable, l’intervalle qui sépare 
chacun d’entre eux est quelquefois le même. 

L’accès se compose de trois stades : froid, chaleur et sueur. 
M. Bouchut a écrit que le premier stade manque le plus sou¬ 
vent; les observations que j’ai recueillies m’amènent à une opi- 
nion’tout à fait opposée. M. Bouchut n’a observé que des en¬ 
fans dont la maladie existait déjà depuis quelque temps. C’est 
probablement de cette circonstance que provient la différence 
de notre manière de voir; car le stade de froid est ordinaire¬ 
ment moins marqué lorsque la fièvre est ancienne. 

Les auteurs ont dit que les enfans ne tremblaient pas, n’a¬ 
vaient pas de frisson ; j'ai pourtant observé ce phénomène chez 
un enfant de six mois, Auguste Mercier, dont je parlerai à 
propos des complications de la fièvre. Pendant le premier stade 
des accès, la peau des jeunes malades est pâle et froide, les 
traits de la figure sont grippés, les lèvres, les ongles, les pau¬ 
pières sont bleuâtres, celles ci légèrement boursoufflées. Pouls 
faible et déprimé; cris plaintifs, resserrement des épaules, poi¬ 
gnets fermés, flexion des jambes. Les'enfans baillent, laissent 
aller leurs urines ; quelques-uns vomissent. 

Au stade de froid, qui dure d’une demi-heure à trois heures, 
succède la période de chaleur dite de réaction. Les lèvres de¬ 
viennent roses; la peau se colore, devient chaude, brûlante; 
grande soif; pouls à 130 pulsations; respiration fréquente et 
profonde. Certains enfans ont les. yeux brillans ; ils ont des co¬ 
liques, ils s’agitent, ils exigent qu’on les promène. D’autres 
sont abattus, assoupis; ils ont les paupières fermées, ils dor¬ 
ment d’un sommeil profond et en ronflant. 

Lorsque la sueur ou le troisième stade arrive, les enfans qui 
sont agités se calment et s’endorment, ceux qui dorment ont un 

sommeil moins profond et sans ronflement. 

Dans l’intervalle des accès, quelques enfans ne conservent, 
pendant les premiers jours, aucune trace de leurs souffrances; 
ils sont gais, ont de l’appétit; d’autres maigrissent, ont la peau 
d’une teinte jaunâtre, les paupières boursoufflées, la figure 
bouffie; leur langue est pâle, leurs jambes œdématiées. Ces 
symptômes sont la conséquence presque constante d’une fièvre 
ayant plusieurs jours de durée; ils coïncident avec l’hypertro¬ 
phie de la rate. L’augmentation de volume subie par cet or¬ 
gane avait souvent échappé à mon observation; je l’ai toujours 
constatée à partir du quatrième accès, depuis qu’un de mes con¬ 
frères, le docteur Bouverel, m’a enseigné la manière dont il 
explore l’abdomen. 

Si, pour examiner les organes abdominaux, on se met en 
face de l’enfant, il crie, ses muscles se contractent, et les chan- 
gemens survenus dans le volume de la rate restent inaperçus. 
Il faut prier la mère de soutenir l’enfant en le tenant sous les 
deux bras, se placer derrière lui, presser le ventre avec une 
main, en même temps que l’autre main sert aux lombes de 
point d’appui. On ne tarde pas à reconnaître l’hypertrophie 
de la rate. Cet organe dépasse les côtes en forme de languette, 
directement au-dessous du rein gauche. 

L’hypertrophie de la rate, et aussi les phénomènes si remar¬ 
quables du stade de froid, sont les deux signes qui, à mon avis, 
aident le plus au diagnostic. Il n’y a pas gonflement de la rate 
dans les fièvres symptomatiques qui accompagnent quelques af¬ 
fections chroniques de l’enfance, la pneumonie tuberculeuse, 
l’entérocolite, etc., Le gonflement de la rate est un signe pré¬ 
cieux, surtout lorsque des complications viennent se joindre 
aux symptômes ordinaires de la fièvre. 


mois d’août dernier, dans un village de l’arrondissement de Saint-Sever, 
à Batz, une vieille femme donna une pomme à un petit enfant; quelques 
instans après, celui-ci, soit qu’il eût été trop glouton, soit qu’il fût mal 
disposé, éprouva des vomissemens et de fortes coliques. On se garda bien 
de penser qu’il avait une indigestion ; tout le monde le croyait ensorcelé; 
sa mère se lamentait, le croyait perdu. Alors les parens et les voisins ré¬ 
solurent de le sauver : ils coururent chez la sorcière; et, l’entraînant hors 
de sa maison, lui commandèrent, sous peine de mort, de lever le sort 
qu’elle venait de jeter. En vain la pauvre vieille protestait de son inno¬ 
cence ; en vain elle jurait n’avoir eu d’autre intention que défaire plaisir à 
l’enfant. La foule fanatique l’entraînai; et comme il y avait dans le voisi¬ 
nage un four qui cuisait en ce moment le pain, on la porta devant la bou¬ 
che brûlante, puis on l’y plongea jusqu’à mi-corps, et on ne s'arrêta que 
lorsque l’infortunée eut perdu ses forces et sa connaissanre. Le lendemain 
l’enfant était guéri, et la vieille femme agonisait : elle succomba peu de 
jours après. Les coupables sont entre les mains de la justice et vont être 
jugés aux premières assises de Mont-de-Marsan. Je tiens ces détails de 
MM. Gazaban père et fils, médecins à Aurice. 

Vous voyez qu’il n’est pas nécessaire de traverser les mers pour assister 
à des scènes dignes des peuples les plus sauvages ; et que, sans passer les 
Alpes ou les Pyrénées, on peut se transporter en plein moyen-âge ! C’est 
en 18Û7, c’est en France qu’ont lieu de pareilles monstruosités ; et ni les 
progrès de la civilisation moderne, ni cet esprit divin de mansuétude 
qui est le fond du christianisme, n’ont encore pu les détruire. A quoi cela 
tient-il? Gela tient, si je ne me trompe, à l’isolement que je signalais, à 
l’abandon dans lequel vivent ces populations clairsemées et comme per¬ 
dues au milieu des sables et des Pignadas. 

(juelle peut être dans un semblable pays la position des médecins? Je 
n’ai pas besoin de le dire ; aussi ne trouve-t-on dans la Lande qu’un petit 
nombre de docteurs. Mais c’est un devoir pour moi d’ajouter que le corps 
médical n’y est pas moins honorablement représenté. Dans les localités 
que j’ai explorées, j’ai trouvé, en général, des praticiens zélés, faisant 
avec résignation plusieurs lieues dans le sable pour la somme d 'un franc, 
taux ordinaire des visites, et j’ai trouvé aussi des observateurs judicieux 
et des esprits éclairés.. Çe n’est pas un argument que j’invoque pour ou 
contre les réformes que la loinouvelle semble devoir apporter dans l’exer¬ 
cice de. notre profession ; c’est un fait que je cite, c’est du moins l’impres- 
üion que me laissent mes relations avec plus de vingt praticiens landais. 


U 

Des complications. — Les complications les plus fréquentes 
de la fièvre chez les enfans, sont l’œdème des jambes, l’œdème 
général,, rhydropisie abdominale, l’hydrocèle,, la djarrhée , la 
gangrène, les convulsions, la paralysie, les contractures, l’affec¬ 
tion vermineuse, le purpura hémorrhagica. 

Lorsque l’œdème des jambes ou des bourses, l’œdème gé¬ 
néral, l’hydropisie, l’hydrocèle, accompagnent la fièvre; la .pé¬ 
riode de froid se montre à peine, la période de réaction est éga¬ 
lement moins marquée, souvent même il existe un mouvement 
de fièvre continu, mais ces complications sont toujours tardives. 
Les précédens éclairent alors le diagnostic; d’autre part, l’hy¬ 
dropisie est presque toujours, comme je l’ai déjà dit, un acci¬ 
dent consécutif de l’hypertrophie dè la rate. 

Le fiévreux a-t-il le dévoiement, des vomissemens? Les coli¬ 
ques sont plus fortes, les selles plus abondantes, les vomisse¬ 
mens plus fréquens, à des heures toujours les mêmes. 

La gangrène est une complication très rare; je ne l’ai ob¬ 
servée que sur deux enfans, lesquels habitaient sur le bord du 
même étang, des maisons plus basses que le niveau de l’eau. 
L’un fut envoyé à l’hôpital de Bourg, où il ne tarda pas à suc¬ 
comber. Ses joues gangrenées tombèrent morceaux par mor¬ 
ceaux. Je décrirai la maladie du second, dont le traitement 
m’avait été confié. 

Troisième observation. — Le 26 juillet 18A5, un enfant âgé de onze 
mois me fut apporté par la femme Lebon de Saint-Paul de Varax, en 
Dombes. Bien conformé, il jouissait huit jours avant d’une parfaite santé. 
Sa mère, qui le nourrissait, était une jeune femme bien portante; elle 
mangeait du pain de froment, ne contenant ni ivraie, ni chambucle. 

L’enfant avait commencé à être malade le 22 juillet vers les troisheures 
de l’après-midi ; il était devenu triste, abattu, sa figure était colorée, il bu¬ 
vait avec plaisir. 

Le 23 et le 24 juillet, dans la soirée, apparition des mêmes symptômes; 
les parens remarquèrent qu’ils avaient été précédés par la pâleur de la 
ligure, par la teinte bleuâtre des paupières et des lèvres. 

Le 25, bien-être le matin : le soir, accès de fièvre; l’enfant se plaint 
d’avoir mal au bras gauche ; la main est légèrment entlée, sans coloration 
anomale. 

Le26, la main et l’avant-bras gauches sont, tuméfiés et bleuâtres, la 
cheville du pied gauche est également enflée. Les pareils se décident à me 
faire voir leur enfant. 11 n’a pas de lièvre, il a demandé à manger. 

A cinq heures du soir, lors de ma visite, les doigts, la main et l’avant- 
bras du côté gauche, jusqu’à 6 centimètres au-dessous du coude, sont tu¬ 
méfiés et d’un noir bleuâtre. Le bras est également enflé, parsemé de ta¬ 
ches violettes entourées de jaune, avec des arborisations rouges. La che¬ 
ville du même côté présente de la tuméfaction avec coloration d’un rouge 
violet au centre. La jambe est œdématiée ; la joue droite est d’un rouge 
vif et brillant; la peau du bras malade est un peu froide au toucher (je 
crois me rappeler, car mes notes me font défaut sur ce point, que ce 
membre était peu sensible à la pression). La peau du corps et celle de la 
figure ont une chaleur assez élevée ; la langue est d’une couleur normale; 
aucune douleur dans le ventre ; constipation depuis deux jours. Les pu¬ 
pilles sont dilatées; l’enfant est assoupi. 

Le cas me paraissant être très grave, je soumets le jeune malade à 
l’examen de M. le docteur Olivier, lequel est auteur d’un traité sur les 
fièvres pernicieuses. Ce médecin reconnaît une gangrène paludéenne ; il 
est d’avis,de faire appliquer quatre sangsues à l’épaule gauche, d’entourer 
le membre et le pied malades avec des cataplasmes de quinquina cam¬ 
phrés. 

J’adopte l’opinion du docteur Olivier; quatre sangsues sont posées de 
suite,une refuse de piquer ; trois se détachent de bonne heure et périssent 
aussitôt après leur chute. Les cataplasmes de quinquina, saupoudrés de 
camphre, sont employés. En outre, je fais prendre à l’enfant, toutes les 
heures, une demi-cuillerée à soupe de sirop de quina. 

Le 27, tout l’avant-bras et la partie inférieure du bras sont noirâtres; 
l’enflure a monté jusqu’à l’épaule. L’état de la jambe et du pied est le 
même. L’enfant a dormi. Aucune selle. Prescription : continuation des 
cataplasmes de quina. Acide arsénieux, un cinquantième de grain en deux 
prises. 

Fièvre un peu moins intense dans la soirée; une selle sans odeur. 
Prescription : cataplasme et sirop de quina. 

Le 28, le pied et la jambe ont désenflé ; ils sont revenus à l’état nor¬ 
mal ; la tuméfaction et là couleur violette du bras ont cessé d’augmen¬ 
ter. Prescription : cataplasmes de quina camphrés ; acide arsénieux, un 
quarantième de grain en deux prises, puis sirop de quina. 


Pour le médecin qui comprend combien il importe d’étudier les mala¬ 
dies (surtout les maladies endémiques), non seulement dans leurs phéno¬ 
mènes, dans leurs manifestations changeantes et souvent trompeuses, mais 
dans leurs causes générales et premières, l’étude topographique de la 
partie des Landes que je parcours en ce moment, offre un très vif intérêt. 
Dans un travail, qui date de plusieurs années, j’ai esquissé la topographie 
médicale du bassin d’Arcachon et des Landes de l’intérieur ; je ne veux 
parler aujourd’hui que des Landes maritimes, et seulement pour signaler 
les influences qu’exerce sur la salubrité du pays une circonstance physi¬ 
que très curieuse et trop peu connue : je parle de la formation et de la 
marche des dunes. 

La contrée qu’on appelle Landes de Gascogne, est une sorte de bassin 
triangulaire, borné dans presque toute son étendue par l’Adour, la Gi¬ 
ronde et l’Océan. Les Ilots paraissent y avoir fait un long séjour et n’avoir 
pris leur limite actuelle qu’à une époque rapprochée des temps histori¬ 
ques. Depuis lors, sur celte limite, que leur fureur semble toujours prête 
à franchir quand souille le vent d’ouest, les flots n’ont pas cessé d’amon¬ 
celer du sable. Ainsi se sont formées sur le littoral, entre la pointe de 
Grave et les écueils de Biarritz, de véritables montagnes qui trompent 
l’œil du voyageur, et que moi-même, tandis que j’allais de Bordeaux à La 
Teste, j’ai prises pour une rangée de nuages blancs sur l’horizon de la 
-plaine. Ces montagnes sont les dunes. 

Si l’on réfléchit maintenant que ces montagnes sont uniquement formées 
de granules, la plupart siliceux et cristallins, parfaitement arrondis, pres¬ 
que atomiques et sans moyens d’adhérence entre eux, on comprendra 
facilement les phénomènes ultérieurs qu’elles présentent, je parle de leur 
continuel et rapide déplacement, de ce qu’on a nommé la marche des 
dunes. Les vagues apportent le sable et Tentassent ; les vents ne le laissent 
jamais en repos : sans parler des tempêtes qu’on a vues transporter des 
montagnes entières, aussitôt que souffle la brise, les granules qui occu¬ 
pent le sommet des dunes roulent sur les pentes opposées au vent, et 
taudis que les sommets s’abaissent, tandis que les granules, sans cesse 
entraînés forment en avant d’autres montagnes, les vagues vomissent sans 
cesse des sables nouveaux, remplacent la dune déplacée par une dune 
nouvelle. 

Gette marche des sables vers l’intérieur est plus ou moins rapide; on 
Ta évaluée sur plusieurs points à 26 mètres par an, et tant que par le 
merveilleux artifice des semis les dunes ne sont pas fixées, rien n arrête 


Le soir, fièvre nulle, une selle naturelle. 

Le 29, une phlyctène se montre sur le dos de la main ; rompue, elle 
laisse écouler une sérosité grisâtre. L’enflure a diminué ; les arborisations 
rouges n’exïstént pliis ; la couleur noirâtre du bras a disparu. Prescrip¬ 
tion : poudre de charbon sur la plaie de la main ; cataplasmes et sirop de 
quina. 

Le 30 et le 31, l’amélioration va croissant. Prescription : fomentation 
avec tfmr décoction de quinquina, sirop ,de chicorée composé ( l’enfant 
n’était pas allé à la selle depuis le 28 juillet). 

Le 10 août, l’enfant est guéri; il ne lui resté plus qu’une petite plaie sur 
le dos de la main. Le 30, il est atteint de nouveau par une fièvre intermit¬ 
tente très intense ; elle cède à l’emploi de la quinine brute. 

Le séjour de l’enfant Lebon dans un pays marécageux, dans 
une maison malsaine, l’apparition de la gangrène pendant la 
saison des fièvres, la périodicité des symptômes qui la précè¬ 
dent et l’accompagnent, l’influence heureuse de l’acide arsé¬ 
nieux, le retour des accès de fièvre trois semaines après la gué¬ 
rison première, me semblent prouver que la maladie était un 
effet de l’intoxication paludéenne. 

[La suite du prochain numéro.) 


REVÜE CLINIQUE DES HOP ITAUX ET HOSPICES. 

CHIBUBCir. 

hotel-dieu. — M. le professeur Blandin. 

Sommaire. — Des accidens consécutifs à la ligature des polypes du pharynx. — 
Nécessité de pratiquer deux fois la trachéotomie à la suite d’une semblable liga¬ 
ture. — Emploi d’une canule trachéale à soupape mobile. — Des avantages qu’elle 
présente. 

Les polypes développés à l’intérieur du pharynx sont, en gé¬ 
néral, d’assez mauvaise nature, le plus souvent charnus et 
doués d’une abondante vascularisation ; ils peuvent acquérir un 
volume considérable lorsque la circulation en retour y est in¬ 
terrompue par une ligature qui étreint leur pédicule et dont 
l’effet est de produire une sorte d’asphyxie locale. Ces polypes 
deviennent alors le point de départ et la cause d’accidens for¬ 
midables, en venant reposer par leur base sur l’orifice supé¬ 
rieur du larynx, qu’ils bouchent plus ou moins complètement. 
Nous avons vu dans le service de Lisfranc, en 183.9, un malade 
sur lequel ce chirurgien avait pratiqué la ligature d’un sem¬ 
blable polype depuis quatre jours; gros comme une petite 
poire d’Angleterre au moment de l’opération, il s’accrut pro¬ 
gressivement et de telle sorte, qu’ayant plus que doublé de Vo¬ 
lume, il détermina plusieurs accès de suffocation qui ne cessè¬ 
rent complètement que lorsque le chirurgien en eut pratiqué 
l’extraction après avoir excisé, au moyen de ciseaux courbes, 
son pédicule incomplètement détruit par la ligature. 

11 peut encore arriver, et nous avons observé ce fait dans 
le même hôpital, que la,suffocation soit produite non plus par 
suite de l’accroissement du polype ou de l’élongation de son 
pédicule, qui alors est toujours plus ou moins ramolli, mais 
bien par la chute du polype lui-même sur l’orifice supérieur du 
larynx au moment où il se détache. Tel était le cas que nous a 
offert un homme couché dans le même service chirurgical de 
la Pitié ; le polype, lié depuis plusieurs jours, se détacha pen¬ 
dant la nuit au moment où le malade était endormi; celui-ci 
réveillé en sursaut, fut pris d’un accès de suffocation des plus 
alarmans, que fit cesser toutefois l’extraction du corps étran¬ 
ger à l’aide des doigts portés profondément dans la cavité du 
pharynx. Ces détails de clinique ne doivent pas échapper au 
chirurgien. Ils lui apprendront à surveiller avec soin un opéré 
qui se trouve dans de semblables conditions; et à ne pas con¬ 
sidérer comme résolue la question thérapeutique dès l’instant 
où la ligature a été appliquée sur un pareil polype. L’observa¬ 
tion suivante, que nous a communiquée M. Blacquet, interne 
distingué de l’Hôtel-Dieu de Paris, offrira à nos lecteurs un ré¬ 
sumé instructif des dangers que nous venons de signaler, en 
même temps qu’elle expose très complètement les moyens d’y 
porter remède. 

Observation. — JLe nommé Boutie!, âgé de vingt-sept ans, est entré à 
THôtel-Dieu, dans le service de M. Blandin, au mois de mars 18A7. Doué 


leurs envahissemens. Elles déplacent les cours d’eaux, elles engloutissent 

les cultures, les forêts, lés Villes : La Teste-de-Buch et la plupart des vil¬ 
lages de la côte ne sont plus où ils étaient autrefois. Où est l'antique Mi¬ 
mizan, dont les habilans virent du haut de leurs murailles les Golhs ariens 
battre et massacrer.l’évêque de JLescar saint Galatqire, .qiji était venu à la 
tête d'un corps de'Béarnais"soulever la population des Landes en faveur 
de Clovis? Mimizan est enseveli sous la dune A'Udos, depuis longtemps 
couverte de pins, comme Herculanum est enseveli sous la lave du Vésuve. 
Où est la voie romaine partie de Lapurdum (Bayonne) où Rome entrete¬ 
nait la cohorte novempo palanienne, et qui passait par Mimizan ? A part 
quelques restes qu’on appelle Canin Roumiou, elle a disparu sous le sa¬ 
ble et les eaux : l’étang de Léon en couvre une grande partie. 

Ainsi, sur celte côte aride, le sable mouvant a tout transformé, tout 
bouleversé pendant un grand nombre de siècles ; et le voyageur qui par¬ 
court aujourd’hui les dunes, comme j’ai eu le bonheur de le faire hier, par 
un temps superbe, et en compagnie du directeur des semis, ne peut s’em¬ 
pêcher d’admirer les procédés si simples et si puissans à l’aide desquels 
Brémontier a pu, comme Moïse, dire aux sables envahisseurs : « Vous 
n’irez pas plus loin ! » C’est en 1787 que l’on a commencé à fixer les dunes 
par des semis de pin maritime, et déjà, depuis le bassin d’Arcachon jus¬ 
qu’au Vieux-Boucau, s’élèvent sur une immense ligne des bois qui seront 
un jour pour l’Etat une source de richesses. Lorsqu’on veut fixer une 
dune, on sème sur le sable trois sortes de graines, la graine de pin, celle 
de genêt et la graine d’une espèce ; de jonc qu’on appelle gourhet; puis, 
afin que tout ne soit emporté par le vent, on jonche de branches d’arbrê 
le terrain ensemencé. Sous cet abri, le gourbet pousse le premier, puis 
vient le genêt, et, protégé par ceux-ci, le pin se développe à son tour ; il 
monte et finit par étouffer ses protecteurs. La forêt est alors établie et la 
dune fixée. 

Mais en fixant les dunes, l’industrie de l’homme n’apas accompli toute sa 
tâche, et ceci m’amène à indiquer l’influence des dunes sur la salubrité du 
pays. Cette vaste ligne de montagnes que le sable forme sur le littoral arrête, 
comme je l’ai déjà dit, les cours d’eau douce qui, de la lande, s’écoulent 
vers la mer. C’est ainsi qu’ont pris naissance les vastes étangs échelonnés 
sur la côte depuis les Graves du Médoq jusqu’au Vieux-Boucau, et dont 
l’emplacement varie, ainsi que le prouve la direction de la voie romaine, 
qui se perd aujourd'hui sous les eaux. Entre les étangs et autour d’eux 
existent des terres marécageuses, et toutes ces terres inondées sont autant 














45 


ez forle constitution, d’un tempérament lymphatique et sanguin, 
d’une jggprou-.-c dcpuis.lrois ans de la gêne dans.la respiration-; il en 
cet 1,ol ^ n callsc à l’intérieur des fosses nasales. Depuis cinq mois, celte 
P lace t devenue considérable, et à un tel point, qu'il est obligé d’ouvrir 
S êne C che pour respirer. Depuis deux ans, il est sujet h des hémorrhagies 
la dantes parle nez et par la bouche; eiles.se. .répètent (jepuis quelque 
3 mDS à des intervalles, très rapprochés. Il a beaucoup maigri, depuis six 

ois'il esttrès affaibli;!» déglutition n’éprouve pas d’obstacles, En exa¬ 
minant avec soin ce malade, on constate l’impossibilité où il se trouve 
d’aspirer et de chasser l’air par le nez, et cependant les fosses nasales sont 
libres dans leur, partie antérieure et'inférieure. Le voile du palais est 
•diaissé et fait mie.saillie au fond de lajtavité buccale; sa face antérieure 
est bombée, surtout à droite. A l’aide du doigt, que M. Blandin glisse sous 
son bord libre,.il vient à bout de circonscrire une tumeur dure, à surface 
lisse. Cette tumeur ferme entièrement l’orifice postérieur des fosses na¬ 
sales; elle est peu mobile et adhère, par un pédicule très court, au voi¬ 
sinage de l’ouverturë de la trompe d’Eustachi. Lorsqu’on fait fermer la 
bouche au malade, la respiration est suspendue et la suffocation est immi¬ 
nente. Le timbre de la voix n’est pas sensiblement altéré; la déglutition 
est facile. Cet homme, faible, amaigri, était depuis longtemps sujet aux 
maux de gorge: il n'a jamais éprouvé aucun accident syphilitique. 

A la fin de mars, M. Blandin porta une ligature sur le pédicule de la 
tumeur qu’il dit être un polype fibreux. La ligature fut placée très promp¬ 
tement et fut maintenue à l’aide d’un serre-nœud à demeure. Pendant 
trois jours, on resserre chaque malin la ligature ; la tumeur alors a un 
volume plus considérable ; sa présence gêne le malade, dont /a respiration 
devient très difficile. Le cinquième jour, les accidens de suffocation sont 
très graves ; il y a une orthopnée intense ; le malade ne peut plus rester 
nue sur son séant. Une sanie fétide s’écoule par la bouche, qui est large¬ 
ment ouverte.Les fils de la ligature se brisent parla traction que l’on exerce 
à l’extrémité du serre-nœud. La tumeur n’est pas détachée. La suffocation 
est telle, que l’on craint de voir le malade périr d’asphyxie. M. Blandin 
fait placer le doigt d’un aide sous la tumeur, de manière à la porter le 
phts possible vers la face supérieure du pharynx, et il pratique la trachéo¬ 
tomie. Une canule à demeure est introduite dans la trachée; la suffocation 
cesse aussitôt après cette opération. Deux.jours plus tard, en tirant sur le 
polype avec des pinces, on l’extrait facilement; il a le volume d’un œuf 
de dinde; très dur, il laisse suinter par la pression une sanie fétide, de 
couleur noirâtre, comme de la lie de vin. L’incision de la tumeur en plu¬ 
sieurs directions démontre sa nature fibreuse. 

Pendant plusieurs jours, on laisse en place la canule trachéale ; le 23 
avril, M. Blandin la retira après s’être assuré, en fermant avec le doigt 
son ouverture extérieure, que le passage de- l’air par la glotte n’éprouve 
aucun obstacle. 

La plaie de la trachée marchait rapidement vers la cicatrisation, la 
voix du malade n’était pas altérée, la respiration était libre, lorsque, le 
1" mai dans la matinée, cet homme présenta de l’aphonie; il eut un fris¬ 
son suivi d’une fièvre assez intense; l’inspiration devint sifflante, et, par 
moment, la suffocation était on ne peut plus marquée. L’asphyxie devint 
bientôt imminente. Alors M. Blandin rouvrit la trachée en incisant le tissu 
dè cicatrice qui s’était déjà formé sur le lieu de la première opération, 
puis il plaça une canule à demeure. Immédiatement soulagé, le malade 
conserva dé la fièvre pendant plusieurs jours ; la respiration se fit libre¬ 
ment par la canule, qui ne livra passage à aucun produit de sécrétion mor¬ 
bide, comme du pus ou des fausses membranes. 

Nous n'insisterons pas sur les changemens survenus dans 
le volume et la consistance du polype après sa ligature, nous en 
avons déjà, en commençant, indiqué la nature et l’origine. Qu’il 
nous soit permis seulement de faire remarquer l’époque à la¬ 
quelle les accidens dont ils ont été la cause se sont manifestés ; 
c’est du quatrième au cinquième jour que la respiration a 
éprouvé une gêne assez inquiétante pour rendre nécessaire l’in¬ 
tervention du chirurgien ; c’est à peu près aussi vers cette épo¬ 
que que le même accident s’est manifesté chez le premier des 
deux malades que nous avons observés dans le service de Lis- 
franc. Ce rapprochement, dans la date et dans les faits patholo¬ 
giques correspondans, nous paraît renfermer un enseignement 
utile pour le praticien, dont la vigilance devra surtout alors se 
tenir en éveil, s’il ne veut être surpris par un accident qui 
pourrait devenir promptement mortel. 

Quant à l’obstacle apporté en dernier lieu et d’une façon si 
imprévue à la respiration chez l’opéré de M. Blandin, l’ausculta¬ 
tion des voies respiratoires ne'permit pas de lui assigner d’autre 
siège que la glotte elle-même. Mais de quelle nature était cet 


obstacle? Pouvait-on admettre l’occlusion de l’ouvert rtPe dû làrym 
par une récidive de la tumeur, ou par raccroisseinMt . rapitbï 
d’un second polype qui eût préexisté à l’opération ? CeBrsHgpL 
difficile à admettre, surtout si on pense que l’exploration du 
pharynx après la chute et l’extraction de la tumeur, donna la 
certitude qu’il n’existait dans l'arrière-gorge aucune autre pro¬ 
duction semblable. En supposant d’ailleurs qu’il se fût agi d’un 
polype,comment expliquer cette aphonie instantanée et ces 
accidens de suffocation qui se ,déclarèrent si brusquement? Ne 
sait-on pas que lorsqu’ils reconnaissent une pareille cause, ces 
apcidens offrent dans leur apparition une marche lentement 
progressive. La lésion la plus probable, celle que M. Blan¬ 
din, diagnostiqua, fut l’œdème de là glotte déterminée par l’in¬ 
flammation delà membrane muqueuse qui, par continuité dé 
tissu, se propagea jusqu’aux replis àryténo-épiglottiques. 

En acceptant ce diagnostic, le seul à notre avis qui fût ra¬ 
tionnel, on se rend compte aisément dû début et de la marche 
dés symptômes Observés; qu’il y ait en effet induration ou sim- 
plëmérit infiltration séreuse du tissu icellulaire sous-muqueux 
des lèvres delà glotte, pour peu que l’un ou l’autre de ces états 
pathologiques persiste, la respiration par le larynx devient im¬ 
possible, et dès lors il est nécessaire de maintenir la trachée 
ouverte, comme cela eut lieu pour le sujet de notre observa¬ 
tion. Chez lui, à plusieurs reprises, on voulut retirer la canule, 
et chaque fois les accidens de suffocation qui se manifestèrent 
de nouveau en rendirent l’emploi indispensable. Cette seconde 
opération ne détermina d’ailleurs pas plus d’accidens que la 
première ; la santé générale du malade se maintient parfaite, il 
n’éprouve pas d’autre inconvénient que celui de ne pouvoir se 
faire entendre; chez lui, l’aphonie est complète; de plus, il ne 
peut se livrer à aucun effort un peu soutenu, ce qui s’explique 
aisément par l’existence même de l’ouverture trachéale. 

Lorsque la lésion anatomique qui a nécessité la trachéoto¬ 
mie exige que la canule soit portée longtemps, il est fort avan¬ 
tageux de pouvoir remédier aux inconvénièns produits par 
son séjour dans les voies aériennes. Dans ce but, le pro¬ 
fesseur Auguste Bérard avait imaginé une canule qui pou¬ 
vait, grâce à une disposition particulière, se fermer pendant l’ex¬ 
piration ; mais aucune observation n’est venu confirmer l’effi¬ 
cacité de cet instrument. Poursuivant ces mêmes idées, M. Mao 
quet a fait fabriquer un petit appareil que nous avons vu 
fonctionner avec beaucoup de succès chez l’opéré de M. Blan¬ 
din. Cet instrument, dont les avantages sont relatifs à la pho¬ 
nation, à l’effort, et à la régularité de la respiration, est cons¬ 
titué par une canule ordinaire, à l’orifice extérieur de laquelle 
se trouve adaptée une plaque fixée par deux viroles et pouvant 
s’enlever à volonté ; cette plaque est percée à son centre d’une 
ouverture d’un diamètre moindre que celui de la canule; cette 
ouverture présente une soupape qui y tient par une charnière, 
cette soupape mobile s’élève pendant l’inspiration et s’abaisse 
au moment de l’expiration. Sur la eoncavité de cette canule sont 
pratiqués plusieurs trous par où s’échappe l’air expiré, qui se 
dirige ainsi forcément vers la glotte lorsque la soupape est 
abaissée. Comme il peut arriver que dans les premiers temps 
la lésion anatomique du larynx empêche l’expiration de se faire 
entièrement par la glotte, M. Macquet a eu soin de placer sur 
le bord de la plaque de son instrument une vis qui permet de 
graduer l’abaissement de la soupape et de ne laisser arriver à 
la glotte qu’une petite quantité de l’air expiré, qui revient 
ainsi en partie par l’ouverture de lq canule fermée iucomplè- 
tement. 

C’est au moyen de cet ingénieux mécanisme dont nous ayons 
pu apprécier les avantages sur le malade de l’Hôtel-Dieu, 
que la phonation s’opère chez lui distinctement et avec une 
très petite quantité d’air expiré. Ajoutons que deux autres 
malades portent le même appareil depuis deux années; la per¬ 
sistance d’une lésion du larynx faisant obstacle à l’inspiration, 
rend nécessaire pour l’un et l’autre l’entretien de la fistule tra¬ 
chéale. Chez ces deux malades le timbre de la voix n’est pas al¬ 
téré, et ils ont remarqué que l’occlusion delà sbüpapë était in- 


iensable lorsqu’ils veulent faire un effort de quelque dùréé 
■of'imil soit peu violent. L’observation directe est donc ici d’aç- 
i ’cord avec la théorie physiologique, qui, depuis Ilaller, a servi 
à expliquer le mécanisme de l’effort. La soupape annexée à. la 
canule trachéale, constitue de la sorte nue espèce de glotte ar¬ 
tificielle qui peut être fort utile toutes les fois qüé l’on prati¬ 
quera une ouverture à la trachée, .dans le but de. traiter une 
lésion ancienne du larynx qui nécessite le séjour,prolongé de 
la canule dans le conduit aérien. 

Peut-on faire usage de cet instrument chez les enfans affec¬ 
tés du croup? M. Nonat s’en est servi avec avantage pour un 
enfant atteint de cette maladie. C’est après l’expulsjoh des 
fausses membranes que l’on pourrait l’appliquer. Il permet 
alors de s’assurer que le larynx 'fonctionne normalement ; il 
faciliterait en outre l’allaitement et la déglutition, et procure¬ 
rait au malade le moyen d’expülsér par la toux soit le mucus, 
soit les fausses membranes qui se seraient formées au-dessus 
de la glotte. 

Dans le dernier cas que nous supposons, il est bon de ne 
placer d’abord la soupape que pendant quelques heures seule¬ 
ment; plus tard on la laisse à demeure, et on ne la retire que 
lorsqu’on a acquis la certitude que les fonctions du larynx Son t 
complètement rétablies. 

A. F. 


MOUVEMENT DE LA PRESSE MÉDICALE, ANALYSE 
DES JOURNAUX. 


JOURNAUX DE PARIS. 

Bulletin généra! de 'thérapeutique. — Décembre 1847. 

De là fiëvresynoque au point de liùe de la séméiotique et du traite¬ 
ment des fièvres continues; par M. Davasse. — Résumé de la thèse 
inaugurale de l’auteur dont rUNiotf Médicale adonné une analyse éten¬ 
due et détaillée (voir le n“ du 16 novembre 1847). A ce sujetnousne pou¬ 
vons nous empêcher d’exprimer le regret de voir que M. Deyasse n’ait 
aperçu dans cette analyse qu’un point d’assez minime importance et qu’il 
critique assez vivement! L’occasion se présentera sans doute de prouver à 
l’auteur un peu susceptible que l’enthousiasme ne tient pas chez nous ta 
place de la logique, , 

De quelques anomalies observées dans le cours d’une rougeole 
épidémique; par M. M. S. — L’auteur partage l’opjnion de Grégori, de 
Haen, MM. Guersant, Cazenave, etc., sur l’existence de la rougeole sans 
éruption caractéristique ( rubeolce sitie rùbeolis), opinion contestée par 
les deux Franck, et dènos jours par MM. Rayer, Bouillaud, etc. Il rapporte 
deux exemples de ces rougeoles anomales dans lesquels lès malades ont 
présenté tous les phénomènes sympathiques de la rougeole épidémique 
alors régnante, moins l’éruption. Cette question, encore très controversée, 
exigerait des faits très nombreuxpour sa solution. Ce travail augmentera le 
nombre des matériaux utiles. 

De l’efficacité des semences, du phetlandrium aquqticupi dans les 
affections des organes respiratoires; par M. Michéa. — Les semence? 
du pheUandriam aqùaticum sont d’un fréquent usage dans la, médecine 
vétérinaire, surtout contre la toux des chevaux. Vantées en Allemagne 
principalement par Hufeland qui en avait fait presque un spécifique de la 
phthisie pulmonaire, elles ont été rarement employées en France. M. Mi¬ 
chéa les a mises en usage un assez grand nombre de fois dans diverses 
affections pulmonaires, et il dit en avoir obtenu, des avantages très nota¬ 
bles. « Ces semences sont, dit-il, à la fois stimulantes et sédatives ; elles 
calment la toux, et elles diminuent ou font cesser l’oppression en facili¬ 
tant l’expectoration. Je ne su s ménjé pas éloigné de croire qu’elles,exer¬ 
cent une influence toute spéciale, une action que nul médicament ne peut 
remplacer, sur les organes de la respiration. Quelques faits m’ont prouvé 
que Lange ne se trompait pas en disant; qu’elles font cesser le crachement 
de sang, qu’elles arrêtent le développement des tubercules, qu’elles peu¬ 
vent s’opposer à leur ramollissement, et contribuer à. la cicatrisation des 
cavernes. » 

Certes, voilà des propriétés précieuses et qu’il serait bien désirable de 
voir confirmer par l'expérience. M. Michéa ne rapporte que trois faits, 
et malheureusement ils sont relatifs à des affections fort différentes les unes 
des autres. 

Dans le premier, qui est le plus intéressant, il s’agit d’un jeune homme 
de vingt-cinq ans, né d’une mère phthisique. Rhumes tenaces et habituels 
dansi’hiver. Poitrine sèche et comprimée, voix rauque et faible. Plusieurs 
hémoptysies. Amaigrissement considérable, surtoutdepuistrois mois. Tous 
les deux ou trois jours, Ürachctqéns d’un/sang vermeil, écumeux abon¬ 
dant? Toux sèche et fréquente, difficulté assez grande de respirer, cha¬ 
leurs à la paume des mains et à la plante des pieds. Légère matité sous la 


de foyers d’effluves mal faisans que les vents d’ouest disséminent sur la 
lande. Je consacrerai une lettre particulière (le temps et l’espace me man¬ 
quant aujourd’hui) aux remarques: que j’ai faites relativement aux fièvres 
intermittentes simples ou pernicieuses dans les pays que j’ai parcourus; 
mais je ne puis m’empêcher, en terminant cette lettre, de rappeler qu’il 
dépend entièrement de l’industrie de l’homme de faire -disparaître ces 
fièvres, si funestes à la force et à la prospérité des travailleurs. Etablir 
une communication entre les étangs et la mer, et faire déboucher dans les 
étangs les eaux qui n’y arrivent pas, telles sont les grandes mesures qui 
Seules peuvent faire fleurir les populations, et avec elles amener la culture 
et la richesse dans ces làndes désertes. Déjà des tentatives importantes 
ont été faites pour amener ces résultats, et ce n’est pas sans chagrin que 
je vois leur succès, sinon compromis pour toujours, au moins paralysé 
momentanément. Une Société, fondée il y a une douzaine d’années, sous 
le nom de Compagnie des landes de Bordeaux, commença l’œuvre de 
l’assainissement en créant 1 c canal d’Arcachon, qui doit établir entre le 
bassin d’Arcachon et le lac de Parentis une ligne navigable de plus de 
40,000 mètres de développement. De même la Compagnie agricole et 
industrielle d'Arcachon s’est mise à défricher et à assainir l’immense 
plaine inculte qui borde l’étang de Cazau. Mais ne dirait-on pas que, 
parmi nous, l’esprit d’association est encore, sinon dans l’enfance, au 
moins dans cet âge trop peu mûr où l’on se perd par la précipitation et 
l’impétuosité? Le canal d’Arcachon n’est qu’imparfailement terminé; les 
défrichemens entrepris sur des proportions gigantesques sont aujourd'hui 
fort restreints, et le malheureux chemin de fer de Bordeaux à La Teste 
attend toujours ces monceaux de produits que l’imagination des spécula¬ 
teurs tirait d’avance de ces sables stériles. Toutefois, en considérant at¬ 
tentivement ce pays, on ne peut s’empêcher de prévoir un avenir meilleur, 
et ce qui console le médecin au milieu des misères et des souffrances dont 
il est témoin, c’est la pensée que les travaux exécutés par l’industrie, 
tourneront tous au profit de la santé publique. J’ai cherché à prouver 
dans un autre travail que la'plupart des maladies populaires étaient, de 
même que lés superstitions, lès conséquences et, pour ainsi dire, les dé¬ 
bris du délaissement, de l’ignorance et de la servitude au sein desquels les 
peuples ont vécu dans les âges passés. Il y a quelques heures, en descen¬ 
dant de la dune d’Udos, d’où j’ai vu le soleil plonger dans l’Océan, son¬ 
geant aux fièvres intermittentes, à la pellagre et aux autres maux qui affai¬ 
blissent et dégradent ce peuple ignorant et superstitieux, mais hospitalier, 


et au fond plein d’intelligence, j’étais ramené à cette même pensée, aux 
espérances que, dès longtemps, elle a fait naître en moi, et au zèle dont 
elle m ? a rempli pour l’étude des maladies populaires. J’opérais autour de 
moi; avec l’imagination, les réformes qui ne seront opérées que par là 
main du temps, et le morne désert de Mimizan s’animait ainsi sous mes 
yeux l Plaise à Dieu que cè ne soit pas un vain rêve, et qu’il y 'ait autre 
chose de vrai et de réel qu’une heure de douces illusions passée dans 
les sables des dunes!... 

Th. R. 


NOUVELLES. — FAITS DIVERS. 

Paris. 

— Le ministère de l’instruction publique se composait en 1847 de trois 
divisions; une ordonnance du 2 décembre vient de doubler ce chiffre, 
et de créer six divisions pour l’administration de ce ministère. Ce sont : 
l re division, le secrétariat ou secrétariat général (hors cadre) ; 2 e division, 
l’administration de l’Université et l’instruction supérieure; 3 e division, 
l’instruction secondaire; 4 e division, l’instruction primaire ; 5 e division, 
l’Institut et lesétablissemensscientifiques et littéraires ; 6°division, lacomp- 
tabilité,générale et le contentieux. 


— 11 s’est passé à la faculté de médecine de Montpellier, un fait qui 
a une signification importante, et dont M. de Salvandy devrait bien faire 
son profit, pour ne plus révoquer les hommes qui ont une conviction. 

» Les quinze professeurs avaient été, s uni'imitation de M. le recteur, 
convoqués indivuellement à l’école à 7 heures trois quarts, pour se rendre 
en corps chez M. le recteur, à l’occasion du 1 er jour de l’an. M. le nou¬ 
veau doyen se rend exactement à l’heure indiquée. Un quart d’heure, une 
demi-heure s’écoulent; aucun professeur de la Faculté n’arrive. M. le 
doyen se promène à grands pas. Enfin, un professeur de l’école, un seul, 
paraît: fisse prennent bras dessus bras dessous, et s’en vont, repré¬ 
sentant à eux deux toute la Faculté; offrir à M. le recteur leurs hommages 


— On lit dans VImpartial de la Meitrthe: « Nous gararitisons l’authen¬ 
ticité du fait suivant qui est donné par un témoin oculaire. M. le docteur 
Jalowski, médecin à Jallaucourf, canton de Delme, à l’aide de ce nouveau 
moyen, a procédé à une grave opération chirurgicale qui a parfaitement 
réussi. 

« il existe, à Jallaucourt une jeune fille de quatorze ans, qui avait jus¬ 


qu’alors porté avec elle un phénomène remarquable. Dès son enfance on 
avait observé qu’elle, avait sur le nombril une proéminence qui devenait 
chaque année plus considérable. De la grosseur d’un œuf de pigeon 
d’abord, elle était devenue comme fa tête d’un petit enfant. Un jour cette 
sorte de tumeur sé développa plus rapidement que jamais, puis s’ouvrit et 
laissa voir une figure humaine,a,veç la partie supérieure du corps placée 
dans la position qu’a l’enfant dans le sein de sa mère ; sa tête était couverte 
de cheveux, sa bouche renfermait quatre dents, et les ouvertures des yeux 
donnaient passage à une humeur continue. C’était évidemment un frère 
jumeau de la petite paysanne qui avait avorté. 

» Maintes fois le médecin de Jailaucoürt offrit de se charger de l’ex¬ 
traction de cet embyron.; la fille jeune refusa toujours cette douloureuse 
opération. 11 y a quelques jours le docteur lui réitéra sa demande en propo- 
sant eette fois de l’endormir à l’éther. Sa proposition fut acceptée enfin, et en 
présence de deux de ses confrères de Nomeny et de Delme, le chirurgien 
éthérisa la jeune enfant et procéda ensuite à l’enlèvement du fœtus. En 
une demi-heure tout fut fini. Quand on eut réveillé la jeune fille, elle dit 
qu’elle n’avait point souffert et qu’elle avait seulement rêvé qu’on lui tra¬ 
vaillait l’abdomen. Elle est depuis ce moment dans un état florissant de 
santé. 


Otaries, adressés .A {Union Médicale. 

Billod (E.). Des maladies île la volonté ou Éludes des lésions de celte faculté dans 
l’aliénation mentale. In-8, Paris 1847. 

Boyer (Lucien). Amputation de la cuisse, éthérisation ; torsion des artères. In-8. Pa¬ 
ris 1847. 

Danielssen (D.-D.) et Wilhelm Boeck. Traité de la spédalskhed ou Elephantiasis 
des Grecs; ouvrage publié aux frais du gouvernement Norwégien; traduit du nor- 
-wégjcn sous les yeux de de M. Daniclssen, par 1..-A. Cosson (de Nogaret). 1 vol. 
in-8, avec un atlas in-folio de 24 planches coloriées.,Paris 1848. 

Levacher. Guide médical des Antilles et des régions intertropicalcs, à l’usage de tous 
les liabitâns de ces contrées; renfermant des études spéciales sur les maladies des 
colonies eh général, et eh particulier sur celles gui sont propres à la race noire, 
avec le traitement qui convient; à chacune de ces affections, et un formulaire appro¬ 
prié à la médecine pratique' dé ces pays. Troisième édition. Un volume in-8. Paris 
1847. 

Robert (Aimé). Notice sur l’eau minérale ioduréc et bromurée de Wildegg (canton 
d’Argovie). Deuxième édition. In-18. Strasbourg 1847. 

SÈetiià (Edouard) Jacob-Rodrigues Pereire, premier instituteur des sourds et muets 
(1744-1780), pensionnaire et interprète du roi, membre de la Société royale de 
Londres, etc. Notice sur sa vie et ses travaux et analyse raisonnée de sa méthode, 
précédée de l’éloge de cette méthode par Bnffon. tin vol. in-18. Paris 1847. 















clavicule drçyte, un,peu d'obscurité dans le bruit respiratoire — Pen- 

Eft * B P'’ S " SI î?'i S10r ! du travail - abstinence dè vin pur et d’une àlimen- 
tpmnc t r°P ani "’ al,sée - * 1 température douce et invariable. Au bout de ce 
Œ; l f s crad,e, f" s dR san?, la toux, l’oppression ont disparu graducl- 
lement, (.0 voix,est devenue pb» claire, la matité du son et l’obscurité du 
jours resplra oire or!t rétrogradé, et l’embonpoint augmente tous les 
Dans le deuxième fait il est'question d’un catarrhe bronchique durant 
ef ouf cMa m Y^îi 16 n"" 6 ' ,ong ü e série de moyens thérapeutiques, 

T&&?®S£,Vi l ïïrr‘ ****** <“ gpA 

observation il s’agit d’acçès d’asthme se renouvelant 

I,rL r lT’ e r CX ?,f rien n e a a PP Hsh M- ’llichéa relativement q la dose 
et aux formes sous lesquelles on peut administré!’ ce médicament. Qii peut 
«“ poudré, deux'fois 
deci S rart W es ’ Mtft avec du *'ucre ; mais sons 
CS ffSÎW. ct médicamenteux a semblé 
plus rapide et plus sut. Il faut donner au malade de deux a quatre cuilje- 

nendW l’iritéi^iirT continuer sans interruption l’usage 
C t e d ® six semâmes-'*' deüli’'mois. Ce n’ést guère qu’au 

bout de ce tetnps que les résultats salutaires en Sont très appréciables'. 

etson iràiiémèfi^ 

fessenr Rt^Un ? r ^ E * P0SltlOn rat éressaute des opinions de M. tle pt-o- 
™ i cet , “«Portant sujet. L’auteur commence par délire 

h o y p iPe - V ra T atifIUe d ’ après les observations recueillies 

Cette description lui paraît indispensable avant d’arriver à la 
question de la nature de la maladie. 

inféh U s ê dé âi fnS a°^’ : i na r- ée , s ’ < l uel< I uef o is vomissemens, Bientôt fièvre 
intense, îhaiaisegénéral. La,plaie se gonfle et devient rouge sur les bords 

e tr U dei U des°lv I nnh'?- Ua ’ Se Sapprin î e ’ le P us devi ent séreux; souvent sur 
cLn J , ‘i l } P ( ! UeS CXI * u ' nt dos traîné es d’un rouge vif, et la pres- 
" 1 douloureuse dans les régions où existent des ganglions lymphati- 
ques desmènibres où de la partie du tronc siège de la blessure. Cesgan- 
les si " nes de l’adénite 

2 8 /% qî Je Pbenomône, le plus apparent de la maladie et qui 

rouge vif dont nous avons parié. 
IgPillfillffiHI? * la l'ime, la peau devient rouge et l’érysipèle appa- 
‘Obèses phénomènes généralement connus. Il y a doue pour 
iU. Blandin dqux élemens principaux dansl’érysipèlé: 1° la lymphite ; 2” la 
cuiitequ, i inflammation de, la peau. } p 

in^X^ t ^C“ l -'® aS '^ l ^ ,ll!eBt '- ,Ine ' Complication de la maladie, elle 
en est un des élémens principaux, puisque c’est par l’intermédiaire du 
système lymphatique qqe l'inflammation se généralise; mais l’érysipèle 
n’est pas seulement une lymphite,/car celle-ci s’observe smiIe Sem- 
ment, L inflammation déjà peau seiile: n’ést pas non plusJ’érvsipèle: elle 
PP* e ®î/ in “ n i dlé [ ro ( ent essentjei; moins important que'la lymphite 
a laquelle on doit rapporter les phénomènes généraux de l’érvsiDèle là 
cutite ne .donnant |iqu qu’à des nhênomènes locaux. . 
ïtoni béorie, est f vraie, en guérissaut la lymphite au début on pré- 
vmnt I érjsipele. Blandin,, aussitôt qu’il a, constaté l’engorgement 

douloureux des ganglions lymphatiques, applique sur ces gau dions ving" 
cinq sangsues. Ce(te>plication 

et une quatrième fois môme si les ganglions sont enrore douloureux^Par 
ces saignees iocales répétées coup sur coup, l’adénite, làiyninhite'sont 
arretéesdans leur marche, et l’on a prévenu ainsi l’érysipèle. Depuis que 
M. Blandin a recours a cette -méthode de traitement, la plupart des érvsi- 
£ m T — T 6 avortent; cependant, les circonstances hygiéniques 
n ont pas change, la méthode dé traitement seule a été modifiée ûes onc 
lions de cërat sont faites sur la peau qui avoisiné la plaie et qui est le 
siège de rougeur. Après les émissions sanguines''et dans leur intervalle 
on maintient en permanence des cataplasmes sur les S'SI 
ques. L auteur dit posséder plus de soixante observations de guérison 

S C TlffinS SKffiSÈ"*! “5 ***V*'3El 

q ili > ; ", ? U pas dtd enra lde, il y aurait eu érysipèle. 

Ion est appelé trop tard, et que la maladie soit généralisée on doit 

avoir iecours aux émissions sanguines générales. 


décoçtidq/simple (dont,4 tierces, 3 quartes, 2 quotidiennes et 2 double 
tierces , 3..n ont fuis guéri : 1 double tierce (qui a cédé depuis à deux 
doses de la décoctmn c °mposée), 1 quarte (traitée depuis avec succès 
J "" gramme et demi de sulfate), et 1 quotidienne (également guérie 
coLn f de Sll . fate) - EnfiD ’ des 18 fièvres traité es par ladécoction 
composée (6 fièvres tierces simples, 6 doubles, 2 quartes et 4 quotidien- 
1 l ' e vce simple a nécessité l’administration de 75 centigrammes de 
sulfate, 2 double tierces ont dû être traitées par les purgatifs et les sai¬ 
gnées, et une troisième, qui offrait la forme pernicieuse, a dû être traitée 
JS f n sn'fate de qurnine ; 2 autres (1 quarte et 1 quotidienne) ont néces- 

sué 1 administration du sulfate de phillyrine. 

_ Nous croyons en avoir assez dit sur l’efficacité des préparations de 
phillyrée pour nous dispenser de faire connaître les faits de la seconde 
et de la troisième série. Ces expériences conduisent à ce résultat, qu’on 
f‘ pudu re st e Prévoir : que le sulfate de phillyrine jouit d’une activité 
propornonnehp bien supérieure a: celle des autres préparations de pbil-, 
lyree. Anist,, 22 malades ont été traités par le sulfate et 20 ont guéri ; 13 
nülf é , ,r ? d<?S ar la , poudr é et ll o,rt guéri ; 18 par la décoction com- 
posée et « guéris; 10 par la décoction simple et 7 ont guéri. Ce qui 
ddnne le chiflre 20 pour le sulfate, 11 pour la poudre, 7 pour la décoc¬ 
tion composée et 4 2/8 pour la décoction simple. 

Tels sont les résultats annoncés par le professeur Jachelii. S’ils sont 
exacts, connue tout porte a le croire, on aura dans la phillvrée, et Sur¬ 
tout dans le sulfate de phillyrine, un assez bon succédané du quinquina 
et de ses préparations. Il importe cependant de ne pas se faire illusion : 
toutes les fois que I on se trouvera en présence d’une fièvre dont le ca¬ 
ractère tendra a devenir pernicieux, i’antipériodique par excellence, le 
sulfate de quinine, devra seul être mis en usage. 

(Atti dell' Acciclemla medico-chirurgica di.Ferrara, et Giornale 
veneto, di Nanuas et Fanlonetti. 1847.) 


Guette des hôpitaux en a dit quelques mots; moi-même j’ai consacra ■ 
un art ic Iea cette invention dans la Semaine médicale, que j’ai rédigée 
début du journal la Semaine. 

J’espère, Monsieur le rédacteur, que vous tiendrez d’autant plus à res 
lituer a notre très honorable confrère ce qui lui appartient, que von! 
n ignorez pas que trop souvent la maladie est venue interrompre sa course 
et vous serez d’avis que si les travaux importans auxquels il a si honora! 
blement attaché son nom, sont jusqu’à ce jour restés inachevés, il est iust» 
au moins de respecter sa possession en attendant que nos vœux se réali 
sent, et qu’il lui soit donné d’y mettre la dernière main. 

A 2 réez ’ etc ” D’ J.-E. Payen. 


NOUVELLES. — FAITS DIVERS. 


Etrtplai du seigle ergoté dans le traitement de la paraplégie; par le 
docteur K. Boaisi. 

' Sous ce titre, l’auteur fait connaître une observation relative à un 
homme de plus de cinquante ans, robuste et sanguin, d’un tempérament 
apoplectique, sujet depuis plus d’un an à des vertiges passagers, qui fut 
Pris tout apoup, au mois d’octobre d84û,,de perte de connaissance et de 
la parole. Soumis a un traitement antiphlogistique énergique, les accidens 
paiprept d abord se calmer; mais bientôt la paralysie se reproduisit, d’a- 
bord dans le côté gauche du corps, puis dans la langue, dans ie membre 
mrerieur droit, et enfin sur.la vessie; le bras droit seul était libre, et 
1 intelligence était considëràblemént affaiblie. Tous les moyens employés 
habituellement en pareil cas furent mis en usage pendant quinze jours 
presque sans résultat. Perte complète des moùVeméns volontaires, œdème 
des membres paralysés; les nervins, les antispasmodiques, la strychnine 
meme n apportèrent aucun soulagement. Dans ces circonstances, l’auteur 
songea au setgle ergote, qu’il administra d’abord à petite dose, puis à dosé 
d.e_plus en plus élevée. Sous cette .influence, le mouvement et la sensibi¬ 
lité,reparurent* les urines reprirent leur cours, l’intelligence se rétablit, 

et_la guérison définitive s’opéra assez l’apidement. 

[Atti, d,ell'Acudemia medico-chirurgica di F errata 
« Giornale veneto di ^amias, 1847.) 


PHARMACIE^ MATIÈRE MÉDICALE ET REVUE 

THÉR APEUTIQUE. 

BEVUE THÉRAPEUTIQUE.’ 

Observations sur les propriétés fébrifuges delà PhiliyrealcUMia, 
et de ses préparations ; par le professeur Jachelli, de Ferrare 

dans les Potions de quinqui- 
na, meme dans celles de 1 arsenic, des moyens vraiment excèiiens pour 
cüüperi les fièŸrês d accès, il nous a paru de quelque intérêt de faire con- 
naîH-e des expériences entreprises par le professeur de Ferrare sur une 
très grande échelle. 

Ces expériences ont été faites avec quatre préparations : 1» la poudre 
des jeunes feuilles et des jeunes rameaux de la plante (on l’a administrée 
a.la dose de 30 grammes, en quatre prises et pendant l’apyrexie) ; 2“ avec 
ersulfate (1), a ia dose de 75 centigrammes à 1 gramme,.également dans 

l apyre^e; 3» arec ,la_ décoction simple, préparée avec 30 grammes de 

pbillyree incisée dans 1,500 grammes ti’eau de fontaine, réduite au tiers 

par ébuilition (à la close de 1/2 à 1 lciiogramme, dans l’intermittence)- 

4 et la décoction Composée, préparée avec la décoction précédente, à 
laquelle on ajoute 30 gouttes d’acide sulfurique pour 1,500 grammes et 
que 1 on réduit au tiers par l’ébullition (même dose que la précédente) 
Les observations de Mï Jachelli se divisent en trois séries. La première 
comprend les expériences faites en 1825 et 1826, au nombre de soixante- 
trois, avec les diverses préparations précédentes. La seconde renferme 
dix-sept observations, faîtés en 1842, avec la poudre et la décoction 
simple. Enfin, la troisième renferme douze cas de guérison de fièvre in- 
ternÿttenfe par la poudre seule, dans le cours de l’année 1845. 

Sur les 63 malades fle la première série, 13 ont été traités par la pou¬ 
dre, -2 par le sulfate, 10 par la décoction simple, 18 par la décoction 
Sîjjgfe. t> es |3 fiëVres traitées, par la poudré, 5 étaient tierces et 3 
double tierces. Toutes ont guéri. Une fièvre quarte simple a guéri égale- 
ment. Une fièvre double quarte,a résisté à ce traitement, ainsi qu’à tous 
ceux qui ont été employés depuis. Trois étaient quotidiennes; une seule 
a résisté au traitement et a cédé depuis à l’administration d’un gramme 
de sulfate de phillyrine. Sur les 22 cas traités par le sulfate (dont 11 fièvres 
tierces, 3 double tierces, 2 double quartes et 4 quotidiennes) ‘i seule- 
ment ont résisté, 1 tierce et 1 quotidienne. Sur les 10 cas traités par la 


CORRESPONDANCE. 


(1) Voici la préparation de ce sulfate : on prend 6 kilogrammesde pliellyrée, incisée • 
a , '! Sr , am T S d ea ,'! de ■ fonta,nc et 259 gammes d’acide sulfurique concentré, où 
™ a hrt r"nn ni et ^ étamé peu 

i W Soi, lé ’ r?. r é ,e 1,(,U ‘ dC d,aud ^ llr "*t ‘«il*. On traite le résidu avec de 
1 ‘ 0n Jr C f r!-' b0IU llr à lr0is |,< ’f riscs P°«r l’épuiser. On mélange les dé¬ 

cochons. On laisse rélroldir, et l’on ajoute du ig de. cl,aux jusqu’à cc que fa l oueur 
rtfflSÛr# iettÇ ’ le filtre, on le laveavcc d^l’eau 

SuSÎM m 4 é n - 1 • lW , VC t a une ‘«“Pâture de 40 à 50" Réaumur ; on le 
fa , 11 d, S e ™ r dails assea grande quantité d’alcool à. 36°, et 
fimufin .pendant un,lieuçe, dans un alambic, pour lecucUlir l’alcool en excès On 

filtré encore chaud; on dîst,lie de nomcau, pou. enlever encore de l’alcool k on 

ajoute enfin de 1 acide suiruriquc étendu ,1e'quatrè parties d’eau, pour, saturer la 
pMtyrèhe Queiquts jours aptes, on a d.s c,,siaux que l’on pu;Ific par le charbon 
ammal, qu, se pr«t.alpi S; sous forme de Obcons sojeux, sembla files à'l’amiante 
et d une-saycuF .legerement amère et âpre. ’ 


A Monsieur le rédacteur en chef de /'Union Médicale. 

Monsieur le rédacteur, 

Vous avez inséré dans votre numéro du 28 décembre 1847, une lettre 
de M. le docteur Woillez, qui réclame sur moi la priorité de l’explication 
de l’all'aissement du poumon dans Jes cas de plaies pénétrantes de la poi¬ 
trine. M. Woillez a inséré dans sa thèse soutenue en 1835 la phrase sui¬ 
vante : « Toutes les fois que par une cause quelconque, un lluide aéri. 
forme pénètre dans la pièvre, il fait équilibre à l’air contenu dans les 
conduits aërifères du poumon, et celui-ci obéit à son élasticité qui ie rëv 
duit à son volume positif. » Il faut que mon honorable confrère et ancien 
élève ait accordé bien peu d’attention à ce qui a été dit de part et d’autre 
dans ce débat, et à ce que vous avez publié vous-inème, pour avoir cru 
que ma doctrine datait de 1847. Je l’invite a lire dans les Archives gé¬ 
nérales de médecine, numéro de juin 1830, un mémoire de M. Bérard 
aîné sur les effets de l'élasticité dupoumon. Il y trouvera Ja phrase sui¬ 
vante : « Quel est l’état du poumon avanç la ponction pratiquée aux parois 
delà poitrine et au diaphragme? il remplit exactement ia cavité thora¬ 
cique, et ses cellules aussi bien que les ; divisions bronchiques renferment 
de l’air en communication Libre ^par la trachée avec i’air extérieur. Il y 
a donc une colonne d’air qui presse la cavité du poumon ou Ja face interne 
de ses cellules. Une deuxième colonne d’air est mise en rapport avec sa 
face externe au moment où l’on ouvre la poitrine. Je voudrais, maintenant 
que les partisans de l’explication que je combats, me démontrassent par 
quelle loi physique la pression atmosphérique s’exercera avec plus d’avan¬ 
tage sur Ja face externe que sur la face interne du poumon. » On lit en¬ 
core un peu plus loin ; « Le poumou se trouve placé entre deux forces 
parfaitement égaies, et qui, par conséquent, se neutralisent. Si, dans cet 
état, il revient sur Jui-mëme, c’est son élasticité seule qui doit expliquer 
ce retrait. » 

Je pense que M. Woillez se sera assimilé ce qu’il a entendu professer 
au cours de physiologie, et que plus tard il aura oublié d’où lui étaient 
venues ces notions sur les effets de l’élasticité du poumon. Vous savez 
d’ailleurs que j’ai fait remonter à Haller l’honneur de l’explication que 
M. Woillez s’attribue. 

Agréez, etc. Bébard. 

Ce 5 janvier 1848. 

Paris, le 3 janvier 1848. 

Monsieur et honoré confrère, 

En lisant dans le numéro de I'Cnion Médicale pour le 1 er janvier l’ar¬ 
ticle du docteur Marchant sur V,alimentation des aliénés qui se refu-. 
sent à prendre de la nourriture, j’ai été surpris de n’y voir aucune 
mention de l’ingénieux moyeu employé par M. Leuret pour obtenir ce 
résultat. 

Cette omission semble d’autant plus étrange, que la communication 
faite par M. Leuret à l’Académie de médecine date seulement de 1845, et 
que son procédé a été mis en usage à Bicétre, qui n’est pas éloigné d 'AL- 
foi't. Le docteur Leuret avait fait préparer des intestins de moutons 
comme on fait pour la baudruche, il én introduisait plusieurs l’un dans 
l'autre, afin d’obtenir une plus grande solidité, et il était arrivé à faire 
confectionner des tubes parfaitement souples, inodores, résistant long¬ 
temps à l’action de la chaleur et de l’humidité, lesquels ne présentaient 
pas pljusde volume qu’un étroit ruban. Ce tube, introduit plus ou moins 
profondément dans l’œsophage à l’aide d’un mandrin, soit par la bouche, 
soit par les narines, pouvait être laissé en place, et on évitait ainsi la fa¬ 
tigue et les difficultés d’une inlroduition nouvelle. 1| ne gênait en rien les 
mouvemens des organes qui s’habituaient très facilement à sa présence. 

M. Leuret a entretenu l’Académie d’un cas particulier, dans lequel ce 
moyen lui avait parfaitement réussi. Les journaux de médecine de l’époque 
ont parlé de cette sonde nouvelle; je crois pouvoir affirmer que la 


Etranger. 

T 11 «suite des derniers recensemens de la population qui ont eu lien 
en Prusse, en France et en Autriche que les femmes sont un peu plu. 
nombreuses que les hommes dans la proportion de 104.93 à 100 pour le 
de h 3 , a î?° P ° ur ,e second et de 103 a 100 pouirie troi, 
domffief dansla'popiriatioî?' année ^ de se * e fémini ' 1 c °“™»ce à pré- 

mortalité en Angleterre. — Le gouvernement anglais a publié 
ces jours derniers le relevé trimestriel de la mortalité jusqu’au mois de 
septembre inclusivement. Il résulte du dernier relevé commençant en 
jmilet et finissant eu septembre, que la mortalité a été de 1,948 au. 
dessous âe ce qu elle était dans le trimestre correspondant de 184 1 ', et 
' e . au '? essus de la moyenne des neuf années précédentes. Mais 
cette diminution ne porte pas du tout sur ia mortalité de la métropole 
e ” « ntant : 10-987 dans le troisième trimestre de 
1845,12,601 dans le meme trimestre de 1846, et 13,187 pour 1847 
A Liverpool, la mortalité a pris les proportions les plus effrayantes • c’est 
que cette ville est. en quelque sorte la porte de l’Angleterre pour l’rrian- 

1 934 9 e 09S I q/ri'aM 6 CIme, . ière - En la mortalité a été de 
Nn et 2,735 par trimestre, ou de 10,713 pour l’année. 
El V\ 8A n’ , les trois premiers trimestres, de 3,068, 4*809 

et 5,b69, ou de 13,546, c’est-à-dire de 2,833 au-dessus de ce qu’elle a 
0r - '■ 

La mortaliié reste toujours plus élevée de 10 à 50 pour cent dans les 
villes que dans les districts agricoles. Mais ia différence est bien plus 
grande pour les individus au-dessous de 15 ans qu’à toute autre époque 
de la vie . ainsi, sur 13,187 personnes qui sont mortes à Londres dans le ! 
dernier trimestre, on compte 6,584 au-dessous de 15 ans, 1,786 de 15 à 
35 ans, 1,983 de 35 a 55, et au-dessus de 55 ans 2,834; tandis que dans 
le comté de Dorset, district agricole mais cependant assez pauvre, il n’est 
mort, dans le troisièmet trimestre de 1838 à 1844, que 3,078 personnes 
au-dessous de 15 ans, 1,709 de 15 à 35,1,357 de 35 à 55, et 1,955 au- 
dessus de 55 ans. D’ou il suit que la mortalité sur les'enfans au-dessous 
me 1 P US q " e riouble a Eondres de ce qu’elle est dans le Dorset- 

-Cette condamnée à mort qui a été soumise à un examen des matro- 
nes iorsqu elle a déclare sa grossesse, et dont la déclaration a été reconnue 
exacte par les médecins qui ont été appelés à constater son état, a défini¬ 
tivement vu sa sentence suspendue jusqu’à nouvel ordre. Dans la lettre 
que ie ministre de l’intérieur G. Grey a adressée aux aldermans à ce sujet, 
il est facile de voir que la reinea rintemion de commuer la peine capital^ 
^ UP de a ?? e e ce , Ue , femme se lr ouve encore en une peine moins 
sévere, très probablement la déportation. 

, — On a aujourd'hui des renseignemens complets sur la mor¬ 

talité qui a eu lieu a Grosse-Isle, pendant le coursde la fièvre épidémique 
apportée par les ém.grans. Cèue épidémie a duré 21 semaines et a causé 
3,5ù2 morts. Si on y ajoute o,000 morts qui ont eu lieu pendant la tra¬ 
versée,, 2,1§2 pendant la quarantaine et 1,000 à l’hôpital de la marine 

on.arrive au chiffre effrayant de 9,63ô morts. ■ ’ 

fr 28 novembre dernier, 1 !'Association médico-éthique de Manches- 

î!;L a î!v ' sa ? re !? ièrç L’assembléfe était des plus nombreuses et 

présidée par le docteur Bardslcy. Elle a entendu le rapport du comité 
Œ° a ’ e ;H qUia , Vait ,, élé /°T é mois d ’ août dernier - Le but de cette 
Société est des plus eléves. « Fonder un code (l'étiquette ou (léontolo'de 
médicale destihé à servir de guide de conduite aux médecins ; dérider 
outes les questions d’usage ou de courtoisie, qpi se présentent dans la pra¬ 
tique médicale ; sauvegarder la dignité et les intérêts de la profession - en¬ 
courager les praticiens honorables; correspondre avec les corps consti¬ 
tués ou les médecinsde tous les points du royaume sur toutes les maladies 
qui touchent aux intérêts professionnels; enfin, par son influence morale 
et par 1 exercice d’une surveillance judicieuse, prévenir les abus de tout 
genre, tels sont les besoins auxquels l’Association est destinée à répon- 
dre. » Cette Association comprendra tous les praticiens exerçant dans la 
ville de Manchester et dans les environs, jusqu’à 20 milles de distance 
ayant un diplôme quelconque, pourvu cependant qu’ils ne soient ni ho- 
mœopathes, ni hydropathes, ni magnétiseurs; qu’ils ne fassent Das 
d affiches ou de circulaires; qu’ils ne vendent aucun remède secret et 
qu ilsn en prônent pas davantage l’emploi; qu’ils ne vendent pas d’articles de 
parfumerie et de toilette; enfin, qu’ils ne fassent pas de marché avec les 
apothicaires.... On voit que les abus qui existent chez nous se retrouvent 
encore chez nos voisins, mais plus prononcés peut-être à cause du régime 
de liberté où se trouvent placées toutes les professions médicales. ° 

, o rr La Société royale de Londres a renouvelé son bureau pour l’année 
1848.;En voici la composition : président, le marquis de Northampthon - 
trésorier, G. Renme ; secrétaires, P. M. Roget, J. Hunter. Christie ; secr 
taire étranger, L. Sabine; membres du conseil, Th. Bell, R. Brown 
J. Clack, S. Cooper, H. de la Bêche, E, Forbes, J. P. Gassiot Tb Gra 
hüm J , Th. Graves, J. F. W. Herchel, W. Hopkins, Robert inglis, Cli 
Lyell, le duc de Northumberland, G. Richardson Porter, Sykes. 

nouvelles du c.holêji\. — La Gazette universelle de Prusse dément 
la nouvelle de 1 apparition du choléra à Tiisitt. 


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nés. Le prix de chaque volume est payable en retirant le premier fascicule. 


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L UNION MÉDICALE 

JOURNAL DES INTÉRÊTS SCIENTIFIQUES ET PRATIQUES, MOBAUÎ ET PROFESSIONNELS 

DU CORPS MÉDICAL. 


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Ce Journal, fondé par MM. BICHEtOT et ACBKBT-BOCIU:, parait trois fols par semaine, le MARDI, le JEUDI et le SAMEDI. 

Tout ce qui concerne la Rédaction doit être adressé aux Bureaux du Journal, à M. le Docteur Amédée iatoib, Rédacteur en chef; tout ce qui concerne l’Administration, à M. le Docteur richelot, Gérant. 

Lu Lettres et Paquets doivent être affranchie. 


sommaire. — I. Le projet de loi devant la Chambre des députés. —Diminution 
dans les frais d’études. — Commission permanente du Congrès médical. — II. Tra¬ 
vaux originaux : De la (lèvre intermittente chez les jeunes enfans; de la gangrène 
paludéenne ; des fébrifuges et des différentes manières de les administrer. — III. 
Revue clinique des accocchemens (clinique delà ville). — IV. Revue des 
journaux (journaux de Paris). Bulletin des travaux de la Société médico- 
pratique de Paris : Résumé et analyse des années 1845, 1846 et 1847. — (Jour¬ 
naux belges). Annales de la Société médicale de la Flandre occidentale : Né¬ 
vralgie du nerf crural chez une femme en couches; guérison par l’accouchement.— 
Délire dans un cas de phthisie, deux jours avant la mort. — Efficacité de l’acétate 
de plomb dans un cas d’hypertrophie du cœur. — De l’état des gencives chez les 
phthisiques. — V. Correspondance : Lettre de M. Laurençin. — VI. Nouvelles 
et Faits divers. — VII. Feuilleton : Causeries hebdomadaires. 


PARIS, LKIO JANVIER 1848. 


LE PROJET DE LOI DEVANT LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS. 

La loi sur l’exercice de la médecine est aujourd’hui à la 
Chambre des députés. Portée le même jour que l’on y pré¬ 
sentait le budget de l’Etat, une nouvelle théorie de l’impôt du 
sel, et quelques dispositions simulant des réformes, cette loi 
n’a pas produit la sensation que cause d’ordinaire le dépôt d’un 
projet important. La bonne volonté, l’empressement de M. le 
ministre de l’instruction publique ont eu leur premier échec. Il 
est de notre devoir de veiller à ce qu’ils n’en aient pas d’au¬ 
tres, au milieu des préoccupations politiques partout domi- 
mantes. Nous ferons tous nos efforts, par exemple, pour que 
la loi ne soit pas discutée trop après le projet d’adresse, lors¬ 
que les députés fatigués, ou croyant avoir satisfait à la plus 
haute de leurs obligations, celle de dire la vérité au roi, dé¬ 
sertent la Chambre, et abandonnent la confection des lois aux 
membres qui ont le mérite ou l’habileté d’être exacts ou 
assidus. 

Deux ou trois hommes alors réputés spéciaux conduisent un 
débat, et sous l’approbation d’un ministre, donnent à une loi 
toute sa portée, conforme à la propre portée de leur esprit, 
de leurs vues, de leurs intérêts. 

Mieux vaudrait cent fois pour nous que la loi sur l’exercice 
de la médecine restât, cette année, à l’état de rapport. 

Bien que l’intérêt sérieux, considérable du projet de loi sur 
la médecine soit resté comme étouffé entre des lois qui répon¬ 
daient bien autrement aux passions politiques, quelques mem¬ 
bres de la Chambre ont pourtant déjà fait une remarque, tirée 
des dispositions différentes présentées le même jour. L’attribu¬ 
tion à l’Etat d’un monopole (celui du sel) et la création obs¬ 
tinée de médecins cantonaux, communaux, etc., leur a semblé 
appartenir au même système. C’est toujours, en effet, le gou¬ 
vernement qui prend pour répartir, qui possède pour déléguer. 
C’est toujours lui qui monopolise, pour le plus grand bien de 
tous, sous entendu. 

Il ne nous appartient pas de développer cette observation. 


Nous la croyons juste, et nous la soumettons dès aujourd’hui 
aux futurs membres de la Commission. 


COMMISSION PERMANENTE DU CONGRÈS MÉDICAL. 

La Commission s’est réunie, samedi dernier, sous la prési- 
deuce de M. Serres. 

M. le docteur Thierry, appelé en vertu du vote de l’assem¬ 
blée du 15 novembre 1845 à faire partie de la Commission, a 
pris part à la délibération. 

La Commission a décidé qu’une nouvelle circulaire serait 
adressée aux membres du corps médical, ayant pour but d’ap¬ 
peler de nouveau toute leur attention sur les articles du projet 
de loi qui ne sont pas en harmonie avec leurs vœux, et de les 
inviter à adresser une pétition à la Chambre des députés pour 
lui signaler ce désaccord. 

Cette circulaire est actuellement sous presse, et pourra être 
adressée aux membres du corps médical dans le courant de la 
semaine prochaine. 


DIMINUTION DANS LES FRAIS D’ÉTUDES. 

Le projet de loi du budget des recettes, pour 1849, contient 
une disposition relative aux droits à payer pour obtenir le 
grade de docteur en médecine. La Chambre des pairs avait de¬ 
mandé l’année dernière qu’il y ait parité de droits pour les mé¬ 
decins et les avocats. En conséquence, à partir du 1 er janvier 
de cette année, le montant des droits d’examen d’inscription et 
de thèse pour le grade de docteur, est fixé à 815 fr., taux qui 
ne diffère que d’un franc, prix payé pour être licencié en 
droit. 


TRAVAUX ET MÉMOIRES ORIGINAUX DE MÉDECINE 
ET DE CHIRURGIE, 

DE THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE ET APPLIQUÉE. 

DE LA FIÈVRE INTERMITTENTE CHEZ LES JEUNES ENFANS J — DE 
LA GANGRÈNE PALUDÉENNE j — DES FÉBRIFUGES ET DES DIFFɬ 
RENTES manières de les administrer ; par M. le docteur E. 
Ebrard, d.-m. p., à Bourg. 

( Suite. — Voir le dernier numéro.) 

Les convulsions sont un des accidens les plus fréquens qui 
viennent à la suite de la fièvre intermittente ; elles surviennent 
tantôt pendant la période de froid, tantôt pendant la période de 
réaction. Elles peuvent donner lieu à des troubles dans la mo¬ 
tilité, produire la paralysie et la contracture des membres, lé¬ 
sions de l’innervation qui deviennent incurables si la fièvre n’est 
pas enlevée promptement. 

Quatrième observation. — Brevet, Jean-Marie, âgé de huit mois et 
sevré depuis quinze jours a déjà eu quatre accès de fièvre intermittente. 
Au cinquième accès, convulsions générales, puis contracture du bras et 


de la main gauches. Les doigts sont fermés convulsivement, l’avant-bras 
est fléchi; le moindre effort pour ouvrir la main, pour étendre le bras de 
l’enfant, lui fait jeter des cris déchirans. La contracture finit avec l’accès. 
Prescription : Sulfate de quinine, 25 centigrammes. L’accès ne revient 
pas le lendemain ; le remède n’est pas continué. Aussi, quinze jours après, 
retour des accès de fièvre avec contracture du bras et de la main gau¬ 
ches. Je ne puis administrer la quinine qu’après le quatrième accès ; la 
fièvre disparaît, mais la contracture du bras persiste pendant plus d’un 
mois et demi, toutefois en diminuant chaque jour. 

Cinquième observation. — Mercier, du Greffet, en Bresse, enfant 
âgé de six mois, prend la fièvre tous les soirs vers les onze heures. Il a 
froid et il tremble pendant une heure ; ensuite grande chaleur, colora¬ 
tion de la figure, etc. Au huitième accès, durant la période de réaction, 
il est atteint de convulsions. 

Au neuvième accès, convulsions et paralysie de la jambe et du bras 
droits. Les convulsions ne durent qu’un quart d’heure ; la paralysie cesse 
pendant le stade de sueur. 

Au dixième accès, convulsions de plus longue durée, paralysie du bras 
et de la jambe du côté droit. Celle du premier membre persiste quelques 
heures après la fin de l’accès. 

Le onzième accès ramène les convulsions et la paralysie déjà obser¬ 
vées. L’immobilité du bras durait encore lors de ma visite, une heure et 
demie avant l’heure présumée du douzième accès. Je fais avaler de suite 
à l’enfant 12 centigrammes de sulfate de quinine ; 12 autres centigrammes 
lui sont administrés par mégarde une demi-heure après. L’accès de lièvre, 
les convulsions, la paralysie de la jambe ne reparaissent pas. L’impossi¬ 
bilité de mouvoir le bras dura encore quelques jours ; le membre fut long¬ 
temps d’une grande faiblesse. 

Le* convulsions amenées par la fièvre intermittente ne sont 
pas exemptes de dangers pour la vie des malades. Pendant une 
épidémie de fièvre pernicieuses qui sévissait à Lescheroux, en 
Bresse, mon confrère et ami le docteur Bouveret fut appelé 
auprès d’un enfant qui, dans le cours des deux jours précédens, 
avait eu des convulsions à peu près à la même heure. Éclairé 
par la constitution médicale régnant dans le pays, par la mar¬ 
che et par la forme de la maladie, par l’hypertrophie de la rate 
qui existait déjà chez le jeune malade, M. Bouveret déclara 
aux parens que l’enfant était atteint de la fièvre pernicieuse; il 
conseilla l’usage du sulfate de quinine. Les parens ne furent pas 
satisfaits de l’opinion émise par mon honorable confrère; ils 
laissèrent de côté le remède ordonné et eurent recours à des 
vermifuges. Les convulsions revinrent avec le troisième accès, 
et tuèrent l’enfant.' 

Semblable terminaison des convulsions est très fréquente. 
Les personnes qui entourent un enfant saisi de convulsions 
emploient ordinairement les vermifuges aussitôt la venue des 
accidens. Les convulsions ne tardent pas à disparaître peu de 
temps après l’usage de ces remèdes, parce qu’un accès de fièvre 
ne saurait durer toujours. De là une fatale confiance au médi¬ 
cament employé, par suite du principe post hoc, propter hoc ; 
on l’administre de nouveau à chaque retour des accès, jusqu’à 
ce que la mort survienne. 


Feuilleton* 


CAUSERIES HEBDOMADAIRES. 

Les infortunes du feuilleton. 

Le feuilleton a éprouvé de très nombreuses infortunes depuis 
jours. Il en est tout atterré. Au moment de reprendre la plume pot 
tracer le récit lamentable, il se tâte, s’ausculte et se percute pour 
voir s’il n’a pas été trop détérioré, s’il peut décemment se représe 
devant aussi bonne compagnie que la vôtre, bien-aimé lecteur, aprè 
horions qu’il a reçus et qui peuvent avoir dérangé l’économie de sa toi 
ou l’harmonie de ses traits délicats. Grâces à Dieu, il se sent encore ; 
fort sur ses jambes pour tenter cette nouvelle campagne hebdomad 
et, toute inspection faite à son miroir, il n’aperçoit sur son faciès n 
poché, ni égratignures indiscrètes. A ce point qu’il pourrait très fa 
ment dissimuler ses mésaventures, s’il n’avait contracté la douce et c 
mante habitude de tout vous dire, ami lecteur, et d’épancher dans v 

Sein SP.S inips Pt sps trictoecnc 


sein ses joies et ses 
Donc, mardi dernier, le feuilleton, si vous avez la bonté de v 
souvenir, touchait à plusieurs choses assez délicates. Les besoins 
cause, comme dirait un avocat, exigent que j’y revienne encore. L 
eton a eu le malheur de n’être pas compris, d’avoir été très im 
ment interprété, et, par suite, très vivement blâmé, et il ne veut a< 
ni blâme, ni fausse interprétation. 

J’ai dit que les affaires de l’Académie donnaient lieu à quelques 
tages, auxquels M. Mérat avait su se soustraire par sa fermeté 
énergie. Ce fait, je ie maintiens, cette épithète je la confirme. I 
quoi consistent ces tripotages et qui les dirige, voilà ce que je m 
aire, et tout le monde comprendra pourquoi par les bienheureus 
ae septembre qui nous régissent. Le seul rôle que je veuille re 
ailleurs, est d’avertir et non pas de dénoncer. Or, c’est un simpli 
tissement que j’ai voulu donner à l’Académie. Il est arrivé que cet a 
sement a été fort mal pris par cette Compagnie, ou plutôt par son i 
u administration, qui, lui, règne et gouverne. 

L’émotion y a été fort vive. Qui? quoi? quest-ce? demandait- 
outes parts.—Savez-vous ce qu’il veut dire? —Non, et vous' 1 
«avantage. - Mais de quoi veut-il parler? — C’est peut-être de ce 


Non, c’est sans doute de cela ? — Vous n’y êtes pas, c’est de tout autre 
chose. — Impossible. Et tous de se gratter l’oreille et de chercher en 
vain. 

Eh palsambleu ! Messieurs, on n’est pas plus naïfs, on n’est pas surtout 
moins corrompus. Supposez-vous par hasard que l’auteur du tripotage va 
écrire à votre président : 

Monsieur le président, 

Veuillez hâter la décision de l’Académie sur une affaire qui m’intéresse 
fort ; car si cette décision est conforme à mes désirs, j’y trouverai un 
avantage personnel fort considérable. 

Agréez, etc. signé Savoirqui. 

Mais, honnêtes et candides académiciens que vous êtes, au lieu de vous 
irriter contre le feuilleton qui vous donne un avis important, qui vous 
crie cave, prenez garde ! qui était à cent mille lieues de supposer qu’au¬ 
cun de vous pût trouver dans cet avis une insinuation blessante, cherchez 
donc et préparez-vous à défendre les intérêts de l’Académie, comme l’avait 
fait M. Mérat, peut-être par instinct. 

Non, non, il ne s’agit pas de vous, ni d’aucun membre de l’Académie, 
ni même d’aucun membre du corps médical, grâces à Dieu. Cette expli¬ 
cation vous suffit-elle? Je l’espère, j’espère surtout qu’elle suffira pour 
faire avorter un plan sur la trace duquel le feuilleton a été mis par une 
confidence respectable. Le feuilleton, croyez-le, sait ce qu’il dit. Il ne 
court pas après le scandale, il veut au contraire l’éviter; il aime mieux 
être préventif que correctif; il préfère la prophylaxie à la thérapeutique. 
Est-ce parce qu’il fait preuve de cette bénignité de caractère qu’on lui a été 
si hostile, mardi dernier, dans le conseil ? Que M. Bousquet se hérissa à sa 
vue ? Que M. Orfila lui tourna le dos ? Que M. Bégin lui montra le bout 
de son grand sabre ? Car voilà les étrennes qu’il a reçues, ce pauvre feuil¬ 
leton, de l’Académie qu’il porte dans son cœur, qu’il cultive avec ten¬ 
dresse, dont il reprend les petits défauts avec une douceur parfaite, et dont 
il exalte les vertus avec enthousiasme. Et cela juste au moment où il vou¬ 
lait lui rendre un grand service ! Nil terra ingratopectore pejus alit. 

Cependant une compensation attendait le feuilleton ; une visite, toute 
officieuse, lui a été faite par les deux secrétaires de l’Académie, le perpé¬ 
tuel et l’annuel, deux hommes d’esprit avec lesquels il y a plaisir au moins 
de parler et de s’entendre, qui comprennent les libertés de la presse, les 
services qu’elle rend, le mal qu’elle empêche, le bien qu’elle peut faire, et 


qui, à cause de tout cela, savent se montrer généreux et indulgens envers 
les peccadilles qu’elle peut commettre. Il y a des gens qui parlent à peine 
une fois l’an et qui, malgré tout le soin qu’ils mettent à la préparation de 
leur discours, trouvent encore le moyen de faire rire à leurs dépens. La 
presse qui parle tous les jours et qui improvise sans cesse, serait par trop 
heureuse de ne jamais faire fausse route. Mais ce n’est pas ici le cas de 
lui rien reprocher de semblable. Toutes explications données, les deux 
honorables officiers de l’Académie ont compris que loin de blâmer le 
feuilleton, c’était des remercîmens qu’il fallait lui adresser; maisle feuil¬ 
leton est trop modeste pour rien ambitionner de semblable. 

Cette affaire réglée, je passe à ma seconde infortune, non moins grave, 
quoique un peu moins délicate. 

Le feuilleton s’est permis de parler du concours actuellement en train 
devant la Faculté de Paris. Celte licence ne lui a pas été pardonnée. Il a 
eu le tort de répéter tout ce que le monde dit, mais lui seul ne pouvait 
pas le dire. Aussi quelques candidats ont-ils été fort irrités contre le feuil¬ 
leton et l’ont-ils fort maltraité dans leurs causeries plus ou moins intimes. 
Cela, qu’on me permette de le dire, n’a pas le sens commun. Je sais qu’il 
est des gens qui professent une singulière théorie relativement à l’inter¬ 
vention de la presse dans les concours. A peine lui permettraient-ils 
d’annoncer le jour et l’heure des épreuves. Mais quant à ce qui est de 
l’appréciation, oh ! ils se hérissent;comme devant un scandale; c’est de 
l’intimidation, c’est de la compression morale qu’on veut exercer sur le 
jury et sur les compétiteurs ; le jury a toujours donné des preuves d’une 
si grande impartialité, d’un sentiment si profond de justice et de vérité, 
que c’est lui faire injure que d’intervenir par la voie de la presse dans une 
décision qui ne peut être que conforme à l’équité. Il en est d’autres qui 
montrent en apparence des sentimens plus libéraux, ils fréquentent 
volontiers les bureaux des journalistes, ils reconnaissent à la presse le 
droit d’émettre son opinion, ils l’y excitent même, oui, mais à une 
condition, c’est que la presse embouchera la trompette en leur honneur, 
et se montrera indulgente jusqu’à la faiblesse pour leurs erreurs et leurs 
insuccès. 

Ces deux manières d’envisager le rôle de la presse ne pouvaient être 
que fort mécontentes des innocentes lignes que le feuilleton s’est permises 
mardi dernier. Echo très affaibli de l’opinion publique, il a dit avec une 
certaine affliction que ce concours se montrait jusqu’ici généralement fai¬ 
ble, et cette assertion a vivement blessé. On a contesté ma compétence de 







































Cette erreur est d’autant plus facile que les affections vermi¬ 
neuses sont inhérentes aux pays humides et marécageux, 
qu’elles sont une complication fréquente de la fièvre intermit¬ 
tente. Appelé auprès d’un enfant qui a des convulsions, le mé¬ 
decin lui-même sera trompé par les symptômes annonçant la 
présence des vers; il ne reconnaîtra pas l’indice de la fièvre 
intermittente, lorsqu’il manquera de renseignemens sur les an- 
técédens, lorsqu’il n’aura pas constaté l’hypertrophie de la 
rate, signe nul pendant les premiers jours de la maladie. 

Si la fièvre intermittente produit les convulsions, c’est fré¬ 
quemment, pour me servir d’une expression vulgaire, expres¬ 
sion vraie au fond, parce que les accès de fièvre mettent les 
vers en mouvement. Tous les symptômes de l’affection vermi¬ 
neuse, la dilatation des pupilles, les démangeaisons des yeux 
et du nez, l’odeur caractéristique de l’haleine, le ballonnement 
du ventre, la toux, les urines blanches, l’expulsion des vers, se 
rencontrent parfois durant les accès de fièvre intermittente. Et 
ce qui prouve que les affections vermineuses forment une com¬ 
plication de cette maladie et n’en sont pas la cause, c’est que si 
les vermifuges sont administrés aux malades, ils enlèvent les 
symptômes résultant de la présence des vers, tandis que la 
fièvre intermittente suit sa marche ordinaire. Si, au contraire, 
on emploie la quinine, la fièvre disparaît, et avec elfe cessent 
les symptômes de l’affection vermineuse. Il arrive cependant 
que les signes de la présence des vers persistent après la fièvre, 
comme on l’observe pour d’autres accidens concomitans, l’œ¬ 
dème, l’hydropisie, la paralysie, l’hydropisie de la rate. 

M. Bouchut a vu un enfant atteint de la fièvre, lequel pré¬ 
sentait les symptômes du purpura hémorrhagica. J’ai observé 
cette affection sur deux enfans qui avaient été réduits à un état 
général de cachexie par une fièvre de longue durée. Un des 
malades, outre les taches sanguines semées sur la surface du 
ventre et des membres, avait un épistaxis.effrayant par la pres¬ 
que continuité, sinon par l’abondance de l’écoulement. Le sang 
était rose et aqueux. Les jambes étaient œdématiées; les ac¬ 
cès de fièvre étaient très faibles. 

Traitement , — Le traitement des enfans atteints de la fièvre 
intermittente ne doit pas être le même pendant la durée ou dans 
l’intervalle des accès. 

La marche qu’il faut suivre pendant les accès est indiquée 
par les symptômes différens qui se développent, se succèdent, 
durant les trois stades de froid, de chaleur et de sueur. 

Lejeune malade a-t-il froid, on doit lui faire boire quelques 
cuillerées d’une infusion théiforme, l’envelopper de linges 
chauds, le couvrir davantage. Que la mère, si elle se porte bien, 
le prenne dans ses bras, qu’elle l’échauffe de sa chaleur. 

Pendant le stade de réaction, on pourra lui donner des bois¬ 
sons légèrement froides, le découvrir un peu. Si le sang se porte 
avec violence à la tête, à la poitrine, l’application aux jambes 
de cataplasmes sinapisés, ou même celle d’une ou deux sang¬ 
sues, sera utile. 

Lorsque l’enfant est en sueur, qu’on veille à ce qu’il ne se 
découvre pas, à ce qu’il ne se refroidisse pas brusquement. 
L’œdème général, l’hydropisie, n’ont souvent pas d’autre cause 
que cette imprudence. 

Lés fébrifuges, les remèdes spécifiques de la fièvre intermit¬ 
tente sont administrés dans l’intervalle des accès. Les plus 
puissans sont incontestablement les préparations de quina. Un 
choix est à faire parmi elles. 

L’amertume de la poudre et de la décoction de quinquina les 
a fait rejeter de la thérapeutique des enfans. Le sirop de quina, 
quoiqu’il ne soit pas dépourvu de cette amertume, est bu sans 
répugnance par la plupart des enfans, mais il ne doit être em ¬ 
ployé que dans les fièvres peu intenses, non compliquées de 
l’irritation des premières voies. A petites doses dans les fièvres 
intenses, il a une action trop faible; à hautes doses, il produit 
l’irritation de l’estomac. 11 augmente à plus forte raison cette 
irritation, si elle existe déjà. L’usage de ce sirop combat avec 
succès l’état d’atonie, de débilité qui subsiste après la dispari¬ 
tion d’une fièvre d’accès. 


juge, soit, je n’ai nulles prétentions à cet égard, et je ne veux pas plaider 
pour elle. Aussi n’est-ce pas sur les élémens intrinsèques des épreuves 
que j’ai pris la liberté d’émettre une opinion. Qui le pourrait d’ailleurs 
avec justice et convenance? Qui voit les malades objet des leçons? Qui 
peut vérifier et contrôler le diagnostic? Et cet élément précieux, indis¬ 
pensable de toute leçon clinique étant ignoré, que peut faire celui qui 
assiste aux épreuves, si ce n’est d’apprécier leurs élémens extrinsèques, 
c’est-à-dire la clarté, l’ordre du discours, l’enchaînement logique des 
idées, l’étendue de l’érudition et son choix, la netteté des déductions, en 
un mot toutes les qualités du professeur, c’est-à-dire le côté que j’appel¬ 
lerai artistique du concours. 

Eh bien ! c’est ce côté artistique que le feuilleton a cru pouvoir aborder 
s ans trop d’outrecuidance. Il l’a fait avec modération, et on ne lui en a pas 
tenu compte. Il s’était tenu dans la réserve des généralités, et voilà que 
plusieurs personnalités se sont offusquées. Je le regrette, mais je ne peux 
me dédire. J’aime, j’estime et j’honore la plupart des compétiteurs actuels, 
qui sont tous hommes de leurs œuvres, hommes de travail, et qui ont 
donné des preuves solides de leur mérite d’ailleurs incontesté ; mais cela 
ne détruit pas ce que j’ai dit qu’ils ont été, pour la plupart, et sauf quelques 
exceptions dont il sera tenu compte, malheureux dans cette première 
épreuve clinique. Non, je n’ai pas retrouvé dans leurs leçons la tradition 
de cette grande école clinique à laquelle ils ont été presque tous élevés, 
cette admirable clarté d’exposition de Dupuytren, ces descriptions si 
complètes du mal, ce diagnostic tantôt magistral et comme d’intuition, tan¬ 
tôt parcourant avec un bonheur inoui les méandres savans de l’élimina¬ 
tion , cette ampleur, cette abondance de développemens, ces rapproche- 
mens instructifs, ces comparaisons lumineuses, ces discussions doctrinales 
à la fois et éminemment pratiques sur le choix des moyens thérapeuti¬ 
ques, cette vigueur de déduction et cet enchaînement de preuves par les¬ 
quels le grand professeur conduisait irrésistiblement l’intelligence de l’au¬ 
diteur là où il voulait la conduire. 

Sans doute ce serait faire preuve de grandes exigences en demandant 
tout cela,mais la méthode !.... la méthode, où est-elle, qu’est-elle devenue 
et pourqüoi ne pas y revenir ? 

Je le demande au public impartial, y a-t-il là quelque chose que je ne 
doive pas dire et qui puisse blesser la susceptibilité des candidats ? J’en 
accuserais alors leur sensibilité excessive et irréfléchie. Que de motifs, 
d’ailleurs, pour que la presse intervienne plus ou moins activement dans 


Les grands bains dans une décoction de quinquina sont re¬ 
gardés actuellement comme inefficaces. Quant aux lavemens 
faits avec cette décoction, leur séjour dans l’intestin est rare¬ 
ment d’assez longue durée pour qu’ils puissent avoir une 
grande action. 

Le sulfate de quinine, qui sous un petit volume réunit les 
élémens actifs du quina , est préférable à cette substance elle- 
même ; mais son administration est difficile. Lorsque l’enfant 
n’est pas sevré, lorsque la nourrice a la fièvre, la manière la 
plus convenable d’administrer la quinine à l’enfant est de faire 
prendre cette substance à la femme. La première observation 
que j’ai citée est toute favorable à ce mode d’administration. 
Je regrette de ne l’avoir pas essayé dans les cas où la nourrice 
était bien portante. Le résultat aurait été probablement le 
même. Le sulfate de quinine a été retrouvé par MM. Letleby 
et Gripp dans les urines des malades qui faisaient usage de ce 
sel. Pourquoi ne passerait-il pas dans le lait des nourrices ? 

Délayé dans un peu de sirop, dissous dans un peu d’eau 
sucrée, le sulfate de quinine est refusé par la plupart des en¬ 
fans. Si on le leur fait prendre de force, ils ne tardent pas à le 
rejeter. 

Les enfans n’avalent guère les pilules sans les mâcher ; le 
goût amer que leur communique le sulfate de quinine est, par 
cela même, un obstacle à leur absorption. 

Donnée en un lavement, la solution du sulfate fébrifuge est 
absorbée plus promptement que la décoction de quina, elle est 
plus active. Mais les lavemens de quinine ont aussi cet incon¬ 
vénient de ne pas être tolérés longtemps par les intestins ; il 
est impossible de compter sur leur effet. L’habitude est de mêler 
quelqnes gouttes d’acide sulfurique à l’eau dans laquelle on 
veut dissoudre le sulfate de Pelletier et Caventou. Ajouté en 
excès, cet acide est très dangereux. J’ai vu un pauvre enfant 
auquel on avait donné un lavement de quinine contenant une 
trop grande quantité d’acide sulfurique, être en proie a des 
coliques affreuses. 

Nous devons à M. Desvouves la connaissance d'un moyen 
d’enlever au sulfate de quinine sa saveur amère, de le faire 
prendre aux malades sans qu’ils s’en aperçoivent et dans une 
boisson agréable. On délaie le sulfate de quinine dans quel¬ 
ques gouttes d’une infusion de café torréfié, on y ajoute ensuite 
la quantité d’infusion nécessaire, on sucre, et on y mêle même si 
on veut un peu de lait. Les enfans avalent cette boisson sans 
répugnance aucune, pourvu que la quantité du médicament ne 
soit pas trop élevée. Il faut environ 30 gr. du liquide pour 
détruire la saveur de 10 à 15 centigrammes de sulfate. Le café, 
qui n’est pas sans efficacité contre la fièvre, ne diminue en rien 
les propriétés de la quinine. Ce n’est pas là une assertion à 
priori, elle est basée sur un grand nombre d’expériences. 

Le sulfate de quinine a été administré par la voie endermi- 
que. On a reproché à cette substance de produire des douleurs 
intolérables lorsqu’elle est mise en contact avec la peau privée 
de l’épiderme. Ayant eu occasion de m’appliquer une mouche 
de Milan, j’ai saupoudré la plaie avec du sulfate, je n’ai ressenti 
que de légers picottemens. Employé en frictions et sous la forme 
de pommade, sur la peau non dépouillée de l’épiderme, il n’est 
absorbé qu’en petite quantité. Ce moyen de l’introduire dans 
l’économie sera néanmoins utile dans quelques cas particuliers, 
ceux où les enfans ont des selles et des vomissemens fréquens. 
M. Olivier, dans son Traité des fièvres pernicieuses, donne la 
formule d’une pommade contenant 1 gramme 50 centigrammes 
de sulfate de quinine pour 2 grammes d’axonge. Je crois que 
cette dose, en application sur la peau, ne produira aucun effet 
même chez les enfans. 

Sixième observation. — L’enfant Galeti, âgé de dix mois, était en 
nourrice dans la Bresse, lorsque, ayant été pris de la fièvre intermittente, 
il fut sevré et ramené à Bourg chez ses parens. Ses accès de fièvre reve¬ 
naient tous les jours, mais leur intensité et l’heure de leur venue n’étaient 
les mêmes que tous les deux jours. A chaque accès, baillemens, froid, p⬠
leur pendant trois heures, puis soif, chaleur générale, plaintes, agi¬ 
tation. 


l’appréciation du concours ! Je n’en dirai qu’un. Quel est le but de ce 
concours? De donner à un homme une des plus belles positions sociales 
qui existent, de le revêtir d’une autorité considérable, de l’élever au-des¬ 
sus de ses pairs d’une hauteur immense, de lui procurer fortune, honneurs, 
considération, en un mot tout ce que les hommes recherchent et envient, 
et ce qui estsi énormément difficile à acquérir à cette époque d’encombre¬ 
ment et de concurrence illimitée. Eh bien ! alors que la presse intervient, 
et souvent avec fruit, dans toute nomination, de quelque ordre qu’elle 
soit, alors que la vie publique n’a point d’actes qui ne ressortent de la 
publicité, et que cette publicité est devenue pour ainsi dire l’aliment le 
plus indispensable de notre société, on voudrait que la presse ne pût in¬ 
tervenir dans un événement aussi considérable que le concours, dont le 
but estsi élevé, les conséquences si graves, les résultats siimportans? 

En vérité n’avais-je pas raison de dire qu’une opinion semblable n’a pas 
le sens commun. 

Après m’être occupé de sujets aussi importans, j’éprouverais une sorte 
de honte de ramener l’esprit de mes lecteurs sur la troisième infortune que 
le feuilleton a subie cette semaine, et dont il avait mis le récit sur son 
programme d’aujourd’hui. Il s’agit d’une nouvelle attaque de la Gazette 
des hôpitaux. Je viens de la relire, et je ne me sens plus la force d’y ré¬ 
pondre. Il me serait impossible assurément de faire descendre ma critique 
au ton de ce turlupin en goguette, qui respecte assez peu ses lecteurs pour 
leur écrire de ce style. Je ne sais si le besoin du feuilleton-Pierrot se 
faisait généralement sentir, mais il vient d’être largement satisfait. Seule¬ 
ment, ce naïf écrivain termine ses souhaits de bonne année en se souhai¬ 
tant à lui-même « un peu d’esprit, de verve et d’entrain (sic),» et j’ai idée 
que c’est là un vœu très général. 

Je voulais répondre aussi à un feuilleton de la Gazette médicale sur 
les rapports des journalistes entre eux ; mais voilà que d’autres sujets ont 
dévoré mon espace. J’espère pouvoir y revenir. Que je dise cependant 
qu’à part l’insinuation des dernières lignes de cet article, c’est là un mo¬ 
dèle de polémique décente et de bon goût. On descend volontiers dans 
l’arène quand on ne doit y rencontrer que des adversaires loyaux et 
courtois. Jean Raimond, 


— AM. Aguilhon, 


[^arrivé à la composition a 


Le huitième jour, frictions sous les aisselles et sur la région de la rate 
(ce dernier organe est hypertrophié) avec 2 grammes de sulfate de quinine 
incorporés dans 2 grammes d’axonge. Retour de l’accès. 

Le neuvième et le dixième jour, même traitement. Retour de l’accès. 

Le onzième jour, même traitement. L’accès vient une heure plus tard 
que l’avant-veille ; mais les parens s’impatientent. Je donne à l’enfant Ga- 
léti 7 décigrammes de quinine brute en deux jours. La fièvre disparaît ; 
elle revient dix jours après (la rate était restée hypertrophiée). Guérison 
par 1 gramme 5 décigrammes de quinine brute. 

Un seul insuccès ne suffit pas pour faire juger de l’efficacité 
ou de la non-efficacité d’un médicament. Si les frictions avec 
la pommade de quinine n’ont produit aucun changement dans 
l’intensité et la marche de la fièvre chez l’enfant Galéti, j’ai été 
plus heureux dans le cas suivant. 

(La suite au prochain numéro.) 


REVUE CLINIQUE DES ACCOUCHEMENS. 


Sommaire. — Accouchement à terme chez une femme bien conformée. — Un 
premier enfant se présente par le siège. — Terminaison heureuse. — Un deuxième 
enfant, offrant le développement d’un fœtus de cinq mois environ, est expulsé 
presque immédiatement après le premier.— Quelques considérations sur cette obser¬ 
vation. 

Par M. le docteur E. Laborie , ancien chef de clinique de la Faculté. 

Nous avons eu l’occasion d’assister à un accouchement dont 
les circonstances assez anormales nous ont paru dignes d’in¬ 
térêt sous plusieurs points de vue. Nous allons d’abord trans¬ 
crire cette observation, nous proposant d’examiner ensuite les 
différentes questions soulevées par ce fait intéressant. 

Observation. — Madame ***, rentière, jouissant habituellement d’une 
excellente santé, âgée de trente-quatre ans, parfaitement conformée, 
quoique de très petite taille, a toujours été bien réglée. Il y a six ans elle 
fit une fausse couche. La grossesse était déjà parvenue au sixième mois. 
Cet accident ne fut provoqué par aucune cause appréciable ; la malade se 
rétablit parfaitement, et cette fausse-couche n’entraîna à sa suite aucune 
conséquence fâcheuse pour la santé. L’utérus reprit ses fonctions avec la 
régularité habituelle. 

Dans les premiers jours de mars 1847 , elle vit pour la dernière fois 
apparaître les règles, et dès la fin du, même mois, à quelques symptômes 
anormaux comme dégoûts, nausées, appétits bizarres, madame *** dut se 
croire enceinte. La conception avait eu lieu en effet, et la grossesse com¬ 
mençante suivit assez régulièrement toutes ses phases. Nous noterons 
seulement un accident survenu au cinquième mois, accident qui peut-être 
aura joué un rôle important dans les suites de la grossesse. 

Madame *** fit une chûte en descendant de voiture : elle tomba sur le 
siège. Il n’en résulta, en apparence, rien de fâcheux immédiatement ; elle 
put se relever seule, sans secours, et ne ressentit aucune douleur dans le 
ventre. Mais le soir, on me fit appeler : la malade avait vu du sang, en 
très petite quantité, il est vrai, et en même temps l’utérus présentait des 
contractions excessivement douloureuses et rapprochées. Le col, au tou¬ 
cher, n’offrait aucune modification ; il était long, épais, et complètement 
fermé. Le pouls était peu développé. Il y avait lieu d’espérer que ces 
tranchées utérines pourraient cesser sous l’influence de l’opium. La pres¬ 
cription fut : dans 1/8 de lavement d’eau de son, ajoutez laudanum 10 
gouttes ; on donna trois lavemens semblables à dix minutes d’intervalle. 
Dès la deuxième dose d’opium, les tranchées étaient presque nulles et 
cessèrent d’être douloureuses. Après la troisième dose, elles ne se mon¬ 
trèrent plus. 

Quelques jours de repos au lit terminèrent ce simple traitement, et 
aucun accident nouveau ne survint. 

Le 21 décembre, à huit heures du matin, madame *** éprouva les pre¬ 
miers symptômes du travail. Je la vis seulement à midi et demi. A ce mo¬ 
ment les contractions apparaissaient toutes les quatre ou cinq minutes et 
déjà elles étaient assez douloureuses. 

Le col de l’utérus était mou et dilaté. La dilatation offrait environ le 
diamètre d’une pièce de cinq francs ; pendant les douleurs, la poche des 
eaux faisait une saillie assez forte. 

Dans l’intervalle des contractions, le doigt arrivait facilement sur la 
partie de l'enfant qui se présentait, et je pus, à travers les membranes, 
reconnaître le siège, le sacrum dirigé en avant et à gauche (position sa¬ 
cro-iliaque gauche antérieure ; présentation complète). 

En examinant le fond de l’utérus à travers la paroi abdominale anté¬ 
rieure, on sentait très distinctement la tête de l’enfant portée à droite, et 


retardé l’envoi. Le paquet sera remis cette semaine à votre commission¬ 
naire. 

— A M. Olivier , à Tence. — Nous ne discontinuons pas l’envoi, ho¬ 
noré confrère. Plus tard vous aurez la bonté de nous prévenir et tout 
s’arrangera pour le mieux. 

— AM. Andrieux, à Brioude. — Reçu le paquet, merci. A quand 
l’affaire administrative ? 

— AM. Dieulafoy, à Toulouse. — J’ai remarqué que vous n’y étiez 
pas ; je vous y ai mis, et j’espère sans conteste de votre part. 


NOUVELLES. — FAITS DIVERS. 

Paris. 

— M. le docteur Daremberg, bibliothécaire de l’Académie royale de 
médecine, reprendra, au collège de France, son cours sur l’histoire et 
la littérature des sciences médicales, le mercredi 12 janvier, à onze 
heures, et les continuera les mercredis suivans à la même heure. Il trai¬ 
tera de la période comprise entre la fondation de l’école médicale d’Alexan¬ 
drie et Galien. La fin de chaque leçon sera consacrée à la biblio¬ 
graphie. 

Départemens. 

— La fièvre typhoïde règne à Meaux dans le 7 e cuirassiers. Le ministre 
de la guerre vient d’envoyer M. Alquié pour reconnaître les causes de 
l’affection et proposer les moyens d’en arrêter les progrès. Nous conseil¬ 
lons à M. le docteur Alquié de porter son attention sur la qualité des vivres. 



— La mortalité à Londres a été la semaine dernière de 1,599; 350 de 
plus que la semaine antécédente, et 550 de plus que la moyenne hebdo¬ 
madaire des cinq dernières années. 

— Ce n’est pas seulement en France que les médecins ont été mal ré¬ 
compensés pour les soins qu’ils ont donnés aux cholériques pendant l’an¬ 
née 1832. On se rappelle la médaille de bronze qui paya à Paris les services 
de ceux que l’on considérait quelques mois auparavant comme des sau¬ 
veurs. C’est encore pis à York, où on s’est borné à les remercier. Le 
conseil municipal de cette ville s’est réuni ces jours derniers et il a décidé 
qu’on mettrait en pratique, par suite de l’imminence du choléra, les me¬ 
sures qu’on avait adoptées précédemment en 1832. Mais il n’est pas plus 
parlé de la rémunération dans le nouvel arrêté que dans le premier. 



















l’auscuitation des bruits du cœur était excessivement facile au-dessous de 
la tête du fœtus. 

A deux heures et demi la dilation était plus que doublée. Mais la ma¬ 
lade. très fatiguée, voulait dormir. Les contractions devenant plus étoi¬ 
les et moins énergiques, pour activer le travail les membranes furent 
perforées à l’aide d’une plume. Les eaux étaient teintes de méconium. 
v A trois heures, le siège avait franchi le col de l’utérus et venait s'ap¬ 
puyer sur le périnée. A cinq heures et demie, l’accouchement se terminait. 

11 n’y eut pas à intervenir; tous les temps de l’expulsion se suivirent avec 

une régularité parfaite. Quand tout le corps fut sorti, on n’eut qu’à le 
soutenir, et l’occiput venant s’appuyer derrière la symphise pubienne, 
on vit successivement apparaître à la vulve tous les diamètres sous-occi¬ 
pitaux. . . 

L’enfant, du sexe féminin, était très bien conformée, très vivace, of- 

frant en un mot tous les caractères d’un enfant à terme. 

La délivrance put être immédiatement obtenue. En introduisant la 
main gauche pour faciliter l’issue du placenta, je reconnus la présence 
d’une poche non perforée, faisant saillie à l’orifice utérin, dans lequel elle 
s’engageait en même temps que le placenta. Aussitôt ce dernier enlevé, 
la malade accusa de violentes douleurs, et je pus avec facilité perforer le 
deuxième œuf. En même temps que s’écoulait le liquide amniotique, se 
présentaient un bras et une main. Je fus excessivement surpris du petit 
volume de ce membre et je pensais, en raison du peu de développement du 
fœtus, qu’il n’y avait pas lieu d’intervenir. L’expulsion se fil en effet sans 
aucun secours, à l’aide d’une évolution spontanée qui s’exécuta avec ra¬ 
pidité. Les enveloppes sortirent immédiatement. 

Ce dernier enfant offrait les caractères d’un fœtus arrivé environ au 
cinq ou sixième mois de la vie intra-utérine. 11 était aussi du sexe féminin. 
Les os du crâne disjoints et la masse cérébrale comme liquéfiée, permet¬ 
taient à la tête de s’affaisser comme une vessie à moitié pleine d’eau. Sur 
toute la surface du corps, l’épiderme s’enlevait au moindre frottement. 
En un mot, le fœtus présentait cette putréfaction spéciale sans odeur qui 
a lieu dans le liquide amniotique en dehors du contact de l’air. 

Le premier placenta n’offrait rien d’anormal ; son volume, cependant, 
nous a paru moindre que dans l’état ordinaire. Quant au deuxième, il 
était réduit environ au volume de la paume de la main. Sa substance ne 
présentait, du reste, aucune de ces altérations remarquables qui sont pro¬ 
duites par les transformations d’anciens foyers sanguins. 

Pour terminer, enfin, disons que madame ***, à la suite de l’accouche¬ 
ment, n’a rien offert de particulier, à part la mauvaise odeur des lochies. 
Aujourd’hui, elle est dans un état très satisfaisant. L’enfant est aussi en 
parfaite santé ; elle a été conduite en nourrice dans les environs de Saint- 
Germain. 

Nous voyons d’abord à noter le mode de présentation. Avant 
les travaux récens entrepris sur les accouchemens, on consi¬ 
dérait ce mode de présentation comme contre-nature, et on ad¬ 
mettait que l’intervention de l’art était une nécessité. On per¬ 
dait en effet, alors, beaucoup d’enfans, et souvent la mère 
elle-même devenait victime d’accidens qui, sans doute, prove¬ 
naient de cette intervention tout intempestive. 

Mais actuellement on a étudié avec une scrupuleuse attention 
les procédés naturels à l’aide desquels cette espèce d’accouche¬ 
ment se termine, et de cette étude est résultée la conviction 
que la condition la plus indispensable pour obtenir une termi¬ 
naison favorable consistait surtout, dans la grande majorité des 
cas, à abandonner absolument à la nature le soin de terminer 
le travail. On a quelque peine à s’abstenir de prêter aide à la 
patiente en exerçant des tractions sur la partie qui se présente, 
et si l’on cède à la tentation, accrue encore par le désir des as- 
sistans, qui ne comprennent pas les motifs de votre inaction, 
on a presque toujours lieu de s’en repentir. Nous ne nous éten¬ 
drons pas davantage sur ce sujet; on le trouvera développé 
dans les traités récens d’accouchement. On sera, du reste, par¬ 
faitement convaincu de l’inopportunité et du danger même de 
l’intervention, si l’on veut étudier avec attention les différens 
temps de l’accouchement spontané par le pelvis. 

En résumé, la statistique a démontré que, pour la mère, l’ac¬ 
couchement par l’extrémité pelvienne n’offre rien de bien f⬠
cheux ; c’est seulement pour l’enfant que cette présentation a 
de la gravité. Suivant M. Dubois, la mortalité serait de 1 sur 

12 dans ce cas ; tandis que dans la présentation du sommet, 
elle ne serait que de 1 sur 50. Il serait intéressant de voir jus¬ 
qu’à quel point cette statistique pourrait être réformée en ne 
tenant compte que des accouchemens dans lesquels le travail a 
été absolument abandonné à lui-même, nous sommes convain- 
vaincus que la proportion des morts serait bien moins consi¬ 
dérable. 

Maintenant, examinons ce qui est relatif à la présence dans 
l’utérus de deux fœtus inégalement développés. 

Comment expliquer le fait? Doit-on le considérer comme un 
exemple de superfétation? Où bien les deux fœtus conçus à la 
même époque se sont-ils développés en suivant les mêmes 
phases jusqu’à la période de cinq ou six mois, époque à laquelle, 
sous une influence quelconque, l’un des deux aurait cessé de 
vivre? 

La première question nous occupera d’abord. La superfé¬ 
tation dans l’espèce humaine est-elle possible? Si l’on s’en 
rapportait aux observations transmises par les anciens, nous 
n’aurions pas à poser cette question ; mais, ainsi que le fait 
observer M. Velpeau, ils ont traité ce sujet avec une telle lé¬ 
gèreté, qu’il est réellement inutile de les combattre. 

Le savant professeur que nous venons de citer pense que 
presque toutes les histoires de superfétation que l’on possède 
peuvent être rapportées 

1° A des grossesses doubles dans lesquelles l’un des fœtus, 
mort longtemps avant terme, s’est conservé dans les mem¬ 
branes pour n’être expulsé qu’avec celui qui avait continué de 
vivre; 2» à des grossesses de jumeaux inégalement développés 
ou nés à des termes différens ; 3« à des cas de grosses extra-uté¬ 
rines qui n’ont pas empêché la gestation naturelle; 4° enfin, à 
des cas d’utérus bicorne. 

Nous pourrions dès maintenant faire rentrer dans la première 
catégorie le fait dont nous avons été témoin ; mais avant de 
déduire les motifs qui nous poussent vers cette solution, nous 
essaierons d’établir nettement ce qui est relatif à la superfé¬ 
tation. 

Comme on le fait judicieusement remarquer (i), la dissection 
des animaux, qui fournissait seule autrefois les connaissances 


(1) Dictionnaire de médecine. Article Superfétation ; Raige-Delorme. 


anatomiques, devait faire admettre que la superfétation pouvait 
avoir lieu chez les femmes, parce qu’on supposait l’utéruS de 
celle-ci conformé comme celui de certaines femelles d’animaux 
chez lesquelles on le trouve composé de deux cavités plus ou 
moins distinctes. Cette insuffisance des études anatomiques 
pourra donc servir d’excuse aux idées fausses professées par 
les auteurs anciens. Mais quand cette branche des sciences mé¬ 
dicales eut fait des progrès, on dut reprendre cette question 
avec des élémens d’une tout autre valeur, et dès que des ob¬ 
servateurs sérieux voulurent soumettre à un examen rigoureux 
les faits indiqués comme des exemples évidens de superféta¬ 
tions, on reconnut que la plupart de ces faits n’avaient pas la 
signification qu’on voulait leur donner ; presque tous man¬ 
quaient de détails suffisans, et leur authenticité pouvait, sans 
trop de rigorisme, être parfaitement contestée. 

Quant à ceux qui se présentaient avec assez de détails pour 
supporter l’analyse, on pouvait les classer tout naturellement 
dans une des catégories que nous avons indiquées d’après M. le 
professeur Velpeau. 

Quelle sera donc, de nos jours, la part qu’il sera possible de 
faire à la superfétation ? Les physiologistes, en examinant les 
phases diverses qui se succèdent dans l’utérus après la fécon¬ 
dation, ont facilement reconnu que la présence de l’œuf peu 
de temps après sa formation rendait impossible une nouvelle 
fécondation en obstruant les ouvertures des trompes. Ce fait 
nous paraît incontestable, et quand Haller apportait en preuve 
de la possibilité de la superfétation dans les cas d’utérus simple 
que des femmes ont conçu, quoiqu’il fût resté dans l’utérus un 
fœtus mort et même pétrifié, il sortait complètement de la ques¬ 
tion, car il ne pouvait exister de parité entre un fait morbide, 
anormal, et un fait physiologique simple, ordinaire. 

De toutes les études auxquelles on s’est livré, il ressort donc 
le principe suivant : 

Hors les cas de grossesse extra-utérine ou d’utérus double, 
la superfétation n’est possible que lorsque la femme a eu com¬ 
merce, à des époques très rapprochées, avec deux hommes dif¬ 
férens ou avec le même homme. C’est dans ces circonstances, 
sans aucun doute, que se sont produites les grossesses doubles 
qui se sont terminées par la venue au monde de deux enfans de 
race différente. 

Comme nous l’avons déjà dit, notre observation ne peut un 
seul instant être rangée parmi les cas de superfétation. Il s’agit 
donc d’une grossesse double avec mort de l’un des deux pro¬ 
duits avant terme. Les exemples analogues au fait que nous rap¬ 
portons ne sont pas rares, sans doute, dans le sens absolu du 
mot. Mais le plus souvent le fœtus qui succombe offre une 
monstruosité quelconque, ou il est enveloppé dans les mêmes 
membranes, et rarement il a acquis un développement aussi 
considérable. 

De toutes les observations consignées dans les auteurs, une 
seule nous a paru présenter une analogie parfaite avec la nôtre. 
Nous la transcrivons en l’empruntant à la Lancette du 15 juin 
1830. 

Observation. — La nommée Berthier, âgée de trente-deux ans, en¬ 
ceinte pour la quatrième fois, se rendait à la maison d’accouchement le 2 
juin, lorsqu’elle fut prise de douleurs d’enfantement dans la rue de Lour- 
cine. Elle fut portée chez madame Dumont, sage-femme, rue de Lour- 
cine, n° 56. La poche des eaux faisait saillie à la vulve ; bientôt les eaux 
s’écoulèrent, la tête s’engagea, et la femme Berthier accoucha d’un en¬ 
fant du sexe masculin, au terme de neuf mois de conception, bien con¬ 
formé et très fort. Au bout d’un quart d’heure la sage-femme, après 
avoir exercé quelques tractions sur le cordon, fit sortir le placenta, et 
dans le même instant une nouvelle quantité d’eau, et un second enfant du 
sexe féminin à cinq mois environ de conception, ainsi que ses envelop¬ 
pes, furent rejetés en bloc par l’utérus. 

Le fœtus était bien conformé. L’auteur ajoute qu’il n’était pas en putré¬ 
faction, quoique l’on vît bien à l’affaissement des os qui concourent à la for¬ 
mation de la tête et à la souplesse des articulations qu’il avait cessé de 
vivre depuis longtemps. 

Comme on le voit, cette observation est en tout semblable à 
la nôtre. Seulement on ne dit rien des antécédens de la malade 
pendant la grossesse. Notre malade au contraire a éprouvé un 
accident, et à la suite de cet accident, une perte de sang et des 
efforts manifestes d’expulsion. Nous sommes portés à admettre 
que c’est lors de cette chute que nous avons signalée, que le 
fœtus a cessé de vivre. L’action traumatique ne s’est probable¬ 
ment exercée que sur celui des deux enfans qui se trouvait 
dans les conditions les moins favorables, tandis que l’autre 
n’en subissait aucune influence fâcheuse. 

En résumé, nous voyons dans ce cas les deux produits 
être assez indépendans l’un de l’autre, pour que l’un d’eux 
ayant cessé d’exister, et par conséquent devenant un vé¬ 
ritable corps étranger, l’autre néanmoins ait pu continuer à 
vivre sans que son développement en ait paru souffrir, et cela 
malgré le volume déjà considérable que présentait avec ses en¬ 
veloppes le second œuf. 

Nous pensons que, dans ce cas particulier, une saignée pra¬ 
tiquée à la malade lors de la chute qu’elle fit, n’aurait pas 
arrêté le travail qui commençait à se faire. En diminuant, en 
effet, la masse de sang, et le rendant moins consistant, peut- 
être l’hémorrhagie aurait-elle continué, tandis que l’action pa¬ 
ralysante de l’opium, en faisant cesser les contractions de l’uté¬ 
rus, a empêché le décollement du placenta de s’effectuer sur 
une étendue plus considérable. 


MOUVEMENT DE LA PRESSE MÉDICALE, ANALYSE 
DES JOURNAUX. 


JOURNAUX DE PARIS. 

Bulletin des travaux de la Société médico-pratique de Paris. 

Année 1845, N° 41. 

1° Observation de kyste de l’ovaire droit, guéri après deux ponc¬ 
tions, faites avec une aiguille à acupuncture ; par le docteur Richelot. 
— Cette observation, intéressante à plusieurs titres, est relative à une 
femme de vingt-cinq ans, qui, à la suite d’une chute, qu’elle avait faite à 
l’âge de dix-neuf ans, et dans laquelle elle ne s’était fait mal qu’au genou 
droit, commença à éprouver de la douleur dans le côté droit du bas-ventre. 
Un an après, elle souffrait déjà beaucoup, et son ventre grossissait peu à 
peu. L’année suivante, les règlesse supprimèrent pendant trois mois, sans 


cause appréciable ; puis se rétablirent d’elles-mêmes, tout en restant peu 
abondantes, et accompagnées de fleurs blanches, avec malaise général. 
En même temps, le ventre s’était gonflé davantage, et l’émision de l’nrine 
était difficile. Lorsque M. Richelot vit cette femme pour la première fois, 
en février 1842, elle était malade depuis quatre ans. Elle présentait une 
rétention d’urine, avec douleur très vive dans l’hypogastre. Cette rétention 
d’urine, provoquée par un excès de travail, se prolongea pendant plusieurs 
jours, et nécessita le cathétérisme. Vers la partie inférieure de l’abdomen, à 
droite de la ligne médiane, on sentait une tumeur dure, douloureuse à la 
pression. Quelque temps après, la malade entra à l’hôpital Necker ; tumeur 
située profondément à la partie inférieure et interne de la fosse iliaque 
droite, remontant dans le ventre, arrondie, fluctuante, et gagnant de jour en 
jour la ligne médiane, offrant, à la portion inférieure et externe, une plus 
grande dureté, une espèce de bosselure et de la douleur à la pression ; col 
utérin porté en haut et en avant ; et derrière le col, une tumeur immobile, 
souple et élastique sans être fluctuante, bien distincte de la matrice, en 
arrière et à droite de laquelle elle était située ; tel était l’état de cette ma¬ 
lade pendant la première partie de son séjour à l’hôpital; la tumeur de la 
fossse iliaque augmenta rapidement; en outre, maux de cœur, vomissemens 
et rétention d’urine dans la station verticale. Dans ces circonstances, 
M. Bérard plongea dans la tumeur une aiguille à acupuncture, qui pénétra 
dans une cavité, au sein de laquelle sa pointe se mouvait librement; 
peu de temps après cette ponction, et sans qu’on eût fait autre chose 
qu’administrer deux bains et deux purgatifs, la tumeur disparut très rapi¬ 
dement ; et au mois de mai, on trouvait seulement un noyau dur et doulou¬ 
reux, indice de la présence du kyste. 

La malade sortit bien portante de l’hônital. Elle fut prise bientôt après 
de toux, de crachement de sang et de douleurs fixes au-desous des der¬ 
nières côtes gauches. En même temps, la tumeur de l’abdomen se repro¬ 
duisit lentement et devint le siège de douleurs vives, que l’on combattit 
avec succès par des applications de sangsues. La tumeur, d’abord station¬ 
naire, avait repris sa marche dès le mois de décembre 1842. En mars 
1843, elle était considérable, seulement il n’y avait pas de tumeur intra- 
vaginale. Une seconde ponction exploratrice fut faite, mais sans succès. 
Ce fut seulement après une purgationquela malade s’administra elle-même, 
au commencement d’avril 1843, que la tumeur disparut de nouveau. Elle 
augmenta cependant de volume dès le 1 er novembre 1843. Ses carac¬ 
tères ne différaient pas notablement de ceux qu’elle avait présentés pré¬ 
cédemment, à cette exception près que l’augmentation de volume paraissait 
porter à peu près exclusivement sur le noyau dur de l’engorgement. Cette 
jeune femme conserve encore ce kyste, dont les progrès paraissent s’être 
définitivement arrêtés. 

La question principale que soulève cette observation est relative à la 
nature des diverses parties constituantes de la tumeur : si l’existence du 
kyste n’était pas douteuse, on peut cependant se demander si c’est bien 
dans l’ovaire qu’était son siège, et s’il n’était pas joint à une dégénérescence 
de l’organe ovarique. Au reste, quelle que soit la nature de la tumeur, il 
n’en demeure pas moins démontré que, sous l’influence d’une simple ponc¬ 
tion avec une aiguille à acupuncture, et par l’emploi de quelques purga¬ 
tifs, il est des kystes qni sont susceptibles de disparaître très rapidement, 
ou dont les progrès peuvent être enrayés pendant un temps assez long. 

2° Kyste pileux de [ovaire droit, guéri radicalement par l’incision 
après divers accidens ; par le docteur A. Chereau. — Une dame de 
trente ans fit appeler l’auteur de cette observation pour des douleurs 
extrêmement vives qu’elle éprouvait dans la moitié latérale droite de l’ab¬ 
domen. Ces douleurs correspondaient à une tumeur immobile, élastique, 
rénitente et fluctuante, qui s’étendait jusqu’à la ligne médiane. Cette tu¬ 
meur se percevait aussi par le toucher. Du reste, le vagin et le col de 
l’utérus ne présentaient rien de particulier. Cette dame était accouchée 
depuis plus de deux mois de son quatrième enfant. Sa dernière grossesse 
avait été marquée par des douleurs très vives dans la partie droite du 
ventre, augmentant pendant la marche, et ce fut après l’accouchement 
qu’on découvrit la présence de la tumeur. D’abord peu douloureuse, elle 
ne tarda pas à devenir le siège de phénomènes inflammatoires. Grâce à 
un traitement suffisamment énergique, M. Chereau parvint en quatre jours 
à faire disparaître les accidens locaux; mais il restait la tumeur, dont il 
chercha à obtenir la guérison par l’acupuncture. Sept piqûres furent 
faites sur la partie proéminente de la tumeur, sans que l’introduction de 
l’instrument fût douloureuse. Mais il n’en était pas de même des mouve- 
mens qu’on faisait exécuter à son extrémité, dans l’intérieur de la cavité 
du kyste. L’auteur avait prescrit des frictions mercurielles, jointes à une 
compression convenable ; mais la malade ne s’y soumit que très incom¬ 
plètement. Cependant, en trois jours le ventre avait diminué de 6 centi¬ 
mètres. Alors M. Chereau se décida à ponctionner la tumeur avec le tro¬ 
cart ordinaire, et il s’écoula environ deux litres d’une matière jaunâtre 
épaisse ressemblant au pus d’un abcès froid, et mêlée à de la matière 
grasse. Vers le milieu de l’opération, il s’échappa par la canule un cheveu 
blond, soyeux, puis deux autres, et lorsqu’on enleva la canule, une mèche 
de cheveux se présenta à l’ouverture abdominale. Des tractions furent 
exercées sur cette mèche; mais elle était tellement adhérente, que 
M. Chereau n’en put retirer plus de 9 ou 12 centimètres de long. L’ou¬ 
verture fut alors agrandie avec un bistouri porté sur une sonde canne¬ 
lée ; mais il y eut une hémorrhagie artérielle, et force fut d’y renoncer. 
Cinq jours après, la tumeur avait repris son volume. La plaie, qui avait 
été réunie, s’était rouverte et laissait suinter un liquide verdâtre, grais¬ 
seux, très fétide. Introduction d’une mèche cératée, qu’on relire après 
quatre jours, et sortie d’un demi-litre de matière chocolatée, d’une 
odeur insupportable, et trois cheveux. Cependant les forces de la malade 
s’épuisaient; pouls faible, petit et fréquent; nausées et vomissemens, 
perte d’appétit. M. Chereau se proposait d’agrandir l’ouverture ; mais il 
en fut détourné quelque temps par un de ses collègues, et ce fut seule¬ 
ment le 23 avril, moins d’un mois après les premières ponctions, lors¬ 
qu’il se forma spontanément, à 2 centimètres de l’ouverture abdominale 
première, un autre trajet fistuleux, tortueux, communiquant avec l’inté¬ 
rieur du kyste, que M. Chereau réunit par une incision les deux trajets 
fistuleux, et obtint une plaie longue de 3 centimètres, qu’il fallut agran¬ 
dir encore pour laisser sortir une pelotte de cheveux empaquetés dans 
une matière grasse, et qui était grosse à peu près comme un œuf de dinde. 
Ces cheveux, débarrassés de toute matière étrangère; pesaient 8 grammes; 
ils étaient entremêlés d’une matière inextricable, fins, soyeux, d’un beau 
blond, et longs de 6 à 25 centimètres. Une mèche cératée fut introduite 
dans la plaie, et retirée après vingt-quatre heures. L’écoulement diminua 
de jour en jour, et dans le commencement de mai il s’écoulait à peine du 
pus. Le 15 mai, la guérison était complète. 

On remarquera dans cette observation plusieurs circonstances dignes 
d’intérêt : d’abord le travail expulsif auquel le sac anormal s’est trouvé 
soumis, et qui, ordinairement, ne se manifeste pas dans cette sorte d’af¬ 
fection ; d’un autre côté, la rapidité avec laquelle les symptômes généraux 
et locaux se sont amendés dès que les corps étrangers renfermés dans le 
kyste ont été extraits. 

3° Observation d'hydropisie de l’amnios ; par le docteur A. Che¬ 
reau. — Cette observation est remarquable par la quantité considérable 
de liquide qui se trouvait enfermé dans la cavité utérine, et aussi parla 
nature des accidens que cette hydropisie avait entraînés. C’était une 
femme de trente-cinq ans, chez laquelle les règles n’avaient pas paru de¬ 
puis cinq mois, et qui, par conséquent, se croyait enceinte. Mais dès le 
quatrième mois, le ventre avait pris tout d’un coup nn volume insolite, 
qui augmenta graduellement, sans aucun symptôme inquiétant, lorsqu’elle 
fut prise subitement d’accidens pulmonaires et cérébraux, sans perte de 
l’intelligence. Turgescence de la face, difficulté de la parole, oppression, 
fréquence du pouls, irrégularité des contractions cardiaques, etc. Une 
large saignée du bras produisit un grand soulagement ; dans la nuit, le col 
utérin, qui s’était dilaté, donna passage à une quantité considérable de 
fluide séro-albumineux (deux litres environ) et à un enfant du sexe fémi¬ 
nin, long de vingt-trois centimètres et quelques millimètres. Quatre heures 
après l’utérus chassa un second fœtus et deux placentas accolés l’un à 
I l’autre. Il s’échappa une quantité de liquide encore plus considérable que 









la première fois. Cet écoulement séreux a continué pendant trois jours, 
la malade s’est parfaitement rétablie. 


20 


4* Du suicide considéré comme maladie; par le docteur Bourdin.- 
Tout le mémoire de M. Bourdin roule sur la proposition suivante : 
suicide est toujours une maladie, est toujours un acte d’aliénation men¬ 
tale : il ne mérite donc ni louange ni blâme. Nous engageons les personnes 

mu fi'nrrnnpnf r P mptlaoinn nonkAU»:/..,» x__1.__• 


qui s’occupent de médecine psychologique à consulter ce mémoire, dans 
lequel 1 auteur a su habilement disposer les faits à l’appui d’une opinion, 

mu nVcf nPiiUlro mo __ j ^ r ’ 


qui n est peut-etre pas acceptable dans toute cette étendue. On pourra 
également consulter avec fruit la discussion à laquelle ce mémoire a donné 
lieu, dans le sein de la Société médico-pratique. 


5° Observation de mort rapide, causée par la coagulation du sang 
dans les divisions de l’artère pulmonaire, pendant la convalescence 
d une pneumonie légère, suivie de quelques réflexions; par le doc¬ 
teur Richelot. — L’observation de M. Richelot vient s’ajouter à celles 
analogues et si dignes d’intérêt, publiées par M. Hélie, dans le Bulletin 
de la Société anatomique de 1837, par M. Baron fils ( Archives de mé¬ 
decine 1838), et en 1845 par M. Paget (London médico-chirurgical 
transactions). L’observation de M. Richelot est relative à un avoué, âgé 
de trente-huit ans, qui, à la suite d’un voyage fatigant, et sous l’inQuence 
de plusieurs émotions morales pénibles, fut pris d’une maladie légère en 
apparence, caractérisée par des douleurs vagues dans l’épaule droite 
d abord, puis a la région épigastrique, avec perte d’appétit. Cet état mor¬ 
bide parut céder a une application de sangsues et à l’administration d’un 
purgatil ; de sorte que, après six jours, le malade put prendre part au: 
travaux du jury. Dès le sixième jour de la maladie, il survint de la toux - 
du sang pur et vermeil fut expectoré ; il y eut de la dyspnée ; puis, le neu¬ 
vième jour seulement, après uue bonne nuit et un sommeil paisible, symp¬ 
tômes évidens de pleuro-pneumonie, qui ne dura que quelques jours; 
elle avait été précédée d’hémoptisie pendant deux jours. Enfin, dans ’ 
nuit du 15 e au 16 e jour, du 7 e au 8 e à compter du début de la pneumo¬ 
nie, alors que sauf la dyspnée, tous les symptômes paraissaient notable¬ 
ment amendés, le malade devint agité, cracha de nouveau du sang et 
mourut suffoqué. A Y autopsie, on ne trouva, pour expliquer la mort, que 
les principales divisions de l’artère pulmonaire presque complètement 
obstruées par des caillots de sang noir très solides, plus mous au centre 
qua la circonférence, tapissés à l’extérieur par une membrane beaucoup 
moins colorée, et adhérant évidemment aux parois de l’artère. 

6“ De l'association en médecine; par le docteur H. Lararraque. — 
L auteur de ce travail a su mettre en relief les principaux avantages des 
associations médicales. De pareils manifestes ne peuvent que faire avan¬ 
cer la cause des associations, cette base de l’organisation médicale. 


1 ° Rapport de la commission chargée de l’examen du projet de loi 
suv l exercice et l’enseignement de lu médecine . — La commission 


était composée de MM. Ameuille, Cerise, Michéa, Tessereau; Dobienv 
rapporteur. 6 ’ 


2° Observation d’ectrogénie asymétrique; par M. le docteur Bel- 
homme.— Chez un enfant du sexe féminin, né d’une mère bien constituée, 
mais qui avait éprouvé, pendant la grossesse, une douleur très vive, on 
observait une difformité très curieuse, et dont voici les détails: la tête 
lormait une masse informe; à la place des pariétaux et du coronal, qui 
manquaient en apparence, s’élevait une tumeur en forme de ballon, de 
. couleur lie de vin, d’un aspect fibreux, et qui paraissait renfermer le cer¬ 
veau. Au côté gauche de cette masse, qui avait 2 h centimètres de circon¬ 
férence, une seconde tumeur blanche et nacrée renfermait une partie du 
lobe postérieur du cerveau. En avant et au-dessous de la tumeur la face 
présentait une disposition rudimentaire; mais le reste du corps était par¬ 
faitement conformé, la poitrine assez large, et les membres vigoureux; 
aussi cet enfant vécut-il huit Jours, et succomba-t-il au milieu de phéno¬ 
mènes fébriles et de convulsions, à l’inflammation de la tumeur cérébrale. 
L autopsie révéla beaucoup de faits curieux: le développement complet 
du cervelet, de la protubérance et du bulbe rachidien ; l’adhérence de 
lammos sur toutes les parties difformes ; l’absence ouïe développement 


tion organique d’autant plus prononcé que l’on s’approchait davantage 
des lieux d adhérence placentaire. La tumeur principale contenait en 
meme temps qu’un demi-verre de liquide séro-purulent, une masse céré¬ 
brale divisée en deux parties, ou les deux hémisphères, mais le gauche 
plus volumineux que le droit. Dans la petite tumeur, du volume d’une 
r x ’° n ‘ r r aitu,,e masse cérél >rale, appartenant au lobe postérieur gau¬ 
che. M. Belhomme a fait suivre cette observation de quelques réflexions, 
qu il a résumées dans les propositions suivantes : 1° il peut arriver que 
les commotions morales aient une influence, dans le sein de la mère sur 
la formation du fœtus. 2° L’ectrogénie dépend d’une adhérence d’une 
partie quelconque des organes formés dans les premiers temps de la con¬ 
ception avec les dépendances placentaires. 3» Ces organes, ainsi suspen- 
dus, n acquièrent pas la forme et le volume ordinaires, ce qui cause la 
diliormité. 4° Il y a une coïncidence marquée entre le défaut de dévelop¬ 
pement organique et le développement ou l’atrophie des vaisseaux qui se 
rendent a ces tumeurs ectrogéniques. 

3° Etudes hygiéniques sur les halles centrales de Paris; par le 
docteur Tessereau. — Nous avons déjà rendu compte de ce travail inté¬ 
ressant (Union Médicale, cii, 426,1847.) 

4° Rapport deM. Smith sur une brochure de M. Compérat (abcès 
du bassin). — L auteur de ce travail et le rapporteur ont insisté princi¬ 
palement sur la nécessité d’ouvrir les abcès du bassin, même lorsqu’ils se 
portent principalement vers le rectum. 4 

5° Note sur les perforations de l’estomac; par le docteur Char¬ 
mer. — Nous avons inséré ce travail intéressant. (Voyez Union Médi- 
GALE, XXIX, 121, 1847.) 


6° Rapport sur l’ouvrage de M. Belhomme intitulé : Quatrième 
mémoire sur les localisations des fonctions cérébrales et de la folie • 
par le docteur Dobigny. ’ 


JOURNAUX BELGES. 

Annales rte la Société médicale de la Vlandre occidentale. 

Novembre 1847. 

Névralgie du nerf crural chez une femme en couches. — Guérison 
par l ipécacuanha; par le docteur Aug. Fhédericq. — Il s’agit d’une 
femme de quarante ans qui, le dixième jour de son accouchement, éprouva 
une forte contrariété qui la mit dans une violente colère. Le lendemain 
douleur qui s irradiait depuis la région de l’ovaire jusqu’à l’anneau crural 
et du canal crural au genou. La compression étaitdouloureuse. Les lochies 
continuaient a couler et la sécrétion du lait ne diminuait pas. Les douleurs 
étaient très tortes. On nrenait l’inèrarunnha pn nmi/i™ \ ir> a 


étaient très fortes. On prenait l’ipécacuanha en poudre à la dose de 1 
gramme divisé en cinq paquets et à prendre un paquet tous les trois 
quarts d heure. Le lendemain, la douleur avait cessé et la malade était 
partauement calme. La douleur reparut encore, mais avec moins d’inten¬ 
sité, et 1 ipécacuanha en fit chaque fois justice. 

Nouvel exemple de l’efficacité de l’ipécacuanha, dont M. Trousseau a 
dit avoir obtenu des succès étonnans dans toutes les maladies des femmes 
éSfent m aUeint C e C s° UChéeS ’ qU ® G q “ e fÛt d ’ ailleurs l’affection locale dentelles 


s’observe dans la plèvre des personnes phthisiques aux environs des 
tubercules qui, en se ramollissant, constituent les excavations caver- 


Efficacitè de l'acetate de plomb dans un cas d'hypertrovhie du 
cœur; par le docteur Ed. Vandezande. — Un homme de trente-cinq ans 
tut atteint, il y a trois ans, à la suite d’une marche prolongée pendant 
laquel e il portait un lourd fardeau sur la tête, d’hémopthisie avecpalpita- 
à s ’ 0CC,I P er des rudes travaux des champs sans 
s inquiéter de la gravité de son état. Cependant un mois après, il fut obligé 
™°, unr u a . ux so, “ s d’un médecin qui lui pratiqua une saignée et pres¬ 
crivit des boissons émollientes ; sous l’influence de ce traitement et du 
repos, son état s’améliora, mais il avait conservé une gêne de la respira¬ 
tion et des palpitations du cœur, augmentant à la moindre fatigue. Un an 
après, orthopnée subite, toux avec crachats sanguinolens, anasarque. 
^ esac . cide " s disparaissentpuis reviennent de nouveau ; dysnée très forte, 
anxiété précordiale, toux fatigante, expectoration sanguinolente, impul- 
muÆ ba “ emens du cœur très forte, pouls fort, accéléré, impossi- 
bili é de garder le lit, insomnie, sueurs profuses, œdème considérable, 
battemens du cœur tumultueux dans une grande étendue, son mat à toute 
nS , i P [ éC ? rd a iaIe - üne sai 8 ,lée > le nitrate dépotasse et la teinture de 
n ftrp , d0S i C n ® produisent aucun amendement. Alors on admi¬ 

nistre 1 acétate de plomb a la dose de 20 centigrammes par jour associé à 
5 centigrammes d extrait gommeux d’opium, à cause de la diarrhée dont le 
malade était atteint. Au bout du troisième jour, repos, diminution de la 
gêne de la respiration et de l’impulsion des battemens du cœur. On con¬ 
tinue 1 acétate de plomb qu’on porte à la dose de 30 et 40 centigrammes 

.ŒL“ , S 2 ".?”’“ esd ' 

De l’état des gencives chez les phthisiques; par M. le docteur Aug. 

Dans 'f courant de 1844, dit l’auteur, je donnai des soins 
a une jeune fille atteinte de phthisie scrofuleuse. Les gencives de cette 
malade offraient un aspect tout particulier : elles étaient légèrement gon¬ 
flées, et leur couleur était normale ; cependant à une ligne à peu près du 
bord libre des gencives, se dessinait une strie d’un rouge de brique, dont 
la couleur tranchait brusquement avec celle de la muqueuse gingivale. 
Cette strie étautrès étroite et marchait parallèlement au bord libre des 

gencives ; elle n existait quau niveau des dents incisives et canines _ 

Depuis cette époque, mon attention a été constamment éveillée sur l’état 
des gencives chez les phthisiques, et toujours j’ai rencontré, chez eux la 
strie rouge en question. Il est rare qu’elle existe dans toute l’étendue’de 
la gencive qui correspond aux incisives et aux canines, bien souvent elle 
n existe que partiellement et semble être interrompue ; lorsqu’elle n’est 
pas complète, nous l’avons toujours trouvée au niveau des deux dents in¬ 
cisives inférieures et médianes. Cette strie n’existe pas toujours à la même 
“ c , e du bord libre des gencives : elle est quelquefois située très bas, 

Pt n^ntrpd fmc ollo avicla Oll mnnn.. J.. U-J liv „„ J 1 • * 


et d’autres fois elle existe au niveau du bord libre même de la gencive • on 
serait tenté de croire, dans ce dernier — ’- ë 


s, qu’on y a passé avec un pin¬ 


ceau une couleur rouge de brique très éclatante. 

Cette donnée étant admise, on a à se poser les questions suivantes : 

1 Cet état des gencives existe-t-il chez tous les phthisiques » 

2° Vers quelle époque de la phthisie se manifeste-t-il ? 

3- Est-il un indice de lésion pulmonaire; ou est-il l’expression de la 

nniPiicA î) F 


cachexie tuberculeuse ? 


Nous ne nous rappelons pas avoir rencontré un seul phthisique qui 
n offrit ja strie rouge aux gencives ; s’il existe des exceptions à cette règle, 
elles doivent être bien rares. s 


L époque de la phthisie vers laquelle la strie rouge apparaît aux genci- 
s, n a pu etre déterminée par nos recherches. La solution de cette ques¬ 
tion est néanmoins d une haute importance, car l’apparition simultanée 
de la strie rouge et des tubercules pulmonaires une fois constatée, révè- 


I . , ai». ^uiiuuuuiiLO utiC JU1D LUUoldlCC) ICVC" 

lerait a coup sur 1 existence de ceux-ci, alors que tous nos moyens d’ex¬ 
ploration sont encore illusoires. 


écume à la bouche, chaleur halitueuse, résolution des membres et u 


Le taxis, pratiqué avec énergie, sans que le malade témoigne aucune 
sensibilité, détermine dans moins d’un quart d’heure la réduction de la 
hernie; bientôt après cet homme se réveille et manifeste sa satisfaction; 
il a quelques vomituritions acidulées, puis un calme parfait. Un lavement 
huileux provoque une selle copieuse le soir même, et peu de jours de re¬ 
pos suffisent pour qu’il puisse reprendre ses travaux. 

Parmi les applications assez nombreuses que j’ai déjà faites de cette 
nouvelle méthode, celle-ci me paraît une des plus remarquables, d’abord 
par la promptitude avec laquelle un des plus hauts degrés de l’ivresse 
éthérée s’est manifesté, en second lieu par l’action thérapeutique assez 
énergique qu’elle me paraît avoir exercée sur l’étranglement; enfin, par 
son heureuse influence sur le taxis, rendu non seulement plus facile, mais 
certainement moins douloureux. 

eus a ' ns * l’occasion de constater encore une fois combien les effets de 
1 éther diffèrent, toutes choses égales d’ailleurs, suivant la disposition du 
sujet; quelques minutes suffisant ici pour rendre ivre mort un homme 
peu habitué aux boissons alcooliques ou les supportant mal ; tandis que 
dans des conditions opposées, j’ai quelquefois inutilement prolongé les as¬ 
pirations pendant plus d’une demi-heure. 

Il en sera sans doute de même du chloroforme, dont les merveilles 
annoncées de toute part font oublier déjà celles de l’éther à peine bien 
constatées. Nous avons aussi employé ce moyen préventif de la douleur, 
et le même jour un condamné, salle 6, lit n° 30, en a, pendant plus de 
vingt minutes, aspiré les vapeurs sans obtenir aucun effet ; lorsqu’un 
autre homme de mon service (salle 5, n°47) présentait une sensibilité 
complète en moitié moins de temps, et supportait, sans en avoir la cons¬ 
cience, une excision étendue et fort douloureuse aux environs des parties 
génitales, avec plusieurs points de suture pour la réunion de la plaie. 

J’ai depuis longtemps obtenu de la belladone des résultats si avantageux 
pour la réduction des hernies étranglées, lorsque tous les moyens avaient 
échoué, qu il m’était peut-être permis de croire à un succès de plus dans 
cette circonstance, sans recourir à Y éthérisation ; mais on ne pourrait 
pourtant contester le relâchement que les muscles abdominaux ont 
éprouvé sous l’influence de l’éther, et par conséquent les modifications 
heureuses qui pouvaient en résulter dans la disposition de l’anneau ingui¬ 
nal. Il faut surtout reconnaître que l’insensibilité du malade et l’absence de 
ces contractions spasmodiques provoquées par la douleur du taxis ont dû 
faciliter et abréger cette opération. 


Nous pensons donc que l’éthérisme peut être employé pour la réduc¬ 
tion des hernies étranglées, comme pour celle des luxations, avec plus 
d’avantage encore que pour certaines opérations sanglantes et de longue 
durée, qui, nécessitant une action trop prolongée ou trop souvent répé¬ 
tée de l’éther, peuvent amener des accidens graves; et après lesquelles 
une réaction douloureuse se manifeste fréquemment soit pendant le pan¬ 
sement, soit un peu plus tard; comme si la nature voulait reprendre ses 
droits, et faire repentir le pauvre patient d’un calme factice et momentané 
dont l’opérateur seul aurait eu le profit. 

Le second chirurgien en chef de la marine, 
Laurencin, d.-m. 

Rochefort, le 25 décembre 1847. 


imparfait des os; des traces de la neau. du tissu rpllnlairp rlp« phvp , . . , , t -'-ca toa, esi im- 

!. 0 P p !! d „ U .: C . erVeaU e . t du carveau lui -même, mais dans un état d’hnperfec- P Tn"‘f,’:l It“? d ?, C J". e f d I ssister ’ Pr ea( I ue les bras croisés - a 


Nous savons que fréquemment les tubercules se développent dans les 
poumons, sans éveiller des symptômes morbides; ceux-ci alors apparaissent 
tardivement et trahissent un mal déjà trop étendu pour être encore ac¬ 
cessible aux ressources de l’art; la thérapeutique, dans ces cas est im- 


la dépérition graduelle et successive de son malade, que peut-être il au" 
rait sauvé s’il avait connu la première apparition tuberculeuse dans les 
poumons. 

Un jour viendra peut-être que nous guérirons un plus grand nombre de 
phthisies pulmonaires, mais ce progrès dans la thérapeutique ne sera réa¬ 
lisé qu’a deux conditions : 

1° Lorsque nous connaîtrons le point de départ de la génésie tubercu¬ 
leuse, c’est-à-dire lorsque nous connaîtrons la cause ou les différentes 
causes constitutionnelles qui engendrent les tubercules. 

2° Lorsque le tissu pulmonaire n’est pas trop atteint, que la lésion ma- 
ténelle de l’organe est encore compatible avec la vie. 

La connaissance de cette dernière donnée qu’il est si difficile d’établir, 
est très importante au point de vue de la thérapeutique : c’est parce que 
la science attend encore un moyen de constater la première éruption tu¬ 
berculeuse dans les poumons, que nous avons appelé l’attention des mé¬ 
decins sur la strie rouge des gencives chez les phthisiques. Nous désirons 
que par des recherches suivies, on détermine le rapport de développe¬ 
ment de celte strie avec le développement tuberculeux. 

La strie rouge des gencives n’existe-t-elle pas dans d’autres affections 
que la phthisie pulmonaire? C’est ce que nous ignorons; cependant nous 
ne 1 avons jamais rencontrée dans d’autres affections. 

En écrivant cette note, nous ne prétendons pas avancer un fait abso¬ 
lument inconnu; peut-être, en parcourant soigneusement les annales de la 
science, trouverait-on le fait déjà signalé; toujours est-il cependant qu’il 
occupe peu l’attention du médecin, et sous ce rapport il nous paraît utile 
de le faire connaître. 


CORRESPONDANCE. 


d v S un Cas de P^ th } si f> deux jours avant la mort; par le 
docteur P. Plettinck. — Il s agit d’un homme de vingt-neuf ans qui, 
arrivé au dernier degré de la phthisie, fut tout à coup pris de délire fu¬ 
rieux. A 1 autopsie on trouva au tiers supérieur et antérieur de l’hémis¬ 
phère gauche un abcès unique, du volume d’un œuf de pigeon et dont 
1 ouverture donnait heu a l’écoulement d’un pus épais et verdâtre. Alen¬ 
tour de ce foyer existaient des signes non équivoques d’un travail inflam¬ 
matoire local, tels qu’adhérences et fausses membranes, comme cela 


OBSERVATION DE HERNIE ÉTRANGLÉE RÉDUITE APRÈS L’ÉTHÉRI¬ 
SATION. 

Le 5 décembre 1847, le condamné Mougard, n° 13,585, est porté à 
l’hôpital de Rochefort vers les onze heures du matin et couché au n° 32 
la salle 6. Cet homme, âgé de cinquante-trois ans, d’une taille moyenne, 

le système musculaire assez développé et paraît d’une bonne constitu¬ 
tion, Il est atteint, depuis trois ans, d’une hernie inguinale droite pour la¬ 
quelle il a obtenu un bandage, qu’il néglige souvent de porter. Le matin 
même, en soulevant une pièce de bois, sa hernie s’est étranglée, et l’on 
" fait inutilement quelques tentatives de réduction. 

La tumeur est externe, assez volumineuse, dure, rénittente et fort dou¬ 
loureuse au toucher; de violentes coliques tourmentent le malade, qui 
n’a rendu ni gaz ni matières depuis l’accident. Le faciès exprime beau¬ 
coup de souffrance ; le pouls est petit et concentré. 

Après un bain d’une heure, quarante sangsues sont appliquées aux en¬ 
virons de l’anneau ; quelques heures après leur chûte, le taxis est essayé 
sans succès, et occasionne de vives douleurs. Des cataplasmes de lin for¬ 
tement belladonnés sont maintenus sur la tumeur pendant toute la nuit, 
qui se passe sans sommeil, mais sans phénomènes plus fâcheux ; il n’y a 
ni hoquet ni vomissement. 

Le lendemain matin on donne un deuxième bain, après lequel la tu¬ 
meur, quoique moins dure est encore fort douloureuse, et l’on a recours 
à l’éthérisation pour faciliter le taxis. Les premières aspirations sont mal 
supportées par le malade, qui fait de grands efforts pour se soustraire à 
l’action de l’appareil Charrière, dont l’entonnoir devrait toujours com¬ 
prendre la bouche et le nez. Néanmoins, dans sept ou huit minutes 
l’ivresse est complète, il y a rougeur de la face, dilatation des pupilles, 


NOUVELLES. — FAITS DIVERS. 


abd-el-eadër et les ghirurgiens de l 'Asmodée. — Abd-el-Kader 
est atteint de légères blessures ou excoriations sur les jambes, et d’une 
petite plaie sur la face dorsale du pied gauche. Parmi ses compagnons de 
captivité, il en est dont les blessures offrent plus de gravité. Nous cite¬ 
rons surtout l’agha des noirs, homme de taille herculéenne, et dont la face 
a été traversée par une balle qui, après avoir pénétré près du nez et glissé 
sur la partie osseuse, est sortie près de l’oreille correspondante. 

Les chirurgiens de Y Asmodée ont donné tous les soins nécessaires à 
ces blessés, et l’émir leur en a témoigné ses remercîmens par une lettre 
dont voici la traduction ; 


» Louanges à Dieu seul et unique : 

» Cet écrit, de la part d’Abd-el-Kader Ben-Mahhi-Eddin, est adressé 
aux chirurgiens français... 

» Que Dieu les favorise de sa bonté et les contente ainsi qu’ils le méri¬ 


tent. 


» Vous avez agi avec bonté envers mes compagnons qui sont blessés ; 
que Dieu vous accorde sa grâce et vous récompense. 

» Il est puissant en toutes choses ! » 


Etranger. 

— Un journal rapporte que l’hôpital du Caire étant favorable à la gué¬ 
rison des rhumatismes, Méhémet-Ali vient de mettre une salle à la dispo¬ 
tion du gouvernement pour nos soldats. Si ce n’est qu’un canard égyptien, 
la proposition n’est qu’une réclame. Les rhumatismes guérissent dans 
toute l’Egypte comme dans tous les pays où la température est élevée, et 
lorsque l’on a soin de se garantir des variations de température qui ont 
lieu pendant l’absence du soleil. 


Les journaux anglais nous ont entretenu de ce Français, M. Poittevin, 
qui avait établi une fabrique d 'engrais concentré au sein d’un des quar¬ 
tiers lesplus populeux de Londres (Mile End). Les émanations s’en éten¬ 
daient jusqu’à 3/4 de mille et incommodaient surtout la maison de travail 
de Spitafields et l’hôpital de Londres. Croirait-on que lorsqu’une enquête 
a été ouverte, le magistrat ne s’est pas cru le droit de faire disparaître 
immédiatement plusieurs milliers de tonnes de matières animales en pu¬ 
tréfaction, qui occupaient une surface de 150 à 200 pieds carrés, et qu’on 
a accordé à ce soi-disant chimiste un temps suffisant pour lui permettre 
d’écouler sa marchandise. Mais que devient donc le biU des maladies 
contagieuses ?... 


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Typographie FÉLIX MALTESTE et C«, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, t8. 




























Jeudi 13 Janvier 1848. _ pEUXifeME Tome ll me « —» M° 6. 

BUREAUX D'ABONNEMENT: ^ ' _ __ PRIX DE L’ABONNEMENT. 

~‘~ez~ L’UNION MEDICALE 'im ? 

iMtottiiii JOURNAL DES INTÉRÊTS SCIENTIFIQUES ET PRATIQUES, MORAUX ET PROFESSIONNELS 

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On s’abonne aussi dans tous les Bureaux _ _ r „ . _ 

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Générales. 1 An . ’ 5 Fr 

Ce Journal, fondé par MM. BICHEUMt et aVBEBI-BOCHE, parait trois fols par semaine, le MABDI, le JEUDI et le Wim:UI. 

Tout ce qui concerne la Rédaction doit être adressé aux Bureaux du Journal, à M. le Docteur Amédée uaioub, Rédacteur en chef; tout ce qui concerne l’Administration, à M. le Docteur bicheioi, Gérant. 


NOHAIKi:._I. Sur la séance de l’Académie de médecine. — Les on dit de la 

Chambre des députés. — II. Travaux originaux : De la fièvre intermittente chez 
les jeunes enfans; de la gangrène paludéenne; des fébrifuges et des différentes ma¬ 
nières de les administrer. — III. Cmnique de ua vii.i.e : Grenouillette très volu¬ 
mineuse déterminant des phénomènes d’asphyxie et contenant un liquide purulent ; 
opération. — IV. Académies, sociétés savantes et associations : (Académie 
des sciences, séance du 10 janvier ) : Nouvelles remarques sur les effets anesthésiques 
du chloroforme. — Présence normale de plusieurs métaux dans le sang et sels fixes 
dans ce liquide. — Tissu idioélectique. — (Académie de médecine, séance du 11 
janvier) : Correspondance. — Rapports : Notes sur un nouveau mode de traitement 
médical et hygiénique.— De la localisation de la parole dans les lobes antérieurs du 
cerveau. — Quelques réflexions sur les ouvriers employés dans les manufactures de 
draps. — I.ectures. — V. Bibliographie : Additamenta ad Lud. Choulanti biblio- 
thecam medico-historicam. —VI. Revue des journaux (journaux de Paris). 
Gazette médicale : Mémoire sur l’épidémie de rougeole qui a régné à Genève dans 
les premiers mois de l’année 1847. — Observations sur la fièvre typhoïde traitée par 
la méthode de M. le professeur Serres. — VII. Nouvelles et Faits divers. — 
VIII. Feuilleton : Histoire de la profession médicale : L’exercice de la médecine 
avant la réforme. 


PARIS, LK18 JANVIER 1848. 


Sur la séance de l’Académie de médecine.— Droits des membres 
correspondans.—Discours sur M. Jourdan.—les lobes antérieurs 
du cerveau sont-ils le siège delà parole?—Maladies des ouvriers 
qui travaillent le drap. 

Quels sont les droits, quelles sont les attributions des mem¬ 
bres correspondans de l’Académie? Nous sommes portés à nous 
poser cette question à propos d’un fait qui a inauguré fâcheu¬ 
sement, selon nous, la présidence de M. Royer-Collard. M. le 
docteur Mège, membre correspondant qui habite Paris, et qui, 
malgré sa présence fort assidue aux séances de l’Académie, ne 
peut pas assurément être accusé d’abuser de la parole, a lu, 
dans la dernière séance, un travail sur la nécessité d’une orga¬ 
nisation autre et meilleure du service médical des eaux miné¬ 
rales. Nous n’avons pas à examiner pour le moment les opi¬ 
nions de cet honorable confrère, mais personne ne contes¬ 
tera que le sujet de son travail ne présente une impor¬ 
tance réelle, ne touche à des intérêts considérables, et ne 
dût surtout fixer vivement l’attention d’une Académie dont un 
des motifs spéciaux de son institution par le gouvernement a 
été précisément l’étude des eaux minérales. Eh bien ! il est ar¬ 
rivé que non seulement les opinions de M. Mège n’ont pas 
reçu les honneurs de la discussion, mais encore qu’on ne leur 
a pas même accordé la banale et fort peu compromettante po¬ 
litesse d’une Commission. Pourquoi cela? parce que —la chose 
est curieuse — M. Mège est membre correspondant, et que les 
membres correspondans n’ont pas le droit de foire des propo¬ 
sitions. 

Dans une autre circonstance, il fut déclaré que les corres¬ 
pondans n’avaient pas le droit de se mêler spontanément aux 


discussions, et qu’ils ne pouvaient prendre la parole qu’après 
décision ad hoc de l'Académie. 

De sorte que ces pauvres correspondans n’ayant le droit ni 
de proposition, ni de discussion, en sont réduits à l’honiieur, 
considérable sans doute, mais un peu maigre, de signer au re¬ 
gistre et de s’asseoir sur les banquettes privilégiées. 

Nous ne croyons pas que ce soit là l’esprit des règlemens de 
l’Académie, et nous appellerons l’attention de la compagnie sur 
la manière peu libérale et peu confraternelle avec laquelle sont 
traités ses correspondans. 

M. Bégin a communiqué le discours prononcé par lui aux 
obsèques de M. Jourdan, discours remarquable, qui a vivement 
excité les sympathies de l’auditoire, et que nous reproduirons 
dans un de nos prochains numéros, car il expose d’une manière 
complète la vie si laborieuse de M. Jourdan. 

M. Ferrus a lu un rapport sur un travail de M. Belhomme, 
relatif à la localisation du siège de la parole dans les lobes an¬ 
térieurs du cerveau; question toujours fort controversée, pos¬ 
sédant des faits pour et des faits contre, qui a longtemps déjà 
occupé l’Académie, et que nous croyons iusoluble dans l’état 
actuel des choses. L’Académie, du reste, n’a prêté qu’une at¬ 
tention fort distraite à cette nouvelle tentative des localisateurs, 
et la discussion, à part une bonne observation de M. Baillar- 
ger, n’a jeté aucune nouvelle lumière sur ce sujet obscur. 

Nos lecteurs verront avec intérêt une courte analyse d’un 
très bon travail de M. le docteur Toulemonde, de Sédan, sur 
les maladies des ouvriers qui travaillent le drap. Il est fâcheux 
que l’excellent rapport de M. Gérardin ait été lu à la fin de la 
séance et à peu près devant les banquettes. 


LES on dit DE LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS. 

Si nos informations sont exactes, la Chambre ne délibérera 
pas longtemps sur la question des deux ordres de médecins. 
Ses opinions sont à peu près généralement faites et fixées sur 
ce point. On reconnaît que le maintien d’un second ordre ne 
serait fondé que dans le cas où l’on viendrait à prouver que 
la vie des hommes a deux degrés d’intérêt, le premier corres¬ 
pondant aux classes riches et aisées, le second correspondant 
aux classes pauvres. Personne n’entreprendra de donner cette 
preuve. 

Quant à la question des médecins communaux rétribués 
partie sur les fonds des bureaux de bienfaisance, partie sur les 
centimes facultatifs des départemens, un grand nombre de dé¬ 
putés pensent que les bureaux dont il s’agit ont bien assez de 
misères actuelles, injustes, criantes à soulager ; qu’il est plus 
qu’inutile, qu’il est imprudent d’amoindrir leurs ressources, 
déjà insuffisantes, pour des créations suspectes. Beaucoup de 
députés proclament qu’avant toute dépense nouvelle, les com¬ 
munes ont encore beaucoup à faire pour leurs desservans vieux 
et infirmes, pour les jeunes maîtres d’école, dont la situation 


est déplorable presque partout, et conduit les cultivateurs à se 
demander si c’est bien la peine de faire apprendre à lire aux 
enfans, lorsque c’est là tout ce que méritent et obtiennent les 
hommes qui savent lire et écrire par excellence. 

Quelques membres, enfin, ont peur de ces nominations faites 
par les préfets ; ils ont présent à la mémoire tous les abus aux¬ 
quels donne lieu la désignation par la magistrature des jour¬ 
naux favorisés des annonces judiciaires, et ils trouvent entre la 
disposition législative que nous rappelons et la création que 
l’on veut faire, des analogies sur lesquelles nous revien¬ 
drons. 


TRAVAUX ET MÉMOIRES ORIGINAUX DE MÉDECINE 
ET DE CHIRURGIE, 

DE THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE ET APPLIQUÉE. 

DE LA FIÈVRE INTERMITTENTE CHEZ LES JEUNES ENFANS 5 — DE 

LA GANGRÈNE PALUDÉENNE ; — DES FÉBRIFUGES ET DES DIFFɬ 
RENTES manières de les administrer ; par M. le docteur E. 

Ebrard, d.-m. p., à Bourg. 

(Suite et fin. — Voir les numéros des 8 et 11 Janvier 1848.) 

Septième observation. — Un enfant, âgé de six mois, placé en nour¬ 
rice dans la Dombes;, prend la lièvre le même jour que la femme qui 
l'allaitait. Celle-ci a la fièvre tierce, tandis que l’enfant a un accès de fièvre 
tous les jours à deux heures. Ses parens le ramènent à Bourg et le nour¬ 
rissent au biberon. 

L’enfant est d’une grande maigreur ; sa langue est un peu blanche. La 
rate dépasse les côtes en forme de languette. Les accès de fièvre sont ca¬ 
ractérisés par Je froid, la pâleur, puis par la coloration de la figure, la 
chaleur, la soif. Grand abattement. Toux légère. 

Le 9 septembre, après le dixième accès, je remets aux parens quatre 
grammes d’axonge dans lesquels j’ai incorporé huit grammes de sulfate de 
quinine. Le soir du même jour et dans la matinée du 10 septembre, l’en¬ 
fant est frictionné avec cette pommade aux aisselles et sur la région de la 
rate. 

Le 10, l’accès retarde de six heures : il est moins intense. Frictions 
avec huit grammes de sulfate de quinine en pommade. 

Le 11, l’accès ne reparaît pas. L’enfant n’éprouve aucun malaise. 

Nul doute que le succès obtenu chez ce dernier malade n’ait 
été dû à l’élévation de la dose de la quinine. Cette dose n’a 
point été trop forte, puisque l’accès n’a disparu que le second 
jour, puisque l’enfant n’a éprouvé aucun de ces accidens dont 
on accuse le sulfate de quinine. Les frictions avec la pommade 
fébrifuge seront malheureusement une médication très coû¬ 
teuse. 

Le médecin, à raison des difficultés présentées par l’admi¬ 
nistration du quinquina et du sulfate de quinine, serait parfois 
obligé de renoncer à ces puissans fébrifuges, s’il n’avait pas la 
ressource de la quinine brute. L’amertume de cette quinine ne 
se fait sentir que lorsqu’on la garde plus d’une minute dans la 
bouche. Quand je veux la foire prendre par les jeunes malades, 


Feuilleton. 


HISTOIRE DE LA PROFESSION MÉDICALE 
DEPUIS LES TEMPS LES PLUS RECULÉS JUSQU’A NOS JOURS. 

XII. 

L’exercice de la médecine avant la réforme. 

Les temps historiques, pris dans leur ensemble, ne sont pas sans ana¬ 
logie avec ce qu’on remarque dans la succession des classes de la nature 
organique et inorganique. Il est difficile de tracer une ligne de démarca¬ 
tion bien tranchée entre ce qui vit et ce qui ne vit pas, entre les der¬ 
nières formes de la nature vivante et les formes régulièrement cristallines 
des substances minérales. Il en en est ainsi de l’histoire. Une époque ne 
tranche pas vigoureusement sur une autre ; et les différens momens de 
cette grande épopée ne présentent pas ces brusques changemens qui nous 
apparaissent dans les drames de nos théâtres. Les événemens se pénè¬ 
trent, s’enchaînent mutuellement ; et il est souvent difficile de dire où 
commence leur influence et où elle finit, pour laisser régner à son tour 
une influence nouvelle. Dans l’étude qui nous occupe, histoire très im¬ 
portante pour nous, et non moins importante au point de vue de la mar¬ 
che de l’esprit humain, les choses ne se passent pas différemment. Nous 
avons traversé le moyen-âge ; nous voici au seuil de cette réforme qui a 
si vigoureusement remué les esprits. Cependant le moyen-âge ne s’éteint 
pas quand le schisme commence. Les mêmes mœurs, les mêmes idées se 
continuent et s’entretiennent, en grande partie, par la réaction que déve¬ 
loppent la naissance de l’hérésie et le besoin instinctif de l’indépendance. 
Il faut des siècles encore, pour que ces vestiges du passé s’effacent entiè¬ 
rement, et qu’il ne nous reste de lui que ses traductions poétiques, ses 
croyances pleines d’ardeur, ses travaux pénétrés de sève, et ses merveil¬ 
leux monumens d’art. 

Le moyen-âge, car c’est à lui qu’il faut encore retourner, a fait naître 
deux ordres de connaissances qui ont influé beaucoup sur la physiono¬ 
mie de la profession : l’une c’est l’astrologie et l’autre l’alchimie. 

L’alchimie est une partie de l’héritage arabe, comme le prouve d’ail¬ 
leurs le nom même qu’elle porte. Parmi ceux qui la cultivaient avec autant 
d’ardeur que de succès, il faut compter un homme qui a joué un grand 


rôle dans l’Ecole méridionale de Montpellier. Je veux parler de cet Ar¬ 
naud de Villeneuve qui vivait vers la fin du treizième siècle, à qui la science 
est redevable de la découverte de l’eau-de-vie, ou esprit-de-vin, aqua 
vitee, aqua ardens. Les manipulations des alchimistes étaient bonnes à 
quelque chose ; elles préparaient de longue main les bases premières de 
la chimie. Arnaud de Villeneuve n’est jamais parvenu sans doute à trans¬ 
muter le cuivre en or devant la cour papale d’Avignon ; il n’est pas par¬ 
venu davantage à guérir d’une peste incurable le pape Innocent, au moyeu 
de l’or potable, auro philosophorum ; mais combien de choses il a aper¬ 
çues, lui et toute la famille des alchimistes ; combien de choses ont été 
découvertes à la recherche de cette pierre philosophale qui devenait un 
mystère insaisissable au moment où on croyait la tenir ! Cette passion 
scientifique du moyen-âge a même duré si longtemps, ce que l’on com¬ 
prendra à cause du but qu’elle se proposait, la possibilité d’acquérir des 
masses de richesses, qu’elle a eu pour représentant vers le milieu du siècle 
dernier, ce fameux Cagliostro dont la renommée a dit tant de merveilles. 
L’alchimie a brillé par un côté utile; elle a joint à cet avantage an prestige 
qui a exercé un grand empire sur les masses. L’homme, le médecin qui 
vivait dans une retraite perdue, au milieu des alambics, des cornues, 
des creusets et d’une foule d’échantillons de la nature vivante et ina¬ 
nimée, et qui parvenait à en dégager dès arcanes au moyen des¬ 
quels il étendait sa puissance et sa pénétration ; ce profond artiste devait 
être honoré, admiré, et même redouté du vulgaire. On écoutait religieu¬ 
sement ses conseils ; on se courbait humblement devant ses ordres ; et ce 
n’était pas sans terreur que le regard s’arrêtait à l’heure de minuit à la 
fenêtre éclairée de la tourelle où l’alchimiste travaillait au grand œuvre. 
Cette renommée, dont tant de médecins ont joui pendant la fia du moyen- 
âge et même jusqu’après la réforme, n’était pas de bon aloi : elle était 
condamnée par la religion, bien que le clergé ne restât pas toujours étran¬ 
ger à ces mystères. Mais si le temps a soufflé sur les superstitions, le res¬ 
pect est resté. Aujourd’hui on ne ti emble plus devant l’homme qui attèle 
la vapeur, comme un être animé, à d’immenses convois de voitures, ou 
qui fait voyager la pensée humaine sur un fil de fer : on se borne à l’admi¬ 
rer et à l’applaudir. 

Je quitte avec regret cette première chimie, qui a rendu tant de services, 
puisqu’on lui doit, avec l’esprit-de-vin, le phosphore et la connaissance de 
tant d’autres corps ; je la quitte avec d’autant plus de regret, qu’elle est 
riche en détails de mœurs et de caractères du plus grand intérêt. Je ne le 


ferai pas cependant sans tracer les noms de Raymond Lulle et de Para¬ 
celse, et sans saluer un monument d’art élevé par un illustre alchimiste 
qui a souvent veillé, sans doute, devant ses creusets en ébullition, aux 
étages supérieurs de cet édifice. Ce monument, c’est la tour Saint-Jacques- 
la-Boucherie, qui a été construite par Nicolas Flammel. En voyant les 
imposantes proportions de cette masse de pierres, en étudiant les nom¬ 
breux détails des sculptures qui la couvrent, on peut supputer l’énorme 
somme d’argent qu’il a fallu pour l’élever des fondemens jusqu’au faîte. 
Cela prouve au moins que si les alchimistes ne savaient pas faire de l’or 
par des moyens directs, ils connaissaient l’art de le faire affluer dans leurs 
coffres. C’éiait un puissant moyen de fortune pour les spéculateurs comme 
pour les médecins. 

L’astrologie, cetteautre science (qu’on me pardonne cette dénomina¬ 
tion), mérite aussi qu’on s’en occupe. Comme l’alchimie, elle nous a 
laissé, à Paris, un monument devant lequel on passe sans se douter le 
plus souvent à quelle cause se rattache son existence. Il y a, à côté de la 
halle au blé, qui est construite sur l’emplacement de l’ancien hôtel de 
Soissons, une colonne cannelée dont le sommet est couronné par un ou¬ 
vrage en fer d’une disposition singulière. Cet ouvrage faisait partie du labo¬ 
ratoire astrologique du Florentin qui habitait le palais de Catherine. A quel 
usage particulier servait-il ? Nul ne peut le dire. Les bizarres dessins que 
produisent les croisemens et les entrecroisemens des barrèaux de fer ne 
prouvent rien, sinon que la science est totalement perdue et que l’explica¬ 
tion du mystère ne se trouve pas même dans quelques livres curieux con¬ 
servés par les érudits. Cependant la hase des connaissances astrologiques 
n’était pas dépourvue d’une certaine apparence de réalité. Elle consistait 
dans la pensée grecque du macrocosme et du microcosme. Le monde est 
une grande chose qui en renferme de petites et d’infiniment petites, dont 
le mécanisme et les conditions d’existence sont dans les-rapports les plus 
étroits. D’après cela, ce qui se passe dans les régions célestes ne peut pas 
être sans signification et sans influence pour la surface du globe habité. 
Cela est si vrai, d’ailleurs, que beaucoup de phénomènes tiennent étroite¬ 
ment à des phénomènes astronomiques : la lune n’est pas étrangère à la 
formation périodiquement régulière des marées. L’erreur n’a jamais au¬ 
tant de succès que lorsqu’elle marche à la suite de la vérité. Il ne faut done 
pas s’étonner qu’à l’époque où la scholastique éloignait les esprits des 
sévères études de l’analyse, à l’époque où l’alchimie les égarait à la pour¬ 
suite de chimériques illusions, on se soit jeté avec la plus grande confiance 



































je la divise en petits morceaux et je la leur présente incorpo¬ 
rée dans une cuillerée à café de bouillie un peu épaisse. Le 
mélange doit être préparé au moment de s’en servir. Mélangée 
depuis quelque temps, enveloppée dans de la confiture ou dans 
des fruits cuits, la quinine brute se ramollit et s’attache au pa¬ 
lais; elle devient amère. 

« La quinine brute étant insipide, et se ramollissant à la 
chaleur des doigts, on peut, selon M. le professeur Trousseau, 
en faire des pilules aussi petites qu’on le désire et les mêler 
au potage qu’on donne aux enfans. Ils les avalent ainsi sans 
s’en douter. » 

En Bresse, au mois de septembre, souvent tous les habitans 
des fermes rapprochées des étangs sont attaqués par la fièvre. 
On envoie chercher le médecin pour le travailleur, pour lepèrë 
de famille ; quant aux enfans, on les laisse languir sans soins et 
sans secours. « Les remèdes contre la fièvre sont trop chers, » 
répondent les parens auxquels on reproche leur coupable 'né¬ 
gligence. Témoin chaque année du spectacle désolant que pré¬ 
sentent ces malheureuses victimes de la fièvre et de la misère, 
j’ai essayé avec empressement la médication économique pré¬ 
conisée par M. Boudin. Je donnai d’abord aux malades un 
demi-milligramme d’acide arsénieux ; puis, enhardi par l’action 
presque nulle de cette quantité de médicament, je passai à un, 
à deux, à quatre milligrammes. C’est cette dernière dose, ad¬ 
ministrée en deux prises, que j’adoptai pour les adultes, je la 
diminuais nécessairement quand je traitais des enfans. 

Huitième observation. — Curt, âgé de douze mois, prend la fièvre 
tous les jours à sept heures du matin. Au début de l’accès, froid avec soif, 
pâleur pendant une demi-heure. Chaleur, soif plus intense, peau brû¬ 
lante, figure colorée, abattement, toux pendant cinq heures. 

Appétit dans l’intervalle des accès, hypertrophie de la rate. Prescrip¬ 
tion : un milligramme d’acide arsénieux donné en deux fois dans une 
cuillerée d’eau sucrée, savoir : une prise le 20 septembre dans la soirée, 
une autre le 21, à quatre heures du matin. 

Aucun accès ne survient. Enflure des chevilles, quelques coliques. Ces 
symptômes disparaissent d’eux-mêmes. 

Le 10 octobre, réapparition des accès de fièvre. Prescription : un 
peu plus d’un milligramme d’acide arsénieux en deux prises. 

La fièvre est arrêtée de suite ; mais il survient des coliques, du dévoie¬ 
ment, l’enflure du ventre et des membres inférieurs; bouffissure de la 
face. Prescription : cataplasmes émolliens sur le ventre ; lavemens avec 
une décoction de son à laquelle on ajoute chaque fois une goutte de lau¬ 
danum. Nitrate de potasse, 50 centigrammes en cinq jours dans de l’eau 
gommée. Guérison le 16 octobre. 

La disparition si prompte de la fièvre, les dévoiemens et les 
coliques qui lui succèdent aussitôt, prouvent que le metalum 
album a été employé à trop hautes doses. Mieux eût valu en 
employer la même quantité en plusieurs jours, et en continuer 
l’usage pendant quelque temps. 

Par un motif d’économie que la pauvreté des habitans de la 
Bresse fait comprendre, j’ai administré l’acide arsénieux à plus 
de cent vingt malades ; j’ai renoncé depuis à ce médicament 
par suite de l’irrégularité de son mode d’action. Les uns 
étaient guéris par un milligramme ; les autres en avalaient cha¬ 
que jour un demi-centigramme sans éprouver aucune améliora¬ 
tion dans leur état. Les uns en prenaient sans inconvénient 
plus d’un centigramme; d’autres étaient rendus très malades 
par deux milligrammes. L’infériorité thérapeutique et les dan¬ 
gers de l’acide arsénieux ne m’ont pas empêché de parler de 
cette substance, parce qu’il peut se présenter des circonstances, 
comme l’inefficacité des préparations de quina, qui rendent son 
usage opportun. 

La question de la dose à laquelle il faut administrer les fé¬ 
brifuges aux enfans, a sa réponse dans les observations qui 
précèdent. 

Un décigramme de sulfate de quinine, donné chaque jour en 
pilules ou en solution, enrayera promptement la marche de la 
fièvre intermittente. La dose du médicament pourra, dans les 
cas graves, être portée à vingt centigrammes. Je rappellerai, à 
l’appui de ce conseil, l’observation de l’enfant Mercier, lequel, 


âgé de six mois, a absorbé impunément en une heure vingt-cinq 
centigrammes de quinine. 

Les lavemens exigent une. quantité plus grande du médica¬ 
ment, le triple ouïe double. Les frictions seront faites avec une 
pommade contenant au moins six grammes de cette substance 
pour vingt-quatre heures. 

La quinine brute a une puissance d’action qui équivaut au 
tiers de celle du sulfate. 

L’acide arsénieux devra être administré avec une excessive 
prudence, à doses fractionnées, depuis un demi-milligramme 
jusqu’à un milligramme. 

C’est un précepte admis dans la thérapeutique générale des 
fièvres intermittentes, qu’il faut administrer le sulfate de qui¬ 
nine en deux doses, dont la dernière deux ou trois heures 
avant l’heure présumée de l’accès prochain. Chez les enfans, 
l’absorption est très rapide, un fébrifuge ne restera pas sans 
effet, alors même qu’il sera donné à un moment plus rapproché 
de l’accès à venir. J’ai fait prendre de la quinine à des enfans 
au commencement du stade de froid, les phénomènes de réac¬ 
tion ont parfois augmenté d’intensité, mais toujours leur durée 
a été moindre. Je suis même convaincu que dans le plus grand 
nombre des cas où la quinine et le métalum album sont em¬ 
ployés peu de temps avant l’accès ou à son début, les jeunes 
malades sont guéris plus promptement; ils sont moins sujets 
aux récidives. 

L’usage du fébrifuge, principalement s’il existe une hyper¬ 
trophie de la rate, sera continué deux semaines au moins après 
la cessation de la fièvre ; seulement on ne les administrera que 
tous les deux ou trois jours. Le sirop de quina est plus tonique 
que la quinine ; il remplacera avec avantage ce médicament 
chez les enfans qui, après la disparition des accès, seront pâles 
et débiles. 

Les complications de la fièvre intermittente ayant quelque 
intensité, réclament un traitement particulier. Négligées, elles 
amèneraient une terminaison funeste, ou détermineraient des 
lésions plus profondes. 

L’œdème général, l’enflure du ventre, surviennent-ils chez 
un enfant soit pendant la fièvre, soit après sa disparition, de la 
tisane de racines de persil, à laquelle on ajoutera chaque jour 
5 à 10 centigrammes de nitrate de potasse, fera disparaître ces 
symptômes en quatre ou cinq jours. Les fébrifuges seront con¬ 
tinués. 

Neuvième observation. — Le 21 août 1847, la femme Auger et son 
nourrisson, lequel est âgé de huit mois, sont pris de la fièvre intermit¬ 
tente. Le sevrage de l’enfant, qui a lieu le 6 du même mois, n’a aucune 
influence sur les accès ; ils continuent à apparaître tous les jours vers 
midi. 

Pendant le stade de froid, paupières enflées et bleuâtres, grande p⬠
leur, resserrement des épaules, poignets fermés, mouvemens respiratoires 
prolongés et bruyans. Ensuite, chaleur, soif, coloration de la figure en 
rouge, sueur. 

Le 20, époque de ma première visite, les jambes sont œdématiées, le 
ventre est tuméfié. La percussion produit le son mat dans les deux flancs. 
On perçoit de la fluctuation (je n’ai pas noté l’état de la rate). Prescrip¬ 
tion : Un gramme de quinine brute en trois jours. 

Le 23, la fièvre ne reparaît pas, le ventre et les jambes sont toujours 
enflés. Prescription : Nitrate de potasse, 5 décigrammes, dans une po¬ 
tion édulcorée, avec 6 grammes de sirop diacode, à prendre en cinq 
jours. 

Guérison le 3 août. 

M. Bouchut a recommandé l’usage des préparations ferrugi¬ 
neuses contre la suffusion séreuse des membres. « L’œdème, 
dit ce médecin, est la conséquence de l’anémie; il faut détruire 
iar les toniques et les préparations ferrugineuses la débilité de 
’économie entière. » 

Les vomissemens seront combattus, pendant le stade de 
froid, par l’application de linges chauds sur l’estomac, par des 
frictions sur tout le corps, par un ou deux grammes de sirop 
diacode dans une infusion de menthe. Les lavemens avec une 
décoction de son laudanisé (une goutte de laudanum), la diète 
seront opposés au dévoiement. 


Les cataplasmes de quinquina camphrés, le sirop de quina 
à hautes doses, le metalum album, soit l’acide arsénieux, sont 
indiqués contre la gangrène. Peut-être, dans l’observation que 
j’ai rapportée, le sulfate de quinine aurait-il donné lieu aux 
mêmes résultats que l’acide arsénieux. Je le croirais volontiers, 
mais j’avoue que si jamais j’ai à traiter un malade affecté de 
gangrène paludéenne, je me ferai un devoir d’employer le 
même traitement auquel a été soumis l’enfant Lebon. Les pré¬ 
visions les plus rationnelles ne sont pas toujours confirmées 
par les faits. 

Le traitement des convulsions sera différent, selon le stade 
pendant lequel elles apparaissent, selon les symptômes conco- 
mitans. Pendant la période de froid, on devra réchauffer le ma¬ 
lade, lui frictionner.tout le corps avec des linges chauffés. Pen¬ 
dant la période de chaleur, il sera convenable de mettre en 
usage les fomentations d’eau vinaigrée, d’eau distillée de fleurs 
d’oranger, sur le front de l’enfant, de lui placer aux jambes 
des cataplasmes sinapisés, et même d’avoir recours à une appli¬ 
cation d’une ou deux sangsues. L’enfant est-il constipé, lave¬ 
mens laxatifs. Vient-il seulement de manger, titillation de la 
luette. A-t-il des coliques, lavemens laudanisés. Les convul¬ 
sions sont-elles précédées par les symptômes ordinaires des 
affections vermineuses, par l’odeur vermineuse de l’haleine, 
les démangeaisons du nez ou des yeux, etc., les vermifuges se¬ 
ront de toute opportunité. Je les emploie à l’intérieur pendant 
les accès ou en application sur la peau, tandis que je continue 
l’administration des fébrifuges pendant l’apyrexie. ’ 

L’hypertrophie de la rate est un effet ordinaire de la fièvre 
intermittente ; mais lorsqu’elle est très prononcée, lorsqu’elle 
persiste après la disparition de la fièvre, elle doit être regardée 
comme une complication dangereuse. Quelques enfans ayant la 
rate hypertrophiée n’en jouissent pas moins d’une bonne santé; 
mais ce n’est pas là ce qui arrive le plus constamment. La plu¬ 
part des enfans qui sont dans cet état sont faibles, décolorés; 
ils éprouvent un temps d’arrêt dans leur croissance ; ils sont 
plus exposés aux rechutes. L’administration du sulfate de qui¬ 
nine devra être opposée à l’engorgement de la rate. Je conseil¬ 
lerai, en outre, l’emploi de l’acétate de potasse ou de l’iodure 
de potassium, l’application d’un emplâtre de Vigo sur l’hypo- 
condre gauche, moyens thérapeutiques qui m’ont réussi chez 
les adultes. 

J’ai mis en usage sans succès l’alun et d’autres astringens 
dans les deux cas où j’ai vu le purpura hemorrhagica survenir 
à la suite d’une fièvre intermittente de longue durée. Le sirop 
de quinquina, au contraire, fit promptement disparaître les 
taches sanguines; il arrêta l’épistaxis qui existait chez l’un des 
malades. 


CLINIQUE DE LA VILLE. 


GRENOUILLETTE TRÈS VOLUMINEUSE DÉTERMINANT DES PHÉNOMÈNES 

D’ASPHYXIE ET CONTENANT UN LIQUIDE PURULENT 5 — OPÉRATION 5 

par M. Lucien Boyer. 

Une maladie généralement considérée comme légère, la 
grenouillette, peut cependant dans certaines circonstances, 
atteindre un grand développement, et offrir une véritable gra¬ 
vité. » Quand la tumeur est négligée ou méconnue, dit Boyer, 
elle acquiert quelquefois un volume énorme, et occupe une 
grande partie de la bouche, elle refoule la langue en haut et 
en arrière, et la pression qu’elle exerce sur cet organe et sur 
les parties voisines, rend très difficile ou empêche même la 
mastication, la prononciation, la déglution des solides, et quel¬ 
quefois la respiration.... La paroi inférieure de la bouche est 
abaissée et forme même une saillie sous le menton. Dans cet 
état la grenouillette est ordinairement douloureuse et peut être 
compliquée d’inflammation, de fièvre et de suppuration. > 
(Œuvres chirurgicales, édition 1822, tome vie, p a g e 289.) C’est 
d’un cas de cette espèce actuellement soumis à notre observa¬ 
tion que nous allons rendre compte. 


dans les interprétations plus ou moins absurdes de l’astrologie. Cet ordre 
de connaissances en était parvenu au point d’établir que les événemens 
célestes n’étaient indifférais à aucun de nos actes, quels qu’ils fussent ; 
ils permettaient même de les prévoir. Ainsi, il n’était pas indifférent de 
naître telle année, tel mois, tel jour et telle heure ; il y avait de bonnes 
et de mauvaises conditions pour la naissance comme pour les projets 
qu’on voulait entreprendre. Comme il eût été difficile de ne pas obéir à 
la destinée en venant au monde, il ne fallait pas manquer de la rattacher 
à sa cause lorsqu’on s’engageait à la poursuite de quelque grand dessein. 
De là les horoscopes et la vogue des astrologues ; de là leur puissance sur 
les aveugles croyans et la fortune que leur adresse savait en tirer. 

Ici il faut s’empresser d’être juste. Sans doute, la plupart des médecins 
qui se livraient à l’étude de l’alchimie étaient trop enclins au surnaturel et 
croyaient trop eux-mêmes que la conjonction des astres n’était pas sans 
influence sur la réussite du grand œuvre, pour ne pas faire marcher les 
deux sciences de front et en tirer tout le parti possible. Mais quelque nom¬ 
breux qu’aient été les médecins charlatans aux époques de vice ou d’aveu¬ 
glement que j’ai tour à tour signalées dans cette histoire, ils avaient un 
côté sérieux, observateur, qui les poussait vers les connaissances prati¬ 
ques. Ainsi, l’alchimie n’était pas un de ceségaremens de l’esprit ou plutôt 
un de ces rêves mystiques qui font oublier le monde et sa matérialité pour 
des visions nuageuses. Elle manipulait des substances ; elle les transfor¬ 
mait par le feu et par des réactifs; elle transmutait réellement un corps 
en un autre, et parvenait, en suivant cette voie, à ouvrir un filon dans le 
sein de la riche mine que la chimie moderne a si merveilleusement exploi¬ 
tée. L’alchimie était surtout la science qui se trompait et non pas celle qui 
trompait sciemment le public; l’astrologie pouvait être considérée comme 
un piège tendu à la crédulité par ceux qui l’avaient prise pour profession. 
Il est bon de noter, pour l’honneur médical, que si les alchimistes ont été 
nombreux dans la corporation, l’astrologie n’y a jamais compté autant de 
disciples. Comme je l’ai déjà dit, ces deux ordres de connaissances se con¬ 
tinuèrent longtemps, jusque dans les siècles de la réforme. Mais les condi¬ 
tions intellectuelles qui se formèrent aux approches d’une aussi puissante 
révolution de l’esprit humain, commencèrent à caractériser l’ère qui se 
préparait. L’espace me manque pour entrer dans tous les détails qui se 
déroulent devant moi et que je voudrais étaler sous les yeux des lecteurs. 
On me pardonnera, je l’espère, car je n’oublierai pas de signaler les évé¬ 
nemens les plus importans et les faits les plus dignes d’intérêt. 


L’Université avait commencé de se former sous Charlemagne ; elle se 
constitua sous Philippe-Auguste ; et bientôt la médecine ne tarda pas à 
former un enseignement à part, comme en donnaient l’exemple les Ecoles 
italiennes et l’ancienne Ecole de Montpellier. D’autre part, les prêtres fu¬ 
rent entièrement soustraits par les censures ecclésiastiques à la profession 
médicale : l’exercice de l’art était sécularisé. Cette sécularisation établie, 
une autre révolution se forma. La chirurgie se sépara de la médecine. Les 
médecins séculiers suivirent instinctivement l’ancienne distinction cléri¬ 
cale, fondée sur l’horreur que l’Eglise avait du sang, et tracèrent dans le 
sein de la profession une ligne de démarcation qui n’est pas encore effa¬ 
cée. Celui qui donna le signal fut Jean Pitard ; Lanfranc, en se faisant 
agréger au nouveau collège, commença à jeter nn grand lustre sur 
une institution à laquelle appartenaient les chirurgiens nommés de robe 
longue, et d’où sortit plus tard cette fameuse Académie de chirurgie 
qu’il suffit de nommer pour rappeler ses brillans services. Pendant que la 
profession se régularisait en France, que l’enseignement formait une pé¬ 
pinière d’hommes, instruits, et que le cercle des épreuves s’agrandissait 
progressivement, ün mouvement d’une grande portée se poursuivait en 
Italie. Des Académies s’y formaient pour y étudier la science dans les 
livres grecs, pour y pénétrer les idées de Platon, pour connaître, sans les 
entraves de la censure ecclésiastique, les écrits d’Aristote. Ces sociétés 
étaient encouragées par les Médicis, que leur nom hippocratique et les 
pilules qu’ils portaient sur leur blason, obligeaient en quelque sorte à ce 
noble patronage. L’ardeur fut même si grande pour ces études sérieuses 
et approfondies de la philosophie grecque, qu’on institua des festins plato¬ 
niques, pour alimenter sans doute, à l’aide de l’excitation produite par les 
discours et les libations, l’enthousiasme qu’on montrait pour les génies de 
l’antiquité, depuis qu’on s’efforçait à les mieux comprendre. Ce n’est pas 
d’aujourd’hui que datent ces réunions gastronomiques, où les choses de 
l’esprit prennent pour auxiliaire les appétits de l’estomac. 

Ce mouvement imprimé, ou par les idées nouvelles, ou par les condi¬ 
tions qui commençaient à régir la profession, le corps médical devait 
commencer à prendre une physionomie, à revêtir un caractère, bien dif- 
férens de ceux qui le distinguaient pendant le cours du moyen-âge. L’éru¬ 
dition s’enveloppait beaucoup moins dans les langes de la scholastique. 
Les mots vides de sens, les mystiques croyances, et la foi privée de lu¬ 
mière , faisaient place à quelque chose de pins profond et de plus clair 
dans le travail de l’esprit et dans la disposition du langage scientifique. 


Les médecins réellement studieux et qui prenaient part au mouvement, 
n’avaient plus besoin, dans leurs rapports avec le public, de s’entourer 
de ce mystère qui les faisait respecter, en donnant à croire qu’ils étaient 
en rapport avec un monde surnaturel et invisible. La science, et j’entends 
la vraie science, laissait voir que désormais elle pouvait repousser ces 
auxiliaires bien faibles et surtout bien compromettans, en présence de 
ceux qu’elle pouvait trouver en elle-même. Certainement l’ère qui s’ou¬ 
vrait était pleine de fécondité ; le champ que le travailleur venait de se¬ 
mer pour la moisson, promettait de réaliser les plus grandes espérances. 
Mais qu’on n’oublie que cette époque de rénovation (c’est le nom malheu¬ 
reux qu’on lui a donné) était, avant tout, une époque de réaction. On ne 
voulait plus croire, on ne voulait plus reconnaître de plus puissant que 
soi ; on ne voulait plus que douter. Tout était soumis sans réserve à ce 
critérium, qui n’épargne rien, les conséquences comme les principes, et 
qui préfère condamner l’homme à ce septicisme cruel par lequel l’esprit 
humain se deshonore, le courage s’affaisse et le cœur se flétrit, plutôt que 
de respecter et de passer outre. Toutefois, cette direction ne fit déchoir 
ni la dignité du praticien, ni l’honneur de la profession. En s’exagérant 
peut-être sa valeur par l’indépendance qu’il donna à son esprit d’investi¬ 
gation, le médecin se respecta davantage, et se fit peut-être mieux res¬ 
pecter que par le passé. Et puis il avait puisé dans le moyen-âge des 
mœurs et des habitudes qui devaient porter sur lui une heureuse influence. 
Cette question, qui pénètre pour ainsi dire dans la vie privée, exige des 
détails particuliers dans lesquels j’entrerai, dans un autre article, avant 
d’aborder la curieuse époque des temps de la réformation. 

D r Joseph Dominique. 



— La Société médicale du douzième arrondissement vient de renouve¬ 
ler son bureau pour l’année 1848. Ont été élus : 

Président : le docteur Basser.eau (du Cher) ; vice-président, le docteur 
Devilliers père ; secrétaire général, le docteur Martin-Magron; trésorier : 
le docteur Focillon ; secrétaires particuliers : les docteurs Poterin-Dumotel 
et Geurle. 

La Société tient ses séances à la mairie, le premier samedi de chaque 
mois. 

















Une malade âgée de quarante ans, mère de quatre enfans, 
avait présenté dès son bas âge une grenouillette. Etait-ce une 
affection véritablement congéniale dans toute la rigueur de 
l’expression? Nous ne savons ; toujours est-il qu’aussi loin que 
[4 remontent les souvenirs d’enfance de la malade, elle en avait 
toujours été affectée- A cette époque la grenouillette avait sou¬ 
vent acquis un certain volume, alors le médecin prenait la petite 
fille sur ses genoux, donnait un coup de lancette sur la tumeur 
et il en sortait un liquide analogue à du blanc d’œuf. Mais 
l’on ne prenait aucun soin de maintenir l’ouverture, et plus ou 
moins vite la tumeur se reproduisait. 

II y a quinze ans à peu près, elle avait acquis un volume que 
l’on pouvait dès lors regarder comme considérable; d’une part, 
en effet, elle proéminait dans la bouche au-dessous de la langue, 
ij et de l’autre elle formait au-dessous du menton une saillie du 
volume d’un œuf. A cette époque elle fut opérée par M. le 
; baron Larrey d’après la méthode qui lui était familière dans 
ces occasions, la cautérisation. A. Paré, dans l’intention de dé¬ 
terminer une ouverture avec perte de substance et de nature à 
rester longtemps fistuleuse, avait imaginé de percer les tu- 
i meurs de cette espèce avec un trois quarts rougi au feu. Le 
baron Larrey voulait que le fer incandescent traversât la tumeur 
de part en part : c’est ce qu’il fit sur cette malade en pratiquant 
l’opération dans la bouche à la partie supérieure de la tumeur. 
Quoique le résultat de cette opération eût d’abord paru satisfai¬ 
sant, la maladie avait fini par se reproduire etlatumeurpar aug¬ 
menter encore de volume. La malade toutefois reculait encore 
devant l’idée d’une nouvelle opération, lorsqu’elle fut prise d’une 
pneumonie grave qui exigea un traitement énergique. La gre¬ 
nouillette fit des progrès sérieux pendant le cours de cette ma¬ 
ladie intéressante, et au moment où heureusement se, déclarait 
la convalescence de l’affection thoracique, elle présenta de tels 
caractères de gravité, que M. le docteur Boyer (de Choisy-le- 
Roi), jugea urgent de prendre un parti à son égard. 

Nous la trouvâmes alors dans l’état suivant : il existe une 
* tumeur en forme de calebasse dont la moitié supérieure fait 
dans la bouche une saillie hémisphérique considérable qui 
remplit presque cette cavité, et refoule la langue contre la 
voûte et le voile du palais. Au-dessous du menton, une tumeur 
ij du volume des deux poings s’échappe par l’échancrure de la 
mâchoire inférieure et descend verticalement au-devantdu col. 
Cette tumeur s’épanouit un peu après avoir franchi la ceinture 
osseuse dont elle marque le rebord inférieur, et s’est appro¬ 
prié, par une extension forcée, la peau du menton de la mâ- 
f choire inférieure et celle des joues, qui présentent une tension 
et un aplatissement excessif. La peau du col lui est étrangère, 
il reste un sillon profond entre la face postérieure de la tumeur 
et la face antérieure du larynx. Les tégumens de la tumeur 
sont rouges, luisans surtout en bas et à gauche, et douloureux 
au toucher. La dureté en est extrême, et l’on sent difficilement 
la fluctuation. La malade ouvre la bouche avec peine, la respi¬ 
ration est gênée, la couleur de la face violacée, la déglutition et 
if la parole difficiles, il y a de la fièvre. La percussion et l’aus¬ 
cultation de la poitrine nous permettent de reconnaître que 
les phénomènes pneumoniques sont presque complètement 
dissipés. 

A cet ensemble de symptômes, il était aisé de reconnaître 
une grenouillette arrivée à son summum de développement et 
nécessitant une prompte intervention de la chirurgie. 

L’anatomie pathologique de- la grenouillette a été successive¬ 
ment interprétée de différentes façons. Considérée d’abord 
comme un simple kyste ou abcès, attribuée plus tard par La- 
;■ faye, Louis, etc., à la dilatation des glandes et vaisseaux excré¬ 
teurs distendus par l’accumulation d’un liquide salivaire, elle a 
i été enfin rapportée d’une manière exclusive, par Sabatier et 
Boyer, à la dilatation du canal de Warthon. Dupuytren, cepen¬ 
dant, fait un retour vers les anciennes idées, et doute que telle 
| soit, dans tous les cas, sa nature. Ce n’est point ici le lieu de 
j nous livrer à la discussion de ces opinions diverses, disons seu¬ 
lement qu’il est difficile d’admettre que le canal de Warthon 
puisse, par la seule extension de son tissu, se prêter à un pa¬ 
reil développement. Il doit arriver ici ce qui arrive pour les 
anévrismes, que la tumeur, en se dilatant, refoule, condense 
et s’assimile successivement le tissu cellulaire des parties qui 
l’environnent. Elle doit aussi, dans certains cas, être le résultat 
d’une véritable extravasation de la salive. 

Tous les auteurs conseillent d’ouvrir la grenouillette dans la 
bouche, au-dessous de la langue. Boyer considère comme un 
accident fâcheux le cas où elle s’est ouverte spontanément au- 
dessous de la mâchoire, et comme une faute celui dans lequel 
le chirurgien a lui-même pratiqué l’opération de ce côté. « U 
arrive quelquefois que la tumeur se porte au-dessous de la 
mâchoire.... Si l’on en faisait l’ouverture où si elle s’ouvrait 
d’elle-même, il en résulterait une fistule qu’il serait peut-être 
impossible de guérir. » (Lôco citato.) C’est cependant de ce 
côté que nous ayons cru devoir agir. 

Nos motifs étaient tirés du volume et de la forme de la tu¬ 
meur et de la nature présumée du liquide contenu. D’une part, 
la hauteur verticale de la tumeur, qui n’était pas moindre de 
15 centimètres, n’aurait pas permis à celle-ci de se vider faci- 
lement par une ouverture pratiquée à la partie supérieure. II 
eut fallu une compression continue sous la mâchoire pour 
j chasser le liquide des parties déclives et l’empêcher de s’accu- 
muler de nouveau. La malade, à peine convalescente d'une 
autre affection sérieuse, aurait été astreinte à une position gê¬ 
nante pour que les matières prissent leur écoulement au de¬ 
hors, et dans la nécessité de cracher et de se laver la bouche à 
chaque instant. Ces inconvéniens graves déjà, à supposer que 
le liquide contenu dans la tumeur ne fût pas altéré, le deve¬ 
naient bien plus encore en admettant, ce qu’il était facile de 
prévoir et ce qui fut justifié par l’opération, que déjà l’inflam¬ 
mation s était emparée du foyer, et l’avait converti en une cavité 
purulente. 

,, ,^? us nous décidâmes donc à pratiquer l’opération à la partie 
uechve de la tumeur. Au moyen d’un bistouri pointu, je prati¬ 
quai dans ce point deux ponctions à 6 centimètres i’une de 
autre. A la première, un flot de pus fétide jaillit à la distance 


23 

de plus de t mètre par la seule impulsion communiquée par 
l’élasticité des parois distendues de la cavité. Une mèche à sé¬ 
ton fut passée par ees deux ouvertures, afin de les maintenir 
et de fournir au pus une voie constante d’écoulement. Nous 
retirâmes sans aucune compression la valeur d’un demi-litre 
de pus au moins. La langue redescendit aussitôt à sa position 
normale. La voix, la respiration et la déglutition devinrent 
plus faciles, la tension des tégumens de la face diminua. La 
tumeur au-dessous du menton se réduisit au volume d’un œuf 
de dinde par la seule rétraction des tégumens. Ne voulant point 
réduire la tumeur à l’état d’une bourse vide et flasque dans la¬ 
quelle l’air aurait pu pénétrer et dont les tégumens eussent été 
privés de tout soutien, nous nous bornâmes à recueillir le pus 
qui sortit spontanément, et fîmes appliquer un cataplasme 
émollient sur la tumeur pour calmer l’inflammation et recevoir 
le pus qui devait continuer à s’écouler, espérant que celui-ci 
continuerait à filtrer à côté de la mèche, et que peu à peu la 
rétraction de la peau et du tissu cellulaire refoulé par la brusque 
extension que la tumeur avait acquise dans ces derniers temps, 
ramènerait la cavité à de moindres dimensions. Dès à présent, 
par le fait de l’opération, la malade peut parler et boire sans 
difficulté et sans craindre d’avaler les liquides fétides qui l’eus¬ 
sent infectée si l’ouverture eût été pratiquée du côté de la bou¬ 
che. Plus tard, des injections émollientes détersives nettoieront 
l’intérieur de la cavité, peut-être des injections vineuses ou 
iodées pourront-elles avoir pour effet de modifier utilement la 
surface interne. Nous aviserons au moyen d’établir et de main¬ 
tenir une ouverture buccale, et nous chercherons à cicatriser 
les fistules cutanées lorsque la nature et la quantité du liquide 
fourni par la tumeur permettront de le faire sans inconvé¬ 
nient. 

Nous rendrons compte ultérieurement des suites de cette 
observation. 


LITTÉRATURE MÉDICALE, ANALYSES D’OU VRAGES, BIBLIOGRAPHIE. 

ADDITAMENTA AD LCD. CH0ULAIYT1 BIIÎLIOTHECAM MEDICO-HISTO- 
BICAM. — SPECIMEN SECUNDUM ; edidit Julius Rosembaum. Halis 
saxonura, apud C. A. Schwetschke et filium. 1847. Un vol. de xi-166 
pages in-8°. 

Plusieurs essais sur la bibliographie de l’histoire de la médecine avaient 
été tentés avant M. Rosembaum. Haller, à la fin de son Methodus studii 
medici (1), avait placé un chapitre intitulé : Historia médicinal, dans 
lequel il énumérait, en suivant l’ordre chronologiqne, les divers travaux 
relatifs à l’histoire, à la bibliographie et à la biographie médicales. — 
M. Choulant, de Dresde, faisait paraître en 1822 des Tableaux (2) dans 
lesquels il.indiquait quelques-uns des ouvrages ayant trait à la littérature 
médicale. Casimir Broussais fit passer dans notre langue cesjtableaux (3), 
et les modifia en s’inspirant surtout du livre de son père, l 'Examen des 
doctrines médicales. En 1842, M. Choulant publia une Bibliothèque 
médico-historique (4); c’était un ouvrage ex-professo ; il fut accueilli avec 
la plus grande faveur. Mais quelque soin que le professeur de Dresde 
eût mis à rassembler des notes bibliographiques, son livre laissait voir de 
nombreuses lacunes. Fidèle aux habitudes laborieuses de l’Allemagne 
érudite, qui reçoit avec empressement les ouvrages nouveaux et les aug¬ 
mente avec succès, M. Rosembaum, de Halle, se mit à l’œuvre et put, 
grâce à des matériaux amassés depuis longtemps, publier au bout d’une 
mois des Additions à la Bibliothèque médico-historique de M. Chou¬ 
lant (5). M. Thierfelder ne tarda pas à imiter cet exemple (6). M. Rosen¬ 
baum ne s’est point arrêté, et il vient de produire un nouveau supplé¬ 
ment dans lequel se trouvent les additions de M. Thierfelder. C’est de 
cet ouvrage que nous allons donner un aperçu. 

MM. Choulant et Rosenbaum ont suivi l’ordre des matières classées 
systématiquement. L’énumération des têtes de chapitres montrera de 
quelle utilité ce travail peut être au médecin. Qu’il nous soit permis de la 
donner. 

1. Historia médicinal universalis. — II. Doclrina de libris medicis. 

— III. De vitis medicorum. — IV. De sectis medicis. — V. De œta- 
tibus medicinœ. — VI. Comparatio medicinœ veteris et nova. — VII. 
De medicina gentilitia. — VIII. Societates physico-mediccè. — IX. 
Medicina in theologicis. — X. Medicina magica. — XI. Historia 
scientiœ naturalis. — XII. Historia anatomice. — XIII. Historia 
physiologie. — XIV. Historia diœtetices. — XV. Historia medicince 
clinicœ. — XVI. Historia psychiairices. — XVII. Historia chirurgiœ. 

— XVIII. Historia ophthalmiatrices. — XIX. Historia artis obste- 
tricice. — XX. Historia pharmacologie. — XXI. Historia pharma¬ 
cie. — XXII. Historia medicince publiée. —XXIII. Historia medi¬ 
cinœ militaris et navalis. — XXIV. Historia zoiatrices. 

Le plan de M. Choulant n’est pas irréprochable. L’étiologie est omise ; 
la séméiotique y est confondue avec la médecine générale. Sous le nom 
de medicina clinica, on y trouve comprises la pathologie générale, la 
thérapeutique, la nosographie et la clinique, qui mériteraient, ce nous 
semble, une section spéciale. 

Voilà pour le plan, voyons-en l’exécution. 

M. Rosembaum énumère non seulement les livres, mais encore les 
thèses, les mémoires des Académies, les articles de journaux, en un mot, 
tous les opuscules qui ont rapport à la littérature médicale. On y suit la 
transformation de ces travaux, et on y voit quelquefois un article de jour¬ 
nal devenir une thèse, et celle-ci une monographie. Le professeur de 
Dresde avait fait suivre d’une analyse et d’un jugement l’indication des 
principaux traités. Nous regrettons vivement que M. Rosembaum, dont 
l’érudition est si vaste, se soit borné à écrire les titres bruts des livres et 
mémoires énumérés; c’est là, si je puis dire, une bibliographie muette. 

Il aurait dû au moins mentionner les extraits et les analyses qui ont été 
donnés de la plupart de ces ouvrages, en ayant soin de dire si ces der¬ 
nières sont favorables ou défavorables. 

Nous ferons remarquer que quelques livres y sont inscrits parce qu’ils 
portent dans leur titre le mot Histoire, et nous ajouterons que le méde¬ 
cin de Halle n’ayant certainement pas eu à sa disposition tous les ouvrages 


(1) H. Uoerrhaave Methodus studii medici, emaculata et accessionibus Iocu- 
pletata ab Alberto ab Haller. Amst. 1751. In-4<>, t. 2, p. 958-1004. 

(2) Tableaux pour l’histoire delà médecine, suivant l’ordre des doctrines 
(en allemand). Leipzig, Voss, 1822, in-fol.de vi-54 pages. 

(3) Atlas historique et bibliographique de la médecine. Paris, 1829-1834. 
In-foliç. 

(4) Bibliotheca medico-historica sive catalogus librorum historicorum de re 
medica et scientia naturali suslematicus. Lipsiœ, Engelmann, 1842. In-8° de 
x-269 pages. 

(5) Additamenta ad Lud. Choulanti bibliothecam medico-historicam. Halis 
saxonum, 1842. In-8° de x-83 pages. 

(6) Thierfelder , dans : Goeschen Jahrbiicher der gesammten medicin. IV. 
Supplementband. 1845, p. 614-625. 


qu’il cite, n’a pu les parcourir pour voir s’ils contenaient des renseigne- 
mens historiques. 

Nous ne pouvons nous empêcher de dire que bien des lacunes se font 
sentir dans ces nouvelles additions. Il est aussi deux sections qui de¬ 
mandent à être ajoutées. La première comprend les vies des médecins ; 
les unes ont été éditées séparément, les autres sont consignées dans les 
journaux, les recueils des sociétés savantes, les opéra omnia, etc., sous 
les noms divers de discours funèbres, discours historiques, éloges, notices, 
panégyriques. Ces biographies particulières sont à l’histoire de la méde¬ 
cine ce que les monographies sont à la science médicale. 

L’autre section comprend les catalogues des bibliothèques publiques et 
ceux des bibliothèques particulières de médecine. Ces derniers, qu’on ne 
devrait admettre qu’en tant qu’ils se distingueraient par le nombre, le 
choix et la description exacte des ouvrages, sont souvent d’un grand se¬ 
cours pour le bibliographe, et il n’est quelquefois assuré de l’existence 
d’un livre qu’après l’avoir vu désigné exactement sur un de ces cata¬ 
logues. 

Après avoir réfléchi au grand nombre d’omissions que présente le tra¬ 
vail d’hommes aussi érudits que MM. Choulant et Rosembaum, il nous 
paraît démontré qu’un ouvrage de bibliographie ne peut être réellement 
complet qu’à la condition du concours des savans de plusieurs contrées. 
Plus d’un livre n’a pas franchi les limites du pays où il a été imprimé ; on 
ne le connaît souvent que par un titre traduit en langue étrangère, ou 
par un titre fautif extrait d’un catalogue de libraire ; il peut même être 
complètement inconnu. La difficulté est bien plus grande quand il s’agit 
des thèses, des mémoires publiés dans les actes des Académies, dans les 
journaux. En Allemagne, on peut voir toutes les publications nouvelles; 
chaque année, Leipzig devient le centre de la librairie. Mais en France, 
en Angleterre, en Italie, ce centre n’existe pas. 

Il ne suffit pas de classer les monographies historiques, il faut encore 
relever dans le corps des ouvrages tout ce qui a rapport à l’histoire et à 
la bibliographie de la médecine. Pour la réalisation de ce projet, un con¬ 
cours d’érudits est nécessaire. M. Rosembaum pourrait provoquer ce con¬ 
cours. Les quatre savans auxquels il a dédié son livre lui offriraient leur 
collaboration. M. Henschell pour l’Allemagne, M. Broeckx pour la Belgi¬ 
que, M. Greenhiil pour l’Angleterre, et M. Daremberg pour la France. 
MM. de Renzi, Vulpes fouilleraient les riches bibliothèques de lTtalie. La 
Hollande médicale aurait pour interprètes MM. Bussemaker et Ermerins, 
et l’Espagne M. Chinchilla. — Ces savans écriraient en latin comme l’ont 
fait avec tant de raison MM. Choulant et Rosembaum, et traduiraient dans 
cette langue lès titres de tous les livres mentionnés. 

Nous avons exprimé un vœu, et nous le confions au zèle de l’infatigable 
M. Rosembaum. En terminant, nous remercierons M. Rosembaum d’avoir 
fait taire de pénibles préoccupations pour écrire un ouvrage fort utile aux 
savans, meis sans grand profit pouri’auteur. Charles Ravel. 


ACADÉMIES, SOCIÉTÉ S SAVANT ES ET ASSOCIATIONS. 

ACADÉMIE DES SCIENCES. 

Séance du 10 Janvier 1848. — Présidence de M. Pouiliet. 

M. Sédillot adresse de nouvelles remarques sur les effets anesthési¬ 
ques du chloroforme, dont un grand nombre d’observations lui ont per¬ 
mis de faire une appréciation plus complète. Les effets, dit-il, en sont en 
apparence fort variables, mais restent soumis néanmoins à des lois d’une 
assez grande précision. Les éthérismes lents à produire, se dissipent 
promptement, et les éthérismes rapides disparaissent avec lenteur. On 
constate, en tenant compte de la quantité du chloroforme inspiré, et des 
procédés mis en usage, que les personnes affaiblies par l’âge, les excès, 
la misère, la souffrance et les maladies, ou peu habituées aux boissons 
fermentées, tombent en très peu de temps dans un état d’anesthésie, dont 
la durée a été de 11,14,15 et 19 minutes. Chez les individus bienpor- 
tans, vigoureux et accoutumés aux liqueurs alcooliques, l’anesthésie arrive 
avec lenteur et offre très peu de persistance. 

Le chloroforme, d’une saveur plus agréable que l’éther, ne provoque 
ni répugnance, ni suffocation, quand on sait en ménager les premières ins¬ 
pirations ; il est d’un emploi plus facile et possède une énergie et une ins¬ 
tantanéité d’action merveilleuses. Ces avantages, que l’auteur ne conteste 
pas, lui paraissent compensés par des inconvéniens qu’il serait dangereux 
de méconnaître. Lorsqu’on cesse les inspirations d’éther, le degré d’anes¬ 
thésie produit, peut se prolonger, mais il ne paraît pas s’aggraver. De là 
la règle d’intermittence fondée sur l’état de la respiration. En suspendant 
l’usage de l’éther au moment où l’air respiratoire devient incomplet, on 
prévient tous les accidens. Il n’en est plus dè même avec le chloroforme : 
la pâleur, la petitesse du pouls, la faiblesse des inspirations, le refroidis¬ 
sement vont en augmentant d’une manière alarmante, après qu’on en a 
cessé l’emploi. Deux fois, dit M. Sédillot, je fus sérieusement effrayé de 
cette annihilation incessante de la vie, et mes expériences sur les animaux 
montrent combien ces craintes sont fondées. 

Dans une série de recherches entreprises sur les effets comparatifs de 
l’éther et du chloroforme, deux chiens, soumis une minute et demie seule¬ 
ment aux inspirations de ce dernier corps, succombèrent en un temps 
très court. Cependant, au moment où l’on avait cessé l’emploi du chloro¬ 
forme, les mouvemens respiratoires étaient très amples et très énergi¬ 
ques, le cœur battait avec force ; mais la prostration lit des progrès gra¬ 
duels, et au lieu d’un retour de la vie que nous attendions avec confiance, 
il nous fallut reconnaître la triste réalité de la mort. M. Sédillot croit donc 
indispensable de ne pas se guider seulement sur l’état de la respiration, 
comme avec l’éther, mais de suspendre l’action du chloroforme aussitôt 
que commence la résolution musculaire, période dont il devient impru¬ 
dent de dépasser les premiers degrés. Il reproche encore au chloroforme 
de déterminer des accidens consécutifs, parmi lesquels il signale une pe¬ 
santeur de tête et un état de faiblesse très prolongés, desdérangemens in¬ 
testinaux et une réaction inflammatoire assez intense. Un grand nombre 
de ses opérés ont présenté un pouls dur, plein et fréquent pendant plu¬ 
sieurs jours, et le sang des saignées qui furent pratiquées était épais, con¬ 
sistant et sans aucune trace de sérosité. 

M. Sédillot n’est pas de l’avis de ceux qui ont dit que les caractères de 
l’éthérisme causé par le chloroforme ou par l’éther étaient identiques. 
Outre les différences signalées dans l’instantanéité, la persistance et les 
effets consécutifs des phénomènes anesthésiques, les sensations et l’état 
normal des malades ne se ressemblent nullement. 

Avec l’éther, le réveil est gai, riant, expansif, affectueux, l’exaltation 
est douce, les rêves sont constans et laissent ordinairement des souvenirs 
agréables, ou même délicieux, et avec le chloroforme, le retour à la lu¬ 
cidité est, en général, calme et régulier; c’est le réveil d’un sommeil pro¬ 
fond. Les malades n’ont pas eu de rêves, ou du moins ils en ont perdu le 
souvenir. Ils sont mornes, froids, abattus, parlent peu, ont besoin de re¬ 
pos et de silence, s’endorment promptement, et restent dans un état d’af¬ 
faissement , quelquefois compliqué d’une sorte de fièvre inflammatoire, 
d’oppression pulmonaire, de toux et même de diarrhée (1). 

En résumé, l’usage du chloroforme préférable sous tant de rapports, 
offre, entre des mains inhabiles, infiniment plus de danger. 


(1) Cette opinion de M. Sédillot est loin de concorder avec les faits nombreux dont 
nous avons été témoin. (Note du Rédacteur en chef ) 



















M. Millon adresse une note sur la présence normale de plusieurs mé¬ 
taux dans le sang et sur l’analyse des sels fixes contenus dans ce liquide. 
Au moyen d’une méthode qu’il a imaginée, et qui se réduit à une analyse 
des sels fixes du sang par voie humide, M. Millon est parvenu à constater 
que le sang de l’homme contient constamment de la silice, du manganèse, 
du plomb et du cuivre. Après avoir déterminé la proportion de ces diffé- 
rens métaux, il a recherché si le cuivre et le plomb sont disséminés dans 
toute la masse du sang, ou bien si, à l’exemple du fer, ils sont rassemblés 
dans les globules du sang. L’expérience n’a laissé aucun doute à cet 
égard : 1 kilog. de caillot sanguin séparé avec soin du sérum de plusieurs 
saignées a fourni 0 gr. 083 de plomb et de cuivre ; 1 kilog. de sérum isolé 
du caillot précédent a fourni seulement 0 gr. 003 de ces deux métaux. 
L’auteur pense que ces 3 milligrammes de plomb et de cuivre contenus 
dans le sérum doivent être attribués aux globules sanguins qui se dissol¬ 
vent ou se suspendent dans la lymphe. 

Ainsi le cuivre et le plomb ne sont pas à l’état de diffusion dans le 
sang; ils se fixent avec le fer daBS les globules, et tout porte à croire 
qu’ils participent, comme lui, à l’organisation et à la vie. Exercent-ils sur 
la santé une influence aussi décisive ? existe-t-il une chlorose par défaut 
de cuivre, de plomb et de manganèse ? ou bien leur excès est-il la cause 
secrète de quelque affection obscure et rebelle? C’est ce que la thérapeu¬ 
tique pourra éclairer peut-être un jour. 

(Commissaires : MM. Dumas, Andral et Magendie.) 

M. Meynier, professeur de chimie à l’école de médecine de Marseille, 
prépare un tissu idioélectrique qui jouit de la précieuse propriété, quand 
on le frictionne, de fournir urte grande abondance d’électricité résineuse. 
Un carré de 5 à 6 centimètres de côté fournit à un disque métallique 
d’électrophore assez d’électricité pour donner une étincelle de plusieurs 
centimètres de long. 

Le tissu de M. Meynier, dont la composition offre une grande analogie 
avec la pyroxiline, remplace avec avantage le plateau de résine et de 
verre. Ce chimiste a eu l’idée d’appliquer son tissu à l’hygiène et à la mé¬ 
decine. Des médecins de Marseille ont déjà constaté qu’un grand nombre 
de névralgies ou maladies nerveuses sont combattues avec succès par l’ap¬ 
plication, sur les parties du corps affectées, d’un morceau dudit tissu, que 
l’on frictionne légèrement ; des douleurs nerveuses ont été ainsi enlevées 
presque instantanément. 


ACADÉMIE DE MÉDECINE. 

Séance du 11 Janvier. — Présidence de M. Royer-Coliard. 

Correspondance. — La correspondance comprend : 

Une lettre de M. Robert annonçant que s’étant désisté de sa candida¬ 
ture en présence de celle de M. Lallemand, il sollicite de nouveau la 
bienveillance de l’Académie lors de la vacance prochaine. 

Une lettre de M. Vidal ( de Cassis) demandant un tour de faveur pour 
une lecture, à l’occasion de sa candidature à la place vacante à l’Aca¬ 
démie. 

Une lettre de M. Christophe relative à un nouveau signe stéthosco¬ 
pique, l 'égonie. 

Une lettre de M. De Larroque demandant que son Traité sur la fièvre 
typhoïde soit admis au concours pour le prix Itard, et adressant un mé¬ 
moire sur l 'emploi des ventouses dans l’iléus spasmodique. 

Une lettre de M. Bonnet (de Bordeaux) adressant des documens nou¬ 
veaux sur la question de la réforme pénitentiaire et l’exposition d’un sys¬ 
tème bien plus doux et plus facile à supporter que celui de l’isolement. 
M. Bonnet annonce que depuis la publication de son premier travail 
(janvier 1847) jusqu’au 1 er janvier 1848 il y a eu, au pénitencier de Bor¬ 
deaux, deux nouveaux cas de suicide et quatorze morts, ce qui excède 
presque de moitié la mortalité dans l’ancienne prison. M. Bonnet adresse 
en même temps ses titres à l’appui de sa demande de la place de membre 
correspondant. 

M. le Président rappelle à ce sujet que la Commission chargée de 
présenter son travail sur la nomination à faire de membres correspondans 
est fort en retard. 

M. Gérardin répond que la Commission présentera son rapport inces¬ 
samment. 

M. Nacquart demande la parole à l’occasion de la correspondance et 
au sujet des Tables de la mortalité de la ville de Londres, que l’Acadé. 
mie reçoit régulièrement. Il est étonné qu’un travail aussi important ne 
soit pas exécuté sur les mêmes bases en Flrance. 

M. Mège réclame contre les décisions prises dans la dernière séance à 
l’occasion de sa lecture. Il a consulté les réglemens, et il n’a vu nulle part 
que les membres correspondans fussent exclus du droit de faire des pro¬ 
positions. 

M. le Président répond que l’Académie est régie par le réglement et 
par les usages, et que l’usage a consacré la disposition prise à l’égard de 
M. Mège. 

M. Bégin lit le discours qu’il a prononcé au nom de l’Académie sur la 
tombe de M. Jourdan. Cette lecture excite les applaudissemens de l’as¬ 
semblée. 

Rapports. — M. Guéneau de Mussy lit en son nom et au nom de 
M. Thillaye un rapport officiel sur un mémoire de M. de Bonvouloir, 
adressé à l’Académie par M. le ministre de l’agriculture et du commerce, 
et ayant pour titre : Notes sur un nouveau mode de traitement médi¬ 
cal et hygiénique. Voici en peu de mots, et d’après son auteur, les bases 
de ce traitement : « De même que le refroidissement subit produit pres¬ 
que toutes les maladies, tant paralysies que phlegmasies, de même il peut 
les guérir, et les cures dues à la nature doivent être réellement attri¬ 
buées à la réaction qu’il produit. » 

Conclusions : Répondre au ministre que les théories de M. de Bonvou¬ 
loir sont dépourvues de fondement, et que les faits qu’il allègue à l’appui 
ne se présentent pas sous les conditions qui pourraient leur donner quel¬ 
que valeur. Les conclusions sont mises aux voix et adoptées. 

— M. Ferrus lit en son nom et au nom d’une Commission composée 
de MM. Prus, Pariset, J. Cloquet, un rapport sur un mémoire de M. Bel- 
homme, ayant pour titre De la localisation de la parole dans les lobes 
antérieurs du cerveau. Dans ce mémoire, dit M. le rapporteur, M. Bel- 
homme a rassemblé les faits qu’il possède à l’appui d’une doctrine qu’il 
croit fondée; mais il a senti cependant combien le doute était permis en 
pareille matière. Après s’être livré à divers commentaires, il termine en 
émettant le voeu que les observations se multiplient assez pour déterminer 
d’une manière positive les fonctions des lobules antérieurs du cerveau et 
pour résoudre sur ce point le problème difficile du rapport du physique 
et du moral. La Commission félicite M. Belhoinme sur la sage réserve 
qu’il a montrée, l’engage à continuer ses travaux, dont le but est de main¬ 
tenir l’étude des maladies mentales et propose à l’Académie de voter des 
remercîmens à l’auteur et déposer son mémoire aux archives. 

M. Baillarger croit qu’il y a une objection qui frappe de nullité un 
certain nombre de faits invoqués de part et d’autre dans cette question. 
Ce sont ceux dans lesquels la paralysie générale a fini par compliquer une 
altération organique locale. On doit, en effet, alors être très embarrassé 
pour attribuer l’embarras de la prononciation à l’une ou à l’autre maladie. 
Get embarras de la prononciation est un symptôme presque constant dans 


la paralysie générale, et on conçoit, dès lors, qu’on l’observe aussi bien 
avec des tumeurs ayant leur siège dans la partie postérieure que dans la 
partie antérieure du cerveau. Cependant, on ne tient compte que des al¬ 
térations locales, et on oublie l’altération générale, qui a produit la dé¬ 
mence et la lésion générale des mouvemens. 

M. Baillarger ajoute qu’à l’époque de la première discussion il a dé¬ 
pouillé toutes les observations de paralysie générale publiées par MM. Bayle 
et Calmeil, et qu’il lui a semblé, en comparant ces symptômes aux altéra¬ 
tions, que ces faits étaient plutôt favorables que contraires à l’opinion de 
M. Bouillaud. 

M. Rochoux : Un seul fait bien établi, qui prouverait que la vision s’est 
exercée avec des yeux crevés, démontrerait sans réplique que les yeux ne 
sont pas les organes indispensables de la vision. Or, j’ai vu un fait dans 
lequel un lobe antérieur du cerveau était détruit par le ramollissement, et 
le malade non seulement n’avait pas perdu la parole, mais avait présenté 
au contraire un délire loquace. Qu’en conclure ? Évidemment que les 
lobes antérieurs du cerveau ne sont pas le siège de la parole. 

M. Ferrus : Ce fait ne prouve rien. Il y a deux lobes antérieurs du cer¬ 
veau, ici il n’y en avait qu’un seul de malade. 

M. Rochoux : Mais les localisateurs nous citent des faits dans lesquels 
la lésion d’un seul lobe a entraîné la perte de la parole. D’ailleursj’ai ob¬ 
servé trois cas à Bicêtre où la lésion portait sur les deux lobes, et la parole 
avait été conservée. 

M. Ferrus : M. Rochoux devrait publier ces faits. 

M. Rochoux : C’est bien mon intention. 

Après quelques observations de M.Londe,les conclusions sont adoptées. 

— M. Gérardin donne lecture, en son nom et au nom de M. Vil- 
lerraé, d’un rapport sur un mémoire deM. Toulmonde, médecin à Sedan, 
intitulé : Quelques réflexions sur les ouvriers employés dans les manu¬ 
factures de draps. Dans ce mémoire, M. Toulmonde s’est proposé de 
présenter quelques considérations sur les maladies des ouvriers employés 
dans les manufactures de draps, et aussi 'de déterminer si le sort de ces 
ouvriers s’est considérablement amélioré au milieu des efforts qui tendent 
à modifier l’état du paupérisme en France. Ce dernier point lui paraît hors 
de doute. La ville de Sedan a déjà depuis longtemps franchement abordé 
tous les moyens propres à améliorer la position physique et morale de 
ses nombreux travailleurs. Des associations de secours mutuels, basées 
sur la réciprocité, s’y sont formées ; elles entourent d’une affectueuse 
sollicitude les malades et les vieillards, fournissent tous les secours dési¬ 
rables pendant les maladies et la convalescence, et préparent aux vieil¬ 
lards les moyens d’arriver sans trop de privations au terme de leur 
existence. Médecin de l’une de ces associations philantropiques, M. Toul¬ 
monde a profité de sa position pour étudier les maladies qui sont pro¬ 
pres aux ouvriers employés dans les manufactures. Voici les principaux 
résultats auxquels il a été conduit : 

1° Il paraît incontestable que, à quelques exceptions près, les ouvriers 
employés à la fabrication des draps ne sont pas soumis à des maladies, à 
des infirmités de nature à être rattachées directement aux occupations 
auxquelles ils sont soumis journellement dans leurs ateliers. 

2° Les fileurs et les pluseuses et bobineuses sont ceux qui ont fourni 
le plus de malades. Les premiers sont, en effet, chargés des travaux les 
plus pénibles de la manufacture; les secondes, parvenues souvent à un âge 
déjà assez avancé, très peu rétribuées, mal soignées et mal nourries, 
sont, en outre, exposées à des causes particulières de maladies. Les mé¬ 
caniciens, serruriers, etc., c’est-à-dire les ouvriers dont les salaires sont 
généralement élevés, qui vivent dans l’aisance, offrent le moins de mala¬ 
des. Après eux viennent les tondeurs, qui, grâce aux machines, ne sont 
soumis qu’à un travail extrêmement facile. 

3° Les laineurs qui travaillent dans des lieux humides, qui ont souvent 
les pieds dans l’eau, qui sont obligés à des efforts, soit pour soulever les 
draps, soit pour les étendre sur les machines, sont exposés plus souvent 
que les autres ouvriers, et cela par le fait même de leurs occupations, aux 
plaies des extrémités inférieures, à des abcès et contusions, aux bronchi¬ 
tes, aux hernies. Les pluseuses qui sont constamment dans une atmos¬ 
phère chargée de molécules de laine, de poussière, etc., paraissent con- 
tracter facilement des ophthalmies, des bronchites, des affections catar¬ 
rhales de poitrine. Les fileurs sont exposés à des douleurs des membres, 
des reins, desrhumatismesrésultant des fatigues souvent excessives. Quant 
aux maladies du tube digestif, elles proviennent d’une nourriture souvent 
mal réglée, et plus encore de l’usage de la bière, qui n’est que trop sou¬ 
vent composée que d’une foule d’ingrédiens de mauvaise qualité. 

4° La scrofule est rare et bénigne. 

5° Les saisons n’ont pas paru apporter de différences sensibles dans le 
nombre et dans la durée des maladies. 

6° La mortalité ne fait pas plus de ravages que dans les classes les plus 
favorisées. Elle est au-dessous de 1 pour 100. Ce dernier résultat, si con¬ 
cluant pour l’humanité, est le plus bel éloge que l’on puisse faire des as¬ 
sociations de secours mutuels. 

Conclusions : adresser une lettre de remercîmens à l’auteur ; déposer 
son travail aux archives, et maintenir son nom sur la liste des candidats 
aux places de membre correspondant. 

Lectures. — M. Warmer lit une observation relative à une femme en 
travail en proie à une excitation très vive et à des douleurs continuelles. 
Ayant vu l’indication d’appliquer le forceps, il la soumit au chloroforme. 
Lorsqu’elle fut plongée dans un demi-sommeil, les contractions utérines 
continuèrent, marchèrent régulièrement et la malade s’aidant par des 
contractions volontaires, l’accouchement se termina heureusement après 
trois quarts d’heure. 


MOUVEMENT DE LA PRESSE MÉDICALE, ANALYSE 
DES JOURNAUX. 

JOURNAUX DE PARIS. 

Gazette Médicale de Paris. — Numéro du 8 Janvier 1848. 

Opinion des Facultés sur le projet de loi adopté pur la Chambre 
des pairs. — Projet présenté à la Chambre des députés. — Nous 
avons soin de tenir nos lecteurs au courant de tout ce qui se passe sur cet 
important sujet. 

Mémoire sur l'épidémie de rougeole qui a régné à Genève dans les 
premiers mois de l’année 1847 ; par M. le d r Rilliet, médecin de l’hô¬ 
pital de Genève. — Mémoire intéressant, dont nous donnerons un résumé 
quand il sera terminé. 

Observations de fièvre typhoïde traitée par la méthode de M. le 
professeur Serres; par M. le docteur Edouard Petit, de Corbeil, mem¬ 
bre correspondant de l’Académie de médecine. — Notre honorable con¬ 
frère rapporte une série de cinq cas de fièvre typhoïde qn’ila eu occasion 
d’observer coup sur coup, parmi lesquels il en est qui ont présenté une 
assez grande gravité, et qui, tous, ont été amenés à guérison sous l’in¬ 
fluence du traitement préconisé par M. Serres. Ce trakemeut consiste, 
comme on sait, dans l’adminislration du sulfure noir de mercure à l’in¬ 
térieur et les frictions avec l’onguent napolitain sur l’abdomen. M. Petit 
commence en général le traitement par un éméto-cathartique, et lorsque 
les symptômes présentent de la gravité, il fait prendre chaque jour un 
gramme de sulfure et commence en même temps les frictions avec six à 


huit grammes d’onguent pour chaque fois. .Dans les cinq cas qui compo- 
sent son mémoire, il n’a pas eu besoin de dépasser la dose de cinq gram¬ 
mes de sulfure à l’intérieur, ni de porter les frictions au-delà de 72 gr. 
d’onguent. Dans aucun de ces cas, il n’a pu constater le moindre acci¬ 
dent causé par les préparations mercurielles. Les effets les plus apparens 
de ce traitement, dit l’auteur, ont été] de favoriser en quelque sorte l’é. 
ruption particulière de cette maladie, puis de la faire disparaître ; d’agir 
assez promptement snr le système circulatoire, de manière à modérer les 
mouvemens du cœur, à diminuer la caloricité et à favoriser la dia- 
phorèse. 

Feuilleton. — Chronique médicale. — Quelques mots sur le nou¬ 
veau projet de loi. La Gazette trouve que c’est porter une double at¬ 
teinte à la liberté de la presse et aux droits du diplôme que d’interdire le 
droit d’affiche et d’annonce en matière de remèdes, traitemens et consul- 
tâtions médicales. Elle nous apprend que les agrégés de la Faculté de 
médecine de Paris, réunis, ont voté contre le concours, etc., etc. 


NOUVELLES. — FAITS DIVERS. 


Parte. 

— Le rapport de la commission médicale des hôpitaux civils a été lu 
et en partie discuté dans les derniers jours du mois passé. Les différentes 
questions soulevées dans ce rapport sont si importantes et si nombreuses, 
qu’on a jugé nécessaire d’affecter encore une séance à leur examen, Cette 
séance aura lieu dimanche prochain, 16 courant, à deux heures, dans le 
local de l’Acadmie royale de médecine. MM. les médecins, chirurgiens et 
pharmaciens des hôpitaux sont expressément invités à s’y rendre. 

Départemens. 

misère, mortalité. — En 1847, le chiffre des naissances, à Rouen, 
a été de 2,970, celui des décès de 3,828 ; excédant des décès sur les nais¬ 
sances, 858, soit 28 p. 100. Ce fait est contraire à la loi presque constante 
de l’accroissement de la population, et ne peut être attribué qu’au prix 
élevé des subsistances. On a constaté que les années de disette sont aussi 
celles de la plus grande mortalité. La faim, à Rouen, a tué plus de monde 
en 1847 que le choléra en 1832. 

Etranger. 

— Nous trouvons dans une lettre du comté de Loewenien des détails 
sur la santé de l’illustre chimiste Berzélius. 

« A force de saignées et de mercure, dit M. Retzen, l’un de ses princi¬ 
paux médecins, nous avons pu arrêter le désordre dans la moelle épi¬ 
nière. La vie est sauve, quant à présent ; mais la paralysie des parties in¬ 
férieures persiste sans diminuer, malgré les plus énergiques médications, 
et je tiens pour plus que douteux que jamais elle cède. Le canal intestinal 
et la vessie sont complètement paralysés, et les évacuations ne sont obte¬ 
nues qu’au moyen de lavemens et du cathétérisme. Deux grands moxas 
ont été appliqués de chaque coté de l’épine dorsale, après avoir soumis 
préalablement M. Berzélius à l’emploi du chloroforme. » (Stockholm, 24 
décembre.) 

MARCHE DE LA MORTALITÉ A ALGER. — A Alger, du 1“ juillet 1846 
au 30 juin 1847, il y a eu, parmi les Européens, 1,470 naissances, dont 
759 garçons et 711 filles; il en est mort, dans l’année, sur ce nombre, 
158 garçons et 147 filles : total, 305. La mortalité n’a donc été que d’un 
peu plus de 20 pour 100. 

Chez les musulmans, sur 246 naissances, dont 145 garçons et 101 
filles, il y a eu de morts 47 garçons et 48 filles : total, 29, soit environ 
40 pour cent. 

Chez les israélites, sur 181 naissances,-dont 98 garçons et 83 filles, 
il n’est mort que 13 garçons et 16 filles : total, 29, soit environ 16 pour 
100 . 

On voit que la mortalité est beaucoup plus considérable chez les mu¬ 
sulmans que chez les Européens, et chez les Européens que chez les juifs; 
cela tient à des causes facilement appréciables. Mais, en faisant un résu¬ 
mé général de la mortalité dans les trois classes de la population susdési- 
gnée, on trouve pour résultat général : 

Vivans au bout d’un an : 

1,165 sur 1,470 enfans européens, 

151 sur 246 enfans musulmans, 

153 sur 171 enfans israélites. 

Total général, 1,468 sur 1,897, soit un peu plus de 20 pour 100. 

La mortalité, en Europe, était, suivant les calculs faits en 1802, de 26 
pour 100; elle n’est plus aujourd’hui que de 15 à 16 pour 100. Cette di¬ 
minution, si notable, est.due aux conditions d’existence qui se sont sensi¬ 
blement améliorées. 

A Alger, la diminution survenue depuis quelques années dans la morta¬ 
lité n’a pas été moins sensible, et cette diminution tend à devenir chaque 
jour plus considérable, ce qui nous fait espérer qu’elle arrivera prochai¬ 
nement au niveau de celle qu’on a si heureusement constatée en France. 

(L'Akhbar.) 

nouvelles du gholéra. — Saint-Pétersbourg, 26 décembre. Du 6 
au 12 décembre (date des derniers rapports officiels), il y a eu à Moscou 
119 cas de choléra, dont 54 mortels. L’épidémie se propage dans les en¬ 
virons, mais lentement. 


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Tout ce qui concerne ia Rédaction doit adressé aux Bureaux du Journal, à M. le Docteur Amédée iaïoib, Rédacteur en chef; tout ce qui concerne l’Administration, à M. le Docteur bicheloi, Gérant. 

la* Lettres et Paquet/ doivent être affranchit. 


sommaire. _ i. ün mot sur les médecins communaux. — II. Travaux origi¬ 
naux : Recherches sur le diagnostic et le traitement des tumeurs de l’orbite. — III. 
BULLETIN CLINIQUE : Hôpital des cliniques (M. Gosselin). Luxation sus-pubienne du 
fémur gauche. — V. Pharmacie, matière médicale et revue thérapeutique 
(Revue pharmaceutique). Journal de pharmacie et de chimie : Observation sur 
la composition chimique de plusieurs sources de Vichy.— Analyse des dépôts de plu¬ 
sieurs sources ferrugineuses.— Emploi de la voie chimique pour déceler la falsifica¬ 
tion du sucre de canne ou de son sirop par le sucre ou le sirop de fécule. — Modifi¬ 
cations au mode de préparation de l’onguent populéum. — Description de l’arbre 
qui produit le gutta-percha. — Journal de chimie médicale : Existence d’un pro¬ 
duit arsénical dans les eaux de Bussang et dans les dépôts de ces eaux. — Moyen de 
reconnaître le lavage des papiers timbrés. — Présence de l’arsenic dans quelques 
eaux naturelles. — Mélange frigorifique. — Journal de pharmacologie : Obser¬ 
vations à l’occasion de la Note de M. Heinrich Rose. — De l’amande amère ; son 
action et son emploi dans l’hygiène de la bouche. — V. Concours : Faculté de mé¬ 
decine de Paris; concours pour une chaire de clinique externe. — VI. Nouvelles 
et Faits divers. — VIL Feuilleton : Le médecin à la campagne. 


PARIS, M U JANVIER 1848. 


UN MOT SUR LES MÉDECINS COMMUNAUX. 

Le ministre nomme les conseils médicaux ; les conseils mé¬ 
dicaux dressent la liste des candidats au titre de médecin com¬ 
munal ; le préfet nomme le médecin communal. Est-ce assez 
clair, comme on dit en politique ? 

Si l’on essaie de présenter comme une garantie remontant 
au principe électif lui-même, ce fait que les nominations n’au¬ 
ront lieu que sur la demande des conseils municipaux, après 
délibération du conseil général, il sera facile de démontrer que 
cette prétendue garantie ne doit imposer à personne. Consul¬ 
tons l’expérience. 

Le jour où la Chambre des députés confiait à la magistrature 
(pesez bien ce mot : la magistrature!) le droit de désigner les 
journaux de département qui obtiendraient le bénéfice des an¬ 
nonces judiciaires, la Chambre s’en rapportait pleinement à 
l’indépendance et à l’équité bien éprouvée des juges. Et puis, 
le chiffre des abonnés d’un journal ne devait-il pas fournir un 
élément sûr, positif, public, indiscutable à leur préférence? 
Qu’est-il arrivé pourtant! Écoutez les plaintes, lisez les péti¬ 
tions, entendez les hommes impartiaux ! La politique a déjoué 
même les chiffres. 

Les préfets vous inspireraient-ils plus de confiance que les 
magistrats? La Chambre ne s’y trompera pas. Si elle admet la 
création de médecins communaux, elle fera sciemment peu de 
chose pour l’indigence, beaucoup pour l’intrigue. Elle verra la 
politique entée sur la médecine, amoindrir celle-ci ou l’étouffer 
tout à fait. 

Il serait temps de prendre conseil de l’expérience, de tirer 
quelque profit honorable de tant d’illusions perdues. Les dé¬ 
putés comprendront, ils ont déjà compris qu’il est indigne 
d’hommes sérieux de se créer la veille des motifs de regret et 


d’opposition pour le lendemain. Ils le savent : on aura beau 
parler, argumenter, promettre, le fait restera dans toute sa 
force, et le voici : 

Pour un préfet, il n’existe pas de médecin plus ou moins dé¬ 
voué à la science, à l’humanité, il n’y a que des opinions. 

On nous objecterait en vain que nous faisons allusion à des 
circonstances, et qu’une loi leur survit. II nous serait facile de 
prouver que les circonstances laissent des habitudes, et qu’il 
y a des pratiques qui sont à peu près de tous les gouverne- 
mens. 

Faut-il subordonner l’humanité à la politique? Voilà, en ré¬ 
sumé, toute la question. 


TRAVAUX ET MÉMOIRES ORIGINAUX DE MÉDECINE 
ET DE CHIRURGIE, 

DE THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE ET APPLIQUÉE. 

RECHERCHES SUR LE DIAGNOSTIC ET LE TRAITEMENT DES TUMEURS 
DE L’ORBITE; 

par le d r J. M. O’Ferral , chirurgien de l’hôpital St-Vincent de Dublin. 

Les tumeurs de l’orbite présentent, sous le point de vue pra¬ 
tique, autant de difficultés que d’intérêt. En effet, avant que le 
chirurgien puisse prendre une résolution véritablement utile 
au malade, il doit déterminer exactement trois choses : 1» la 
situation exacte de la tumeur dans l’orbite, 2» sa nature et sa 
consistance, et 3° ses connexions originelles ou acquises. Or, 
sous le rapport de la situation, les tumeurs peuvent se déve¬ 
lopper dans le tissu cellulaire extérieur à l’appareil fibreux et 
musculaire de l’œil, et, par conséquent, elles doivent être atta¬ 
quées par la portion orbitaire ou supérieure de la paupière ; ou 
bien elles peuvent être situées entre ce dernier appareil et le 
globe de l’œil lui-même, et peuvent être extraites, après division 
de la conjonctive seule, sans qu’on ait besoin d’intéresser la peau 
enaucune manière. Sous lerapportde leur nature, elles peuvent 
être formées par le développement anormal d’une partie ren¬ 
fermée dans l’orbite ou par le dépôt d’un produit sans analo¬ 
gue dans l’économie ; elles peuvent être solides, purulentes ou 
kystiformes; elles peuvent être ou non susceptibles de dégéné¬ 
rescence. Enfin, sous le rapport de leurs connexionselles 
peuvent être une production du périoste ou être identifiées avec 
lui, ou elles peuvent jouir d’une certaine mobilité dans le tissu 
cellulaire de l’orbite. 

Je ferai d’abord connaître brièvement quelques observations 
qui me paraissent jeter du jour sur le diagnostic et le trai¬ 
tement de ces tumeurs, et je terminerai par des considérations 
générales qui me paraissent avoir un certain intérêt sous le 
point de vue pratique. 

Observation I. — Tumeur de Corbite; saillie du globe de Cœil 
avec trouble de la vision; extirpation de la tumeur; amélioration 
dans l'état de la vision, avec retour de Cœil à sa situation normale. 


— Un jeune homme de vingt-un ans, habituellement bien portant, s’était 
aperçu, un an auparavant, d’un gonflement de la paupière supérieure, en 
haut et en dehors du globe de l’œil, gonflement qui s’était produit sans au¬ 
cune espèce de douleur. Peu de temps après, l’œil commença à se porter 
en bas et en dedans vers le nez, et la vue commença à se troubler. Ce fut 
alors qu’il entra à l'hôpital, le 11 mars 184à. La saillie de l’œil et sa des¬ 
cente sur la joue donnaient à la ligure de ce malade un aspect hideux : 
d’une part, le bord ciliaire de la paupière inférieure était considérable¬ 
ment abaissé au-dessous du niveau du bord de la même paupière, du côté 
opposé ; de l’autre, le globe de l’œil faisait une saillie d’au moins trois 
quarts de pouce. La paupière supérieure présentait une coloration d’un 
rouge foncé, mais limitée à la portion supérieure ou orbitaire de cette 
paupière. Cette portion supérieure s'était laissé distendre et avait acquis 
des dimensions plus que triples de l’état normal, tandis que la portion 
inférieure n’avait pas subi le moindre changement. Bord osseux de l’or¬ 
bite un peu déprimé vers la joue; vision imparfaite ; possibilité d’aperce¬ 
voir les objets volumineux, mais impossibilité de lire ; mouches volantes, 
pupille dilatée; mouvemens de l’œil conservés dans de certaines limites, 
ainsi que ceux de la paupière supérieure ; pas d’altération de la scléroti¬ 
que, ni de la cornée. Entre le sourcil et le globe de l’œil déplacé, il exis¬ 
tait, en dehors, une tumeur irrégulière, un peu élastique, d’une consis¬ 
tance uniforme, indolente à la pression, et que le doigt pouvait suivre à une 
certaine distance dans l’intérieur de l’orbite. Comme la santé générale 
était bonne, je crus devoir essayer les mercuriaux et l’iodure de potas¬ 
sium. La tumeur ne présentant aucun changement, je me décidai à l’opé¬ 
ration.Pour cela, je fis une incision le long du bord supérieur de l’orbite, 
immédiatement au-dessous du sourcil. Je fis écarter les bords de la plaie 
par des rétracteurs, et je disséquai rapidement une partie considérable 
de la tumeur ; mais je ne tardai pas à m’apercevoir qu’elle pénétrait à une 
grande profondeur, jusque derrière le globe de l’œil. Alors j’abandonnai 
le bistouri, et, me servant du manche de l’instrument et d’une érigne in¬ 
ventée par M. Crampton, je parvins à détacher toute la masse, sans inté¬ 
resser le globe de l’œil et la glande lacrymale. Il n’y eut point d’hémor¬ 
rhagie importante. La cicatrisation marcha rapidement, et, six semaines 
après, l’œil s’était notablement rétracté vers l’orbite, et la vision considé¬ 
rablement améliorée. Un an après, il n’y avait pas de récidive. La tumeur 
extirpée était irrégulièrement ovalaire, aplatie supérieurement et lobulée 
dans le reste de son étendue. Elle était enveloppée d’un tissu cellulaire 
lin qui pénétrait dans son intérieur, était élastique et résistante, criait 
sous le scalpel qui la divisait, et offrait une coupe blanchâtre et comme 
perlée, d’où l’on faisait suinter, par la pression, un peu de fluide crémeux. 
Sous le microscope, elle offrait tous les caractères assignés par Muller aux 
tissus de mauvaise nature. 

Il est incontestable que le résultat de cette opération est des 
plus encourageans, en ce qui touche le traitement chirurgical 
des tumeurs de l’orbite. La consistance de la tumeur que 
portait ce jeune homme était moins dense que celle des tu¬ 
meurs du périoste; en outre, il y avait un certain degré de 
mobilité, toutes circonstances qui semblaient indiquer la possi¬ 
bilité de l’extirpation. Toutefois rien n’est plus trompeur que 
le volume et la situation apparente des tumeurs de l’orbite : 
elles s’étendent en général bien au-delà du point auquel elles 
font saillie ; et le chirurgien doit être préparé à toutes les 
difficultés de ce genre, qui peuvent surgir pendant l’opération. 


Feuilleton. 


LE MÉDECIN A LA CAMPAGNE. 


Sait-on jamais où l’on va ? Non, mais nos pas sont comptés. J’ai suivi le 
paysan qui était venu réclamer mon assistance, et savez-vous ce que j’ai 
trouvé au terme de mon voyage ? One première occasion d’employer cet 
agent merveilleux, incroyable, qne vous avez appelé le chloroforme. 

N’ayez pas peur : je ne vous apporte ni un procédé rustique de prépa¬ 
ration, ni des observations champêtres sur des résultats que vous avez 
fort bien étudiés et décrits tout seul. Il est pourtant certain qu’à quatre- 
vingts lieues de Paris, les sujets ont une façon particulière de se compor¬ 
ter. La femme de mon paysan, entre autres, s’est débattue contre le 
bienfait de votre découverte, par des argumens qui offrent un intérêt d’un 
certain ordre. Us prouvent la vérité de cette observation d’un grand phi¬ 
losophe : les gens du peuple sont plus métaphysiciens qu’ils ne pen¬ 
sent par leurs réflexions précises et subtiles sur les objets qui leur 
sont familiers. Ces argumens, développés par les sectes, agités par la 
scholastique, auraient autrefois occupé le monde philosophique et reli¬ 
gieux, échauffé les esprits, divisé les consciences. 

Permettez-moi de vous en adresser un résumé bien simple. 

La malade avait un cancer au sein. La nature et la gravité du mal, les 
circonstances environnantes m’autorisaient à tenter l’opération. Je consultai 
les dispositions de la pauvre femme. Elle était prête et résignée. 

— Au surplus, lui dis-je, vous n’aurez pas à souffrir. Je vous ferai dor¬ 
mir pendant quelques minutes, et à votre réveil, le mai, l’opération, le 
pansement, tout sera fini. 

La malade me répondit : 

« Faites de votre mieux comme toujours, et rien au-delà. Je sais bien 
» rade™ 08 “ ^ Saint ’ “ le bon Dieu ’ je ne demande I^s un mi- 

Drinü,? 6 ! T® Parlé sérieusement î la science a trouvé le secret de sup- 
, ,° ule ^ que le chiru rgien n’aurait pas été maître de vous épar¬ 
gner autretois. C est un des derniers bienfaits de la Providence. 

— » Quelle bonté nouvelle ! Mais il n’est pas à ma connaissance que 


» les hommes lui aient témoigné leurs remercîmens pour cela. Tenez, 
» Monsieur, on vous a trompé, ou vous cherchez à me donner du cou- 
» rage par des inventions impossibles. Dieu a fait la souffrance pour 
» l’homme, il a voulu que son fils lui-même souffrît comme nous, pour 
» nous. Je suis résignée. Monsieur. 

— Le secret dont je vous parle est maintenant l’Évangile, la bonne nou¬ 
velle du genre humain. 

— » Et la terre n’a pas retenti d’actions de grâces, et l’on n’a pas seu- 
» lement mis le malheureux à même d’assister à une basse messe. A qui 
» votre secret a-t-il été révélé ? 

— A un savant. 

— » Et il nous a rachetés de la douleur comme le Messie l’avait fait du 
» péché. Ce savant sera-t-il méconnu, persécuté aussi ? Mourra-t-il ? 

— Je vous ai déjà dit que c’était un homme. 

— » Un imposteur, un démon qui en veut à nos âmes. Si l’on ne souf- 
» fre plus réellement, savez-vous comment cela arrive ? 

— Par le sommeil. 

— » Jamais ! c’est mon âme que vous me demandez. 

— Perdez-vous votre âme, lorsque vous vous abandonnez au sommeil 
et que vous cessez de voir, d’entendre pour quelques instans? 

— » Voir, entendre, ce n’est pas l’âme tout cela, mais sentir, c’est elle! 

» Car les morts ne sentent plus. 

— Les morts ne reviennent pas non plus, et vous, au bout de quelques 
minutes, vous retrouverez connaissance, esprit, sentiment, tout, excepté 
le mal qui vous dévore. 

— » Mais où ira, que fera mon âme, ma pauvre âme, lorsqu’elle ne 
» sera plus là pour souffrir et partager les douleurs de ce corps auquel je 
» tiens mille fois moins qu’à elle-même. 

— Un de mes amis, un digne et saint homme, vous instruira ià dessus, 

et dans quelques jours. 

— » Je ne vous promets rien, Monsieur ; votre ami aura bien de la 
» peine à m’indiquer par quel mérite je remplacerai jamais cette douleur 
» qui criera pour moi miséricorde et pardon. » 

Là conversion de la pauvre femme fut lente et pénible. Je fus tenté plu¬ 
sieurs fois de céder; le devais-je ? L’hésitation et les scrupules ont souvent 
troublé mon sommeil. Les faits rapportés par votre journal me disaient: 


insiste. L’urgence de l’opération et l’obstination de la malade me criaient 
d’en finir. Ah ! que vous êtes heureux, à Paris ! 

Un jour enfin, je triomphai, un peu de force, un peu d’éloquence, un 
peu de ruse. La pauvre femme dormit, — j’opérai, — elle rêva. 

Ainsi, Monsieur, la douleur se meurt, la douleur est morte. 

Avec elle ont presque cessé d’être supportables de bien aimables para- 
doxes, de bien poétiques idées sur la nécessité de la souffrance. Que de 
paragraphes à retrancher dans les livres de la philosophie antique. Il n’est 
pas jusqu’à ce sage et bon Montaigne, cet excellent et sobre ami, qui ne 
doive effacer quelques lignes de ses Essais. 

Montaigne, en effet, ne s’est-il pas laissé aller jusqu’à dire : 

« Je suis content de n'ôtre pas malade, mais si je le suis, je veux 
» savoir que je le suis; si on me cautérise ou incise, je veux le 
» sentir. » 

Eh bien ! Monsieur, ne reconnaissez-vous pas là ce besoin d’assister, 
d’être présent à son mal et en soi-même, qu’exprimait ma paysanne lors¬ 
qu’elle disait : sentir c’est l’âme? Ne retrouvez-vous pas la même répugnance 
pour cette sortie des sens, pour cette mystérieuse solution de continuité 
de la vie qui constitue votre découverte. 

Elle étonne, elle confond et elle effraiejusqu’à un certain point. La dou¬ 
leur était devenue si légitime ! Si j’étais (à Paris, si j’avais la bibliothèque 
Royale sous la main, quel beau recueil je vous ferais de toutes les choses 
qui ont été publiées, afin d’établir irrévocablement qu’il est bon, juste et 
salutaire de souffrir : Bonum etjustum est equum et salutare. 

Vous rappelez-vous un certain Possidonius s’écriant : Tu as beau faire 
douleur, si je ne dirai-je que tu sois un mal. La douleur pouvait sou¬ 
rire et se contenter d’être reconnue, appelée par son nom. 

Il existe, je crois, un éloge de la douleur, comme il en existe un de la 
folie, — de l’enfer, en deux volumes. — Logé au feuilleton, il m’est bien 
permis de m’écrier, sans inconvénient, qu’en vérité nous avons eu le dia¬ 
ble au corps. 

On a fait à la souffrance les honneurs de nos qualités les plus tendres, 
de nos vertus les plus mâles. On a prétendu, par exemple, qu’elle atta- 
chait la mère à l’enfant qui venait au monde. Si bien que le chloroforme 
aurait porté un coup sensible à l’instinct et à l’esprit de famille. Que les 
moralistes se rassurent : pour attacher douloureusement la mère à l’en¬ 
fant, il y aura toujours la fragilité de l’enfance, et la peur de voir mourir. 

Certes, il faut savoir gré à l’imagination des hommes de venir parfois 





































26 


La situation de cette tumeur était au reste indiquée ici d’une 
manière assez précise par l’etat respectif des portions supé¬ 
rieure et inférieure de la paqpière. La portion supérieure 
ou celle qui est placée au-dessus 'du pli transversal, avait 
acquis trois fois ses dimensions normales ; la portion ciliaire 
avait conservé son état naturel. Or, comme je m’étais as¬ 
suré (ainsi que je le dirai plus loin) que la portion supérieure 
de la paupière correspond à la portion de l’orbite qui ren¬ 
ferme le tissu adipeux, et qui est placée au-dessus des enve¬ 
loppes fibreuses du globe de l’œil, il me fut facile de déter¬ 
miner le point vers lequel l’incision devait être pratiquée. 
Ce sont là des considérations pratiques du plus haut intérêt : 
car, ainsi qu’on le verra bientôt, il peut arriver qu’une tumeur, 
développée dans l’épaisseur des tuniques fibreuses, produise 
également l’exophthalmie, et une incision, pratiquée dans le 
même point que pour les tumeurs précédentes, manquerait 
complètement le but. 

Obs. IL — Tumeur de l’orbite du côté droit; saillie du globe de 
l’œil; amaurose; opération; retour de l'œil à sa position normale; 
amélioration de la vision. — Une jeune fille de douze ans, s’était aperçue 
onze mois auparavant de taches noires ou brillantes, qui passaient devant 
l’œil droit. Peu de temps après, la vue était devenue moins distincte. 
Enfin, il y a sept mois, une tumeur s’était montrée. Elle avait acquis peu à 
peu un grand volume, et avait chassé l’œil sur la joue. Lorsqu’elle entra à 
l’hôpital, le 28 juin 1841, l’exophthalmie était tellement considérable que 
l’œil droit se trouvait presque au niveau de l’aile du nez du même côté. 
Une tumeur irrégulière et bulbeuse occupait l’intervalle compris entre le 
sourcil et le globe de l’œil, et du bord externe de l’orbite à son bord 
interne, en refoulant l’œil de haut en bas et de dedans en dehors. La tu¬ 
meur était mobile, d’une consistance très inégale; et la paupière présen¬ 
tait une coloration variable, rose pâle dans certains points, rouge foncé 
dans d’autres, enfin jaunâtre sur l’un des points les plus saillans. Ce chan¬ 
gement de coloration était borné à la portion supérieure de la paupière, 
dont les mouvemens étaient conservés dans de certaines limites, ainsi que 
ceux du globe de l’œil. La vision était troublée sans être perdue ; il y avait 
des douleurs dans l’orbite, dans les tempes et dans le sourcil. Ne conser¬ 
vant aucun doute sur le caractère malin de cette tumeur, je me décidai à 
l’opération, dans la crainte de voir l’altération se propager en arrière 
vers le cerveau. Je fis une incision à un quart de pouce environ du sourcil, 
comprenant toute la longueur de la paupière ; à l’aide d’une dissection 
attentive, je parvins à séparer la tumeur de ses connexions intérieures, et 
à l’amener au dehors. Il n’y eut pas d’hémorrhagie. La place se cicatrisa 
rapidement, excepté dans un point, qui resta fistuleux pendant un mois. 
Trois mois après, la malade sortaitparfaitement guérie, l’œil avait presque 
repris sa situation normale, et la malade pouvait se conduire avec l’œil 
malade. La tumeur offrait l’aspect de l’encéphaloïde le mieux caractérisé. 

Le siège et la nature de la tumeur étaient si nettement ca¬ 
ractérisés dans l’observation précédente, que le diagnostic fut 
porté aussitôt l’entrée de la malade à l’hôpital. Sa mobilité in¬ 
diquait évidemment qu’elle ne naissait pas du périoste du plan¬ 
cher de l’orbite; et ses rapports avec la portion orbitaire delà 
paupière supérieure indiquaient clairement qu’elle avait son 
siège dans le tissu cellulaire graisseux, en dehors des envelop¬ 
pes fibreuses du globe de l’œil. Quant à sa nature, la densité 
inégale de ses diverses parties, son aspect lobulé, et son élasti¬ 
cité voisine de la fluctuation portaient à croire que c’était 
bien une tumeur de nature encéphaloïde. Comme la constitu¬ 
tion n’avait pas encore souffert, je n’hésitai pas à pratiquer 
l’opération, quelques vives que fussent mes craintes sur la ré¬ 
cidive probable d’une pareille affection. 

Obs. III. — Kyste de l’orbite; exophthalmie; désorganisation du 
globe de l’œil ; amaigrissement du malade; extirpation de l’œil; 
retour à la santé. — Une femme de vingt-trois ans entra à l’hôpital 
Saint-Vincent le k avril 1844. Depuis huit ans elle portait une tumeur de 
l’orbite, pour laquelle elle avait suivi divers traitemens, A la suite d’une 
première opération, la maladie avait resté trois ans sans reparaître. On 
lui en fit alors une seconde qui eut encore moins de succès que la pre¬ 
mière. Ce fut alors que la cornée se désorganisa, devint opaque, et que la 
malade perdit la vue. A son entrée à l’hôpital, le globe de l’œil du côté 
gauche paraissait tellement saillant sur la jone, que, lorsqu’il était mis en 
mouvement par les muscles, on eût pu le prendre pour l’œil télescopique 
du caméléon. La paupière supérieure large, épaissie, allongée, descen¬ 


dait jusque sur Je milieu de 4a joue ; mais elle ne recouvrait qn’JmparJaite- 
ment le globe de l’œil, qui était à découvert dans les trois quarts de sa 
circonférence. Injection considérable de la sclérotique et de la conjonc¬ 
tive ; aspect charnu et atrophie de la cornée ; mouvemens continuels et 
involontaires du globe de l’œil. En soulevant la paupière supérieure, on 
apercevait une large tumeur irrégulière, séparée du globe de l’œil par un 
sillon, plus sensible au toucher qu’à la vue, inégalement saillante, et for¬ 
mée de trois ou quatre tumeurs secondaires, Cédant au toucher, très 
élastique, mais non fluctuante. La portion orbitaire de la paupière était 
'gonflée, épaissie, allongémentous sens, et changée dérouleur. La portion 
oculaire n’était hypertrophiée que dans son diamètre transversal seule¬ 
ment, et elle offrait une coloration pâte, qui contrastait avec la coloration 
foncée de la partie supérieure. Exsudation continuelle d’Hn liquide aqueux; 
douteurs très vives revenant par accès, principalement le Soir, et privant 
la malade de tout repos. Il était évident, d’après tes caractères précédens, 
que la tumeur était placée en dehors des enveloppes fibro-musculaires de 
l’œil; mais, d’autre part, il était probable, ainsi que l’indiquait son immobi¬ 
lité, qu’elle adhérait au périoste du plancher de l’orbite. Erafnt son bord 
supérieur semblait se confondre avec l’arcade orbitaire elle-même. La ma¬ 
lade avait déjà,subi trois opérations, et elle ne voulait plus s’y soumettre de 
nouveau. Je la décidai cependant à se laisser pratiquer une ponction, qui 
donna issue à une assez grande quantité d’un liquide glaireux, auquel suc¬ 
céda un peu de sang. Le soulagement fut peu sensible. Après avoir em¬ 
ployé divers moyens, je songeai à extirper le globe de l’œil. En effet, la 
tumeur n’était pas de mauvaise nature, et par conséquent n’était pas l’ori¬ 
gine de ces douteurs atroces qui minaient la constitution de cette femme. 
L’allongement et la tension extraordinaire des muscles et du nerf de l’œil 
en rendaient bien mieux compte. Enfin l’œil malade était désorganisé et 
Sans aucune utilité ; de sorte que son extirpation n’avait pas d’inconvé¬ 
nient. Après m’être assuré de la ligne exacte de démarcation de lâ tumeur 
et du globe de l’œil, je fis une incision circulaire, dans laquelle je divisai 
la conjonctive et les enveloppes du muscle de l’œil. Je passai un conduc¬ 
teur sous le muscle droit supérieur, et je le divisai par un coup de ci¬ 
seaux. Je fis de même pour les cinq autres muscles. Puis, saisissant le 
globe de l’œil, je l’emmenai en avant, et je coupai le nerf avec des ciseaux 
mousses. L’hémorrhagie fut très considérable. Je voulus alors Ouvrir te 
kyste. Mais la malade s’y refusa si énergiquement, que je dus m’en abste¬ 
nir. Du reste, le soulagement fut très rapide. Les douteurs cessèrent, le 
sommeil revint. La malade quitta l’hôpital quelque temps après dans un 
état fort satisfaisant, portant cependant encore la tumeur qui était cachée 
par tes paupières. Je l’ai revue au mois de février 1846. Elle jouissait en¬ 
core d’une excellente santé ; la tumeur avait fait à peine des progrès. 

La tumeur qui fait le sujet de l’observation précédente, pré¬ 
sentait, ainsi que la plupart des tumeurs kystiques, un mélange 
de parties solides et de parties liquides. Ses connexions intimes 
avec le périoste du plancher de l’orbite rendaient son extirpation 
impraticable. Les diverses ponctions qui avaient été employées 
et la résistance de la malade à toute opération du côté de la tu¬ 
meur indiquaient l’extirpation du globe de l’œil comme la 
seule chose à foire ; et cela d’autant plus que l’on Ue pouvait 
expliquer la gravité des symptômes que par la distension ex¬ 
trême à laquelle les parties étaient soumises. La simple section 
des muscles de l’œil n’eût pas suffi à calmer les douleurs ; car le 
nerf optique était lui-même allongé, et le siégé principal des dou¬ 
leurs vives qui pouvaient, dans un temps peu éloigné, amener 
une inflammation vers le cerveau. Si l’extirpation du globe de 
l’œil est une opération généralement réservée pour les maladies 
de ce globe ou de ses enveloppes, on voit qu’elle est aussi sus¬ 
ceptible d’être mise en usage, dans des cas ou l’œil n’est le 
siège d’aucune lésion intrinsèquement dangereuse pour la vie; 
c’est une nouvelle phase de l’histoire de cette opération ; mais 
je n’en crois pas moins son application pleinement justifiée 
par les considérations que j’ai fait valoir plus haut. 

(La suite au prochain numéro.) 


BULLETIN CLINIQUE. — CHIRURGIE. 


HOPITAL DES CLINIQUES. 

(Service des cliniques chirurgicales de M. Gosselin.) 

Observation de luxation sus-pubienne du fémur gauche ; recueillie 
par M. Piachauo, interne dès hôpitaux. 

Au n° 6 de la salle des hommes, est entré, 1e 3 janvier, le nommé ***, 


‘Athanase, âgé de douze ans, de Valentin (Seme-et-Marne)-, d’«ne constù fl . 
tion assez forte. Il jouit habituellement d’une bonne santé, et n’a jamais 
eu de maladie antécédente. Mercredi dernier, 29 décembre, en oondui- 
Sant une charrette chargée dé marchandises sur une route parfaitement 
unie, il voulut passer en courant au-devant de son cheval, qui trottait. Dans 
ce moment,, à ce que raconte l’enfant, 1e sabot du cheval lui aurait pressé 
lè pied sur 1e sol. Effrayé, il a voulu se retirer en arrière violemment, 
mais il est tombé sur le dos, de façon à ce que la partie supérieure delà 
cuisse aujourd’hui malade , s’est trouvée sous la roue ; la cuisse droite 
était écartée. Il n’a ressenti aucun craquement particulier, et cependant fl 
lui a été Impossible de se relever. On l’a transporté sans beaucoup de 
souffrance chez ses parens, qui ont fait appeler un médecin. Celui-ci s’est 
livré à des tentatives de réduction qui sont restées infructueuses; il a fait 
appliquer des sangsues et des cataplasmes sur la région inguinale ; puis, 
voyant que ses efforts étaient inutiles, il a engagé tes parens de l’enfant à 
1e transporter à Paris. 

Le jour de son entrée, Vôî'ci les symptômes qu’il nous présente ; Déçu- 
bittrsdorsal avec un peu d’inclinaison du côté affecté; déviation latérale 
du tronc avec abaissement du bassin du même côté. La jambe gauche est 
fléchie presque à angle droit sur la cuisse, qui est portée elle-même dans 
une abduction forcée ; tout le membre repose sur le lit par sa face externe' 
la pointe du pied est fortement tournée en dehors, Gn ne peut pas arriver 
à placer la jambe dans l’extension complète, et cette manœuvre procure 
de vives douteurs au malade. 

Mensuration.— Les deux membres sont placés exactement dans la même 
position. Du côté sain, on trouve, de l’épine iliaque antéro-supérieure à 
la tubérosité interne du fémur, une longueur de 48 centimètres ; du côté 
malade, entre tes mêmes limites, une longueur de 49 centimètres 1/2 
c’est-à-dire un allongement de 1 centimètre 1/2 en faveur du côté 
affecté. 

Toute la cuisse présente une tuméfaction considérable telle, que sa cir¬ 
conférence, prise à 14 centimètres au-dessous de l’épiné antéro-supérieure 
excède de 13 centimètres celle de côté prise au même niveau. Dans là 
région inguinale, on trouve des traces ecchymosiques qui se voient aussi 
au scrotum, qui est œdématié, et dans lequel on perçoit un noyau dur de 
la grosseur du testicule, et dû probablement à un épanchement sanguin. 
Au lieu du pli de l’aine, il y a, au contraire, un soulèvement bien mani". 
feste dans toute sa longueur, mais Surtout vers la partie moyenne, où les 
doigts rencontrent une saillie arrondie, très dure, ne cédant nullement 
sous la pression et placée en dessous du ligament de Poupart. Si on im¬ 
prime à la cuisse des mouvemens de rotation, on sent d’une manière évi¬ 
dente qu’ils se communiquent à la tumeur de l’aine. Immédiatement à son 
côté externe, on voit la peau soulevée par tes battemensde l’artère fémo¬ 
rale, qui est déplacée de façon à se trouver à 4 centimètres de l’épine an¬ 
téro-supérieure ; tandis que, du côté sain, elle en est éloignée de 6 centi¬ 
mètres. La saillie trochantérienne est effacée, le grand trochanter est 
situé sur une ligne verticale abaissée de l’épine iliaque au tiers supé¬ 
rieur. En plaçant le malade sur le côté droit, on voit que la saillie de la 
fesse du côté gauche est moins prononcée qu’à l’état normal, et que, de 
plus, 1e pli de là région est moins profond et situé sur un plan plus élevé 
que du côté opposé. Si on Cherche à faire exécuter des mouvemens à la 
cuisse, on voit qu’il est impossible de la fléchir et de la ramener dans l’ad¬ 
duction, sans faire éprouver de vives douleurs au malade. 

Le membre ne présente en aucun point dé pai-alysie, soit du mouvé- 
ment, soit de la sensibilité. Bien de particulier non plus relativement à là 
coloration et à la température du pied. Pas de symptômes généraux qui 
méritent d’être signalés. 

Réduction. — Après avoir soumisaux vapeurs du chloroforme l’enfant, 
qui au bout de deux minutes ne s’est cependant pas endormi compte- 
tement, M. Gosselin procède à la réduction de la manière suivante : 
l’enfant est couché de façon à ce que le bassin repose sur le bord de là 
table, un aide le fixe solidement en appuyant sur les épines iliaques : lé 
chirurgien regardant le malade en face, ramène la cuisse dans l’adduction 
se fléchit sur le bassin, puis plaçant le membre sur son épaule de manière 
à ce que la jambe Soit disposée ën crochet et maintenue par un aide, il 
applique ses deux mains sur la partie supérieure de la cuisse ; dans cette 
position, M. Gosselin exerce des tractions Un peu fortes au moyen de son 
épaule, et, en pressant avec Ses deux mains sur la tête fémorale, il en¬ 
tendit un craquement particulier qui indiquait que la réduction véhàit de 
s’opérer : on a été étonné de la promptitude avec laquelle cette luxation 
a été réduite. On a pudu reste s’assurer de suite que là réduction était bien 
complète ; en effet, le membre avait repris sa direction normale, la saillie 
du pli de l’aine avait disparu, l’artère fémorale était revenue à sa place : on 
pouvait faire exécuter tes mouvemens avec asssez de facilité. Le malade 
reporté dansson lit, on maintient 1e membre dans l’extension, et au moyen 
d’un coussin placé dans toute la longueur de son côté externe, on cherche 


au secours de leur impuissance, et de chercher à endormir les maux 
qu’ils sont contraints d’endurer. Mais vous voyez qu’il ne faut jamais 
prendre tes compensations qu’elle nous offre comme la dernière espé¬ 
rance de l’humanité, ni ses subtilités les plus ingénieuses pour le dernier 
mot de l’esprit humain. La douleur est nécessaire ; cela est établi par tes 
textes, les commentaires et des millions de volumes. Eh bien ! la douleur 
n’est plus. La mort aussi est nécessaire... en définitive, sans doute. 

Il y a peut-être plus d’orgueil que de paresse encore à assigner des li¬ 
mites au possible, et nous devrions remercier le Créateur des merveilles 
qu’il nous permet de produire en nous résignant mieux à tout ce que 
l’avenir nous réserve. Je sais bien que 1e charlatanisme et l’effronterie 
sont à la porte de tous les travaux, à la suite de toutes les découvertes ; 
qu’ils déflorent ou qu’ils avilissent toute chose, et que nous devons peser 
nos paroles, retenir nos pensées en leur présence. Mais, entre nous, 
reconnaissons cette vérité : Le monde, qui était aulrefois livré à nos dis¬ 
putes, disputationibus eorum (1), est aujourd’hui en proie à nos dé¬ 
couvertes ; on peut donner un sens sérieux à cette exclamation, qui n’avait 
exprimé, jusqu’à présent, que la plaisante frayeur des rétrogrades : Où 
allons-nous? 

A cette succession rapide et comme non interrompue de découvertes, 
on peut craindre seulement que le public ne se blase et ne devienne froid. 
Si j’en crois le fils de notre percepteur, qui était alors en sollicitation à 
Paris, la nouvelle planète y a été mieux accueillie que l’éther. Les personnes 
les plus indifférentes aux choses du firmament s’abordaient, nous racon¬ 
tait-il, avec un air de satisfaction. Les hommes se saluaient en se félici¬ 
tant tes uns les autres ; beaucoup confondaient peut-être planète et co¬ 
mète, et auguraient bien de la récolte future ; enfin, le monde était en 
émoi. Les rois, tes princes et le grand monde ont voulu voir de près et à 
l’œil nu le grand astronome. On a vendu son portrait jusque dans nos 
campagnes, où le chloroforme est encore aujourd’hui considéré comme 
un maléfice. 

Je fais une réflexion. Les publicistes, les moralistes, les socialistes se 
plaignent à grand bruit, et avec raison, de l’absence d’idées communes, 
de sentimens généraux parmi les hommes. Bientôt, s’écrient-ils après 


(1) Pardonnez ces réminiscences assez fréquentes à un ex-lauréat. Nous aimions le 
latin autrefois, et parler cette langue morte me rajeunit. Soyez indulgent, vous vieil¬ 
lirez. 


madame de Staël, tes réunions d’hommes ne seront plus que des asso¬ 
ciations de commerce et d’agriculture. Et pendant qu’ils font imprimer 
tout cela, ils laissent échapper l’occasion la plus magnifique de convier 
tous tes hommes à une fête de l’humanité. Certes, je ne songé guère à 
faire de l’humanité un pendant à là déessë Raison, et je ne demande pas 
que l’on institué un culte et des cérémonies exprès pour elle ; mais il me 
semble qu’il eût été facile de réunir 1e sentiment de tous les peuples dans 
une même expression de joie et de reconnaissance, qui serait montée vers 
le Créateur 1e même jour, à la même heure, par toute la terre. On célèbre 
bien des anniversaires de bataille, de victoire. La victoire que la science 
vient de remporter n’est pas tant douteuse que l’issue véritable de cer¬ 
taines journées historiques. 

Ah ! si l’on nous prenait au mot lorsque nous désirons quelque chose, 
quels engagemens nous aurions à remplir. Il n’y a pas bien longtemps 
encore, un docteur en médecine de l’Université de Montpellier, profes¬ 
seur d’opérations et de chirurgie clinique, correspondant de l’Institut, etc., 
écrivait : 

« Nous n’abandonnerons point cependant à la marche lente du temps 
» 1e soin de lui donner des bornes, et nous oserons lui chercher un re- 
» mède. Un remède à la douleur ! Oh ! qu’il serait grand et sublime, qu’il 
» serait digne d’admiration et de respect l’homme qui la maîtriserait 
» toujours ! qu’avec plaisir je voterais pour son autel ! Sans doute, il eut 
» cet empire sur elle, cet Esculape dont la reconnaissance fit un dieu ! » 

L’auteur de ces paroles était homme à remplir sa promesse. 

Il vous paraîtra peut-être que je hasarde bien des idées pour un doc¬ 
teur qui vit presque seul, loin du monde de l’initiative, et du travail des 
idées. En y réfléchissant, vons reconnaîtrez que mon apparente audace 
consiste tout simplement à prendre au sérieux la pensée des autres, et à 
dire : appliquons-la. Tout le monde répète : Il faut s’unir ! Je réponds : 
Unissons-nous ! Un fait immense se produit, j’ajoute : Rallions-nous à ce 
fait, qui peut exciter le même sentiment dans tous les cœurs, éveiller les 
mêmes espérances dans tous les esprits, obtenir une consécration dans 
tous les cultes. Voltaire assure que plus un peuple est libre et moins il a 
de cérémonies. Mais Voltaire, en écrivant cela, n’avait en vue que la ser¬ 
vitude produite par la superstition. Or, il ne s’agit que de l’humanité en 
ce moment. 

Oui, si j’étais jeune je prendais à cœur la réalisation de cette pènsée qui 
n’appartient particulièrement à personne, et que ma pauvre paysanne in¬ 


diquait avec l’instinct parfois si sûr et si touchant du malheureux ; de cette 
pensée disai-je, qu’il faut fonder üne grande commémoration annuelle de 
l’abolition de la douteur. 

Je ne reculerais ni devant les rebuts, ni devant les sarcasmes, ni devant 
tes attaques par lesquelles 1e monde commence par se venger de quiconque 
le dérange même pour son bien, dansson apathie affairée, dans sa routine 
turbulente, pour lui offrir autre chose qu’un intérêt immédiat, ou bien 
un plaisir. 

Je né me défendrais pas de travailler à agrandir un peu l’idée que les 
hommes attachent aux découvertes de nos sciences et au caractère émi¬ 
nemment humanitaire de notre profession. Assez de disputes, assez de 
scandales, assez d’abus ont montré qu’il se créait parfois, dans notre art, 
des intérêts d’état, de clientèle, de débit même. Montrons-Ie enfin pla¬ 
nant sur le monde et digne de la reconnaissance du genre humain. 

Assez longtemps nous avons fait preuve d’humilité et de désintéresse¬ 
ment personnels; plaçons désormais plus haut nos services, parce qu’ils 
n’ont toute leur valeur, toute leur portée que de haut ; assez longtemps 
on nous a tenu à la suite des épidémies, des fléaux, on ne nous a fait 
intervenir que pour constater la mort, les procédés de la mort, tes ravages 
de la mort, et léguer ainsi à la postérité érudite l’historique d’uùe mor¬ 
talité qui ne sévira jamais plus dans des conditions identiques. 

Depuis trop longtemps nous sommes tes savans de la maladie ; soyons 
les docteurs de la santé. Le magistrat aime mieux prévenir que réprimer : 
les honnêtes gens en font un devoir aux hommes chargés de veiller à la 
sécurité publique. Le médecin a le même office ; il doit prévenir plutôt que 
guérir. Il faut désormais qu’il préside à l’hygiène générale ; c’est un noble 
ministère à conquérir. Mais pour cela encore üne fois élevons-nous, non 
pas dans un intérêt d’orgueil privé ou d’intérêt de corporation ; élevons- 
nous afin d’être aperçus du plus grand nombre, jugés plus complètement 
par l’opihion, et afin que la crainte de ne pas mériter assez l’estime 
publique, nous serve à tous de perpétuel frein et stimulant, Alors (sans 
devenir une chose sacrée comme autrefois, l’exercice de la méde’cine 
remplira sa véritable mission, et l’art de gouverner les hommes relèvera 
justement, et par plus d’un côté, de la science de l’homme. 

Je me laisse entraîner, pardonnez à l’émotion où ma jeté le miracle 
que j’ai produit moi-même auprès de cette pauvre femme, qui souffrait j, 
tant et que voilà guérie pendant son sommeil. Le voilà donc accompli ce 














à combattre la tendance à la rotation en dehors : de plus deux alèzes dis¬ 
posées en travers assurent son immobilité. Cataplasmes arrosés d’eau 
blanche sur la cuisse. 

Le 13 janvier, le gonflement a disparu presque complètement, aucune 
complication ne s’est présentée, et tout nous fait espérer que le malade ne 
se ressentira pas de son accident. 

Réflexions.— Cette observation, qui a fait l’objet d’une leçon 
fort intéressante de M. Gosselin, suggérait de nombreuses ré- 
fléxioïïs, non seulement à cause de sa rareté, mais encore à 
cause des particularités qu’elle nous a présentées et qui la 
mettent en désaccord avec les descriptions données par les au¬ 
teurs. C’est pour éclaircir certains points douteux par l’exaiUen 
dé 'ce malade que je me propose de faire des recherches spé¬ 
ciales de concert avec mon collègue M. Bérardet sous la direc¬ 
tion de M. Gosselin, recherches qui, nous l’expérons, pour¬ 
ront faire par la suite le sujet d’un mémoire particulier. 

PHARMACIE, MATIÈRE MÉDICALE ET REVEE 
THÉRAPEETIQÜE. 

REVUE PHARMACEUTIQUE DE JANVIER 1848. 

(Première partie.) 

•Tournai de Pharmacie et de Chimie. 

O. Henry. — Observation sur la composition chimique de plusieurs 
sources de Vichy (Allier) et. quelques réflexions sur la manière d’éhvi- 
sager la composition des eaux minérales. — Dans ce travail, M. O. 
Henry, le chimiste le plus versé, sans contredit, dans la science hydrolo¬ 
gique, à l’intérêt qui peut s’y attacher comme analysé d’une ‘eau minérale 
aussi importante que l’est celle de Vichy, en a joint un autre très grand 
par ses réflexions sur la manière d’envisager la composition des eaux na¬ 
turelles en général. 

Les eaux de Vichy et de ses environs ( Cusset, Hauterive ) ont été 
analysées maintes fois et par maints chimistes. Eh bien ! il résulte de la 
dernière analyse de M; O. Henry qu’on n’en connaissait qu’une partie de 
la composition ; car ce chimiste vient d’y découvrir des principes minéra- 
lisateurs importans qu’on n’y avait point encore signalés. Ces nouveaux 
principes sont : l 'iode, la lithine, la strontiane, la silice. 

D’après cette analyse, l’eau de Vichy de la Source de la grande grille 
que nous présenterons seulement pour exemple, les autres sources ne 
présentant que des différences minimes de quantités, contiendrait sur 1000 
grammes, les principes minêralisateurs suivans : 


Acide carbonique libre. . . 

! 

’ Soude. 

i Potasse. 

Bi-carbonates anhydres de < 

1 Chaux. 

j Magnésie .... 

Strontiane. ". . . 

^ Lithine. 

Sulfates anhydres de.. . . • 

( Soude. 

| Potasse . 

Chlorurés de . j 

[ Sodium. 

[ Potassium. . . . 

lodure. . ........ j 

Bromure . ( 

Alcalins . 

Phosphate . 

Azotate . 


Silicate de . j 

[ Soude .. 

1 Alumine . 


Fer et manganèse. 0,001 — 

Matière organique azotée (avec conferves ). . . indices. 

6,734 grammes. 

Pour doser les bi-carbonates,M. O. Henry a ajouté à l’eau un léger ex¬ 
cès d’acide acétique, acide qui ne peut porter son action que sur les bi-car- 
bonatesetles silicates. La silice séparée, il a évaporé à siccité et repris le 
résidu par l’alcool à chaud; il a évaporé le soluté alcoolique et calciné le 
résidu. Ce produit traité par l’eau distillée a cédé les carbonates de soude 
et de potasse : ce que l’eau avait laissé donna par l’acide chlorhydrique 
évaporation et calcination du chlorure calcique, représentant le carbo¬ 
nate de chaux, et de la magnésie, représentant le carbonate de celte base. 
Il n’y avait plus que les calculs à faire. 

Nous ferons ici une observation : la calcination du chlorure double ob¬ 
tenu, opère-t-elle d’une manière satisfaisante pour l’analyse qnantitative, le 
départ entre la chaux et la magnésie ? Nous ne le croyons pas. 

La constatation de la présence de l'iode a présenté cela de particulier, 


qu’il a fallu pour l’obtenir l’intervention de 1’ 
à l’évaporation de l’eau minérale. C’est ce 
présent, on n’y avait pas trouvé ce corps. 

Pour le. lithine * après avoir ajouté dans l’eau un excès de soude à l’al¬ 
cool, il a fait concentrer un peu, filtré, puis évaporé au 7/8 ; il y a mêlé 
du phosphate de soude, et la lithine s’est présentée en flocons, 

La dëférMïnation dès autres principes minêralisateurs n’offrë rien de 




Nous ferons c'onnaître maintenant les réflexions qui terrùîheflt té travail 
de M. O. Henry. Et d’abord l’hypothèse qu’il émet relativement à la forma¬ 
tion des eaux de Vichy,, , 

Ne trouvant pas, dit-il, dans la composition des rpches d’où sourdent 
lés eaux là présence de foyers carbonate et de bi-carbonate de soude, ne 
peüt-on pas en chercher l’origine dans cès masses de silicate à base de 
soude et de potasse, qui se changeraient en carbonates ’so’ùs l’i’nflüéhce 
de l’eau et de l’acide carbonique, dont il existe tant de foyers souterrains ? 

Ôn sait que des chimistes n’admettent pas que l’analyse chimique puisse 
faire connaître la composition primitive, normale, d’une eau minérale, et 
que, partant de cette idée, ils se bornent à déterminer la nature des acides 
èt des basés qui se trouvent dàfls ùne eau minérale, et que chacun peut 
gYôtipér d’après lés considérations théoriqties qu’il droit les plus aptes à 
rendre compte des faits. M. Henry rejette cette manière dé Voir, bu du 
moins en tant qu’absolue, car il admet que dans quelques cas certains 
principes réagissent, se modifient par le fait même de l’analyse. Pour 
M. Henry, par des moyens analytiques bien entendus, on peut arrivera 
reconnaître l’état chimique, la nature primitivè d’un principe minéra- 
lisateur, important surtout, et que C’est là même chose facile dans 
la majorité des cas* (Suivent des exemples que nous ne pouvons reproduire 
ici attendu leur longueur.) Ce point de l’hydrologie est d’un haut inté¬ 
rêt pour la thérapeutique. En effet, s’il en était ainsi que le veulent lès 
chimistes dont nous avons parlé, l’analyse chimique des eaux minérales 
n’aurait pas l’importance qu’elle a sous ce point de vue ; car, pour le mé¬ 
decin, il n’est pas indifférent de savoir que telle ou telle eau contient de 
la chaux, du fer, de la soude, de la magnésie, de l’acide sulfurique, phos- 
phoriquë, etc., ou de savoir que ces acides et ces bases existent dans telle 
ou telle eau combinés de télle manière : le carbonate de soude n’agit pas 
de la ihême manière que le sulfate. 

IFilhol. —y Analyse des dépôts de plusieurs sources ferrugineuses. 
— Depuis que des moyens plus sensibles ou mieux entendus ont été em¬ 
ployés pour la recherche de l’iode, on trouve ce principe minéralisateur 
dans une infinité d’eaux minérales dans lesquelles, bien que l’analyse en 
fût faite, ou ne l’y avait pas découvert, témoins celles de Vichy, dont nous 
venons de parler. M. Tripier a, nous croyons, le premier, signalé il y a 
six ou sept ans la présence de l’arsenic dans une eau minérale, celle des 
Bains-Maudits, en Algérie. Depuis, Valchner, en analysant des eaux ferru¬ 
gineuses des bords du Rhin, y a constaté la présence de ce corps, et voilà 
qu’on le trouve aujourd’hui dans preque toutes les sources ferrugineuses. 
De ces faits, on peut, ce nous semble, tirer les conclusions suivantes : 
1° qu’en chimie, comme en bien d’autres choses, il suffit d’acquérir un 
fait pour que bientôt une foule d’autres viennent l’appuyer; 2° que l’ana¬ 
lyse deh eaux minérales, jusqu’à présent, était loin d’être parfaite, et qu’on 
peut supposer qu’elle est encore loin de l’être ; 3° que les principes miné- 
ralisateurs nouvellement trouvés dans telle ou telle eau rendent compte 
des propriétés thérapeutiques inexpliquées qu’on leur connaissait; 4° que 
c’est avec raison que des médecins se refusaient à voir dans les eaux 
factices des imitations complètes, des représentans fidèles des eaux na- 
turelles. 

Le travail de M. Filhol, que nous aborderons après cette digression, 
démontre que les eaux ferrugineuses des Pyrénées (Arriége), et deux 
sources de même nature des environs de Toulouse, contiennent de l’ar¬ 
senic, èt que quelques-unes, en outre, contiennent du cuivre. Mais la pro¬ 
portion d’arsenic qui reste dans ces eaux après qu’elles ont déposé est si 
minime, puisqu’elle s’élève à peine à un vingtième de milligramme, que, 
dit le professeur de chimie de Toulouse, on ne saurait attribuer à ce 
corps une action thérapeutique, et que, dans une question chimico-légale, 
les experts n’auraient guère à se préoccuper de l’usage qui aurait été 
fait de ces eaux par un individu qui aurait succombé en présentant les 
symptômes de l’empoisonnement arsénical. 

Tel n’est pas tout à fait notre avis. Que dans un cas chimico-légal on ne 
se préoccupe pas de l’usage de pareilles eaux, soit, et encore jusqu’à un 
certain point, car il ne faut pas se dissimuler la perturbation que peut ap¬ 
porter dans la toxicologie de l’arsenic la découverte de ce corps dans 
les eaux minérales ; mais, au point de vue thérapeutique, cette proportion 
d’arsenic, quoique infinitésimale, n’est point indifférente. On ne saurait 
comparer l’activité de nos solutés artificiels avec ceux de la nature. Il faut 
30 grammes d’un sel magnésien dissous artificiellement pour obtenir une 
action purgative ; 5 grammes de ce même sel dans une eau naturelle suf¬ 
fisent pour produire celte action. C’est que, dans cette dernière, les corps 
existent dans un état de division et d’association que nous ne pouvons 
reproduire, et dont on doit tenir compte. 


Reinsch. — Présence de la mannite dans la racine de meum, etc; 
— En traitant la racine de meum par l’alcool, faisant évaporer, séparant 
la résine, reprenant le résidu par l’alcool à 78 c., M. Reinsch a obtenu 


uhe grande quantité d’aiguilles cristallines, qui n’étaient autre chose que 
dés cristaux de mannite. La résine lui a semblé d’unè nature parti¬ 
culière. 

Reich. — Emploidè la voie chimique pour déceler la falsification 
du sucre de canne ou de son sirop par le sucre ou le sirop de fécule. 
— Le sucre ou le sirop de fécule sont assez souvent employés à falsifier le 
sucre de canne ou son sirop. 

Le sirop de fécule se prépare en faisant réagir sur la fécule délayée dans 
l’eau, soit l’acide sulfurique que l’on sature ensuite par la chaux, soit la 
diastase. Le sirop de fécule, obtenu par le premier procédé, peut conte¬ 
nir delà dextrine et du sulfate de chaux. Un sirop de cette nature peut 
être reconnu dans le sirop de sucre de canne par l’alcool absolu ou à 80°, 
qui précipite le sulfate de chaux et la dextrine. Le sirop en essai doit 
être étendu de deux parties d’eau distillée. On sépare les deux produits par 
l’eau alcoolisée, qui s’empare de la dextrine et laisse le sulfate calcaire. 
La dextrine, traitée par l’acide azotique à chaud, donnera de l’acide oxa¬ 
lique. Quant au sulfate de chaud, on le reconnaît par les moyens ordi¬ 
naires. Si le sirop de fécule a été obtenu par la diastase, tl ne peut con¬ 
tenir que de la dextrine, et alors on voit par ce qui précède ce qu’on a à 
faire. 

Si le sirop de fécule ne contient ni sulfate de chaux, ni dextrine, la 
fraude devient plus difficile à déceler. On a bien proposé l’épreuve par le 
Cuivre et la potasse, la polarisation, etc., mais ces moyens n’offrent pas 
assez de certitude pour M. Reich, Pour ce chimiste, l’acide sulfurique qui 
forme avec le sirop de fécule l’acide sulfo-saccharique, est plus certain. Il 
entre donc dans des détails sur la manière d’opérer, mais reconnaissant 
à ce procédé des difficultés, il le fait suivre d’un autre qui est d’une exécu¬ 
tion facile. Si à une dissolution concentrée de sucre de canne pur on 
ajoute une petite quantité de potasse caustique fondue, qu’on chauffe jus¬ 
qu’à l’ébullition, et qu’on verse par gouttes dans une dissolution aqueuse 
de cette combinaison une dissolution d’azotate de cobalt, il se forme un 
précipité d’oxyde de cobalt d’un beau bleu-violet. Si l’on traite delà même 
manière du sirop de fécule, le précipité cobaltique né se formera pas, et 
il ne se formera pas non plus avec du sucre de canne contenant une petite 
quantité de sucre de fécule. 

Reich. — Action dè la potasse sur le succin. — Si l’on Chauffe jus¬ 
qu’à l’ébullition dans une cornue, de la poudre de succin avec un soluté 
concentré de potasse caustique, et qu’on distille à siccité, il se rassemble 
dans le récipient un liquide aqueux avec une substance blanche qui a 
toutes les propriétés du camphre, et qui diffère du camphre succinique 
de Vogel. 

Thélu. — Modifications au mode de préparation de l'onguent po- 
puléum. — Cette modification consiste à extraire le suc des plantes, à 
l’ajouter à l’axonge, à faire évaporer jusqu’à consomption de l’humidité 
et à ajouter alors les bourgeons de peupliers qu’on laisse en digestion 
vingt-quatre heures. Le reste S. A. 

Ce procédé est vicieux en ce que les sucs des plantes ne contiennent 
pas la totalité des principes actifs. Si Ton veut éviter la perte d’une partie 
du produit qu’occasionne le procédé du Codex, il est bien mieux après 
avoir exprimé la masse graisseuse chaude, de remettre les plantes à bouil¬ 
lir avec de l’eau et d’exprimer de nouveau. Par cette seconde expression, 
on retire le produit gras engagé dans le tissu des plantes. 

Guibourt. — Description de l’arbre qui produit le gutta-percha.— 
Les premiers nous avons fait connaître, d’après un journal anglais, sous 
les noms de gutta-percha et de gutta-tuban, un suc concret, élastique, très 
analogue au caoutchouc. Quelque temps après M. Soubeiran publia un 
travail plus complet sur cette substance qui déjà, aujourd’hui, a pris place 
dans l’industrie française. Mais l’origine botanique était restée obscure. 
C’est ce point que M. Guibourt vient élucider. 

L’arbre qui produit le gutta-percha appartient à la famille des sapotèes 
et au nouveau genre isonandra. M. Hooker propose de l’appeler iso- 
nandra gutta. Il habite les montagnes de Singapour ; il paraît se trouver 
aussi à Bornéo et dans les autres îles de la Malaisie. 

Joui-nal de Chimie medicale. 

Chevallier et Schaeufèle. — Existence d’un produit arsénical 
dans les eaux de Bussang et dans les dépôts de ces eaux.— Les prin¬ 
cipales conclusions de ce travail sont :l°que les eaux de Bussang contien¬ 
nent un sel arsénical; 2° que ce sel soluble au moment du puisement, de¬ 
vient en partie insoluble au bout d’un certain laps de temps ; 3° que les 
dépôts contiennent une quantité notable d’arsenic et une minime quantité 
de cuivre ; 4° que l’on peut considérer ces principes comme cause par¬ 
tielle des effets salutaires des eaux, biais qu’ils ne peuvent donner le moin¬ 
dre sujet de crainte. 

Nous nous contenterons de renvoyer à nos remarques sur le travail de 
M. Filhol. 

Warmé. — Moyen de reconnaître le lavage des papiers timbrés .— 
Le moyen que nous avons donné sur cet objet dans Tune de nos revues 
sous les noms de MM. Lassaigne et Chevallier, était la supposition de ce¬ 
lui de M. Warmé, adopté par l’administration. Ce dernier consiste à hu¬ 
mecter d’alcool la feuille de papier timbré, à la placer au milieu d’une 
feuille de papier libre, également mouillée d’alcool, et à faire mouvoir 


précepte jusque-là dérisoire des auteurs classiques : TUtô, cito et jti- 
cundè. 

Nous n’en sommes plus réduits à penser : qu’après tout la douleur est 
un contre-stimulant. 

A répéter comme consolation ; 

« Une vive douleur ne dure pas longtemps, elle met bientôt fin à 
toi ou à soi. » 

« Si tu ne la portes, elle t’emportera. » 

Il dépènd de flous de produire l 4 indolence... Cette expression n’est pas 
de moi : vous qui avez tant vu, ne reconnaissez-vous pas qu’elle convient, 
par Sa douceur et sdh étymologie, à définir l’état le plus général où nous 
plongent l’éther et le chloroforme ? 

Mais encore une fois, je me laisse entraîner. 

J’ai trop oublié, pendant tout lé cours de cette lettre, que nous vivons 
à uhe époque peu susceptible d’enthousiasme ; où le calcul a remplacé le 
sentiment, où le bruit supplée à la gloire, la vogue à la réputation, l’agi¬ 
tation aU mouvement; il faut donc prudemment battre en retraite, et reti¬ 
rer sans mauvaise humeur mes propositions précédentes. Je me bornerai 
à soumettre une résolution à votre sagesse pour finir au moins par quel¬ 
que chose. 

Laissons les heureux tranquilles, et ne leur parlons pas de cé qui ne les 
intéresse pas immédiatement aujourd’hui. Mais il y a des malheureux, il 
y a des hôpitaux ; c’est à ceux-là, c’est dans ces asiles qu’il faut éternelle¬ 
ment rappeler qu’un jour, après bien des siècles de tentatives incomplètes 
et de résignations plus incomplètes encore, la douleur a été définitivement 
abolie. Ne serait-il pas juste, utile et salutaire d’inscrire, dans chaque am¬ 
phithéâtre, ou sur le seuil même de la porte de l’hôpital, la date de ce 
jour ? Oui , inscrivez-là pour qu’elle frappe les yeux du blessé ; pour qu’elle 
console l’âme du malade ; ne vous servez pas de lettres noires, car il s’agit 
d un jour heureux ! Renoncez à la couleur rouge, puisque vous célébrez 
l’abolition de la torture et du martyre. Écrivez cette date à jariiais mé¬ 
morable en lettres d’or sur un morceaü de marbré blanc, afin que les let¬ 
tres arrivent aux yeux et à l’âme comme des rayons de soleil. 

Et que toutes les personnes pieuses, tendres, hnmaines, soient averties 
du moment où s’accomplira cet acte si simple. Il y aura peut-être un beau 
moment sur la terre. 

En attendant, comme je suis l’homme de ma parole, le praticien de ' 


mes théories; comme j’ai pris ausérieux cette ancienne devise : aide-toi, 
le ciel t’aidera, je vais avoir une petite célébration dans mon village. 
J’ai prié le maire, le curé, le percepteur, le maître d’école, le notaire à dî¬ 
ner. La femme de mon paysan assistera au banquet. Après le repas, il y 
aura quête au profit des pauvres. Je distribuerai ensuite quelques bons de 
pain et de viande qu’un riche habitant du pays m’a donnés. — Vous le 
voyez, Monsieur, je suis de bonne foi, je fais ce que je peux; et, sans me 
proposer pour exemple, je souhaite que chacun en fasse autant de son 
côté. — A l’œuvre, mes confrères, il est temps d’agir. 

Mais il faut que je veille à mon dîner. Adieu. 

P. Bernard. 


NOUVELLES. — FAITS DIVERS. 


BUQGET DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE. 


Traitement d’un secrétaire perpétuel.q,000 fr. 

Id. d’ün secrétaire du tonseil.2,400 

Id. de trois cominis de 600 à 1,500 fr. . . . 3,300 

Id. d’un bibliothécaire.1,500 

Jetons de présence..18^500 

Gens de service. ..’sqo 

Loyer dé l’hôtei occupé par l’Académie.10,000 

Prix à décerner..^ooo 

Recherches et expériences sür des qùéstions qui intéres¬ 
sent la science rtîédlcàlè..6,000 

Impfessioris, chaiiffage, éclairage et frais divers. . . . û’üOO 


Total. 51,500 fr. 

Extrait du projet de loi pour la fixation des recettes èt dépenses de 
l’exercice de 1849. 

La somme allouée à l’Académie pour 1848 estsemblableà celle deman¬ 
dée pour 1849. 

Di'iiartemens. 

les wagons découverts. — La compagnie du chèmifl dë fér d’Or¬ 
léans vient de rétablir les wagons découverts pour les cohvèlis dë huit. 

Le cahier des charges autorise la compagnie à en agir ainsi ; mais, dit 
le Journal du Loiret, il y a quelque chose que nous mettons au-dessus du 


cahier des charges d’une compagnie, c’est la loi de l’humanité, c’est ce 
sentiment de commisération qui ne veut pas que des hommes soient expo¬ 
sés la nuit, en plein hiver, au vent, à la pluie, à la neige, au verglas, à la 
gelée, à toutes les intempéries des plus mauvais temps. 

Ce n’est pas seulement le choc des locomotives qui peut tuer les voya¬ 
geurs en chemin de fer ; les rhumes, les fluxions de poitrine, toutes ces 
maladies dont on contracte le germe dans ces affreux wagons, ne sont pas 
moins terribles que certains accidens. 

Voici un nouveau fait qui montre combien il est cruel de laisser ainsi 
des créatures humaines en butte aux rigueurs d’une nuit d’hiver. 

Lundi dernier, quelques voyageurs, allant d’Orléans à Paris par le 
convoi de nuit, avaient pris les places de troisième, c’est-à-dire les wagons 
découverts. Là se trouvait un pauvre homme, un ouvrier, avec son enfant 
âgé d’environ huit ans. Le froid était intense, il gelait à plus de 6 degrés. 
Quand on arriva à Etampes, il fallut descendre ces deux malheureux, le 
père et l’enfant, qui étaient raides et comme inanimés. Le froid les avait 
littéralement engourdis, et Ton eut toutes les peines du monde à les ré¬ 
chauffer. 

Chaque jour de pareils accidens se reproduisent. Et qui sait tous les 
maux qui peuvent en advenir ! 

Eh bien ! nous le disons hautement, la spéculation des wagons décou¬ 
verts, cette spéculation basée sur la misère du pauvre, sur la souffrance 
physique du voyageur, est une atteinte sinon à la loi, du moins à l’huma¬ 
nité. Il y a là homicide par imprudence, homicide par cupidité. 

Etranger. 

— On lit dans un journal anglais l’article suivant, qui donné une étrange 
idée des habitudes d’hygiène et de propreté de nos voisins : 

avantage dé se laver les mains. — Les ouvriers de la fabrique de 
MM. Mordan et C e (de City-Road), où Ton fabrique un grand nombre 
d’objets d’or et d’argent, n’avaient pas l’habitude de se laver les mains, à 
ce qu’il paraît ; mais dans ces derniers temps, ils se sont accoutumés à se 
laver avec soin après les travaux, et ils n’ont pas eu trop à s’en plaindre ; 
car depuis cette époque ils recueillent annuellement 400 livrés (10,000 fr.) 
de la vente des molécules d’or et d’argent qui restent dans les vases qui 
servent aux ablutions. 


erratum. — A l’article clinique dé la ville du dernier numéro, 
lisez : M. le docteur Roger (de Choisy-le-Roy) au lieu de Boyer; maladie 
intercurrente au lieu d’intéressante ; masquait le bord du maxillaire au 
lieu de le marquer. 







































ensuite sur cette dernière feuille, dans tous les sens et avec rapidité, un 
fer à repasser chauffé convenablement ; s’il a existé une ancienne écriture, 
ce procédé la fera reparaître en teinte jaune. 

Caventou. — Nouvelle note sur la valeur relative de l'hydrate de 
sesquioxyde de fer et de la magnésie comme contre-poison de l’acide 
arsénieux. — Cette nouvelle note a été provoquée par des objections 
faites par M. Bussy sur la première note de M. Caventou. 

M. Caventou, tout en reconnaissant l'efficacité de la magnésie comme 
antidote de l’arsenic, lui préfère l’hydrate ferrique, parce que l’arsenite 
de fer, ;qui prend naissance, est moins soluble dans le chlorure ammoni- 
que contenu dans l’économie que l’arsenite de magnésie. M. Bussy re¬ 
connaît ce fait ; mais, dit-il, il ne s’agit plus de l’arsenite de magnésie 
préparé dans des proportions définies, mais de la combinaison de l’acide 
arsénieux avec un grand excès de magnésie. Dans ce cas, le chlorure am- 
monique, loin de dissoudre l’arsenite de magnésie, est lui-même décom¬ 
posé en partie par l’excès de magnésie. 

Telle est la position de la question, que l’expérience toxicologique nous 
paraît maintenant seule propre à résoudre. 

Caventou. —Présence de l’arsenic dans quelques eaux naturelles. 

— Le travail de M. Caventou est, comme l’indique son titre, un travail 
d’ensemble sur les eaux minérales arsénifères, qui, comme on le voit, 
sont à l’ordre du jour. Nous pourrions le résumer ainsi : le classement 
de l’arsenic au rang des principes minéralisateurs des eaux minérales est 
désormais acquis à la science hydrologique. Mais nous devons donner 
quelques détails de plus sur cet intéressant mémoire. 

A part l’eau minérale crayeuse des Bains-Maudits, en Algérie, dans 
laquelle M. Tripier a trouvé l’arsenic, ce métal n’a encore été trouvé, 
soit qu’on ne l’ait pas cherché encore partout, soit que les recherches 
aient été infructueuses, que dans les eaux ferrugineuses, et seulement en¬ 
core dans celles de ces eaux où le fer se trouve à l’état de carbonate fer¬ 
reux dissous dans l’acide carbonique. 

Dès que ces eaux sourdent de la terre, toute compression cessant, une 
partie du gaz carbonique s’échappe, le carbonate s’oxygénise en partie et 
se sépare sous forme de dépôt ochracé. C’est dans ce dépôt que l’on a 
trouvé d’abord l’arsenic qui y a été entraîné dans la réaction chimique par 
suite de laquelle ce corps n’existe plus qu’en proportion infinitésimale 
dans l’eau. 

A quel état chimique se trouve l’arsenic dans les eaux minérales? Est-ce 
à l’état d’arsenite de chaux, d’arsenite de fer ou d’arsenile double de fer 
et de chaux ? M. Caventou n’a pas élucidé complètement la question ; 
mais, considérant que l’eau minérale des Bains-Maudits est crayeuse, 
qu’elle contient l’arsenic à l’état d’arsenite de chaux, et que toutes les 
eaux minérales ferrugineuses dans lesquelles l’arsenic a été trouvé con¬ 
tiennent du carbonate calcaire, il paraît pencher pour l’arsenite de 
chaux. 

Pour arriver à cette constatation, M. Caventou a voulu s’assurer si des 
eaux riches en carbonate calcaire, cellesd’Arcueil, par exemple, et le car¬ 
bonate de chaux lui-même, la craie de Meudon en particulier, ne seraient 
pas quelquefois arsenifères, il a reconnu, sans toutefois vouloir l’affirmer, 
la présence de l’arsenic dans ces produits naturels. Si ces résultats se 
confirment, nul doute que cela ne remette en jeu l’arsenic normal, voire 
même le fauteuil du président de la Cour d’assises ; en un mot, on pour¬ 
rait se demander où l’on ne trouverait pas d’arsenic ? 

Jourdan. — Mélange frigorifique. — Aux mélanges frigorifiques con¬ 
nus, on devra désormais, selon notre confrère de Sainte-Marie-du-Mont, 
ajouter le suivant ; 

Acide chlorhydrique du commerce. 1 partie. 

Sulfate de zinc réduit en poudre fine. 1 » 

Ce mélange produit un froid assez intense pour, qu’un thermomètre 
marquant +10° au moment de l’immersion, se soit abaissé à — 7‘. 

tournai de vharmacologic ( 2 me partie du journal des Connaissances 
MÉDICALES PRATIQUES). 

Vée. — Observations à l’occasion de la Note de M. Heinrich Rose. 

— Dans un de ses derniers numéros, le Journal de pharmacologie a 
publié un article fort intéressant d’un célèbre pharmacien et chimiste al¬ 
lemand, M. H. Rose, sur l’état de la pharmacie en Angleterre. Ce sont 
certains passages erronés de cet article que M. Vée, avec cette justesse de 
tact et ce talent littéraire qui lui sont habituels dans cet ordre de ques¬ 
tions, entreprend de relever. 

« Résultat bizarre, dit M. Vée, de l’imperfection de toute institution hu¬ 
maine ; quelle triste impression peut nous rester après avoir lu le mémoire 
deM. Rose? La pharmacie anglaise jouit d’une liberté absolue, et elle ré¬ 
clame à grands cris des entraves, tandis que l’Allemagne, qui possède la 
limitation, semble en regretter les effets, et que la France, avec son sys¬ 
tème mixte, est, à n’en pas douter, dans une position plus déplorable 
encore. » 

On est étonné de voir M. Rose dire : « Il n’y a aucun doute que c’est à 
ces privilèges (la limitation) que les gouvernemens allemands accordent 
aux pharmaciens, qu’il faut attribuer ce haut degré d’instruction scienti¬ 
fique par lequel ils sont supérieurs à leurs confrères de France et d’An¬ 
gleterre, où ces derniers ont continuellement à lutter contre la concur¬ 
rence ; » on est étonné, disons-nous, de le voir conclure contre la limi¬ 
tation. 

« Quel est donc, reprend M. Vée, le principal argument contre le principe 
de limitation, tel qu’il existe en Allemagne? C’est que le privilège dont 
elles sont l’objet donnant aux officines une valeur assurée, a donné lieu 
à des spéculations qui en ont élevé démesurément le prix, et de telle sorte 
que les acquéreurs succombant sous le poids de l’intérêt des capitaux dé¬ 
boursés ou des engagemens pris, ne conservent plus la liberté d’esprit 
nécessaire pour se livrer convenablement aux travaux scientifiques de 
leur profession, liberté que la limitation avait cependant pour but de leur 
procurer. Assurément cet inconvénient est réel, et nous le voyons se pro¬ 
duire en France pour toutes les professions limitées ; et c’est au fardeau 
accablant qui pèse ainsi sur le jeune notaire, qu’il faut en grande partie 
attribuer les désordres qui se sont manifestés dans cette profession. Suit-il 
cependant de ce fait qu’il faille la rendre libre, et permettre au pre¬ 
mier quidam, coiffé ou non du bonnet de licencié, de s’installer dans une 
échoppe avec une plume et de l’encre, et de s’intituler notaire? Assuré¬ 
ment on verrait ainsi beaucoup de notaires de comédie et encore plus de 
notaires de Cours d’assises. Tels sont les effets de la liberté absolue ap¬ 
pliquée à des professions qui sont de véritables fonctions publiques et non 
des industries ; si la limitation des offices ne garantit pas toujours la 
moralité des hommes, elle assure certainement l’importance des établisse- 
mens, et donne ainsi une plus large caution aux intérêts qui viennent s’y 
confier. » 

Quel serait donc le régime limitatif exempt de reproches ? M. Vée le voit 
dans la limitation proportionnelle à la population. 

Deleschamps. — De l'amande amère; son action et son emploi 
drns Chygiène de la bouche. — Le fait que signale M. Deleschamps est 
l’un de ces mille et un petits renseignemens que le médecin est dans quel¬ 
ques occasions fort heureux de pouvoir indiquer dans sa pratique. En cher¬ 
chant une substance qui pût neutraliser l’odeur désagréable que laisse 
dans la bouche la créosote par suite de son application dans la carie den¬ 
taire,il a été conduit à trouver dans l’amande amère un corps neutralisant 
les mauvaises odeurs de la bouche produites : 

1° Par l’emploi de la créosote ; 

2“ Par l’usage des substances alimentaires très odorantes ; 

3° Par l’usage du tabac, soit fumé, soit mâché ; 

U° Par la fétidité de l’haleine. 

On prend l’amande amère par fractions, on la mâche finement, et on la 
tient quelque temps dans la bouche. 

Dorvaujlt. 


CONCOURS. 


FACULTÉ BE MÉDECINE DE PARIS. 

CONCOURS POUR UNE CHAIRE DE CLINIQUE EXTERNE. 

(Deuxième épreuve.) 

En rendant compte de la seconde épreuve du concours ac¬ 
tuellement ouvert devant la Faculté de médecine, nous ferons 
remarquer que des élémens importans nous font défaut pour 
asseoir et compléter notre jugement. Cette épreuve, purement 
clinique, ne commence pas seulement à l’instant où le candidat 
monte en chaire pour faire sa leçon. Il y a un examen préala¬ 
ble du malade, un mode d’interroger ses antécédens, toute une 
méthode enfin d’exploration, qui doit être prise en sérieuse 
considération. Mais ceci se passant à huis-clos, entre le compé¬ 
titeur et les juges, force est pour nous de nous rattacher seu¬ 
lement à ce que nous voyons, et de juger le candidat sur ses 
actes publics. Or, voici les impressions que chacun d’eux a 
généralement produites. Nous les manifestons avec une entière 
sincérité; on pourra en contester la justesse, mais nous en ga¬ 
rantissons l’impartialité. 


M. Laugier. — Abcès par congestion ; — plaie de tête. 

Commencée par une bonne exposition des antécédens du malade, cette 
leçon a laissé à désirer sous le double rapport de l’anatomie pathologique 
et du traitement. Trop sûr de son diagnostic, M. Laugier n’a pas assez in¬ 
sisté sur la symptomatologie. Quand on parle à des élèves,,il convient, en 
clinique, d’analyser chaque symptôme, d’en déterminer la valeur et d’en 
bien préciser le sens ; c’est de cette analyse, en effet, que doit ressortir la 
négation ou l’affirmation motivée de tel ou tel état pathologique, plutôt 
que de tel autre. Il convenait donc de discuter ici les divers points de dé¬ 
part possibles de la maladie; le trajet suivi par le pus, la source d’où il 
provenait. Venait-il des parties molles ou des os ? L’analyse de ce liquide 
pourrait, s’il faut en croire un mémoire publié il y a quelques années, être 
invoquée avec utilité dans les cas où il y a doute à cet égard. Que penser 
de la méthode longtemps préconisée par Lisfranc pour le traitement des 
abcès par congestion ; de celle plus récemmeent recommandée par l’un 
des compétiteurs, M. Robert ? Tous ces points méritaient, suivant nous, 
d’être discutés, et personne ne l’eût fait avec plus de fruit pour l’audi¬ 
toire que M. Laugier, qui, dans cette épreuve, a montré les qualités que 
nous nous sommes déjà plu à reconnaître en lui, celles d’un praticien 
exercé. 

La seconde partie de sa leçon a porté sur une plaie de tête. Ici le candi¬ 
dat a été beaucoup trop avarededéveloppemens; saisir l’indication, la rem¬ 
plir à propos, cela peut suffire sans aucun doute pour les besoins de la pra¬ 
tique; mais l’enseignement clinique a d’autres exigences : l’instruction des 
élèves veut que toujours une discussion approfondi&précède l’action chi¬ 
rurgicale ; et à la manière un peu prématurée dont M. Laugier a terminé 
sa leçon, il semble l’avoir un peu trop oublié. 

M. Michon. — Tumeur de la région orbito-frontaledroite; — tumeur 
de la région inguinale. 

Le candidat passe en revue les principales lésions dont ces deux ré¬ 
gions peuvent devenir le siège ; il s’éclaire dans cette voie d’analyse et 
d’élimination des lumières fournies par l’étude des commémoratifs. En 
présence du diagnostic qu’il s’agit de poser, M. Michon se montre incer¬ 
tain, hésitant ; sa conviction n’est pas absolue ; toutefois, pour le premier 
malade, chez lequel la tuméfaction est survenue lentement et d’une ma¬ 
nière progressive à la suite d’un coup violent sur la tête, il admet l’exis¬ 
tence d’une nécrose des os du crâne. Il fonde surtout son diagnostic sur 
l’élément vénérien, dont on retrouve des traces chez le malade, et dont la 
manifestation aurait été déterminée par la lésion traumatique. 

Quant à la tumeur de la région inguinale, qui s’est montrée d’abord à 
l’anneau, et consécutivement à la descente tardive du testicule ; qui 
longtemps a été réductible et a été maintenue réduite au moyen d’un ban¬ 
dage, le candidat la considère comme étant de nature tuberculeuse, et 
formée par ce qu’il appelle des tubercules disséminés ; nous devons dire 
que le testicule et l’épididime du même côté sont dans un état d’intégrité 
parfaite. 

Cette dernière circonstance, signalée d’ailleurs par M. Michon lui- 
même, explique le doute qu’il est permis de concevoir sur la justesse de ce 
dernier diagnostic, qui, comme le premier, a d’ailleurs été posé avec ré¬ 
serve. 

En somme, exposé symptomatique des deux malades bien fait : clarté 
et richesse dans les détails ; hésitation et doute dans l’appréciation ; diag¬ 
nostic incertain; indications thérapeutiques, par conséquent vagues et con¬ 
fuses ytel paraît s’offrir à nous le souvenir de cette leçon. 

M. Vidal. — Coxalgie au début ; — cancer de l’œil. 

Examen des symptômes offerts par la malade; mensuration compara¬ 
tive des deux membres; conclusion : savoir, que la différence de longueur 
provient d’une lésion du squelette du bassin ; là se borne le premier 
aperçu du candidat. Il recherche ensuite le siège de cette lésion, qu’il 
place en dernière analyse dans l’articulation coxo-fémorale. 

Le traitement appelle en outre son attention ; il discute encore assez 
longuement les divers modes de terminaison de la maladie. 

L’autre malade est un enfant âgé de deux ans, il est atteint d’un cancer 
de l’œil. Quelle est la nature de ce cancer? Sans doute il s’agissait d’un 
fongus hématodes ? M. Vidal ne l’a pas dit. Il a plusieurs fois insisté sur 
l’âge de l’enfant, circonstance fâcheuse qui ne lui aurait pas permis de 
s’entourer de tous les renseignemens nécessaires pour donner à sa leçon 
tous les développemens qu’elle comportait. Nous regrettons que le can¬ 
didat se soit ainsi exagéré les difficultés de sa position ; car en l’absence 
des indications si souvent erronées que fournissent les malades, il avait, 
ce qui vaut beaucoup mieux, un fait anatomique accessible à la vue, et qui, 
conséquemment, pouvait être considéré et étudié sous tous ses aspects. 
Par suite sans doute de la préoccupation à laquelle il s’est laissé trop 
facilement entraîner, M. Vidal a laissé sa leçon incomplète. 

M. Alquié. — Tumeur hémorrhoïdale; — engorgement des épi- 
didymes. 

Le malade qui porte cette double affection en raison de ses nom¬ 
breux antécédens morbides, constitue, ainsi que le dit M. Alquié, 
toute une pathologie. La multiplicité des faits antérieurs, les diverses 
époques auxquelles ils se rattachent, les nombreux détails enfin dont 
le candidat a dû tenir compte, ont d’abord jeté quelque peu de con¬ 
fusion sur les préliminaires de sa leçon. Il y a eu des redites néces¬ 
sairement amenées par la discussion des rapports de causalité que 
l’auteur a cherché à établir entre l’affection du rectum et l’existence 
d’une ancienne lésion cérébrale, dont on retrouve la trace dans une 
contracture des muscles de la face. Mais, à part ces quelques imperfec¬ 
tions, cette leçon, brillante par la forme, a mis de nouveau en relief le 
talent oratoire de l’auteur. A-t-il, au point de vue anatomique, suffisam¬ 
ment précisé et le siège et la nature de la tumeur rectale, qu’il a dit être 
dégénérée sur un point? A-t-il assez fixé l’attention sur l’état de la mem¬ 
brane muqueuse de l’intestin, dont la procidence a été admise par quel¬ 
ques personnes ? A-t-il enfin posé une indication bien irréprochable en 
conseillant de n’enlever qu’une portion de la tumeur, et cela par crainte 
de réveiller vers l’encéphale un état pathologique qui a préexisté il y a 
une trentaine d’années ? Cette demi-opération est-elle bien rationnelle, et 
en saine pratique est-elle acceptable ? En vérité, les motifs mis en avant 
par M. Alquié ne nous ont pas semblé assez concluans pour nous faire 
partager sa conviction. 


Dans la seconde partie de sa leçon, qui portait sur un malade offrant 
une tumeur à la région cervicale, le candidat a admis l’existence d’un en¬ 
gorgement ganglionaire, et il a habilement déduit les raisons de son 
diagnostic. 

M. Boyer. — Angéioleucite de la cuisse; — ophthalmie chronique 
avec ramollissement de la cornée. 

Le candidat n’a pas assez insisté sur les diverses terminaisons de l’in¬ 
flammation, dont son premier malade est atteint. Il n’a rien dit de sa pro¬ 
pagation au tissu cellulaire placé sur le trajet des vaisseaux lymphatiques 
et des abcès circonscrits disséminés qui peuvent en être le résultat. 

Nous regrettons qu’il n’ait pas discuté les diverses méthodes de traite¬ 
ment, et notamment la méthode mercurielle dont M. Serre d’üzès dit 
avoir retiré de si grands avantages. 

Son second malade lui a fourni l’occasion de développer les idées alle¬ 
mandes en ophtbalmologie, c’est dire qu’il ne nous a épargné ni les divi¬ 
sions, ni les subdivisions. 

M. Chassaignac. — Phlegmon de l'avant-bras ; — rétraclion du 
petit doigt. 

Son premier malade portait un phlegmon diffus de l’avant-bras, déve¬ 
loppé à la suite d’une chute sur le coude, avec plaie des parties molles. 
Le candidat a successivement examiné les symptômes locaux et généraux 
offerts par le malade. Cette exposition, habilement présentée, nous a 
paru résumer tous les faits importans. Sauf quelques longueurs à propos 
du diagnostic différentiel et un peu d’indécision dans les indications thé¬ 
rapeutiques, qui n’ont pas été assez explicitement formulées, cette pre¬ 
mière partie a été convenablement traitée. 

Pour son second malade, qui portait une rétraction du petit doigt de 
la main gauche, M. Chassaignac a été plus heureux ; il a discuté avec 
talent d’appréciation l’état anatomique des tissus auquel on devait 
rapporter la lésion de la main. Il a admis une affection de l’aponévrose 
palmaire, et il a motivé son diagnostic par des considérations qu’il a déve¬ 
loppées avec succès. 

Il est fâcheux que M. Chassaignac n’ait pas réservé quelques minutes à 
l’appréciation des divers procédés opératoires, que soulevait naturelle¬ 
ment le fait ténotomique qu’il a examiné. 

Disons en terminant que ce candidat est doué d’une élocution facile, 
pure et élégante. Chez lui, l’expression, généralement heureuse, sait 
donner à la pensée une forme agréable, qui intéresse ceux qui l’é¬ 
coutent. 

M. Sanson. — Abcès du cou; — chute sur la jambe. 

Dans l’examen du premier malade, qui est atteint d’un abcès au cou, 
ce candidat fait preuve de connaissances pratiques, et la thérapeutique 
qu’il propose nous a paru sage et rationnelle. 

Le second malade, qui a fait une chute, offre un gonflement considé¬ 
rable du bas de la jambe et du pied. Y a-t-il fracture du péroné et fracture 
de la malléole interne ? Malgré certains symptômes qui tendent à le faire 
croire, comme, par exemple, la dépression sur le bord externe du péroné, 
et rélargissement du diamètre transverse de l’articulation tibio-tarsienne, 
M. Sanson déclare que, pour lui, il y a doute. Savoir s’abstenir en ma¬ 
tière de diagnostic, lorsque surtout cette abstention ne porte pas préju¬ 
dice au malade, est le fait d’un bon esprit. 

Dans cette seconde partie de sa leçon, M. Sanson a émis, sur la clinique 
en général, certaines propositions qui ne sont pas dénuées de justesse et 
d’à-propos. 

M. Malgaigne. — Tumeur du sein; — tumeur du palais. 

Par une exposition vive et saisissante le candidat initie son auditoire à tous 
les faits antérieurs qui peuvent jeter quelque jour sur l’origine et le déve¬ 
loppement de la tumeur du sein que porte sa malade, âgée de trente- 
neuf ans. Il trace ensuite les caractères de cette tumeur, et il cherche à 
faire ressortir de chacun d’eux et notamment de l’existence de dépressions 
nombreuses à sa surface et surtout de la rétraction du mamelon, la preuve 
qu’il ne s’agit pas ici d’un squirrhe, ni d’aucun de ces nombreux états 
pathologiques si mal désignés par la dénomination trop vague de cancer; 
M. Malgaigne, diagnostique une tumeur bénigne, constituée par l’atrophie 
des divers élémens anatomiques de la mamelle, à l’exception de la trame 
fibreuse qui devient plus dense, s’hypertrophie et s’indure. Deux tumeurs 
ganglionaires situées l’une sous l’aisselle, l’autre au voisinage du sein ne 
préoccupent que médiocrement M. Malgaigne qui pense que les cata¬ 
plasmes émolliens en feront prompte et bonne justice. 

La bénignité de la maladie décide M. Malgaigne à repousser toute opé¬ 
ration. 

Pour la seconde malade, le diagnostic porté par le candidat est beaucoup 
plus grave. 11 s’agirait d’une tumeur fongueuse érectile qui quoiqu’on fasse 
pourra, en raison de sa nature et de sa tendance à repulluler, exiger plus 
tard l’ablation d’une portion de la mâchoire supérieure. 

Brillante par la forme notamment dans sa première partie, cette leçon 
a de nouveau mis en lumière le rare talent d’exposition de l’auteur et la 
remarquable habileté de langage dont il est doué. A ce point de vue, nous 
comprenons les applaudissemens de l’auditoire ; mais les esprits pratiques 
qui dans l’examen des doctrines et des faits ne considèrent pas seulement 
la superficie, seront plus sévères ; et ils se demanderont si, plus d’une 
fois, les brillantes facultés de l’orateur ne se sont pas égarées sur des 
opinions controversables et même sur un diagnostic douteux. 

M. Maisonneuve. — Nous regrettons beaucoup de n’avoir pu assis¬ 
ter à la leçon de ce candidat, qui, par la copie, s’est honorablement 
posé dans le concours. A défaut de nos impressions personnelles pour 
apprécier sa leçon, nous avons interrogé le souvenir de ceux qui l’ont 
entendu, et que nous avons toute raison de croire placés dans des condi¬ 
tions d’impartialité absolue. Ils nous ont assuré que M. Maisonneuve n’a¬ 
vait pas démérité, par sa leçon, de l’opinion favorable qu’on avait conçue 
de lui après la première épreuve. 

Il a eu à examiner tour à tour : 1° une tumeur blanche du coude ; 2“ 
une ulcération chronique de la lèvre inférieure. 

M. Robert. — Contusion du genou avec épanchement intra-articu- 
laire. 

Chirurgien des hôpitaux, ainsi que la plupart de ses compétiteurs, on 
s’aperçoit que M. Robert a, comme on dit, l’habitude du malade. Il est du 
nombre de ceux qui savent bien embrasser un fait pathologique dans son 
ensemble, pour en discuter ensuite avec une logique pressante et serrée, 
les traits caractéristiques principaux. Il a, pour son premier malade, insisté 
avec un soin particulier sur le diagnostic anatomique. Tégumens, tissu 
cellulaire sous-cutané, flocons adipeux situés au voisinage de l’articulation 
et doublant la membrane synoviale, cette membrane elle-même, tissu 
fibreux périarticulaire, il a tout exploré, rien n’a échappé à son investi¬ 
gation ; tous ces différens tissus ont pour ainsi dire passé tour à tour sous 
ses doigts et il en a indiqué la forme, la consistance et le degré d’épais¬ 
seur, avec une précision qui, si elle est l’expression exacte des faits, est 
vraiment remarquable. 

Le second malade est atteint d’une inflammation phlegmoneuse du doigt 
médius et de la main ( panaris phlegmoneux). 

Le candidat s’est livré à des considérations intéressantes sur le début 
et la marche des inflammations du membre supérieur, produites par des 
piqûres faites à l’aide d’instrumens imprégnés de matières toxiques. 

Il a expliqué, par l’anatomie, les différences notables que présente l’in¬ 
flammation à la face dorsale et à la face palmaire de la main ; il s’est de 
même rendu compte de la suppuration plus promptement manifeste sur 
tel point que sur tel autre. Puis il a abordé la question du traitement qu’il 
a étudiée avec beaucoup de soin. 

Composée avec art, présentée sous une forme attrayante, développée 
en forts bons termes, celte leçon, qui a constamment captivé l’attention 
de l’auditoire, a été bien accueillie. 


Typographie FÉLIX MALTESTE et Ce, rue des Deux-Portes-Saüit-Sauveur, 18. 

















$farili SS Janvier 9S4S. 


DEVIIIÈ11Ë ANNÉE. 


Tome II" 


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L’UNION MEDICALE 


JOURNAL DES INTÉRÊTS SCIENTIFIQUES ET PRATIQUES, MORAUX ET PROMU 

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IX du Journal, à M. le Docteur Amédée iatopb, Rédacteur en chef; tout ce qui concerne l’Administration, à M. le Docteur momulot, Gérant. 

Lee teams et Paquet* doivent êi 


BOMMAIBK. — I. Du meilleur mode à adopter pour l’inspection des pharmacies 
et des drogueries-épiceries. — II. Travaux originaux : Recherches sur le diagnos¬ 
tic et le traitement des tumeurs de l’orhite. — III. Bulletin clinique (chirurgie): 
Note sur cinq opérations pratiquées avec l’aide des inspirations du chloroforme. — 
IV. Pharmacie, matière médicale et revue thérapeutique ( Revue pharma¬ 
ceutique) : De l’emploi des inhalations éthérées comme moyen curatif dans quel¬ 
ques ophthalmies. — Des bains de sublimé dans les affections cutanées non fébriles 
chez les très jeunes enfans. - Histoire, qualités, usages, recette véritable et prépa¬ 
ration de l’emplâtre de Bavière, spécialement employé dans le service de la clinique 
chirurgicale, pour comprimer les tumeurs blanches des parties dures. — V. Va¬ 
riétés : De la mortalité dans les villes manufacturières. — VI. Nouvelles et Faits 
divers. — VII. Feuilleton : Causeries hebdomadaires. 


PARIS, IÆ 19 JANVIER 1948. 


DU MEILLEUR MODE A ADOPTER POUR L’INSPECTION DES PHARMACIES 
ET DES DROGUERIES-ÉPICERIES, 

A l’occasion de l’article 31 du projet de loi sur l’enseignement de la médecine 
et de la pharmacie. 

Nul ne conteste l’importance de ces inspections relativement à 
l'intérêt de la santé publique, de l’art médical et des praticiens 
consciencieux que désespèrent la concurrence d’établissemens 
mal tenus, auxquels le public ignorant accorde une aveugle con¬ 
fiance. Aussi, sous tous les régimes, s’est-on occupé de les or¬ 
ganiser; et la loi du 21 germinal an XI, qui est encore en vigueur, 
a consacré plusieurs paragraphes aux visites à opérer dans les 
officines et magasins de drogueries; elle a déterminé que ces 
visites seraient faites par les professeurs des écoles spéciales de 
pharmacie dans les villes où siègent ces écoles, et dans un 
rayon de dix lieues de distance. Au-delà, les inspections sont 
faites par les membres du jury médical, assistés des quatre 
pharmaciens qui leur sont adjoints. 

Les visites opérées par les écoles n’ont pas excité trop de 
plaintes ; les professeurs sont en général dans des conditions 
favorables de' science et d’impartialité, qui donnent à leurs 
avis une grande autorité ; on devra demander que leurs visites 
aient plus d’étendue et de spontanéité. Il y a de ce côté beau¬ 
coup à faire ; mais ces améliorations peuvent être obtenues par 
des réglemens d’administration; et il ne nous paraît rien y avoir 
à changer aux pouvoirs que la loi accorde actuellement aux 
écoles, surtout avec les auxiliaires que nous proposerons tout à 
l’heure de leur donner. 

Il n’en est pas de même, à notre avis, des jurys médicaux ; 
le mérite personnel des membres qui les composent, a pu, dans 
certains cas, donner à leurs visites une excellente direction, et 
obtenir ainsi des résultats parfaits. Mais c’est là l’exception. En 
principe, l’institution est vicieuse ; nous n’aurons pas de peine 
à le démontrer en théorie ; et dans la pratique, les nombreuses 
réclamations qui nous ont été transmises par nos confrères des 
départemens, prouvent qu’en général l’institution fonctionne 
mal, ou ne fonctionne pas du tout. 


D’abord la loi reste forcément inexécutée dans une disposi¬ 
tion essentielle : en attribuant le droit d’inspection et de visite 
au jury médical, assisté de quatre pharmaciens, elle ne lui a pas 
donné la faculté de le déléguer à une partie de ses membres, 
bien que cet usage ait prévalu universellement par suite de 
l’impossibilité facile à concevoir, de déplacer le jury tout en¬ 
tier pour ces visites ; d’où il est résulté que des pharmaciens 
ont pu légalement refuser de recevoir les fractions du jury qui 
se présentaient chez eux. 

Mais alors même qu’on accorde au jury cette faculté de frac¬ 
tionnement, on ne trouve pas en lui l’activité et la mobilité né¬ 
cessaires pour opérer les visites aussi fréquemment et aussi 
complètement que l’intérêt public l’exigerait. Ordinairement 
les tournées sont faites par deux membres, un médecin et un 
pharmacien, choisis tous deux, on doit le suppose,r parmi les 
plus considérables du département ; de nombreuses occupa¬ 
tions les retiennent chez eux, et le médecin surtout se décide 
difficilement à abandonner le soin de sa clientèle pendant 
plusieurs jours pour s’occuper d’une besogne aussi fasti¬ 
dieuse. Le départ est difficile à organiser, et, une fois en route, 
la préoccupation constante est de rentrer le plus tôt possible; 
mais enfin on est en chemin et l’inspection est commencée, 
comment peut-elle s’accomplir? Nos deux membres du jury vont 
descendre dans une pharmacie, assistés, s’il est nécessaire, d’un 
commissaire de police ou d’un adjoint du maire ; mais 1 initia¬ 
tive et le rôle actif appartiennent au pharmacien. Esprit éclairé 
et animé d’un sincère désir de remplir convenablement le de¬ 
voir que la loi lui impose, quelles difficultés ne doit-il pas 
trouver à garder une juste mesure envers un autre pharma¬ 
cien, quelquefois son égal, et souvent son doyen d’âge ou 
d’exercice; s’il est indulgent, il peut être accusé de faiblesse ou 
d’un sentiment exagéré de confraternité ; s’il est sévère, on le 
trouvera malveillant, peut-être jaloux. Quant aux médecins, on 
sait que l’enseignement tel qu’il leur a été donné jusqu’ici, ne 
les Initie pas à une véritable connaissance des médicamens, à 
l’exception de ceux qui ont passé par la pharmacie pour arri¬ 
ver à la médecine, ou de ceux qui ont fait à ce sujet des études 
spéciales et particulières. Le cours théorique de pharmacologie 
qui est suivi dans les Facultés ne peut donner les notions pra¬ 
tiques qui seraient rigoureusement nécessaires aux membres 
des jurys médicaux pour faire acquérir à leur opération la por¬ 
tée et l’influence qu’ils devraient avoir sur la bonne tenue des 
officines. Qu’on nous permette, au surplus, d’exprimer à cette 
occasion le vœu que l’enseignement médical, que la nouvelle 
loi va réorganiser, fasse une plus large part que l’ancien aux 
connnaissances pharmaceutiques. Le médecin est le contrôleur 
naturel de la bonne préparation des médicamens que sa pres¬ 
cription fait arriver près du lit du malade auquel il donne ses 
soins ; et il importe à ce malade, il importe au pharmacien lui- 
même, que le coup d’œil du médecin soit à cet égard aussi sûr 
qu’exercé. 


Mais revenons à notre sujet, et après avoir montré quels élé- 
mens d’incertitude le jury doit apporter dans la visite des 
officines, que se passe-t-il souvent dans les petites localités 
lorsque cette première partie de sa tâche est accomplie? Il 
aurait ensuite à inspecter les établissemens de droguerie, épi¬ 
cerie ou herboristerie qui se trouvent dans le pays ; mais beau¬ 
coup de leur temps s’est écoulé déjà, les chevaux sont attelés; 
l’itinéraire, tracé d’avance, exige qu’on aille procéder dans 
une commune située à quelques lieues; la visite des épiciers 
est remise à une autre tournée, et, l’orage passé, toutes les 
concurrences illicites qu’on fait à la pharmacie, tous les re¬ 
mèdes de bonne femme ou d’empiriques, toutes les drogues 
sophistiquées, qu’on cachait en hâte dans l’attente d’une visite 
imminente, se montrent au soleil plus impudemment qu’aupa- 

vant. . , 

Ainsi, le résultat des inspections est presque toujours force¬ 
ment incomplet. Nous n’accusons pas, nous le répétons, la 
bonne volonté et les lumières des honorables membres du jury, 
mais la position qui leur est faite. Nous prions ceux qui, à 
force de zèle, ont pu surmonter les difficultés de cette situa¬ 
tion, de ne point s’offenser de ce que nous disons ici d’une 
manière générale, mais de vouloir bien considérer avec nous 
l’état de l’institution dans l’ensemble du pays. 

D’ailleurs, ce ne sont pas là les seuls obstacles que les jurys 
aient à surmonter; il faut compter pour beaucoup l’inertie et 
le mauvais vouloir de quelques autorités administratives. Sou¬ 
vent les préfets négligent de demander ou les conseils géné¬ 
raux refusent de voter les fonds nécessaires aux frais de visites 
annuelles, et nous croyons qu’il ne serait pas bien difficile de 
citer des départemens où, depuis plusieurs années, par cette 
cause ou par d’aulres, aucune visite n’a été opérée. 

Au surplus,l’institution des jurys médicaux paraît ne pas devoir 
survivre à la loi nouvelle, et nous ne nous serions pas étendu si 
longuement à leur sujet si le projet n’attribuait aux conseils 
médicaux les attributions actuellement dévolues aux jurys sous 
ce rapport. Or, il est évident que ce ne sera là qu’une substitu¬ 
tion de nom, mais que l’institution restera la même; les con¬ 
seils médicaux, comme actuellement les jurys, seront des corps 
mixtes formés des praticiens les plus considérables des deux 
professions, toujours retenus aussi par des considérations de 
clientèle et d’affaire, et n’ayant pas un temps considérable à 
donner à des tournées qu’il faudrait faire longues et fréquentes 
pour les rendre efficaces, et qui, enfin, se trouveront encore 
dans la même position embarrassée devant ceux de leurs con¬ 
frères qu’ils iront inspecter. 

Ces considérations, qui avaient été présentées avec beaucoup 
de force dans le sein du Congrès médical par la plupart des 
pharmaciens des départemens qui s’y trouvaient réunis, avaient 
porté l’un des plus distingués d’entre eux, M. Aubergier, de 
Clermont-Ferrand, à proposer la création d’inspecteurs géné¬ 
raux pour la visite des officines. Cette proposition a été adoptée 


Feuilleton. 


CAUSERIES HEBDOMADAIRES. 

Satisfaction d’un ministre. — Mort de Charles Albert. 

Le feuilleton n’a pas la sotte prétention d’être lu par un ministre ; il n’a 
pas le désir par conséquent de troubler de ce ministre l’incroyable et 
naïve satisfaction qu’il témoigne à tout venant sur le projet de loi actuel¬ 
lement soumis à la Chambre des députés. Mais le feuilleton a le droit de 
signaler cette complaisante admiration, voire même d’en rire quelque peu. 
Or, de bien des côtés déjà me sont arrivés des récits plus ou moins sin¬ 
guliers et qui font briller du plus vif éclat le tendre dévoûment que M. de 
Salvandy porte à son œuvre législative. Je ne citerai que celui-ci : 

A l’une des dernières réceptions du ministère de l’instruction publique, 
M. de Salvandy avisa dans la foule uu de nos confrères, membre de l’Uni- 
versité et très connu par le libéralisme de ses opinions. Il s’approche de 
lui et l’entraîne dans uue embrasure de croisée. (Parler dans une embra¬ 
sure de croisée est de très haut style depuis la révolution de juillet. On 
sait qu’un auguste personnage affectionne beaucoup les conversations 
ainsi faites. Telle croisée du palais des Tuileries est aussi enviée de nos 
jours que sous Louis XIV l’admission aux petits-levers. Chaque ministre, 
chaque grand salon politique a aussi sa croisée. C’est très bien porté.) 

Donc M. le ministre — c’était quelques jours après la présentation, — 
interpelle ainsi notre confrère : 

— Eh bien ! j’espère que la Faculté, que le Congrès, que le corps mé¬ 
dical tout entier, devront être contens de mon projet de loi. L’avez-vous 
lu? 

— Ce matin même dans I’Union Médicale. 

— Qu’en pensez-vous? 

— Vous espérez, Monsieur le ministre, que la Faculté sera satisfaite, 
mais j’ai bien lieu de craindre que votre espoir ne soit déçu. 

— Mais pourquoi donc ? 

— Permettez-moi de vous faire remarquer que vous lni avez fait jouer 
un rôle peu agréable, et qu’un ministre qui aurait voulu la mystifier ne 
s’y serait pas pris autrement que le rédacteur de votre projet de loi. 


— Le rédacteur, c’est moi-même, et tout soupçon de mystification me , 
serait une injure. 

— Comment concilier cependant vos actes avec vos paroles? Vous con- j 
voquez solennellement la Faculté ; vous la priez de vous donner son avis ; j 
la Faculté se met à l’œuvre ; il sort de son travail un rapport consciencieux, j 
admirablement motivé ; vous donnez à ce travail toutes sortes d’éloges ; ; 
vous lui accordez les honneurs de l’impression dans ie Journal de l’ins- j 
traction publique ; dans votre exposé des motifs vous exaltez ses lu- , 
mières et sa compétence, et de tout cela quel est ie résultat? La négation 
de ses vœux, l’oubli le plus complet de ses désirs, des dispositions absolu¬ 
ment opposées à celles qu’elle a sollicitées auprès de vous. Pourquoi la 
consulter si vous ne deviez tenir aucun compte de ses conseils ? Pourquoi 
parler de ses lumières et de sa compétence puisque vous n’en tirez aucun 
profit? 

— Mon Dieu ! vous faites allusion à cette question du concours, qui me 
donne tant d’embarras et de soucis. Vous no teriez pas compte de la posi¬ 
tion délicate dans laquelle je me trouve. D’un côté la Chambre des pairs 
qui ne veut du concours à aucun prix ; de l’autre, M. Thiers à la Chambre 
des députés qui se prépare à le combattre, et chose plus fâcheuse pour 
moi, M. Guizot qui, sur ce point, va faire cause commune avec M. Thiers, 
comment pouvais-je espérer de le sauver, si ce n’est en le laissant un peu 
dans l’ombre, sur le dernier plan et prêt néanmoins à reprendre le pre¬ 
mier quand l’expérience aura rendu son retour indispensable. Cette com¬ 
binaison me paraît très heureuse et doit satisfaire toutes les opinions. 

— Je crains fort, Monsieur le ministre, que vous n’éprouviez une grande 
déception, et que vous ne voyiez trop tard que sur ce point vous n’avez 
satisfait personne. 

— Mais enfin le Congrès doit reconnaître que sur les points principaux 
j’ai adopté ses vœux. 

— Le Congrès est juste et il apprécie les progrès contenus dans le pro¬ 
jet de loi ; il est reconnaissant de la chaleur et de l’énergie avec lesquelles 
vous combattez le second ordre ; il vous sait gré de vos efforts contre 
l’exercice illégal, il admire même votre courage à persister, malgré les 
orages de la Chambre des pairs, dans votre projet de donner à la société 
et à notre profession des garanties contre le charlatanisme, des garanties 
surtout contre cette médecine de sacristie et de château en faveur de la- 
I quelle la Chambre des pairs s’enflamma d’un si beau feu. Mais, vous en 


eût-il coûté beaucoup plus de le satisfaire sur des sujets moins importans, 

sans doute, au point de vue général, mais d’un immense intérêt au point 
de vue professionnel ? Et pour ne citer qu’un de ces points, pourquoi ne 
pas lui accorder la nomination par voie d’élection des conseils médicaux? 
Que d’embarras vous vous seriez évité par là ! Que d’oppositions vous 
auriez fait taire, et comme vos médecins cantonaux ou communaux vous 
eussent été légers à porter en substituant l’élection à la nomination di¬ 
recte ! .... 

Ici M. le ministre fit une longue réponse gouvernementale et politique 
qu’il m’est interdit de reproduire. Il ne fut pas possible à notre confrère 
d’arracher à M. le ministre cet aveu que son projet pouvait bien présenter 
quelques petits défauts. Son enfant est la perfection même; il est beau 
comme Antinous, gracieux comme Adonis et mignon comme Narcisse; 
bref, jamais auteur ne s’est plus complètement et plus naïvement admiré 
dans son œnvre ; c’est un enthousiasme charmant de bonne foi. 

Ce fait m’est revenu de tous côtés, même du sein de la Commission 
des hautes études médicales, que M. le ministre a convoquée le 31 dé¬ 
cembre dernier, à huit heures du soir, et qu’il a retenue jusqu’au 1" jan¬ 
vier, à une heure du matin. A cette séance fut lu et commenté l’exposé 
des motifs, fut lu et commenté le projet de loi, et M. le ministre y versa 
les flots de son abondante éloquence, si bien qu’à peine quelques petites 
réflexions, quelques objections timides purent se faire jour à travers un 
intarissable et d’ailleurs très attachant monologue. 

— Des hautes sphères où je viens de vous conduire, permettez-moi de 
vous faire descendre à de bien infimes régions. La vie n’est que cela, un 
perpétuel contraste. — A Paris vient de mourir, ces jours derniers, un 
homme, je n’ose pas dire un médecin, dont le nom entre tous a été popu¬ 
laire, qui laisse une fortune considérable, et dont vous n’envierez pas, 
j’en suis sûr, honnête et bien-aimé lecteur, ni la popularité, ni la fortune. 
Cet homme, c’est le docteur Chaumonnot, si connu sous ses prénoms du 
docteur Charles Albert. Il a succombé, à peine âgé de cinquante-un ans, 
à une affreuse maladie, un cancer de l’estomac. 

Charles Albert était né charlatan. Quand on a dit que l’extrême misère 
l’avait conduit à la publicité excentrique, on a dit une erreur: la misère, 
d’ailleurs, ne l’eût pas excusé. Chaumonnot avait fait d’excellentes études 
pharmaceutiques ; il avait remporté la médaille d’or au concours des in¬ 
ternes, qui lui donnait droit à une place de pharmacien en chef des hôpi¬ 
taux. line voulut pas de cette place, aimant mieux exploiter la réputation 




































par le Congrès, et nous croyons que c’est là l’institution qu’il 
faut s’efforcer de faire introduire dans la loi nouvelle. 

Nous rappellerons que cette institution existe et fonctionne 
bien en Allemagne, où les visites se font d’une manière telle¬ 
ment sérieuse, que les inspecteurs consacrent quelquefois deux 
ou trois jours à un seul établissement. D’après le vœu exprimé 
par leCongrès, ces inspecteurs devraient être accompagnés par 
des pharmaciens pris dans le département ; mais on sent que la 
position de ces pharmaciens serait alors toute favorable vis-à- 
vis de leurs confrères, puisque, au lieu de prendre l’initiative 
de la sévérité, leur mission serait plutôt d’adoucir ce que les 
mesures proposées par les inspecteurs pourraient avoir de trop 
tranché et de trop acerbe. 

Les inspecteurs devraient d’ailleurs être choisis, autant que pos¬ 
sible, parmi les pharmaciens émérites, et nommés par le ministre 
sur la présentation des écoles supérieures de pharmacie ; ils pour¬ 
raient suppléer les professeurs de ces écoles dans le rayon qui 
leur est assigné, lorsque d’autres occupations les empêcheraient 
de se déplacer; leurs tournées se feraient aussi fréquemment que 
possible, mais à des époques indéterminées. Ils reviendraient 
plus fréquemment dans les établissemens qui auraient encouru 
quelques reproches, pour les ramener dans la bonne voie. Ils 
auraient pour instruction d’agir d’abord par des conseils, que 
leur position et leur expérience feraient toujours accueillir avec 
empressement, et de n’user de rigueur que lorsque la nécessité 
en serait tout à fait évidente. D’ailleurs, l’habitude qu’ils ac¬ 
querraient bientôt de découvrir toutes les fraudes, toutes les 
illégalités, rendrait leur présence redoutable, et ramènerait à 
l’exécution de la loi, par l’influence morale qu’ils exerceraient, 
tout ce qui s’en est écarté jiisqu’ici.. Vée. 

TRAVAUX ET MÉMOIRÉS ORIGINAUX DE MÉDECINE 
ET DE CHIRURGIE, 

DE THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE ET APPLIQUÉE. 

RECHERCHES SCR LE DIAGNOSTIC ET LE TRAITEMENT DES TUMEURS 
DE L’ORBITÉ; 

par le d" J. M. O’Ferral, chirurgien de l’hôpital St-Viiicent de Dublin. 

(Suite et lin. — Voir le numéro du 15 Janvier 184&.) 

O bs. IV. — Abcès de l’orbite; dépression du globe de l’œil; ponc¬ 
tion à travers la paupière; retour de l’œil à sa situation: normale.— 
Une jeune fille de vingt ans, d’dhé bonne santé habituelle, avait eu la 
lièvre pendant l’automne dé 1842. Depuis cette époque elle avait été tou¬ 
jours valétudinaire ; ses fonctions menstruelles étaient irrégulières. Elle 
së rétablit vers la fin de 1842, se porta bien pendant six mois. A cette 
époque elle eut une angine, qui dura seize jours. Quinze jours après, 
s’étant exposée au froid, elle fut prise de vives douleurs dans le sourcil et 
dans l’œil gauche. Ces douleurs étaient surtout très vives pendant la nuit. 
Perte d’appétit; vomissemens. Lorsqu’elle entra h l’hôpital, le 4mai 1844, 
elle portait, au niveau de la portion orbitaire de la paupière supérieure 
de l’œil gauche, une tumeur avec rougeur dé la peau, plus saillante et 
moins résistante dans un point, située à moitié chemin de l’angle interné 
et externe des paupières. Le globe de l’œil, notablement abaissé, mais 
sans saillie bien prononcée. La vision conservée. Sans aucun doute, le 
globe de l’œil était déprimé par une tumeur, située' dans le tisSu cellule 1 - 
adipeux de l’orbite ; et il était presque également cértain que cette tu¬ 
meur, d’origine récente , était due h l’inflammation ; autrement dit que 
c’était un abcès. C’est ce qui fut confirmé par une ponction, qui fut faite 
sur la partie ta plus saillante de la tumeur, avec un bistouri étroit. A me¬ 
sure que l’abcès se vida et marcha vers la cicatrisation, le globe de l’œil 
reprit sa place. 

On trouve, dans l’observation précédente, un bon exemple 
d’un abcès sub-aigu du tissu cellulaire de l’orbite. On voit que 
les caractères de ces abcès sont : une tumeur solide, immobile, 
de formation récente, accompagnée de douleur et de fièvre; la 
rougeur de la partie correspondante de la paupière ; la dépres¬ 
sion du globe de l’œil ; et, dans quelques cas, la fluctuation ou 
l’élasticité dans le point le plus proéminant. On verra, dans 
l’observation suivante, que ce dernier caractère peut faire dé¬ 
faut, et que, alors, une ponction exploratrice devient indis¬ 
pensable. 


précoce qu’il s’était faite au profit de son goût non moins précoce pour 
le charlatanisme. 

Il débuta dans cette voie par la poudre péruvienne, qui fit, dit-on, la 
fbrtune d’un pharmacien de la rue du Roule. Cette poudre n’était autre 
chose qu’un dentifrice composé de charbon, de quinquina et de magnésie. 
Il fit ensuite un sirop de salsepareille qui réussit très bien. C’est alors 
que voyant la plus grande partie des bénéfices passer dans la caisse du 
pharmacien, il résolut de devenir lui-même inventeur et marchand. 

Mais les fonds lui manquaient. Il s’adressa à divers capitalistes, qui 
rirent de son projet. Il parlait un jour de ses mésaventures à son tailleur ; 
il exposait son plan avec la chaleur de la conviction et toute l’animation 
de l’espérance. Le bonhomme de tailleur l’écoutait avec grande attention 
et quand il eut fini : 

— Combien vous faudrait-il? 

— Quelques mille francs feraient l’affaire. 

— Et je partagerais avec vous les bénéfices? 

— Ce serait stipulé par confiât. 

Et voilà une association étrange qui se forme. Le siège en fut fixé au 
centre de Paris, dans le quartier le plus populeux, rue Montorgueil, à ce 
fameux n° 21, si connu delà population parisienne. Ceci se passait en 
1830. En 1840, Chaumonnot se retirait des affaires avec 50,000 francs 
de rentes pour sa part, ce qui, au taux actuel.de l’argent, équivaut à plus 
de 1,200,000 francs de capital. Le tailleur en fit autant. Ces deux gaillards, 
en dix ans, avaient bénéficié de deux millions quatre cents mille francs. Et 
quand on pense aux frais énormes de publicité, quand on sait que tous les 
journaux de Paris, de laFranceetdu monde contenaient tous les jours des 
annonces de Charles Albert, que les murs de nos villes, de nos villages 
étaient couverts de ses atliches, qu’une presse à vapeur fonctionnait nuit 
et jour pour vomir ces affiches ; quand on pense enfin qu’il ne donnait pas 
seulement des conseils, mais encore des médicamens, on est effrayé des 
sommes fabuleuses qui ont été portées dans cet antre de la rue Montor¬ 
gueil, et de cet impôt monstrueux prélevé sur la crédulité publique. 

Qui donc ose dire que la syphilis se meurt et s’éteint? A part nos spécia¬ 
listes honorables et de bon aloi qui gagnent, dit-on, cent mille francs par 
an, savez-vous bien qu’il existe encore à Paris plusieurs Charles Albert 
qui roulent déjà sur les millions et qui s’enrichissent avec une rapidité in¬ 
croyable du produit de ce mal chanté par Fracastor ? 


50 

Ons. V. — Abcès de l’orbite; dépression et légère saillie de l’œil; 
symptômes d’amaurose; ponction; retour de la vision. — Un de mes 
malades voyageait pendant la nuit par un temps froid. 11 se trouvait dans 
une voiture encombrée de voyageurs. Il maintint le vasistas ouvert pen¬ 
dant plus de deux heures. Il s’aperçut bientôt d’une douleur* vive vers 
l’œil droit, qui recevait directement un courant d’air;' Cette doulëur ne fut 
d’abord que peu importanté. Mais; dans là-nuit suivante, elle se reprodui¬ 
sit telle qu’il fallut appliquer les sangsues à la tempe. Soulagement. Mais la 
douleur persista, et le malade fut soumis à l’emploi des mercuriaux. Malgré 
leur emploi, la paupière supérieure se tuméfia, devint rouge et'œdémateuse. 
L’œil fit une saillie d’un demi-pouce, sans chémosis, mais avec trouble delà 
vision. La rougeur de la-paupière supérieure s’arrêtait au niveau du repli 
transversal; en pressant dans ce point on distinguait une tuméfaction solide, 
mais sans fluctuation. Le malade avait de la diarrhée et des frissons de 
temps en temps. D’après l’absence de la rougeur inflammatoire," dû côté 
de la conjonctive, dé la sclérotique “et dé l’iris; et* la limitation de cette 
roügeur'à la portion orbitaire de la paupière, je n’hésitai pas à fixer le- 
siége de l’altération en dehors des enveloppes fibreuses de l’œil. Puis, 
ayant trouvé un point plus saillant et plus sensible que le reste de la tu¬ 
meur, je plongeai un petit trois-quarts en ce point, if eh sortit un'pêu de- 
pus de bonne nature. J’élargis l’ouverture, et il s’écoula environ une demi- 
once de pus. Le soulagement fut immédiat et la guérison rapide. 

Obs. VI. — Inflammation des enveloppes fibreuses de l’œil; saillie 
du globe oculaire. — Une femme de trente-quatre ans entra à l’hôpital 
le 15 janvier 1846. Depuis environ un an, elle s’était aperçue de troublés 
dans la vision de l’œil gauche. Trois mois après, la vue était'complète¬ 
ment perdue de ce côté! Bientôt après, douleurs nocturnes très vives dans 
l’œil et dans la tempe du même côté, irradiant vers le nez et vers l’oreillé; 
larmoiement. Saillie manifeste du globe de l’œil. Paujnèré œdémateuse et 
d’un rouge foncé ; la rougeur limitée à la partie inférieure de la paupière, 
à un demi-pouce au-dessous'du sourcil. Mouvemensde l’œif très limités. 
Chémosis considérable. Cornée parfaitement transparente. Cristallin jau¬ 
nâtre, se projetant vers la chambre antérieure. Pas d’iritis. La malade 
distingue le jour de la nuit; Sous l’influence des mercuriaux unis aux 
opiacés, la saillie de l’œil diminua peu à peu ; mais la vision ne se rétablit 
pas. 

Ce’ fait est un de ceux que l’on pourrait citer comme un 
exemple d’hypertrophie inflammatoire du globe de l’œil ; mais 
eh réalité, la saillie oculaire était due à des lésions des parties 
intérieures. Ainsi, la cornée était transparente; l’iris n’offrait 
pas de trace d’inflàmmation ; le chémosis conjonctival n’était 
pas d’üh rouge foncé, mais de couleur d’ambre; autrement dit, 
il était dû à l’infiltration de la sérosité. Quant à la saillie du 
globe de l’oéil , elle s’explique facilement par une disposition 
anatomique : cé globe n’est pas en contact avec les muscles, 
ni aVéé là graisse : il en est séparé par une capsule fibreuse, 
distincte ; et il n’eét pas difficile de comprendre comment l’in¬ 
flammation' de cette capsule, et l’infiltration séreuse du tissu 
cellulaire sous-jacent peuvent déterminer la projection de l’œil, 
si prononcée dans tous ces cas. Je ne suis même pas éloigné de 
croire que, dans beaucoup de cas d’inflammations sur-aiguës 
du globe de l'œil, la projection de cet organe n’est pas due 
seulement à son inflammation , mais aussi à l’inflammation du 
tissu cellufaire, ét de la tunique fibreuse dont j’ai déjà parlé. 

Remarques cliniques, r— Les observations que j’ai rapportées, 
et quelques autres qu’il m’a été donné de recueillir, présentent 
toutes deux symptômes communs, à savoir, un certain change¬ 
ment de couleur et de consistance de la paupière supérieure, 
et un certain degré dé déplacement dû globe dé l’œil. Ce chan¬ 
gement de couleur offre des teintes variables, foncée' dans les 
cas récens et d’origine inflammatoire, légère OU marbrée par 
de nombreuses veines dilatées dans lès caà à marche léntè et 
chronique et dans le cas de dépôts morbides. Mais il est une 
autre différenêe sur laquelle il est bon de fixer l’attention. 
L’hypérémie n’occupe pas toujours le même siégé : tantôt elle 
a son siège dans la portion supérieure, tantôt dans là portion 
inférieure de la paupière supérieure. Or, c’est là une circons¬ 
tance en rapport avec le point occupé par l’altération. Ainsi, 
dans les observations I, II et IV, c’était dans la partie supé¬ 
rieure de la paupière supérieure que s’étaiént produites les 
plus grandes modifications, tandis que la portion inférieure ou 
ciliaire avait conservé son état normal. Dans les observations 


Donc en 1840 Charles Albert vendit son fonds 100,000 fr. comptant, en 
se réservant un quart dans les bénéfices. On dit, 

Et sans horreur je ne puis le redire, 

que c’est une société de médecins qui acquit ce fonds et qui l’exploite 
encore. 

Chaumonnot s’était retiré dans un hôtel du faubourg du Roule où il me¬ 
nait grand train. 11 en était arrivé au point de croire qu’il était l’homme le 
plus honorable de France et de Navarre. Il tenait maison ouverte; il avait 
ses flatteurs et ses courtisans, des pairs de France, des députés, des ma¬ 
gistrats ne dédaignaient pas de s’asseoir à sa table qui était excellente, 
et l’un de ses convives habituels — O mémoire de l’estomac ! — homme 
d’esprit et du monde, m’a dit que j’avais tort de croire que Charles Albert 
fût un charlatan, qu’on devait plutôt l’appeler le bienfaiteur de l’humanité !.. 

Charles Albert affectait d’ailleurs un grand cynisme de pensées et d’ex¬ 
pressions. Ses maximes habituelles étaient les suivantes : 

La société actùellë n’est qu’une réunion de charlatans, charlatans poli¬ 
tiques, religieux, industriels, etc. 

Avec la publicité bien entendue on doit parvenir à la fortune. 

En faisant parler continuellement de soi, on est sûr de réussir, etc., etc. 

Maximes par lesquelles se justifient toutes les hontes, toutes les dégra¬ 
dations, toutes les défaillances. 

Charles Albert jouissait aussi d’une immense réputation parmi les indus¬ 
triels de tout genre; de toutes parts on venait lui demander des conseils 
dont il n’était pas avare. On assure qu’il a contribué ainsi à la fortune de 
plusieurs annonceurs en leur indiquant la manière de se servir de la pu¬ 
blicité. 

Il affichait la bienfaisance ; il s’entendait avec les messageries Laffitte et 
Caillardpour faire venir gratis des malheureux de la province, il payait 
leur place à prix réduit, et se rattrappait sur les médicamens. 

Il traitait gratis les porteurs d’un certificat d’indigence du maire ou du 
préfet. Mais qui se soucie de déclarer à son maire ou à son préfet qu’on 
est atteint d’une maladie secrète? 

Chaumonnot avait fait plusieurs mariages à la mode Copte ; il laisse 
plusieurs enfans naturels, qu’il a tous élevés et dotés. D’un de ses garçons 
il a fait un bonnetier, réalisant ainsi, mais à rebours, l’histoire de Jérôme 
Paturot. 

Mais le plus curieux pour l’histoire des mœurs médicales au dix-neu¬ 
vième siècle, c’est que Charles Albert est enterré, et que cependant 


V et VI, au contraire, la rougeur se faisait remarquer vers 
la portion ciliaire ou inférieure de la paupière, et’ une ligne 
bien tranchée séparait les parties saines des parties malades. 
Dans les premiers cas, l’altération avait son siège dans le tissu 
cellulaire graisseux de l’orbite et au-dessus des enveloppes fi¬ 
breuses de l’œil; tandis que, dans les derniers; la maladie occu¬ 
pait ce tissu fibreux ou le globe oculaire lui-même. 

Peut-on expliquer cette correspondance entre le siège de 
l’altération pathologique et la circonscription de la rougeur à 
certaines portions de la paupière? Je réponds par l’affirmative 
et je trouve cette explication dans la disposition anatomique 
des parties. 

Lorsqu’on regarde la paupière ouverte, on distingue deux 
portions, séparées l’une de l’autre par un sillon très tranché, 
qu’on appelle le repli de là paupière. Ces deux portions sont 
mobilës à des degrés diffërens et dans des direclions différentes. 
La portion inférieure, ou celle qui recouvre le cartilage tarse, 
et dont la surface regarde en haut lorsque l’œil est ouvert, 
glisse d’avant en arrière et d’arrière en avant, mais jamais ho¬ 
rizontalement ; autrement dit, elle décrit une courbe corres¬ 
pondant à la convexité du globe de l’œil; La portion supérieure 
de la paupière, qui regarde en avant lorsque l’œil est ouvert, 
se meut d’avant en arrière et d’arrière en avant, mais verticale¬ 
ment, comme un rideau dont le bord supérieur serait fixé; 
tandis que la portion inférieure, qui est unie à la portion hori¬ 
zontale, en suit tous les mouvemens. 

Si, maintenant, on examine la structure de la paupière sur 
le cadavre, on verra que des élémens très différens entrent 
dans la composition des portions orbitaire et tarsienne de la 
paupière. Au-dessous des tégumens et du muscle orbiculaire, 
on distingue un fascia distinct qui se porte en haut et pénè¬ 
tre dans l’orbite, où il correspond supérieurement à la glande 
lacrymale, aux vaisseaux et à la graisse, que, à tort, on a sup¬ 
posé être en contact avec le globe de l’œil. Au-dessous de ce 
fascia, on trouve l’élévateur de la paupière, et, au-dessous de 
ce muscle, un autfe fascia qui pénètre également dans l’orbite, 
et qui, s’unissant avec l’extrémité de l’élévateur et le fascia 
décrit plus haut, forme ainsi une gaine entière. Le cartilage 
tarse et la conjonctive complètent la composition de la paupière 
en avant, tandis que la tunique fibreuse du globe de l’œil, à 
laquelle je donnerai le nom de tunique vaginale, complète l'ap¬ 
pareil fibreux de cet organe, le sépare des muscles, et permet 
le passage de leurs tendons à travers de petites ouvertures. 
Telle est la composition de la partie inférieure ou tarsienne de la 
paupière supérieure. Quant àfia portion supérieureou orbitaire, 
elle comprend, indépendamment de la peau et du muscle orbi¬ 
culaire, uneiame mince qui descend dû périoste du frontal, et 
qui va s’unir au fascia déjà décrit, en formant une espèce de 
rideau vertical au-devant de la portion de l’orbite qui renferme 
le tissu adipeux. On comprend ainsi comment certaines por¬ 
tions de la paupière peuvent ne présenter aucun symptôme 
morbide au niveau de la portion de l’orbite, avec laquelle elles 
sont en contact. Voilà pourquoi, par exemple, l'inflammation, 
les épanchemens séreux ou les abcès qui se forment dans la 
tunique vaginale de l’œil affectent généralement la portion in¬ 
férieure dé la paupière ; tandis que des altérations analogues 
développées en dehors des tissus fibreux, se trahissent à l’exté¬ 
rieur par dés modifications vers la portion supérieure de la 
paupière. 

La saillie du globe de l’œil est encore un symptôme, commun 
à tous les faits précédens : elle s’est tout aussi bien montrée 
dans lés cas d’éngorgement inflammatoire, que dans les tumeurs 
à marche lente et chronique. Cette projection de l’œil, on le 
comprend, doit avoir lieu toutes les fois qu’une cause placée 
à l’intérieur ou en dehors de cette cavité peut en diminuer le 
diamètre, ou l’espace occupé par le globe de l’œil. C’est même 
là une question difficile à résoudre dans certains cas, que de 
déterminer le siège delà cause de l’exophthalmie : un malade se 
présente avec des aecidens évidemment aigus, et avec une saillie 
du globe del’œil qui peut varier d’un demi-pouce à trois pouces; 


Charles Albert vit toujours. Voyez les affiches toutes fraîches, voyez tous 
les journaux surtout : Le docteur Charles Albert continue de donner tous 
les jours ses consultations, etc. 

La Cour royale de Paris vient de décider que la clientèle d’un médecin 
n’était pas matière de commerce. Comment donc laisse-t-on mystifier ainsi 
le peuple le plus spirituel de la terre, en lui faisant donner des consulta¬ 
tions par un mort ? Jean Raimond. 

BOITE AUX LETTRES. 

— AM. Faivre, à Montfermeil. — Reçu. Le défaut d’espace m’em¬ 
pêche aujourd’hui. 

— AM, Ch. Laronde, à Saint-Pourçain. — Les messageries sont ve¬ 
nues le 11, vous avez été servile 13, et votre lettre s’est probablement 
croisée avec notre envoi. — Merci d’avance de votre visite annoncée. 

— A M. Rivaud-Landrau, à Lyon. — Reçu. Merci. 

— AM. Lacroix, à Fontenay-aux-Roses. — Nous vous sommes rede¬ 
vables de 4 fr. par an que vous payez de trop. Le prix d’abonnement pour 
la petite banlieue n’est que de 36 fr. 

— A MM. Allènet, à Taillebourg, Laurens, à Mortagne, Marquet, à 
Valence, Bellevrët, à Nuits, Roques, à Toulouse. — Nous vous préve¬ 
nons, honorés confrères, que l’administration ne peut faire traite sur 
vous que pour six mois, les frais de recouvrement pour trois mois étant 
trop considérables. Nous espérons votre consentement. 

— A M. Le fol, à Wassy. — Merci de votre offre dont nous userons avec 
empressement. 

— AM. de M...., à Londres. -— Votre envoi m’a tiré d’inquiétude. 
J’adopte entièrement votre projet. Je fais faire un petit paquet que je vous 
adresserai par la voie du commerce. Vos idées sont excellentes, et vous 
avez carte blanche. 

— AM. Parchappe, à Rouen. — La proposition qui m’a été faite par 
M. M.... m’agrée fort, honoré confère, et je recevrai avec reconnais¬ 
sance. 

— AM. Houssard, à Avranches. — Sera fait selon vos désirs, honoré 
et zélé confrère. 


— La grippe sévit en Espagne, à Madrid. On porte à 60,000 le nombre 
des personnes atteintes. 
















31 


la paupière supérieure est gonflée et œdémateuse, d’un rouge 
foncé ; l’altération est circonscrite à la partie inférieure de là 

upière. p œ ii ne fournit qu’un écoulement séreux ; la cou- 
oiictive offre un chémosis de couleur ambrée, ou même un peu 
l-ouge ; mais la cornée est saine ; la pupille normale, la vision 
claire et distincte. Le malade éprouve des douleurs très vives 
dans le globe de l’œil, les tempes et le sourcil; et les douleurs 
augmentent, lorsqu’on presse sur le globe de l’œil, ou sur la 
partie inférieure de la paupière. Il y a de la fréquence du pouls, 
{je fo chaleur, à la peau, de l’insomnie, etc. Quelle peut être 
alors la cause deTexophthalmie? D’abord il est évident que c'est 
une affection de quelques-uns des appendices de l’œil, et non 
de l’œil lui-même. Mais quel est le tissu plus particulièrement 
intéressé ? Le tissu cellulo-graisseux de l’orbite? Alors la partie 
supérieure de la paupière devrait participer à la congestion. 
Le périoste? Cette dernière opinion paraîtrait la plus probable : 
d’une part, à cause du caractère des douleurs, qui ressemblent 
à celles des autres affections des membranes fibreuses, et de 
1 ’aütre parce qu’elles succèdent à des affections rhumatismales. 
Mais si l’on réfléchit, que, en pressant sur le tiers supérieur de 
la paupière, dans la direction de l’axe de l’orbite, on augmente 
considérablement les souffrances du malade; tandis que si l’on, 
presse de haut en bas, vers le périoste du plancher de l’orbite, 
on ne détermine aucune douleur, on sera porté à rejeter l’opi¬ 
nion de la périostite, et à admettre l’existence d’une inflamma¬ 
tion du tissu fibreux de l’orbite ou des enveloppes fibreuses 
de l’œil. C’est suivant moi, ainsi que je l’ai dit plus haut, une 
des causes principales de la saillie du globe de l’œil, dans les 
cas d’ophthalmie subaiguë ; et je ne connais pas d’exemple 
dans lequel on ait vérifié anatomiquement une augmentation 
de volume considérable du globe de l’œil ; autrement, dit, si 
l’œil lui-même est pour quelque chose dans la saillie et dans la 
projection, qui ontlieudans ces derniers cas, ce ne peut être que 
dans des limites très étroites. 

Quelques mots maintenant sur la nature de ces diverses tu¬ 
meurs : dans l’observation III, c’était un kyste, ainsi que l’in¬ 
diquait son élasticité, et que le prouva la ponction explora¬ 
trice. Dans l’observation II, la tumeur était de nature encé- 
phaloïde. Dans l’observation I, dans laquelle la tumeur sem¬ 
blait occuper la place de la glande lacrymale, on pouvait se 
demander si la glande elle-même était malade, et si elle avait 
été enlevée avant l’opération. L’extirpation de la tumeur ne 
présenta aucune de ces difficultés, que les auteurs ont rappor¬ 
tées à l’extirpation de la glande lacrymale. Au reste, je dois dire 
que M. Houston, auquel j’ai soumis la pièce anatomique, n’a 
pu y découvrir aucune trace du tissu glandulaire. Enfin, que 
l’œil soit déplacé par une tumeur occupant la place de la glande 
lacrymale, ou par cette glande elle-même, l’indication est iden¬ 
tique : il faut faire cesser la cause de l’exophthalmie. Et quant 
à la question relative à la dégénérescence de la tumeur, elle 
ne peut pas être déterminée par de simples rapports anatomi¬ 
ques, mais bien par d’autres moyens d’investigation. 

En résumé : je crois que les observations que j’ai rapportées 
dans ce travail renferment plusieurs faits importans, suscep¬ 
tibles de jeter du jour sur la situation et la nature exacte de la 
cause de Texophthalmie, dans un cas donné. Considérées isolé¬ 
ment, ces observations pouvaient avoir de l’intérêt pour le dia¬ 
gnostic; mais j’ai cru devoir les grouper, les comparer, les ana¬ 
lyser, afin de leur donner une portée plus générale. 


BULLETIN CLINIQUE. — CHIRURGIE. 


NOTE SUR CINQ OPÉRATIONS PRATIQUÉES AVEC L’AIDE DES INSPI¬ 
RATIONS de chloroforme, et recueillies dans le service de M. le 

professeur Denonvilliers, par M. A. Verneuil, interne lauréat, etc. 

A peine l’éther a-t-il paru sur la scène chirurgicale ; à peine 
le dernier mot est-il dit sur son action physiologique, et déjà 
un nouvel agent hyposthénisant apparaît, agent doué de pro¬ 
priétés plus énergiques, et dépouillé cependant de la plupart 
de ces inconvéniens qui ternissaient les résultats du sommeil 
éthéré. Un nouvel appel est donc fait aux chirurgiens, et de 
tous côtés les faits viennent nombreux et concluans pour assu¬ 
rer au chloroforme une suprématie sans partage. Nous appor¬ 
tons aussi notre tribut. 

Je vais faire sommairement la relation de cinq faits dont nous 
avons été témoins, en y joignant quelques réflexions. J’aurais 
pu grossir le nombre des observations, en y ajoutant quelques 
expériences faites spontanément sur plusieurs de nos condisci¬ 
ples; mais j’éloigne ces documens qui ne me semblent pas en¬ 
tièrement comparables. Car l’idée d’une mutilation et un reste 
d’appréhension dont quelques malades se défendent difficile¬ 
ment, peuvent, ce me semble, modifier chez eux la série des 
phénomènes. 

Première observation. —Salle Saint-Charles, n°6.Pressard (Jacques), 
bijoutier, cinquante-neuf ans, adonné aux boissons alcooliques et très 
sensible à leur action, porte à la région lombaire un anthrax très voTumi- 
neux, qui nécessite une large incision crurale. Deux heures environ avant 
l’opération il avait bu trois verres de vjn, mais il ne se sent nullement 
étourdi. Nous le soumettons aux inspirations avec l’appareil coudé en 
étain. 

Deux minutes suffisent pour le plonger dans l’insensibilité complète. Il 
est un peu agité et offre quelques contractions musculaires. A cette agita¬ 
tion succède un sommeil assez profond accompagné de ronflement et qui 
dure trois ou quatre minutes ; le malade se réveille dans un délire gai, il 
se croit au cabaret avec ses camarades, il pense être gris et se préoccupe 
de l’idée d’être vu dans cet état par les chirurgiens dont il est entouré et 
qu’il reconnaît parfaitement. Il n’a ressenti aucune douleur, au contraire, 
il demande qu’on lui fasse l’opération quoique, dit-il, il se sente très sou¬ 
lagé. Nul accident consécutif, il ressent un peu de cuisson autour des lèvres 
pendant deux jours. 

Deuxième observation. — Salle Saint-Charles, n" 15. Thierry (Jean), 
trente-deux ans, menuisier, d’un tempérament sec et irritable, résistant 
bien aux liqueurs alcooliques est depuis longtemps dans notre service 
pour une hydarthrose du genou droit. Un abcès extra-articulaire s’est 
formé et ouvert, les trajets sont restés fistuleux, le décollement de la peau 
nécessite des contre-ouvertures et des débridemens. Le malade dans la 
crainte qu’on ne lui coupe la cuisse ne se prête à l’expérience qu’avec la 
Plus grande répugnance. Nous faisons usage du sac en taffetas, mupi à sa 


K- Fais 

5Jt „ 

partie inférieure d’un mince couche (rcpon^^ise'tïsibpité^' lnan 'f esle 

après une minute,et demie, U survient, iinè agitanSèS^üWre assez 

à laquelle succède un sommeil parfaitement calme. Comme le précédent 
il consent à son réveil à subir une opération,jcfonl il n’a pas eu conscience 
et s’étonne quand on lui montre sa plaie, sanglante. Quelques minutes 
après, il est pris d’un vomissement dont la cause, est manifeste, car il a 
déjeuné deux heures avant. Pendant le reste de la journée il ne res¬ 
sentit rien qu’un peu d’inappétence et de dégoût ; le lendemain tout avait 
disparu. 

Troisième observation. — Salle Saint-Edmond, n° 15. Gandolin, cin¬ 
quante ans, fileur, de laine, d’une constitution,très vigoureuse, se grise 
très aisément,quojque rarement. Il fit, il ,y a un an une chute sur les «feux 
coudes, puis reçut, il y. a un. mois sur le .coude droit un coup de pied de 
cheval. Nous diagnostiquons un corps cartilagineux dans la bourse mu¬ 
queuse de l’olécrâne et nous en décidons l’ablation: même appareil que le 
précédent, trois minutes sont nécessaires pour produire le même sommeil, 
qui s’accompagne de quelques convulsions musculaires. Une incision donne 
issue à de la synovie et découvre un premier corps cartilagineux, aplati, 
du volume d’une petite fève, l’excision en est faite. Il reste au fond de la 
plaie une seconde concrétion plus petite que la première, on la saisit avec 
des pinces pour l’exciser. Le sujet articule alors une légère plainte, et plus 
tard il déclare avoir ressenti de la douleur pendant le temps dernier de 
l’opération. Urevient immédiatement à lui sans, le sommeil ordinaire. Le 
malade n’a éprouvé aucun trouble consécutif ; depuis il a eu de la cépha¬ 
lalgie et du malaise qui dépendent d’un léger érysipèle qui est survenu au¬ 
tour de l’incision. 


Quatrième observation. — Salle Saint-Edmond, n° 29. Le sujet de 
cette observation est un paysan, vigneron, âgé de soixante-six ans, est 
doué d’une intelligence très obtuse. Cette homme porte sur la diaphyse 
du fémur une fracture avec un raccourcissement très considérable dû à 
l’action,musculaire, tiraillant les fragments. Ce malade est d’une telle in¬ 
docilité qu’il nous a été impossible d’obtenir une réduction exacte.; nous 
le soumettons à l’action du chloroforme, à l’aide du dernier appareil de 
M. Charrière. A peine a-t-il fait quelques inspirations qu’il est agité de 
convulsions générales qui nous donnent quelque peine à le contenir. Au 
bout d’un temps fort court arrive le sommeil calme, et avec lui la résolu¬ 
tion complète, qui nous permet de rendre au membre sa conformation 
normale. Le sujet se réveille fort gai et montre pendant quelques minutes 
une loquacité qui ne lui est pas habituelle ; enfin tout cesse. Une heure 
et demie après il est pris de céphalalgie assez intense avec inappétence. 
La nuit se passe presque sans sommeil et. avec un mouvement fébrile. 

Ces accidens peu graves dureste se dissipent lentement dans la journée 
du lendemain. 

Cinquième observation. — Cette observation est remarquable et par 
l’opération et la maladie qui lui a donné lieu, et surtout par l’analyse 
très exacte que la malade nous a donnée des sensations qu’elle a per¬ 
çues. 

Vilette (Anastasie), couturière, trente-deux ans, couchée aun° h de la 
salle Sainte-Marie, porte depuis un ans au sein droit une tumeur volu¬ 
mineuse dont les caractères rappelent l’encéphaloïde enkysté. L’ablation 
décidée, ta malade est soumise aux inspirations de chloroforme, le pouls 
marquait avant l’opération 8à pulsations, il descendit à 7U au moment où 
nous commençâmes à la faire respirer, pendant l’opération il monta h 78. 
La malade, du reste, est courageuse et bien décidée, sa respiration est 
naturelle. Au bout de quarante secondes, elle sent à peine qu’on lui pince 
le bras, à la cinquantième seconde l’insensibilité paraît complète. Deux 
incisions sont pratiquées, la tumeur mobile sur le grand pectoral est en¬ 
levée avec facilité ; la durée totale de l’opération, y compris le temps des 
inspirations, n’atteint pas deux minutes et demie. Aucune contraction mus¬ 
culaire, pas le moindre signe d’agitation, le sommeil est des plus tran¬ 
quilles. La malade se réveille en nous entendant parler, elle sent un léger 
pincement lors de la dernière ligature. Elle n’offre point de délire, seule¬ 
ment elle nous manifeste sa reconnaissance en des termes un peu exaltés. 
Le reste de la journée s’est passé dans le calme le plus parfait, elle ne se 
plaint que de cuissons vives dans la plaie. 

La tumeur pèse 850 grammes, elle est composée de deux masses con¬ 
sidérables de fibrine mélangée à des globules altérés, le reste de la tumeur 
représente cette forme de cancer si remarquable, qui fut décrite par 
Ast. Coopèr sous le nom de tümeur mammaire chronique, qui consiste dans 
des masses pédiculées multiples, à surface lisse et comme séreuse, ren¬ 
fermées dans des kystes ou cavités qui en certains points affectent d’une 
manière singulière la disposition et l’apparence des ventricules céré¬ 
braux. 

On sait que l’illustre chirurgien anglais regardait ces tumeurs comme 
bénignes. Cette opinion doit être rejettée. En effet, l’examen microsco¬ 
pique a démontré l’existence des globules caractéristiques du cancer, de 
même on a pu reconnaître la composition des deux masses fibrinaires qui 
sont constituées en grande partie de globules sanguins altérés et ne pré¬ 
sentant aucune cellule cancéreuse. 


Jetons les yeux maintenant sur les phénomènes subjectifs 
que ces malades ont accusés ; chez tous, le premier effet des 
inspirations a été de déterminer un sentiment de suffocation, 
tel qu’on l’éprouve quand l’air manque. Tous font de ces ins¬ 
pirations forcées, longues, lentes, comme s’ils ressentaient le 
besoin de remplir complètement leurs poumons d’un air impar¬ 
fait. Du reste, cette gêne de la respiration n’a rien de doulou¬ 
reux, elle ne s’accompagne ni d’ardeurs, ni dp picotemens. 

Un seul malade (obs. n» 3) a prétendu que la première ins¬ 
piration avait déterminé up sentiment de chaleur jusqu’à l’esto¬ 
mac , point de toux, ni de salivation, les sujets (sauf un seul, 
obs. n° 4) ne cherchent point à se soustraire aux inspirations. 

La respiration, calme pendant le reste de l’opération, devient 
ronflante dans le sommeil qui suit. 

La circulation n’offre que des modifications bien insignifiantes 
et qu’il est difficile de distinguer de ces variations du pouls, in¬ 
séparables des opérations en elles-mêmes. Quant à l’état du 
sang, il m’a semblé que chez la malade amputée du sein, les 
jets du sang artériel étaient aussi forts qu’à l’ordinaire, mais 
que leur couleur était moins vermeille, moins rutilante. 

La calorification, la couleur de la peau ne m’ont pas paru 
changées. 

J’examinerai avec les phénomènes consécutifs le trouble du 
côté des organes digestifs. 

J’qi interrogé tous ces malades pour sayoir si, pendant leur 
sommeil, leur attention, leurs rêves avaient été dirigés vers les 
idées qui se rapportent aux organes de la reproduction. Toutes 
les réponses ont été négatives. 

Du côté de l’innervation, les faits sont nombreux et dignes 
d’intérêt. Chez certains malades, le sommeil est un engourdisse¬ 
ment copiplet, la source des sensations, des idées, des mouve- 
mens est tarie, ils ne rêvent pas ; d’autres, au contraire, ont des 
songes. Celui-ci, adonné aux boissons alcooliques, rêve qu’il 


est en ivresse ; mais cependant il n’a pas oublié les chirurgiens 
qui l’entourent; celui-là (obs. n° 3) rêve qu’il se bat avec un 
employé, et il regrette de le faire devant son chirurgien qu’il 
sait être auprès de lui. 

Au réveil, chez presque tous nous avons remarqué de la lo¬ 
quacité, le plus souvent de nature gaie, ou seulement un peu 
d’exaltation; puis enfin, dans un délai rapide, l’intelligence, un 
instant détournée de sa route, rentre paisiblement dans son état 
normal. 

Exception assez bizarre, sauf le sujet féminin, tous ont eu des 
mouvemens musculaires, tantôt peu prononcés, tantôt exigeant 
une force répressive assez considérable (obs. n° 4). Cette agita¬ 
tion du système locomoteur se manifeste par des convulsions 
cloniques expansives, qui ne paraissent pas l’expression de la 
douleur. Bien différentes des convulsions quelquefois si inten¬ 
ses du sommeil éthéré, ces dernières ont une durée fort courte; 
dès qu’arrive le sommeil, la résolution est complète. Ntil n’a 
accusé comme phénomène consécutif de lassitude musculaire, de 
douleurs dans les membres. 

L’insensibilité, nous le savons, est le point capital ; elle est 
complète ; les malades n’ont, aucun souvenir de la douleur ; ils 
consentent, dans leur ignorance, à des opérations déjà faites. 
Ce qui prouve de plus que des trois fonctions du système ner¬ 
veux la sensibilité se réveille la dernière. Ici les phénomènes 
se rapprochent de ceux que l’éther produit, nous n’y insistons 
pas davantage. 

Organes des sens. — Le toucher partage le sort de la sensi¬ 
bilité tactile générale, il est anéanti. Le goût, l’odorat, sont si¬ 
multanément impressionnés par une de ces sensations mixtes, 
dans lesquelles il est difficile de faire la part respective des 
i deux sens. 

Les sujets répondent que le chloroforme a une odeur sucrée, 
un goût sucré; à cela se bornent les renseignemens. Bientôt 
même ils perdent tout sentiment de goût et d’odeur. Il en est 
différemment des sens de la vue et de l’ouïe. Sur nos cinq ma- 
‘ lades, trois sont doués d’une certaine intelligence, ils ontrendu 
compte des hallucinations qu’ils ont éprouvées^ C’était, pour 
| l’ouïe, des bourdonnemens très forts, des tintemens aigus, des 
bruits de cloche. 

Pour la vue, la malade (obs. n° 5) a vu de nombreux éclairs 
qui semblaient lui traverser l’œil, puis des bluettes, puis une 
tache de feu. Un autre (obs. n°3) croyait que son œil sortait de 
l’orbite et s’allongeait d’un pied, etc., etc. Un de mes collègues, 
M. Robert, interne de M. Ricord, m’a assuré avoir constaté des 
oscillations de la pupille. Je regrette de n’avoir pas examiné 
chez mes malades ce signe qui se rapporte à l’organe de la vi¬ 
sion. 

Comme phénomènes consécutifs, deux fois nous avons ob¬ 
servé (obs. 2 et 4) quelques troubles du côté des organes diges¬ 
tifs, de l’inappétence, du dégoût; chez un d’eux un vomisse¬ 
ment d’une interprétation facile. 

Ces perturbations nous paraissent trop légères pour attirer 
l’attention ; nous en dirons autant de la faible céphalalgie, du 
mouvement fébrile qu’a présentés le vigneron à la cuisse 
cassée. 

Voilà les faits exposés sans commentaires et sans rapproche¬ 
ment avec ceux qu’on a déjà publiés. Nous ajouterons encore 
que l’effet du chloroforme paraît se composer de deux périodes 
bien distinctes : une d’excitation peu prolongée, peu intense; 
la seconde de collapsus, dont la durée, beaucoup plus considé¬ 
rable, est très variable. 

Le temps nécessaire pour obtenir l’insensibilité est, en gé¬ 
néral, fort court; nous avons cherché, sans grand résultat, s’il 
existait quelque rapport entre la production plus ou moins 
rapide de l’ivresse du chloroforme et de l’ivresse par les alcoo¬ 
liques. 

Le chloroforme est donc un agent d’une rare énergie, et l’on 
conçoit les craintes qu’il inspire à des expérimentateurs dis¬ 
tingués; mais nous ferons remarquer que les faits sont, jus¬ 
qu’à présent, fort rassurans, et, en second lieu, que l’homme 
exige pour se saturer une quantité fort minime du produit; si 
l’on a la précaution de suspendre à temps les inspirations, les 
sujets n’absorberont qu’une faible quantité de cet agent, incon¬ 
testablement délétère à fortes doses. 

On remarquera sans doute que nos opérations ont été ou 
peu importantes ou d’une durée fort courte ; nous répondrons 
qu’à la faveur du sommeil consécutif, des opérations plus lon¬ 
gues pourraient être exécutées, et que rien, d’ailleurs, n’em¬ 
pêche de suspendre et de reprendre alternativement et avec 
prudence les inspirations. 

Un mot sur l’appareil instrumental. Le srnier appareil de 
M. Charrière parait réunir toutes les coKeÜJqns de commodité 
et d’efficacité; il exige également une moindre quantité de 
chloroforme. Ainsi, dix à douze grammes sont suffisans dans 
les conditions ordinaires où l’opération n’est pas trop longue, 
ni le malade trop réfractaire. Nous n’avons remarqué qu’une 
fois (obs. n° 1) les effets topiques du chloroforme ; peut-être 
doit-on les attribuer à l’appareil, peut-être à l’impureté de 
l’agent employé. Nous ne les avons pas retrouvés avec l’appa- 
reil en taffetas. 


PHARMACIE, MATIÈRE MÉDICALE ET REVUE 
THÉRAPEUTIQUE. 


REVUE THÉRAPEUTIQUE. 

De l’emploi des inhalations éthérées comme moyen curatif dans 
quelques ophthalmies. 

M. le docteur Mackensie, professeur d’ophthalmologie à l’université de 
Glascow, a publié, dans les Annales d'oculistique, quelques observations 
intéressantes sur l’emploi qu’il a fait des inhalations éthérées pour apaiser 
la douleur qui accompagne certaines maladies des yeux. Ses expériences 
ont porté sur des malades atteints d’ophthalmie scrofuleuse, de Cornéite, 
d’ophthalmie sympathique et de névralgie des branches de la cinquième 
paire, et les résultats qu’il a obtenus de ces tentatives sont assez remar¬ 
quables. 

Une jçune fille de quatorze ans entra à l’infirmerie de Glascow pour 
une ophtiialmie scrofuléusé datant de trois mois, et àccoiàpag’née de pho¬ 
tophobie. On employa les vomitifs, la rhubarbe, la belladone, les prépa- 










rations mercurielles, les vésicatoires, etc. Après un mois de traitement elle 
était dans un fort bon état, lorsqu’il survint une rechute. Sous l’influence 
des mêmes moyens nouvelle amélioration, puis bientôt seconde rechute 
avec impossibilité de supporter la lumière. Cette fois on eut recours aux 
inhalations d’éther. Après une minute et demie, le système musculaire se 
relâcha et la malade devint insensible. Elle resta ainsi pendant un inter¬ 
valle de temps semblable, et quand elle revint à elle, elle éprouvait moins 
de photophobie ; elle dit qu’elle se sentait beaucoup soulagée, et elle se 
rendit, sans guide, de la salle de consultation dans la salle d’attente en 
bas. Cette circonstance était d’autaut plus frappante que la malade éprou¬ 
vait une telle horreur de la lumière, qu’on avait été obligé ce jour-là, ainsi 
que les dix ou douze jours précédens, de la conduire à l’infirmerie. Elle 
resta une heure environ dans la salle d’attente, la photophobie n’était pas 
revenue pendant ce temps, et elle retourna à la maison les yeux ouverts,à 
la grande surprise de son guide. 

Cette expérience avait été faite le 6 mars. Le 9, l’amélioration de la pho¬ 
tophobie continuait, et ce symptôme ne s’est pas renouvelé. 

Une autre jeune fille se présenta dans le même établissement le 3 
mars 1847. Elle attribuait une double ophlhalmie dont était atteinte au 
regard fixe auquel elle avait été soumise pendant qu’on essayait de la ma¬ 
gnétiser. Quoi qu’il en soit, les deux cornées étaient excessivement opa¬ 
ques ; la droite était vasculaire et un peu aplatie. Elle distinguait à peine 
la lumière de l’ombre. On ordonna des frictions sur les paupières avec 
l’extrait de belladone, et la malade fit usage de trois grains de quinine 
dans la journée. Le 7, l’intolérance de la lumière était très grande et 
accompagnée de douleurs au-dessus de l’œil droit. On prescrivit l’inhala¬ 
tion de la vapeur d’éther sulfurique. 

A la date du 9, elle rapporta que l’intolérance de la lumière avait été 
beaucoup améliorée dans l’après-midi du 7. La douleur de l’œil droit était 
plus prononcée, l’œil gauche était un peu mieux. Le 11, la partie supé¬ 
rieure de la cornée droite paraissait un peu plus claire ; l’œil gauche était 
moins rouge. On renouvela l’inhalation qui dura environ deux minutes et 
demie, la malade devint insensible au bout de ce temps, et elle resta dans 
cet état pendant sept minutes. Après ce temps, elle put ouvrir les yeux, 
regarder librement autour d’elle et distinguer les différens meubles de 
l’appartement. On recourut encore trois fois aux inhalations d’éther, et, 
le 7 mai, les résultats obtenus étaient des plus satisfaisons. 

L’auteur ajoute : ce cas offre un exemple d’une des cornéites les plus 
graves que j’aie jamais vues. La guérison partielle qui a été obtenue, et 
qui persistera selon toute apparence, paraît être due principalement à 
l’inhalation de la vapeur d’éther sulfurique. 

Dans un troisième exemple, la photophobie fut également combattue avec 
succès par les inhalations d’éther, et ces trois faits, joints à quelques-uns 
du même genre observés par M. le docteur Cunier, font penser à l’auteur 
qu’on retirera des effets très avantageux des inhalations d’éther dans cer¬ 
taines opthalmies, alors surtout qu’elles seront compliquées de ce symp¬ 
tôme si commun et si rebelle aux moyens ordinaires, la photophobie. 

Des bains de sublimé dans les affections cutanées non fébriles chez 
les très jeunes enfans. 

M. le docteur Duclos (de Tours) a publié, dans le Bulletin de théra¬ 
peutique, une note dont le caractère pratique est de rappeler l’attention 
des médecins sur les bons effets des bains de sublimé dans certaines affec¬ 
tions de la première enfance. 

Après avoir montré combien sont vaines les craintes qu’inspire géné¬ 
ralement cette médication, M. Duclos rapporte quelques observations 
puisées tant à l’hôpital de Tours qu’à l’hôpital Necker et dans sa pratique 
particulière, et qui mettent en relief l’efficacité des bains de sublimé non 
seulement dans les maladies syphilitiques, mais dans les maladies eczéma¬ 
teuses, et en général dans toutes les affections cutanées non fébriles qui 
se manifestent chez les très jeunes enfans. Il convient seulement de suivre 
certaines règles pour que la médication conserve toujours sa puissance et 
son innocuité. Or, voici celles qui, dans l’espèce, sont indiquées par 
M. Duclos : 

On peut faire préparer à l’avance une solution de sublimé suffisante 
pour quelques bains, par exemple, ou, mieux encore, faire diviser la même 
quantité de sublimé en un certain nombre de paquets, un seul étant donné 
pour chaque bain. Si la mère doit accompagner l’enfant au bain, on pres¬ 
crit alors une solution dans les proportions suivantes : 

Pr. Sublimé.60 grammes. 

Alcool. 200 » 

pour quatre bains, chaque bain devant alors contenir 15 grammes de 
sublimé. „ 

Si le bain, au contraire, doit être pris par l’enfant seulement, on pres¬ 
crit une solution de : 

Pr. Sublimé.0 grammes. 

Alcool.40 a 

pour quatre bains, chaque bain formé de 20 litres de liquide, contenant 
ainsi 1 gramme de sublimé. 

On peut encore conserver la même proportion, en faisant préparer, 
non plus une solution, mais bien des paquets qui contiennent chacun, 
dans le premier cas, 15 grammes; dans le second cas, 1 gramme de subli¬ 
mé. Avec ces simples précautions, M. Duclos est convaincu qu’on doit 
éviter tout danger. ^ . .. 

La durée des bains a été d’environ une heure. Quant a leur nombre, il 
a varié jusqu’ici suivant la nature de la maladie. 

Dans l’eczéma impétiginodes, l’action du sublimé a été très manifeste 
dès le quatrième ou le cinquième bain, et la guérison complète après le 
dixième ou le douzième. 

Dans l’eczéma rubrum, les modifications apportées par les bains ont été 
moins rapides; mais on sait que cette forme, heureusement rare, est 
beaucoup plus rebelle aux agens médicamenteux que les autres variétés 
d’eczéma. L’effet thérapeutique, sensible d’ailleurs dès les premiers jours, 
n’a été véritablement complet qu’après trois semaines et souvent un mois 
de traitement, c’est-à-dire après vingt ou trente bains. 

Formule d’une solution ammoniacale qui a paru modifier très heu¬ 
reusement une coqueluche survenue chez un petit garçon amputé 

du pouce droit. 

Matin et soir, on portait sur les amygdales et le voile du palais un pin¬ 
ceau de charpie trempé dans une certaine quantité de la liqueur sui¬ 
vante : 


R. Ammoniaque liquide. . ..1 partie. 

Eau distillée.19 parties. 


Après cinq jours de traitement, les quintes ont totalement cessé. 

(Journal de médecine et de chirurgie pratiques.) 

Histoire, qualités, usages, recette véritable et préparation de l’em¬ 
plâtre de Bavière, spécialement employé dans le service de la cli¬ 
nique chirurgicale, pour comprimer les tumeurs blanches des par¬ 
ties dures. 

Depuis plusieurs siècles l’on se sert, à l’hôpital civil de Liège, d’un 
emplâtre adhésif portant le nom d’emplâtre de Bavière, parce que ce fut 
le prince-évêque Ernest de Bavière qui fonda cet établissement créé par 
le bon et compatissant chanoine Didens, son ami intime. 

L’invention de cet emplâtre est due à l’une des sœurs hospitalières qui 
s’occupaient de la pharmacie de cet hôpital; et il paraît que ce fut après 
grand nombre d’essais, de tâtonnemens,stimulée par le noble désir d’être 
utile aux pauvres malades, qu’elle parvint à son but précieux, c’est à- 
dire à la découverte de l’emplâtre remarquable dont la réputation juste¬ 
ment méritée a constamment grandi, au point qu’il est aujourd’hui géné¬ 
ralement employé dans toute là province de Liège. 

Il est bien à regretter que le nom de la religieuse bienfaisante, inven¬ 
trice de l’emplâtre de Bavière, ne soit pas parvenu jusqu’à nous, comme 
celui de la mère Thècle, de l’Hôtel-Dieu de Paris, qui, elle aussi, dota 
Part médical et la pharmacie d’un onguent suppuratif devenu célèbre, 


52 

dont la composition se trouve insérée dans tous les formulaires médicaux 
et pharmaceutiques, et qui transmettra sa mémoire chérie jusqu’à la pos¬ 
térité la plus reculée. 

La véritable recette de l’emplâtre de Bavière a été tenue secrète aussi 
longtemps que les religieuses dirigèrent la pharmacie de l’Hôpital de Ba¬ 
vière. Les pharmaciens qui, depuis une vingtaine d’années, ont succédé 
aux sœurs dans la direction de la pharmacie centrale des Hospices civils 
de Liège, s’empressèrent toujours de communiquer la formule exacte de 
cet emplâtre et la manière de le préparer, à leurs confrères et aux méde¬ 
cins qui la leur demandèrent. Enfin M. Alexis Thomas, qui est aujourd’hui 
à la tête de ladite pharmacie, désireux de propager l’emploi de cet excel¬ 
lent adhésif, publia, en 1845, dans le Journal de pharmacie d’Anvers, 
un article intitulé : Note sur l’emplâtre agglutinatif de l'Hôpital de 
Bavière : c’est de ce travail que nous extrayons les renseignemens précé¬ 
dens et ceux que l’on va lire. 

L’emplâtre de Bavière bien préparé, étendu sur une toile de lin ou de 
coton et roulé, se conserve longtemps, est très flexible, ne se fendille pas 
et peut être manié avec autant de facilité que du taffetas gommé. On 
l’emploie avec le plus grand succès pour réunir les chairs séparées par 
les instrumens tranchans, ou meurtries. Il est aussi très propre à fixer 
la pierre à cautère, et à borner l’escharre qu’elle produit, de même qu’à 
circonscrire l’action de la poudre de Vienne. Appliqué sur la peau, il y 
adhère à l’instant même et parfaitement ; cependant on peut le détacher, 
peu de temps après, sans la moindre difficulté et sans que la couche em- 
plastique s’en sépare : aussi ne laisse-t-il presque jamais des traces qu’il 
faille enlever. 

C’est surtout dans la compression chirurgicale que l’extrême flexibilité 
de l’emplâtre de Bavière est précieuse : on le coupe en bandelettes, et il 
se prête à tous les plis et replis que l’opérateur veut lui faire prendre, 
sans s’échauffer sensiblement et coller aux doigts, comme le font tant 
d’autres agglutinatifs. Après son séjour même assez long sur le membre 
comprimé, il y adhère encore assez fortement, tout en s’étant desséché 
au point de pouvoir être enlevé tout d’une pièce, au moyen d’une incision 
longitudinale, sans nuire aucunement à l’étatde la partie qu’il recouvre.— 
Il est encore une considération bien importante en faveur de ce médica¬ 
ment, c’est son bas prix : le produit de la recette qui se trouve ci-après 
est de 13 kilogrammes, et il ne revient qu’à environ 18 francs ! Cepen¬ 
dant il y aurait là, peut-être, de quoi préparer assez de bandelettes'ag- 
glutinatives pour panser tout un régiment, après une bataille meurtrière. 
Aussi souhaitons-nous vivement, et nous espérons même de le voir adop¬ 
ter un jour dans les hôpitaux et infirmeries militaires. 

Tous les praticiens de Liège et des environs font un usage très fréquent 
de l’emplâtre de Bavière, et, ce qui prouve suffisamment en sa faveur, 
MM. les professeurs Ansiaux et De Lavacherie l’emploient journellement 
avec beaucoup de succès dans leurs cliniques. Ce dernier se plaît même, 
tant il juge cet agglutinatif utile, particulièrement dans l’application de 
l’appareil inamovible, à le faire connaître aux savans étrangers qui, sou¬ 
vent, assistent à sa clinique : convaincus de sa supériorité, toujours on 
les a vu exprimer le désir d’en avoir la recette, que M. le pharmacien des 
hospices s’est chaque fois fait un plaisir de leur communiquer, ainsi que le 
mode de préparation. 

Contrairement aux autres agglutinatifs et surtout à celui dont on se sert 
dans tous les hôpitaux de Belgique et de France, l’emplâtre de Bavière ne 
produit jamais ni érysipèle ni efflorescence ; or c’est là, on le sait, une 
considération de la plus haute importance. Ajoutons encore qu’il possède 
la propriété d’entretenir la peau dans un état favorable de douceur et de 
souplesse. 

M. De Lavacherie a surtout introduit son emploi dans tous les cas qui 
réclament l’usage de la compression, comme les maladies chroniques des 
articulations, les tumeurs blanches, les orchites, etc. C’est avec cet em¬ 
plâtre, coupé en bandelettes longues de deux à trois aunes, larges d’un 
demi-pouce et roulées à la façon des bandes ordinaires, qu’on exerce une 
compression constante et vraiment efficace. Aulieu de commencer, comme 
il est d’usage, par l’extrémité inférieure du membre, on fait porter les 
premières circulaires sur l’articulation malade, sur l’endroit où la tumé¬ 
faction est le plus prouoncée; les autres sont dirigées obliquement, afin 
d’éviter les godets, qui dénoteraient que la compression est mal faite. En 
superposant plusieurs couches de bandelettes agglutinatives, on parvient 
à exercer la compression la plus forte. Les nombreux succès obtenus, 
dans ces dernières années, à l’hôpital civil de Liège, prouvent l’excel¬ 
lence de la compression emplastique, appliquée aux arthropaties. 

Voici la composition originale, telle qu’elle est arrivée jusqu’à nous 
soigneusement conservée, et le mode de préparation de l’emplâtre agglu¬ 
tinatif de l’hôpital de Bavière : 

P r Minium. 4,500 grammes. 

(1) Huile d’olives .... 5,500 » 

Cire jaune. 500 » 

Colophane. 700 » 

(2) Térébenthine de Bordeaux 1,500 » 

On place l’huile dans une bassine en cuivre beaucoup plus grande et 
plus haute que la masse des composans ne semblerait l’exiger ; on la met 
sur un feu bien allumé, et, à l’aide d’un tamis en crin, on y fait pleuvoir le 
minium en poudre, en remuant continuellement avec une large spatule en 
fer, jusqu’à ce que la matière monte légèrement en répandant une odeur 
acétique et empyreumatique. Alors on enlève la bassine du feu, on la 
porte à l’air et l’on continue à remuer : la masse se boursouflle considé¬ 
rablement, bouillonne tout à coup, et, de rouge qu’elle était, elle passe 
rapidement au brun, en dégageant une vapeur épaisse et de nombreuses 
bulles de gaz qui viennent crever à sa surface, formées d’eau, d’acide 
carbonique, d’acide acétique, d’hydrogène carboné et d’oxyde de carbone. 
Ces gaz et ces vapeurs ont une odeur très pénétrante ; ils contiennent, 
sans doute, l’acroléine, remarquable surtout par son action insupportable 
sur les yeux et les organes respiratoires. Bientôt cette effervescence 
s’apaise, et la masse reprend son volume primitif. En ce moment, la com¬ 
binaison est complète, ce dont on peut s’assurer en retirant du fond de la 
bassine la spatule chargée de matière : on n’y aperçoit plus un seul point 
de minium. Ensuite les autres ingrédiens y sont ajoutés, en ayant soin de 
n’y verser la térébenthine qu’à la fin, et l’on remue jusqu’à refroidisse¬ 
ment dans le but d’obtenir un produit parfaitement homogène. 

Pour retirer l’emplâtre de la bassine on la place sur un feu très doux; il 
se détache, et au moyen de la spatule qui y est restée, on l’enlève, on le 
met sur une pierre mouillée où il est arrosé avec de l’eau froide pendant 
quelques instans. La masse est ensuite coupée en morceaux et renfermée 
dans une caisse. Quand on veut s’en servir on la fait fondre à une douce 
chaleur et on l’étend sur une toile de lin ou de coton, au moyen du spara- 
drapier, ou d’une large spatule en fer, couches par couches. Après quel¬ 
ques minutes, lorsque le sparadrap est refroidi on coupe, s’il est néces¬ 
saire, les deux extrémités et les bords de la toile, et on la roule sur elle- 
même. 

(Revue médicale, phar. et hipp. de Liège.) 


VARIÉTÉS. 

DE LA MORTALITÉ DANS LES VILLES MANUFACTURIÈRES. 

Au sujet de la création d’un hôpital pour les enfans pauvres, MM. Gos- 
selet, docteur en médecine, et Loiset, vétérinaire, membre du Conseil de 
salubrité de Lille, ont fait un rapport qui contient des détails effrayans 
sur la mortalité causée parles manufactures.Les proportions établies entre 
les districts agricoles et manufacturiers, par rapport aux décès et aux 


(1) Par économie on peut substituer à l’huile d’olives celle de pavots qui coûte 
moins cher, sans nuire aux qualités de l’emplâtre, somme cela se pratique actuellement 
à la pharmacie centrale des hospiees. 

(2) En employant la térébenthine de Venise au lieu de celle de Bordeaux, l’emplâtre 
se conserve plus longtemps. 


naissances, sont une leçon dont devrait profiter l’administration et surtout 
l’administration sanitaire de la France, si elle existait. L’agriculture nour¬ 
rit les populations, prolonge la vie des laboureurs, en fait des hommes 
forts, robustes ; la manufacture les tue. C’est un acte d’accusation, un ré¬ 
quisitoire médical par des chiffres. Ecoutons les auteurs du mémoire : 

L’ensemble des causes délétères, quelles qu’elles soient, progresse avec 
le développement de la manufacture. Ces causes, nous ne pouvons les 
ignorer : elles sont connues de tous, elles se résument dans l’insuffisance 
du salaire des travailleurs, et le prix relativement élevé, dans les grands 
centres, des objets de première nécessité. 

De nombreux travaux désignent les fréquentes infractions aux règles 
d’une saine hygiène, devenues banales aujourd’hui, et pourtant si négli¬ 
gées : habitations insalubres, par la situation, la température, l’aération, 
l’humidité, l’insolation ; habitudes d’ivresse, d’imprévoyance, de malpro¬ 
preté ; alimentation incomplète et souvent de mauvaise nature ; travail 
prolongé au milieu de conditions souvent mauvaises et malsaines. 

Le résultat de ces influences peut seul nous occuper ici ; c’est lui que 
nous allons poursuivre en arrivant, enfin, à considérer notre ville et notre 
département, avec leur extension manufacturière, réagissant sur la mor¬ 
talité de l’enfance. 

Parmi les arrondissemens du département du Nord, celui d’Avesnes, 
éminemment agricole, bien que des manufactures y naissent depuis peu 
sur plusieurs points, pouvait nous servir de point de départ. 

Il naît, de cette comparaison, plusieurs remarques très importantes. 
Le chiffre des naissances suit partout une voie de progrès; à Lille seule¬ 
ment il reste stationnaire. 

L’accroissement de la population résultant de la différence entre les 
naissances et les décès, qui est en moyenne dans l’arrondissement d’Aves¬ 
nes de 695 par année, pour celui de Douai de 404, pour la ville de Rou¬ 
baix de 413, pour Tourcoing de 320, n’est plus pour la ville de Lille que 
de 51, et dans le troisième arrondissement de cette ville, le chiffre des 
décès en 1844 et 1846, dépasse de beaucoup celui des naissances. 

L’accroissement de la mortalité s’opère d’une manière complètement 
inverse.Dans l’arrondissement d’Avesnes, il meurt avant l’âge de 5 ans 
20, 1, enfant pour 100 naissances (ce n’était que 17, 3 en 1846). Dans 
l’arrondissement de Douai, cette même mortalité est de 31, 5 pour 100. A 
Roubaix, où l’on compte peu d’ouvriers de la localité, où ils arrivent par 
bandes des villages voisins et surtout de la Belgique, où la population tra¬ 
vailleuse qui l’habite est souvent retrempée par des populations nouvelles, 
on trouve 34, 9 décès avant 5 ans pour 100 naissances. A Tourcoing, où 
l’ouvrier sédentaire a, pour ainsi dire, vieilli sous le harnais, c’est déjà 
56, 2 décès sur 100 enfans au-dessous de 5 ans. A Lille, malgré la ri¬ 
chesse, malgré le commerce, malgré tant de secours donnés aux indigens, 
la moyenne de 7 années nous prouve qu’il meurt 59, 2 pour 100 naissan¬ 
ces. avant les 5 premières années. De degré en degré nous arrivons ainsi 
à démontrer que la mortalité des enfans de 0 à 5 ans, est, dans notre ville, 
le double de ce qu’elle est dans l’arrondissement d’Avesnes. 

MM. Gosselet et Loiset examinent ensuite la mortalité de Lille entre les 
rues où demeurent les personnes riches, aisées, et celles où demeure la 
classe ouvrière. 

La proportion générale des décès des enfans nés dans les rues pauvres 
et morts avant 5 ans, est de 70,1 pour 100. 

Dans la rue Royale, généralement opulente, il y a 9 décès avant 5 ans 
sur 31 naissances, proportion un peu moins favorable que celle des plus 
belles rues de la capitale, où il y a 32 pour 100 jusqu’à 10 ans. 

Quelle énorme différence surgit tout à coup entre le cloaque du dou¬ 
zième arrondissement de Paris, la rue Mouffetard et notre rue des Etaques, 
si fidèle au malheur. Là 59 décès avant dix ans, pour 100 décès généraux, 
ici 93, 8 décès avant cinq ans, pour 100 naissances ! En d’autres termes, 
il meurt, avant la cinquième année, 1 enfant sur 3 naissances dans la rue 
Royale, 7 sur 10 dans les rues pauvres, et dans la rue des Etaques, con¬ 
sidérée seule, c’est sur 48 naissances, 46 décès, avant cinq ans, que nous 
trouvons !... 

Sommes-nous donc si loin de l’Angleterre? Sur 21,152 enfans il en 
meurt, à Manchester, 20,726. 

Nous voudrions conserver le calme, si indispensable alorsqu’on expose 
des faits, mais tous nos instincts se soulèvent devant ce résultat d’une 
civilisation incomplète ; et jusqu’à ce qu’on nous ait entendu, nous ne 
cesserons de répéter aux puissans du jour: « Là, à deux pas de vous, dans 
la demeure de l’ouvrier qui a tissé votre fortune, sur 25 enfans, un seul 
peut atteindre la cinquième année !... » 

Voilà les résultats de la manufacture sur l’enfance ; suivons-les dans l’âge 
adulte. 

Quelle est, sous le rapport physique, cette population, amie du travail, 
qui vient chaque jour s’empresser dans nos ateliers pour y élaborer les 
somptueux objets dont s'entoure notre luxe, obtenant à peine, après quinze 
heures de travail, de quoi parer aux besoins les plus impérieux? Quelle 
est-telle ?... Les tables de révision sont là pour répondre, et leurs chiffres, 
posés comme de vastes équations, semblent attendre qu’on en dégage les 
inconnues. Elles établissent que dans les villes manufacturières, et dans 
Lille principalement, le contingent ne peut être atteint qu’en appelant 
aux conseils de révision plus du double de ce qu’il faudrait ailleurs. Elles 
montrent que chaque année augmente les difficultés. En 1841, il y eut 95 
réformes prononcées pour défaut de taille, dans l’arrondissement de Lille, 
et 25 seulement dans celui d’Avesnes; dans celui-ci, pour 300 hommesva- 
lides, on en examine 390, dans celui là,pour le même nombre, il faut visiter 
537 conscrits. 

Ne suffit-il point d’ailleurs, de regarder autour de soi pour éprouver 
cette pénible oppression qui naît du spectacle de la dégénération de la 
race humaine condamnant à la misère et aux infirmités une partie de 
la génération présente, et qui tend à s’accroître dans les générations à 
venir ? 

Loin de nous la pensée d’improuver le développement donné à l’indus¬ 
trie manufacturière, et les recherches qui en signalent les immenses 
avantages aux hommes éclairés ; mais il faut aussi montrer le revers de 
la médaille, il faut que chacun ait son compte et que la population travail¬ 
leuse ne soit pas jugulée au berceau ; il faut que la plante qui doit donner 
je froment ne soit pas dévorée à sa naissance. 


NOUVELLES. — FAITS DIVERS. 


Paris. 

— Les médecins commis par le tribunal pour examiner l’étal mental du 
comte Mortier, ont déclaré à l’unanimité qu’il ne doit pas être autorisé à 
sortir de la maison de santé où il est placé. 

Dcpartemens. 

— Les élèves en médecine de l’Ecole de Lyon viennent d’envoyer à 
M. Bérard, ex-doyen de Montpellier, une lettre de félicitation. 

— La scarlatine règne à Orléans. La garnison compte à l’hôpital 60 
soldats atteints de cette maladie. 

Étranger. 

— La mortalité a considérablement diminué à Londres depuis la se¬ 
maine dernière. Elle n’a été que de 1376. Elle avait été, la semaine précé¬ 
dente, de 1599. Elle reste cependant de beaucoup au-dessus de la moyenne 
(1107). Il y a encore eu un certain nombre de morts par l’ influenza, 
102 . 

classification scientifique. — On a découvert récemment, dans 
un coin fort éloigné de l’Irlande, un squelette enveloppé dans une peau de 
mouton. La nouvelle en est parvenue à un éditeur de journal, qui l’a 
annoncée immédiatement dans un entre-filet avec ce titre : Restes fossiles 
d’un gentilhomme irlandais !... ( Herald. ) 


Typographie FÉLIX MALTESTE et C*, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, 18. 






















Je® 


jeudi a© Janvier 184*. 


DEUXIÈME AISÉE. 


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- _ MCmîIi o» et ABBKBX-BOCHDB, uaralt trois fols par semaine, le MAEDI, le «rm et le SAMIM. 

“ rZL,, ISSM. »<W » ** U», « .1 — l'Administration, * M. le « n.cwioT, «mal. 

Lu Lettret et Paqmti doivent être affranchit. _' 


sommai»* — I. Sur la séance de l’Académie de médecine. — Les correspon- 
dans de l’Académie de médecine. - II. Travaux originaux : Du délire dans la 
pneumonie —III. Revue clinique des hôpitaux et hospices (medecme) : 
Hôtel-Dieu, service de M. Louis. - IV. Académies, sociétés savantes et asso¬ 
ciations (Académie des sciences) : Rapport. - Recherches expérimentales sur les 
fonctions delà rate et sur celles de la veine-porte. - Mémoire sur le cuivre physio¬ 
logique — Expériences d’éthérisation sur les animaux. — Altération momentanée 
du sang. — (Académie de médecine) : Correspondance. - Observations d’accou¬ 
chement pratiqué pendant le sommeU chloroformique. — Localisation de la parole 
dans les lobules antérieurs du cerveau. — Rapports : Exposé d’une méthode sûre et 
prompte pour guérir la syphilis au moyen des préparations d’iode.- V. Revue des 
journaux (journaux de Paris). Gazette médicale : Académie de médecine; loca¬ 
lisation de la faculté de la parole. — Note sur la thérapeutique des blennorrhagies. 
— Fièvre typhoïde compliquée de croup laryngo-bronchique. — VI. Nouvelles et 
Faits divers. — VII. Feuilleton : A.-J.-L. Jourdan. 


PARIS, MR 1» JANVIER 1848. 


SCR LA SÉANCE DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE. 

L’Académie de médecine a passé sa séance avec un long rap¬ 
port verbal de M. Renauldin, notice bibliographique fort 
étendue sur l’ouvrage du professeur Moij’Sisovies, relatif au 
traitement des maladies syphilitiques par les préparations 
d’iode.A part la doctrine de spécificité, à laquelle le professeur 
de Vienne ne semble pas renoncer, ses idées thérapeutiques 
sont celles qui, depuis longtemps, sont connues en France, et 
qui ont eu pour principal patron un médecin, aujourd’hui 
membre assez embarrassé de la Chambre des députés, M. le 
docteur Richond des Brus. 

Il y a longtemps que l’Académie de médecine ne nous a 
donné l’occasion de nous étendre un peu plus sur ses travaux. 
Ses dernières séances n’ont offert qu’un intérêt très médiocre. 


LES CORRESPONDANS DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE. 

L’Académie a dû s’occuper hier, en comité secret, d’arrêter 
la liste d’une nouvelle série de membres correspondons, qu’elle 
nommera sans doute mardi prochain. Nous ne connaissons pas 
le travail de la commission, nous ne savons pas, par consé¬ 
quent, quels sont les noms qu’elle aura mis sur la liste. Nous 
ne pouvons qu’engager l’Académie à porter dans ses votes tout 
le soin et toute l’attention désirables. Le titre de correspondant 
de l’Académie doit être une récompense et non une faveur. 
Les confrères qui en sont revêtus acquièrent par cela même 
une supériorité de position qui doit être méritée par des ser¬ 
vices réels rendus à la science. L’Académie ne peut, ne doit se 
“préoccuper que de ce seul point, et nous espérons qu’elle fera 
justice des recommandations de certains préfets qui agiraient, 
dit-on, soit pour faire nommer leurs amis, soit pour éloigner 
les adversaires de leur administration. 

Sera-t-il dit que les passions, les intérêts politiques envahi¬ 


ront même le sanctuaire austère de la science? Quels antécédens 
pour les médecins communaux! 


TRAVAUX ET MÉMOIRES ORIGINAUX DE MÉDECINE 

ET DE CHIRURGIE* 

DE THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE ET APPLIQUÉE, 
u DÉLIRE DANS la pnecmonie j — Leçon clinique de M. Grisolle. 
Parmi les accidens cérébraux qui peuvent compliquer la 
pneumonie, le délire est assurément un des plus fréquens et 
des plus graves. Ce phénomène offre de l’importance non seu¬ 
lement parce qu’il est dû à des causes diverses, qui offrent 
souvent des indications opposées, mais encore parce qu il peut, 
dans certains cas, donner le change sur la maladie et faire 
croire à une maladie cérébrale là où existe une pneumonie. 

Il est donc à un haut degré digne de l’attention des praticiens. 
Avant d’aborder les détails que comporte l’étude de cette com¬ 
plication, il nous paraît intéressant de montrer par 1 observa¬ 
tion suivante combien, dans les cas de ce genre, une erreur 
de diagnostic est facile et quelle attention est nécessaire pour 
l’éviter. 

Une femme de soixante-cinq ans, couchée aun” 24 de la Sainte-Anne, 
est apportée à l’hôpital le 20 décembre dernier. Cette femme était en 
proie à un délire furieux, elle vociférait, faisait des mouvemens désordon¬ 
nés, et était dans une telle agitation, que pour laisser quelque repos aux 
malades de la salle, on fut obligé de lui faire passer la nuit dans la cham- 

^Le lendemain, à la visite, il ne nous était parvenu aucun renseignement 
sur cette femme, elle était elle-même hors d’état de nous en donner. Nous 
ne pûmes que constater les symptômes suivans : délire continu ; la malade 
parle haut, chante, tient les propos les plus désordonnés. Rien ne peut 
attirer ou fixer son attention. De temps en temps elle vocifère e pousse 
des cris aigus. La face est modérément injectée, presque pale ; les yeux 
sont fixes, hagards, sans éclat bien notable ; le front n’est pas chaud ; les 
pupilles sont également dilatées et mobiles. Elle paraît entendre quand on 
lui parle, mais on ne peut obtenir de réponse sensée. Agitation continuel e 
et désordonnée des membres, sans traces de convulsions. Elle tient te 
tronc fixe et raide, et tous les efforts pour la faire asseoir restent momen¬ 
tanément superflus. , . . , . 

La langue est pâle, sèche, couverte d’un enduit assez épais a la Dase, 
le ventre est assez souple ; elle n’a pas eu de selles depuis son entrée. 

Les battemens du cœur sont précipités, sans bruit anormal ; le pouls 
est petit, faible et très fréquent (120). Cette circonstance fit immédiate¬ 
ment soupçonner l’existence d’une pneumonie; et en effet, on parvint a 
grands efforts à tenir la malade quelques instans soulevée, et 1 on put 
constater qu’il existait à la partie postérieure du poumon gauche un souffle 
bronchique très intense, qui s’étendait dans les deux tiers inférieurs du 
poumon. A la base, et à quelques travers de doigt au-dessus de la limite 
supérieure du souffle, celui-ci était mêlé de râle crépitant a bulles assez 
grosses. A la partie postérieure droite la respiration était normale. A la 
partie antérieure de la poitrine, la percussion et l’auscultation n offraient 
aucun phénomène morbide. 


(On prescrivit l’application d’un large vésicatoire sur le côté gauche, et 
une potion à 0,40 d’émétique, à prendre par cuillerées d heure en 

Le 22, la potion a déterminé quelques vomissemens verdâtres bilieux, 
nsi que deux selles. , . 

Le délire a continué toute la journée avec les mêmes caractères de 
violence. Il a un peu diminué dans la soirée, bien que la malade continuât 
à déraisoner ; mais la nuit a été fort agitée. Ce matin le délire a considéra¬ 
blement diminué ; la malade tient encore des propos incohérens ; mais on 
parvient à fixer son attention et à apprendre qu’elle est malade depuis 
quinze jours, qu’elle a été prise de la grippe ; que quelques jours après il 
est survenu un point de côté ; qu’elle a toussé beaucoup et qu’on lui a 
appliqué douze sangsues à l’anus, lesquelles ont fait perdre beaucoup de 
sang. Nous ne pouvons savoir quand a commencé le délire. 

La poitrine, examinée avec soin, nous a fait constater qu’il existait en 
arrière et à gauche, dans les trois quarts inférieurs de la poitrine, une 
submatité évidente. Dans ces points on entendait, à la limite supérieure 
de la matité, le bruit respiratoire mélangé de gros râle crépitant; plus bas 
du râle crépitant mêlé de souffle à l’expiration ; enfin, au niveau de 1 an¬ 
gle inférieur de l’omoplate, dans l’étendue de trois à quatre travers de 
doigt, du souffle bronchique pur qui était mêlé à la base avec un râle sous- 
crépitant abondant. Dans le reste de la poitrine la percussion et l’aus- 
cultation ne constatent rien d’anormal. Les voies digestives n offrent pas 
de lésion particulière, Le pouls est assez raide et moins fréquent (104). 
(Continuation de la potion.) 

Le 23, la potion est tolérée. La journée et la nuit ont été assez calmes 
pour qu’on ait laissé la malade dans les salles. Ce matin, il y a encore un 
peu de divagation et d’incohérence dans les idées, mais elle répond net¬ 
tement aux questions qu’on lui adresse, et ne varie pas sur les renseigne- 
mens qu’elle a donnés hier. Elle nous affirme n’être nullement adonnée aux 
alcooliques, et boire à peine un peu de vin à ses repas. Elle nous dit seu¬ 
lement qu’elle est d’une grande susceptibilité nerveuse ; que depuis 1832 
où elle fut atteinte du choléra, la moindre émotion lui donne des frayeurs, 
des tremblemens et des attaques de nerfs. 

Les signes fournis par l’auscultation n’ont pas varié, sauf que le souffle 
est mélangé de râle crépitant dans toute la hauteur du poumon. 

Le pouls est encore fébrile (100). 

(Potion stibiée à 0,50.) 

Le 24, le délire a complètement cessé; il y a encore un peu d’exagé¬ 
ration dans les idées, mais les réponses sont justes et sensées. 

Mêmes phénomènes du côté de la poitrine. 

La pouls a diminué de fréquence (96). 

Depuis ce jour le délire n’a pas reparu ; les symptômes du côté de la 
poitrine ont été successivement en diminuant; et le 30 décembre il ne 
restait plus à base de la poitrine, du côté gauche, qu’un peu de souffle 
bronchique limité à l’angle inférieur de l’omoplate; au-dessus et au-dessous 
de ce point, on trouvait des râles muqueux et sous-crépitans disséminés. 
L’état général est très satisfaisant ; la malade a de l’appétit ; la peau a sa 
chaleur normale, et le pouls est de 76 à 84. 

L’observation que nous venons de rapporter présente à la 
fois un exemple de pneumonie latente par exagération des phé¬ 
nomènes sympathiques, et de délire maniaque compliquant la 
pneumonie. Ce délire, en effet, était porté à un si haut degre, 
que lors de l’entrée de la malade à l’hôpital, il fit croire à une 


Feuilleton. 


A.-i.-L. jolrdan; par M. Bégin. 

Antoine-Jacques-Louis Jourdan, chevalier de l’ordre royal de la Légion- 
d’Honneur, membre de l’Académie royale de médecine, de la Société 
médicale d’émulation, et d’un grand nombre de sociétés savantes, natio¬ 
nales et étrangères, naquit à Paris le 29 décembre 1788. Son père occu¬ 
pait une position supérieure dans l’administration des finances, et était 
lui-même maître ès-aris ; et, bien que nous ne possédions aucun détail 
sur la jeunesse de Jourdan, tout porte à penser qu’ayant fait de brillantes 
études au collège Sainte-Barbe, rien ne fut négligé pour son éducation. 

Appelé par son âge, ainsi qu’il nous l’apprend dans une de ses préfaces, 
au service de la patrie, Jourdan partit le 2 juin 1807, pour la grande 
armée, en qualité de chirurgien sous-aide, avec le regret, ajoute-t-il, de 
n’avoir pas acquis encore toutes les connaissances nécessaires dans l’état 
qu’il allait exercer. Employé d’abord à cinq cents lieues de Paris, aux 
portes de Kœuigsberg, il fut bientôt appelé par Percy, au quartier géné¬ 
ral, à Berlin. 

Dans les momens de loisir que lui laissaient ses fonctions, Jourdan se 
livra à l’étude de la langue allemande, et entreprit la traduction d’un ou¬ 
vrage peu connu en France, sur une maladie bien moins connue encore : 
le Traité de la plique polonaise, par de La Fontaine, premier chirur¬ 
gien du dernier roi de Pologne. Cette traduction, qui devait être suivie de 
tant d’autres, parut en 1808, et fut dédiée à M. le professeur Duméril, 
dont Jourdan s’honora toujours d’avoir été l’élève, au Muséum d’histoire 
naturelle, et qui avait eu pour lui des bontés toutes paternelles. 

Dans ce premier produit de sa plume, Jourdan ne se montre pas seule¬ 
ment traducteur exact; il étudie lui-même le sujet du livre qu’il trans¬ 
porte dans notre langue, l’enrichit de notes, le fait précéder d’une préface 
dans laquelle il résume les opinions accréditées sur l’origine, les causes et 
la nature de la plique ; en un mot, il expose, avec une clarté parfaite, 
l’état d’une question alors vivement débattue, et termine son travail par 
la liste de tous les auteurs qui s’en sont occupés, afin de mettre les lec¬ 
teurs à même d’apprécier le mérite du traité de de La Fontaine, et de se 
livrer facilement à des recherches plus étendues. Cette méthode philoso¬ 
phique lit le plus grand honneur au jeune Jourdan; c’est celle qu’il a dès 


lors constamment suivie, et qui forme le caractère distinctif, comme elle 
constitue un des principaux mérites de ses productions. 

De 1807 à 1814, Jourdan prit part aux différentes campagnes de la 
grande armée, alliant toujours aux obligations et aux fatigues de sa profes¬ 
sion, le travail de la science, qui était pour lui un besoin incessant, et le 
seul délassement qui sût goûter. Sa manière de servir et son dévoument 
étaient exemplaires. Le 2 octobre 1809, il fut signalé, par le chirurgien- 
major Perrin, chef de l’ambulance de la troisième division du deuxième 
corps, comme ayant rendu des services importans, depuis le commence¬ 
ment jusqu’à la fin de la campagne. Mais Jourdan, retiré habituellement 
au milieu de ses livres, empressé seulement à établir avec les savans des 
différentes villes où il séjournait des relations profitables à son instruction; 
Jourdan fuyait le bruit, dédaignait de se faire valoir, et n’obtint qu un 
avancement bien au-dessous de ses éminentes qualités. Nommé aide-ma¬ 
jor au 72 e ligne en 1808, il passa dans le même grade au Val-de-Grace en 
1811; et, peu de temps après, aux ambulances de la garde impériale. 
Malgré l’activité des guerres de cette époque, et le nombre des vides 
qu’elles occasionnaient, c’est dans cette position que le licenciement géné¬ 
ral de l’armée, en 1814, trouva Jourdan, et le rendit à la vie civile. Tou¬ 
tefois, il avait été décoré de l’ordre de la Réunion en 1813, et le fut de 
l’ordre de la Légion-d’Honneur en 1821. 

Devenu complètement libre, Jourdan put se livrer tout entier a son 
goût, ou plutôt à sa passion pour la littérature scientifique. Retiré avec sa 
mère, qu’il entourait des soins les plus tendres, son univers était son ca¬ 
binet, ses livres, sa société presque exclusive ; deux ou trois amis très in¬ 
times, son libraire et ses imprimeurs, qui suffisaient à peine à sa prodi¬ 
gieuse fécondité, constituaient à peu près le cercle de ses relations. 

Plusieurs circonstances provoquèrent les travaux de Jourdan, et leur 
imprimèrent l’activité incroyable dont nous avons été témoins. A la suite 
des guerres où les principes de la liberté et les bases de la civilisation, 
bien plus que les limites des empires ont été disputés, les esprits, surexci¬ 
tés par la lutte, semblent ne pouvoir épuiser que graduellement 1 impul¬ 
sion qu’ils ont reçue. Aux combinaisons des champs de bataille, a la dis¬ 
cussion des problèmes sociaux, succèdent les travaux des sciences, les 
spéculations de la philosophie : l’histoire renoue la chaîne des temps; a 
nature est de toutes parts interrogée, les découvertes se multiplient ; la 
pensée du progrès humain reprend son empire, ou plutôt se jette dans une 
voie nouvelle, qu’elle parcourt avec non moins d’ardeur qu’elle en mettait 


à dévorer la voie précédente. En Allemagne surtout, dont l’insurrection 

contre la domination étrangère avait eu pour origine la coalition des in¬ 
telligences, le soulèvement unanime des passions généreuses et du patrio¬ 
tisme • en Allemagne, après la paix, les universités continuèrent a être 
des foyers d’où jaillirent, dans toutes les directions, des faisceaux de 

1U La langue allemande était alors peu cultivée parmi nous. Les livres de 
nos savans voisins restaient en grande partie ignorés, ou ne servaient quel- 
ouefois qu’à de clandestins plagiats. Jourdan, en relation avec les hommes 
les plus distingués que ses pérégrinations lui avaient fait connaître, s'indi¬ 
gnait de cet état d’abandon ou de dédain d’une littérature dont il admirait 
les profondeurs, la richesse, l’originalité. Il est honteux, disait-il, pour 
notre pays d’ignorer le plus grand mouvement intellectuel qui ait eu lieu 
jusqu’ici et qu’on n’ait pas mis les Français à même de l’apprécier. C’était 
là sa pensée dominante : en répandant, en popularisant en France les li¬ 
vres allemands, il crut rendre et rendit effectivement un signalé service 
aux deux pays, en même temps qu’il exerça une influence considérable et 
salutaire sur leurs travaux, et même sur ceux de notre époque tout en¬ 
tière Les résultats de l’activité allemande n’auraient certainement pas agi 
avec toute leur autorité légitime sur les progrès des sciences depuis trente 
ans, s’ils n’avaient pris place dans la littérature française, et ne s’étaient 
répandus avec elle dans tout l’univers civilisé. Sans les relations conti¬ 
nuelles, établies par Jourdan, entre l’Allemagne scientifique et nous, une 
foule d’idées neuves ou de découvertes intéressantes, nées de la compa¬ 
raison de la vérification des travaux et de l’émulation développée entre 
les deux pays, ne se seraient peut-être pas produites, ou se seraient fait 
plus longtemps attendre. . „ 

Pourquoi n’ajouterai-je pas au nombre des circonstances qui ont excité 
les travaux de Jourdan, et contribué à leur succès, le bonheur qu’il a eu 
de rencontrer un homme en état de le comprendre, de le seconder; un 
de ces libraires éclairés qui nous rappellent les temps ou cette profession 
venait en aide aux efforts de la littérature, et favorisait, en multipliant, 
en propageant et en embellissant ses œuvres, les progrès du génie hu- 

ma jourdan ne traduisait pas dans le but unique de traduire; il choisissait 
les livres, les sujets, et travaillait en vue d’une question pendante, d’une 
direction de recherches qu’il lui semblait important de suivre et d’éclairer. 
Ainsi, les traductions des écrits anatomiques de Tiedemann, de Meckel et 












































56 


manie aiguë, et que le matin, lors de la visite, le mouvement 
fébrile très marqué qui existait fut le seul phénomène qui fit 
insister M. Grisolle pour un examen complet de la malade, 
examen qui ne tarda pas à faire découvrir la pneumonie. De là 
résulte la nécessité constante d’un examen complet du malade 
dans tous les cas de délire survenant chez les personnes âgées, 
nécessité d’autant plus marquée, qu’il n’est pas rare de voir 
transporter dans des établissemens d’aliénés des individus qui 
ne sont affectés que d’une manie passagère, développée pen¬ 
dant la période aiguë ou pendant la résolution d’une pneumo¬ 
nie et qui se dissipe rapidement (Thore Aubanel). 

Chez notre malade, le délire paraît s’être développé sous 
l’influence d’émotions morales qu’il a été impossible de préci¬ 
ser. Tout ce que nous avons pu savoir, c’est qu’elle était d’une 
impressionnabilité extrême, adonnée aux pratiques pieuses et 
d’une imagination exaltée. Il est très certain qu’elle n’était pas 
adonnée aux liqueurs alcooliques, et cela était important à con¬ 
naître, puisque c’est l’abus de ces liqueurs et l’habitude de l’i¬ 
vrognerie qui constituent une des causes les plus fréquentes du 
délire dans la pneumonie. 

On peut compter qu’un tiers des pneumoniques atteints de 
délire sont des ivrognes, et sur douze malades dont M. Bri¬ 
quet a rapporté les observations, quatre faisaient abus des li¬ 
queurs alcooliques. Le siège de la pneumonie paraît exercer 
également une certaine influence sur l’apparition du délire, et 
l’on sait quelle importance on a, sous ce rapport, attribuée à la 
pneumonie du sommet. Les faits examinés avec rigueur n’ont 
pas entièrement confirmé cette assertion. Ainsi, sur vingt-sept 
malades qui présentaient du délire, M. Grisolle en a trouvé 
neuf atteints d’une pneumonie du sommet ; chez quatorze la 
base était le siège de la maladie, et chez quatre elle était limitée 
au lobe moyen. MM. Andral et Briquet sont arrivés aux mêmes 
résultats. Il n’est donc pas prouvé que la pneumonie du som¬ 
met soit plus souvent accompagnée de délire que celle qui oc¬ 
cupe la base ou la partie moyenne de l’organe. 

Mais Ton peut dire que les pneumonies étendues, que les 
pneumonies doubles sont plus souvent accompagnées de délire 
que celles qui sont simples et limitées. Et tout récemmentnous 
avons observé dans le service un malade qui, tout en n’offrant 
qu’une pneumonie bornée au lobe inférieur, mais étendue aux 
deux organes, fut pris de délire le sixième jour. Le délire per¬ 
sista jusqu’à la mort du malade, qui arriva le dixième jour, et 
à l’autopsie, on trouva les deux lobes inférieurs des deux pou¬ 
mons atteints de la lésion qu’on appelle splénisation. II n’y 
avait nulle trace d’hépatisation rouge ou grise et nul indice de 
lésion du côté des centres nerveux. 

Les émotions morales et l’abus des liqueurs alcooliques cons¬ 
tituent donc les causes les plus communes du délire dans la 
pneumonie. A côté d’elles, nous devons mentionner les condi¬ 
tions où cet épiphénomène se développe le plus fréquemment. ' 
Ainsi, il est plus fréquent chez l’homme que chez la femme dans 
la proportion de vingt-et-un à six. On l’observe, en général, 
dans un âge avancé, entre cinquante et soixante ans ; sur vingt- 
sept malades, trois seulement étaient au-dessous de quarante 
ans. MM. Hourmann et Dechambre rapportent que chez les 
vieilles femmes de la Salpétrière le délire accompagne habituel¬ 
lement la pneumonie. 

L’époque à laquelle apparaît le délire est assez variable; 
nous n’avons pu remonter à son origine chez notre malade, 
mais le plus souvent il survient du quatrième au seizième jour 
surtout chez les ivrognes. Il n’est pas rare de le voir arriver 
dès le début et même quelquefois précéder la pneumonie de 
un à quatre jours. Enfin, iL n’apparaît quelquefois qu’au déclin 
de la maladie et pendant la convalescence, cela arrive particu¬ 
lièrement quand la pneumonie marche vite. 

Le délire offre des formes assez variables : tantôt c’est un 
délire tranquille marqué par un peu de divagation et d’incohé¬ 
rence dans les idées; on peut souvent encore fixer l’attention 
des malades et obtenir des réponses sensées. D’autres fois il y 
a un délire furieux, des vociférations, une agitation extrême ; 


c’estun délirede cette sorte que nous avons observé chez notre 
malade. 

Chez les ivrognes, le dilire a une forme toute spéciale, c’est 
tantôt une grande excitation caractérisée par des hallucinations 
et de l’insomnie, tantôt un délire furieux auquel se joint comme 
dans le delirium tremens le tremblement des bras et de la m⬠
choire inférieure. 

Cette dernière forme de délire ne peut durer longtemps ; 
s’il se prolonge, il survient rapidement de l'affaissement, du 
coma et la mort. M. Grisolle ne Ta jamais vu persister au-delà 
de quatre à cinq jours ; chez notre malade il a été prompte¬ 
ment enrayé et ne paraît pas avoir duré plus de trois jours. 

Les autopsies qu’on a faites dans les cas de ce genre, n’ont 
le plus souvent offert que des résultats négatifs. Le malade dont 
nous avons parlé n’a offert qu’une vascularité assez développée 
1 de la pie-mère et une injection de la substance cérébrale, sans 
aucune lésion des méninges. G’est le plus souvent ce que Ton 
rencontre. Dans un quart ou cinquième des cas on a trouvé 
les caractères anatomiques d’une méningite récente, c’est-à- 
dire une infiltration purulente du tissu cellulaire sous-arach- 
noïdien. Chez les ivrognes observés par M. Grisolle, elle n’a 
existé qu’une seule fois. 

Il n’est pas facile, avec cette absence de lésions cadavériques, 
de s’expliquer la production de ce délire. On ne peut pas même 
penser à un rapport entre ce phénomène et l’appareil fébrile, 
puisqu’on Ta vu survenir dans des cas où la fièvre était modérée 
et manquer avec une fièvre intense, puisqu’on Ta même observé 
pendant la convalescence. Sans vouloir nier absolument l’in¬ 
fluence de la fièvre, il faut tenir compte surtout des prédispo¬ 
sitions individuelles des sujets, de leurs habitudes, de leur état 
moral. Ceci est surtout applicable aux ivrognes, chez lesquels 
les conditions qui président à l’apparition du délire ne permet¬ 
tent pas de méconnaître une forme de delirium tremens,. Nous 
verrons plus loin que si la cessation complète des alcooliques 
depuis quelques jours est une circonstance nécessaire au déve¬ 
loppement du délire chez un individu atteint de pneumonie, il 
est souvent indispensable de recourir aux mêmes alcooliques 
pour combattre cette complication. 

La présence du délire donne au pronostic une grande gravité 
par lui-même d’abord, et parce qu’il coexiste souvent avec une 
pneumonie étendue. Ainsi sur 27 individus non très âgés atteints 
de pneumonie avec délire, M. Grisolle a vu 8 morts. 

Il est nécessaire pour le pronostic de tenir compte de l’idio¬ 
syncrasie de l’individu, de son excitabilité, de ses habitudes ; en 
général, le délire qui survient chez les ivrognes est moins grave 
que celui qu’on observe dans d’autres conditions. Chez notre 
malade, la forme du délire et l’étendue de la maladie avaient 
fait porter un pronostic grave que l’événement est heureuse¬ 
ment venu démentir. 

Bien que notre malade n’ait pas été traitée par les émissions 
sanguines, celles-ci sont loin d’être contre-indiquées dans la 
pneumonie avec délire. Elles forment comme d’habitude la base 
du traitement. Mais Ton s’en est abstenu chez la malade dont 
l’observation a été rapportée, à cause de son âge déjà avancé 
(soixante-cinq ans), de là durée probable de la pneumonie, de 
la crainte que la maladie ne fût déjà parvenue au troisième de¬ 
gré, et surtout de la petitesse du pouls. Le tartre stibié a été 
immédiatement prescrit et porté, à cause de la gravité du cas, 
dès la première potion, à 0,40. Un vésicatoire a été également 
appliqué de suite sur le côté malade. Cette médication énergique 
a amené un résultat inespéré; dès le lendemain, le délire a di¬ 
minué, et le deuxième jour il avait disparu. On peut croire 
qu’ici le délire avait quelque rapport avec l’étendue de la pneu¬ 
monie, et les moyens ordinairement usités dans cette maladie 
ont suffi pour triompher de la complication. 

Quelquefois, le délire semble prédominer sur tous les autres 
symptômes et appelle une médication spéciale. C’est dans ces 
cas que M. Récamier a préconisé l’emploi du musc. On l’ad¬ 
ministre à la dose de 8 à 10 décigrammes en pilules. Plusieurs 
observations suivies de succès ont été publiées. 11 a été employé 


chez le malade dont nous avons parlé et qui a succombé à une 
pneumonie double. Pendant deux jours, on a donné 1 gr. et 
* gr. 50 c. sans que le médicament ait paru produire le moin. 
dre effet. M. Grisolle Ta vu échouer dans plusieurs cas ; il pen se ; 
néanmoins qu'il faut y recourir, puisque Ton ne connaît p as 
d’autre moyen de combattre cette complication. 

La médecine possède des moyens bien plus efficaces contre 
le délire qui survient chez les ivrognes. Comme dans le delirium 
i tremens, les opiacés réussissent le plus ordinairement. L’opium 
peut être administré à la dose de 5,10 ou 15 centigrammes dans 
une potion ou en lavement; il détermine ordinairement un som. 
meil de douze à seize heures, au bout duquel les malades se 
réveillent guéris de leur délire. L’opium, à la dose qui a été 
indiquée, peut être administré concurremment avec le tartre 
stibié à haute dose, dont il ne paraît pas empêcher l’action. 
Aux opiacés, O» joint souvent avec succès les boissons alcoo. 
liques elles-mêmes, et celles-ci non seulement aident à la gué. 
rison, mais peuvent même, dans certains cas, prévenir l’appa- 
rition du délire. G’est ce que M. Chomel a établi il y a 25 ans. 
C’est la cessation de l’excitation alcoolique qui détermine 
habituellement le délire chez les ivrognes ; cette circonstance 
est une indication qui a été utilisée par les praticiens. Du vin 
administré à dose modérée chez des individus adonnés à l’ivro- 
gnerie et placés sous l’imminence du délire a souvent prévenu 
cette complication. Il faut donc s'enquérir avec soin des habi¬ 
tudes du malade, le bien observer, et ne pas oublier que le 
délire survient ordinairement chez les ivrognes du cinquième 
au septième jour, qu’il est souvent précédé d’un certain trem¬ 
blement de la lèvre inférieure et d’insomnie. C’est dans ces cas 
surtout que les boissons alcooliques rendront de grands ser¬ 
vices, car seules elles enrayeront quelquefois brusquement les 
accidens qui débutent. 

REVUE CLINIQUE DES HOPITAÜX ET HOSPICES. 

SÉDECUE. 

hôtel-dieu. — Service de M. Louis. 

Sommaire. — De la valeur relative îles signes physiques et rationnels aie ta phthisie 
pulmonaire, à sa première période. 

S'il est une maladie qui réclame plus que beaucoup d'autres 
des études attentives, consciencieuses, prolongées, c'est bien 
certainement la phthisie pulmonaire. Occupant, chez presque 
tous les peuples, le plus haut degré dans l’échelle de la morta¬ 
lité ; exerçant ses ravages, tantôt d’une manière insidieuse et 
latente, tantôt d’une manière aiguë et rapide; échappant sou¬ 
vent pendant longtemps aux investigations du médecin, dans les 
premiers temps de son existence, et à ses ressources thérapeu¬ 
tiques une fois qu’elle est confirmée ; cette maladie méritait, à 
juste titre, les travaux que les observateurs de tous les âges lui 
ont consacrés d’une manière spéciale. Depuis fa découverte et 
l’application générale de deux nouvelles méthodes de diagnos¬ 
tic, l’auscultation et la percussion, de nouveaux signes sont 
venus s’ajouter à ceux que l’expérience de nos prédécesseurs 
avait déjà rassemblés. Ces nouveaux signes plus précis, parce 
qu’ils sont puisés dans la connaissance de phénomènes physi¬ 
ques et les transformations qui s’opèrent dans l'intérieur du 
poumon, à des périodes diverses de la maladie, sont venus ap¬ 
porter, dans le diagnostic, des éïémens nouveaux de certitude, 
et contrôler par leur présence la valeur dès signes anciens. 

Il ne faut pas se faire illusion ; quelques nombreux que soient 
aujourd’hui les signes que le médecin peut reueillir et qui peu¬ 
vent le mettre sur la voie du diagnostic, il est une période de 
la phthisie où ces signes ne se trouvant pas réunis en assez 
grand nombre, et ne se prêtant, par conséquent, aucun appui* 
le doute peut survenir. Il importe donc que le médecin soit fixé 
sur la valeur relative de chacun des signes principaux qui ap¬ 
partiennent à cette première période ; qu’il sache dans quelles 
proportions leurs combinaisons peuvent lui fournir de proba¬ 
bilités suffisantes, et dans quelle circonstance, au contraire, il 


de Carus étaient commandées en quelque sorte par les investigations de 
Geoffroy-Saint-Hiiaire et de son école sur la philosophie de la science, les 
lois de formation, la théorie des monstruosités. 

Lorsque la syphilis fut, ily a20 ans environ, l’objetde discussionssi vives, 
relativement à son origine américaine, à sa nature virulente, à son traite¬ 
ment exclusif par le mercure, Jourdan intervint, nous ht connaître les re¬ 
cherches d’érudition de Hensler, Gruner et Sprengel, y joignait les siennes 
propres, et, mettant à contribution une expériénce de quinze années, pu¬ 
blia sur les maladies vénériennes un traité dont la théorie peut être con¬ 
testée, mais qui restera comme un modèle de clarté, d’exactitude dans 
les descriptions, de critique approfondie, et sera toujours consulté avec 
fruit. 

Presque toutes les branches de la philosophie et des sciences naturelles 
et médicales furent abordées par Jourdan. 11 avait commencé, pendant la 
campagne de 1813, la traduction de l 'Histoire de la médecine de Spren¬ 
gel. Plus d’une fois, on le vit, durant notre pénible retraite de Leipsick, 
portant avec lui le livre et le manuscrit, profiter, pour hâter son travail, 
des haltes de la, journée, ou, le soir, de la clarté du feudu bivouac.L’ouvrage 
parut en 1815. L’année suivante, il publiait l’ Histoire de la philosophie 
moderne de Buhle. En anatomie, aux traités de Meckel, de Tiedemann, 
de Garus, il ajouta l'Encyclopédie anatomique, dont un volume est en¬ 
core attendu. Sur la médecine, il nous a donné des écrits estimées de Zim¬ 
mermann, de Hufeland, de Thomson, de Hahnemann et de la plupart de 
ses disciples les plus distingués. En physiologie, il a fait connaître Ro- 
londo, Tiedemann et Gmelin, Burdach, Muller. Les chimistes lui doivent 
les ouvrages de Berzélius, de Rose, le manuel de Liebig, etc. Il fit passer 
dans notre langue l'Histoire du droit romain de Hugo, et voulait nous 
faire apprécier Kant, non comme la personnification exclusive de la philo¬ 
sophie en Allemagne, mais comme une grande et brillante introduction à 
l’étude des systèmes allemands, représentés alors par Fichte, Jacobi, 
Schelling et Oken. Les jugemens qu’il nous a laissés sur ces penseurs il¬ 
lustres, et sur les auteurs qui devaient entrer dans la composition de la 
bibliothèque philosophique moderne, témoignent à la fois de la profon¬ 
deur de ses connaissances dans cette partie fondamentale des sciences 
humaines, et de la précision de ses vues sur les progrès qu’elle avait faits 
depuis cinquante ans, ainsi que de la direction qu’il convenait de lui im¬ 
primer. 

Mais ces traductions n’occupèrent pas si complètement les veilles de 


Jourdan, qu’il n’ait trouvé le temps de composer plusieurs ouvrages ori¬ 
ginaux d’un incontestable mérite. Admis au doctorat en 1819, Jourdan 
prit pour sujet de sa dissertation inaugurale la pellagre, maladie sur la¬ 
quelle régnait alors une obscurité que les recherches les pins récentes 
sont loin d’avoir dissipée entièrement. Jourdan traita ce sujet avec une 
solidité de raison et une élévation philosophique d’aperçus qui assurent à 
son travail un rang distingué. Après avoir rappelé et discuté les opinions 
controversées des médecins italiens sur l’époque de la première appari¬ 
tion de la pellagre, il établit l’identité essentielle de cette affection avec 
le mal de la rose des Asturies, et distingue avec sagacité l’éruption pella¬ 
greuse, qui lui paraît accidentelle, de la lésion profonde de l’organisme, 
qui constitue réellement la maladie. Les causes de celle-ci ne consistent 
exclusivement, selon lui, ni dans l’abus du sel marin, ni dans l’usage du 
maïs, ni dans la malpropreté, la misère, etc.; elles sont plus générales, et 
résident dans l’ensemble des circonstances au milieu desquelles vit le peu¬ 
ple lombard, que Jourdan nous représente, dans une des contrées les 
plus fertiles de l’Europe, se nourrissant de pain de seigle mal cuit et aigre, 
de blé de Turquie, de millet, de blé sarrasin, de pâtes indigestes, mangeant 
rarement de la viande, buvant plüs rarement du vin, couvrant à peine sa 
nudité sous quelques haillons, partageant souvent sa demeure avec des 
animaux immondes dont la malpropreté n’égale pas la sienne, soumis non 
seulement à l’influence des mauvais alimens, des eaux insalubres, à une 
profonde misère, mais encore aux chagrins, aux craintes, à toutes les af¬ 
fections tristes causées par lès invasions réitérées, les taxes exorbitantes, 
les changemens de gouvernement et la mauvaise administration, fléaux dé- 
populateurs qui désolent depuis trente ans le nord de l’Italie. 

Ces considérations font pressentir les conseils thérapeutiques de Jour¬ 
dan. A part les moyens immédiatement indiqués par les symptômes actuels 
et pressons, c’est moins dans les médicamens et la pharmacie que dans 
l’hygiène et la réforme des institutions qu’il établit sa puissance. Qu’on 
rende, dit-il, moins dur le sort des malheureux cultivateurs, qu’on dimi¬ 
nue les charges qui pèsent sur eux, qu’on ranime dans leur cœur les sen- 
timens dè joie, d’espérance et de bonheur sans lesquels l’homme ne peut 
jouir de la plénitude de l’existence, et la pellagre disparaîtra du sein des 
populations ; on n’entendra plus dire que, pour délivrer l’Italie de ce 
fléau, il faut expulser les infortunés qui en sont atteints, les transporter 
dans des solitudes lointaines, leur interdire les douceurs du mariage. 

Ne retrouve-t-on pas dans ces passages ce qui a été écrit de plus judi¬ 


cieux et de plus éloquent au sujet de la lèpre, de la peste et de quelques 
autres affections analogues, conséquences déplorables comme elles de 
certaines détériorations physiques et morales de l’espèce humaine ? Jus¬ 
qu’à quel point les changemens survenus, depuis 1819, dans la Lombardie 
et dans l’état des populations où la pellagre semble se propager, sont-ils 
susceptibles d’infirmer les appréciations et les préceptes de Jourdan? 
G’est aux médecins éclairés qui ont visité naguère ces contrées à ré¬ 
pondre. 

J’ai déjà mentionné le Traité des maladies vénériennes publié par 
Jourdan en 1826. En 1834, il rédigea un Dictionnaire estimé des termes 
d’histoire naturelle. Il fournit de nombreux et excellens articles au 
Dictionnaire des sciences médicales, à la Biographie médicale, à 
l'Encyclopédie moderne, aux Ephémérides universelles , à la Bio- 
graphie universelle; on lui doit un tiers environ du Dictionnaire ; 
abrégé des sciences médicales, et il a dirigé en chef, de 1818 à 1832, le 
Journal complémentaire des sciences médicales, fonctions délicates, 
dans lesquelles, malgré l’entrainement d’une polémique dont les traditions 
semblent perdues, il sut conserver une rare impartialité et ne se fit pas 
d’ennemis. Parmi les écrits de Jourdan, la Pharmacopée universelle 
mérite une attention spéciale, par son étendue et son utilité ; travail ingrat, 
si l’on ne considère que le mérite de la patience exercée et de la difficulté 
vaincue ; mais travail immense quand on se rappelle que, ne contenant 
pas moins de 10,000 formules, toutes ramenées au type uniforme du poids 
décimal, il résume 42 pharmacopées légales, et 31 formulaires, tant offi¬ 
ciels que des médecins les plus célèbres ; travail enfin qui fait le plus grand 
honneur à son auteur infatigable par Tordre simple avec lequel il a su 
coordonner tant d élémens divers, autant que par la clarté des préceptes 
placés en tête de chaque section, et relatifs aux règles à suivre dans la 
préparation des composés médicinaux qui en sont l’objet. 

Je me suis appesanti, messieurs, avec une sorte de complaisance, sur 
les travaux si nombreux et si divers de notre collègue. C’est qu’une vie de 
trente-trois ans passée dans le cabinet, presque entièrement isolée du 
mondé, sans autre joie que celle de la famille, et dont chaque jour four¬ 
nissait son contingent à l’intelligence pure, aux sciences les plus élevées’; 
c’est qu’une telle vie est un fait rare à l’époque actuelle, et mériterait 
d’être citée en exemple, si cet exemple pouvait être suivi. Jourdan a été, 
parmi nous, le dernier représentant peut-être de ces hommes de labeur 
des temps anciens, qui nous ont légué ces collections considérables, ces 

















doit attendre avant de se prononcer, que les signes soient de¬ 
venus plus nombreux ou mieux caractérisés. 

L’observation suivante, recueillie dans le Service de SI.Louis, 
nous permettra de passer en revue la' plupart de ces signes et 
d’en discuter la valeur. 

Au n° 15 de la salle Saint-Joseph, est entrée, le 2 janvier, une femme 
de trente-cinq ans, d’une constitution faible et délicate, d’un tempéra¬ 
ment nerveux. Cette femme, réglée à seize ans, a eu trois ênfois, dont le 
dernier est assez délicat. Née de parens bien portans, sa santé a été assez 
bonne jusqu’à il y a huit ans, époque à laquelle la menstruation est deve¬ 
nue irrégulière ; en même temps, elle a commencé à être incommodée de 
pertes blanches, de maux d’estomac ; elle a perdu de son embonpoint. La 
leucorrhée et les douleurs d’estomac ont paru céder, pendant quelque 
temps, aux pilules de Blaud ; mais les ressources de la malade ne lui per¬ 
mettait pas de continuer cette médication, ces derniers accidens ne 
tardèrent pas à reparaître. Les douleurs d’estomac en particulier étaient 
très vives ; elles étaient réveillées en général par les digestions. Déjà, 
depuis trois ans, cette femme était sujette à s’enrhumer. Mais, il y a deux 
ans, il lui est survenu une affection aiguë, caractérisée par delà fièvre et 
un point de côté. Cette affection a forcé la malade à garder le lit pendant 
trois semaines et la chambre pendant un mois et demi. A partir de cette 
époque, elle a été encore plus sujette à s’enrhumer, et, pendant l’année 
1847, elle a été enrhumée pendant presque toute l’année. Sa toux était 
accompagnée d’une expectoration assez abondante, surtout le matin. Il 
y a trois mois à peu près qu’il y a eu une hémoptisie. La malade a craché 
un demi-verre de sang dans l’intervalle d’une heure. Un bain de pied sina- 
pisé très chaud a suspendu l’hémorrhagie en rappelant les règles. Depuis, 
il y a eu de temps en temps quelques crachats sanguinolens, mais la ma¬ 
lade y attachait peu d’importance. Enfin, dans la soirée du l et janvier 
dernier, elle a été prise de frissons, de fièvre, d’une violente céphalalgie, 
de mal au cœur, et d’un point de côté des plus douloureux au-dessous 
du sein, avec irradiation dans le dos. C’est pour ces accidens aigus qu’elle 
est entrée à l’hôpital. 

Le 3 janvier, le pouls était plein, résistant, à 110 ; la face assez co¬ 
lorée, la peau un peu chaude, la langue humide, la région épigastrique 
un peu douloureuse à la pression; du reste, le ventre souple et indolent, 
avec constipation. La douleur que la malade disait ressentir dans le côté 
droit, au-dessous du sein, augmentait assez notablement par la pression, 
et surtout pendant les grandes inspirations. Il y avait de la toux, mais pas 
d’expectoration. Cette femme disait que la toux, qui était grasse pendant 
son séjour chez elle, était devenue sèche depuis son entrée. Contraire¬ 
ment à ce qu’on devait supposer, d’après la nature des accidens, la per¬ 
cussion ne faisait rien connaître de particulier dans aucun point de l’éten¬ 
due de la poitrine ; elle était seulement douloureuse sous la clavicule du 
côté droit. L’auscultation, pratiquée ce jour-là par M. Louis, ne lui four¬ 
nit non plus aucun résultat satisfaisant. Le lendemain, par un nouvel exa¬ 
men, M. Louis s’assura que la respiration était un peu faible sous les 
deux clavicules; en outre, plus dure sous la clavicule droite que sous la 
gauche. D’autre part, l’expiration était prolongée au sommet du poumon 
droit, en arrière, et la voix fournissait, dans le même point, un peu de 
bronchophonie. Le lendemain, les règles avaient paru, et la malade se 
trouvait déjà un peu mieux sous le point de vue de la douleur du côté. 
En peu de jours, grâce à un traitement simplement délayant, les phéno¬ 
mènes fébriles sont tombés peu à peu ; la douleur s’est aussi calmée. Mais 
de nouveaux examens ont confirmé les premiers résultats fournis par 
l’auscultation, La respiration est restée rude et faible sous la clavicule 
droite, et, dans quelques circonstances, on l’a trouvée légèrement souf¬ 
flante. Enfin, la douleur de côté, qui avait à peu près disparu, s’est repro¬ 
duite de nouveau le 12 janvier, aussi vive que les premiers jours, mais 
sans fièvre, et là malade, qui jusque-là n’avait pas transpiré, a commencé 
à avoir des sueurs abondantes, principalement vers le matin. 

Résumons les principales circonstances de ce fait : une femme 
de trente-cinq ans , sujette depuis huit ans à de la leucorrhée 
et à des douleurs d’estomac , ayant déjà commencé à maigrir, 
devient sujette à s’enrhumer. Un an après, elle est atteinte d’une 
affection aiguë, très probablement une pleurésie. Pendant les 
deux années suivantes, elle tousse presque continuellement. Il 
y a trois mois, elle a une hémoptisie. Enfin, il y a quelques 
jours, elle entre à l’hôpital pour des accidens fébriles et une 
douleur au côté. On constate alors un affaiblissement du mur¬ 
mure respiratoire sous les clavicules, de l’expiration pro¬ 
longée au sommet du poumon droit, en arrière, et un peu de 
bronchophonie. 


35 

Reste maintenant à déterminer quelle est la nature de l’af¬ 
fection dont cette malade est atteinte : 

Des symptômes qui peuvent nous mettre sur la voie, les uns 
sont Véritablement des symptômes purement rationnels, tels 
que la toux, l’amaigrissement, l’expectoration, les douleurs de 
poitrine, l’hémoptisie; les autres sont physiques et fournis par 
l’auscultation. 

Ce n’est pas un phénomène sans importance que la toux : 
quoique appartenant à un grand nombre d’affections de poi¬ 
trine, la toux, lorsqu’elle survient sans cause appréciable, lors¬ 
qu’elle reste sèche pendant un certain temps, lorsqu’elle 
survient dans un état de santé apparent, et en dehors des Vicis¬ 
situdes atmosphériques, qui en amènent en général le dévelop¬ 
pement, la toux doit déjà fixer l’attention du médecin sur une 
altération chronique et probablement profonde des organes res¬ 
piratoires. 

L 'expectoration, sans appartenir non plus d’une maniéré 
précise à une affection des organes respiratoires plutôt qu’à une 
autre, éclaire encore le diagnostic, en faisant incliner l’opinion 
du médecin vers une altération des organes respiratoires. 

L amaigrissement est un symptôme encore plus important 
que le précédent. Car s’il a débuté, comme chez notre malade, 
avant les premiers symptômes qui se sont montrés vers les or¬ 
ganes respiratoires, et lorsqu’on voit un individu s’amoindrir 
ainsi, sans évacuations abondantes, sans lésion manifeste des 
organes digestifs, il est impossible de ne pas songer à une alté¬ 
ration profonde, apportée à quelqu’une dés fonctions princi¬ 
pales. Or, il faut le dire bien haut, il est à peu près certain, 
hors les cas de suppuration profonde, qui entraînent la fièvre 
hectique et l’amaigrissement, cas très rares, que c’est à l’affec¬ 
tion tuberculeuse que l’on doit rapporter l’amaigrissement. 

À côté de ce phénomène, et à peu près sur le même rang au 
point de vue du degré de probabilité, se placent les douleurs de 
poitrine , douleurs si communes dans la phthisie pulmonaire, et 
qui occupent chez les phthisiques les parties latérales du thorax, 
les épaules ou leur intervalle ; douleurs quelquefois si vives, 
qu elles ont pu être prises pour des douleurs de pleurésie. 
Ces douleurs sont certainement un des meilleurs signes, lors¬ 
qu’elles sont jointes à la toux et à l’amaigrissement, pour faire 
soupçonner l’existence d’une phthisie pulmonaire. 
t Vient enfin un symptôme dont l’importance est extrême : 
c est l’hémoptisie. Cette hémorrhagie, ainsi que cela résulte des 
recherches de M. Louis, existe au moins dans les deux tiers des 
cas. Toutes les fois qu'elle est un peu considérable, c’est-à-dire 
lorsque les malades crachent dans un intervalle de temps de 
quelques minutes à une heure, 60, 100 grammes ou plus de 
sang spumeux et rutilant, et quelquefois aussi noirâtre et en 
caillots, il est impossible de ne pas avoir de très grands soup¬ 
çons sur l’existence des tubercules. En effet, sur 2,400 malades 
que M. Louis a interrogés avec soin, il n’en est qu’un chez le¬ 
quel, indépendamment des contusions de la poitrine et de la 
suppression des règles, on n’ait pu rattacher I’hémoptisie à 
1 affection tuberculeuse. Il suit de là que ce symptôme, réuni 
aux précédens, et surtout à la toux habituelle, établit les plus 
grandes probabilités en faveur de l’existence de la phthisie. 

Parmi ces symptômes rationnels, nous ne devons pas oublier 
de signaler l’existence à une époque antérieure d’une inflam¬ 
mation de poitrine, pleurésie ou pneumonie. Ces deux compli¬ 
cations sont si fréquentes pendant le cours de la phthisie et à 
ses diverses périodes, que l’on në saurait ne pas en tenir compte. 
Peut-etre cette inflammation n’a-t-elle pas été sans quelque in- 
fluence sur la marche de l’affection dont notre malade est at¬ 
teinte aujourd’hui. 

Si, maintenant, après avoir passé en revue, comme nous ve~ 
n °ns_ de le faire, les principaux symptômes rationnels de la 
phthisie, nous cherchons à en fixer la valeur définitive, nous 
devons reconnaître que, réunis, ces symptômes ont une très 
grande valeur, tandis que, séparés (si l’on en excepte l’hémop- 
tisie, qui, chez les jeunes sujets, surtout chez les hommes, peut 
faire naître les craintes les plus sérieuses), aucun d’eux ne 


suffit pour établir un diagnostic digne de ce nom. 

Voyons maintenant si nous trouvons dans les signes physi¬ 
ques quelque chose de plus caractéristique. 

Dans la première période de la phthisie, la ■percussion est 
loin de fournir des renseignemens toujours suffisans. La so¬ 
noréité peut exister pendant longtemps sous les clavicules, 
ainsi qu’on a pu le voir par l’observation précédente. Il n’est 
pas rare cependant d’observer, dans cette première période, 
un affaiblissement de la sonoréité, affaiblissement qni présente 
ce signe caractéristique, qu’il est rarement semblable des deux 
côtés. Ajoutons toutefois qu’une pleurésie ancienne, avec ré¬ 
trécissement de la poitrine, pourrait donner lieu à une dimi¬ 
nution de sonoréité qui se rapprocherait de ce qui existe dans la 
phthisie, avec celte différence cependant que la matité serait 
générale et limitée à un côté de la poitrine; tandis que, dans 
la phthisie, les modifications se produisent dans Tordre de dé¬ 
veloppement des tubercules; c’est-à-dire des deux côtés et 
d’abord au sommet du poumon, pour gagner de là une grande 
partie de cet organe. 

L 'auscultation fournit heureusement, dans la première pé¬ 
riode de la phthisie, des renseignemens plus satisfaisans et plus 
complets que la percussion. La faiblesse, le peu de développe¬ 
ment, l’obscurité du murmure vésiculaire sous l’une des clavi¬ 
cules, et ordinairement du côté correspondant aux douleurs, 
ainsi que cela s’observait chez notre malade; dans d’autres cir¬ 
constances, la dureté, le caractère soufflant et comme bron¬ 
chique de ce murmure, la prolongation de l’expiration, le 
retentissement anormal de la voix, qui d’abord n’est facile à 
reconnaître que par la comparaison attentive de ce qu’on ob¬ 
serve des deux côtés de la poitrine, et qui, plus tard, s’élève jus¬ 
qu’à une véritable bronchophonie, tous ces signes n’appartien¬ 
nent évidemment qu’à une phthisie ptilmonaire. Le diagnostic 
est encore plus certain si, aux symptômes précédens, s’ajou¬ 
tent quelques craquemens secs ou humides, oü quelques bulles 
de râle sous-Crépitant. 

Telle est la supériorité des symptômes physiques sur les 
symptômes rationnels que l’existence simultanée au sommet 
d’un des poumons, et plus particulièrement du poumon gau¬ 
che (que les recherches de M. Louis lui ont appris être le siège 
le plus ordinaire des tubercules), d’une expiration prolongée 
et un peu dure, d’un peu de bronchophonie et de quelques 
craquemens suffiraient pour lever les doutes, alors même que 
les symptômes rationnels seraient très incertains ; et une altéra¬ 
tion légère de là sonoréi té ne pourrait laisser aucune espèce d’in¬ 
certitude. 

Il est des cas auxquels M. Louis a fait allusion dans son 
Traité de la phthisie, dans lesquels on ne peut se fonder ni sur 
les phénomènes rationnels, toux, hémoptisie, etc., ni sur les 
résultats comparés de l’auscultation et de la percussion. Il est 
possible cependant alors d’arriver au diagnostic d’une manière 
indirecte, c’est-à-dire par la connaissance des lois pathologi¬ 
ques que Ton doit à cet observateur. Ainsi la pleurésie double, 
les ulcérations du larynx, la péritonite chronique, là méningite 
tuberculeuse, la présence de tubercules dans divers organes 
peuvent servir à établir le diagnostic : la pleurésie double, 
parce qu’elle tient presque constamment à une affection tuber¬ 
culeuse; les ulcérations du larynx, parce que, à parties cas de 
syphylis, on les rencontre presque exclusivement chez les tu¬ 
berculeux; la péritonite chronique et la méningite tubercu¬ 
leuse, ainsi que les autres affections de ce genre, parce que, 
passé l’âge de quinze ans, elles n’existent jamais sans qu’il y ait 
des tubercules dans les poumons, en même temps que dans les 
autres organes. 

En résumé, s’il est possible, dans quelques cas de phthisie 
pulmonaire à sa première période, de porter un diagnostic cer¬ 
tain avec un petit nombre de signes rationnels et physiques, il 
en est un beaucoup plus grand nombre dans lequel c’est par le 
rapprochement des faits, par leur contrôle réciproque, qu’il est 
possible d’accumuler des probabilités assez grandes pour per¬ 
mettre au médecin de porter un jugement. F. A. 


bibliothèques tellement étendues et variées, que l’imagination comprend 

a peine qu elles aient pu sortir de la même plume, être élaborées par le 
même esprit, et que notre paresse est devant elles comme frappée de stu¬ 
peur. 

Les écrits de Jourdan ne doivent pas être estimés à moins de 100 volumes, 
dont /2 de traductions, 8 d’ouvrages originaux, plus dë 20 disséminés 
,dans les dictionnaires ou les receuils de toute nature. Jamais il ne se fit 
aider par personne ; constamment, au contraire, il était à la disposition de 
ceux qui avaient recours aux renseignemens toujours sûrs de sa vaste éru¬ 
dition. Souvent des médecins étrangers, voulant écrire en français, lui 
apportaient des manuscrits à corriger : Ecrivez votre mémoire en allemand, 
leur disait-il, ce vous sera plus facile, et j’aurai plus tôt fait de vous tra- 
auire que de vous redresser. 

Jourdan était doué du caractère le plus élevé, le plus digne ; il aimait à 
obhger, et, sans paraître attacher de prix à la reconnaissance, il vêtait 
sensible. C était une de ces natures logiques et droites qui, dans toutes 
tes questions, vont directement au résultat, et l’abordent sans hésiter. 
Expansif seulement avec ses amis et dans l’intimité, il était dans le monde 
réservé ou silencieux ; mais sa pensée était hardie, son langage tranché, 
ses opinions absolues; il heurtait au premier abord, et cependant, derrière 
cette rudesse apparente, c’était l’homme le meilleur, le cœur le plus noble 
voué P “ S coin P ;Uissanl; le mari» le père le plus tendre, l’ami le plus dé- 

ITune constitution robuste et de taille moyenne, doué d’une grande vi- 
ÏSJs étranger aux agitations de l’ambition et de l’envie, Jourdan 
semoiait devoir parvenir à une vieillesse avancée ; lorsque, vers la fin de 
novembre dernier, il fut atteint, à Saint-Mandé, où il s’était logé pour 
présider a 1 éducation de son fils, d’un érysipèle au visage. Malgré les soins 
ies plus éclairés, la maladie parcourut presque toute la surface du corps, 
accompagna de symptômes encéphaliques persévérans, et entraîna la 
ï , e ; 2 J an ™ r 1848, .alors que notre collègue venait d’accomplir sa 
S an f' ne “ ïlèl " e année. Il s’est éteint comme il avait vécu, avec le plus 
grand calme, entouré de sa famille et de quelques amis dévoués. 


NOUVELLES. — FAITS DIVERS. 


APPLICATION »E LA FAMEUSE ORDONNANCE SUR LA PHARMACIE. 
J™- — Les pharmaciens de Nantes comparaissaient en police cor- 
mcuonnelle en la personne de trois d’entre eux. Ils étaient accusés de ne 


pas tenir un registre coté et paraphé par l’autorité, sur lequel, aux termes 
de 1 ordonnance, doivent être inscrites jour par jour, et sans blanc, les 
ordonnances médicales qu’ils exécutent et qu’ils livrent aux cliens, lorsque 
des substances vénéneuses entrent dans ces préparations. 

Le tribunal de Nantes, admettant des circonstances atténuantes, a con¬ 
damné les prévenus à 5 fr. d’amende à titre d’avertissement. 

„ Lille. Le tribunal de Lille a été plus sévère ; il vient de condamner 
a trois jours de prison et à une amende de 25 francs, un pharmacien qui 
-avait négligé de transcrire sur le registre les préparations où entrent des 
substances vénéneuses, et qui ne tenait pas dans un endroit sûr et fermé à 
clef, les substances vénéneuses de sa pharmacie. 

En présence de ces jugemens et de l’ordonnance, il n’est pas un phar¬ 
macien qui ne puisse être pris en contravention et qui ne soit sous le 
coup de trois jours de prison. 

Etranger. 

réforme sanitaire, — Lord Morpeth U annoncé, dans uüé des der¬ 
nières séances de la Chambre des communes, que le gouvernement se 
proposait de présenter très prochainement un bili sur la santé des villes. 
Mais la Chambre des communes s’étant ajournée au 3 février, il est proba¬ 
ble que le bill ne sera pas présenté de sitôt. En attendant, l’agitation 
continue en Angleterre, et le gouvernement sera, avant peu, forcé de 
condescendre à l’opinion publique. 

congrès scientifique italien.— En se séparant, le congrès scien¬ 
tifique de Venise a posé les six questions suivantes comme devant être 
traitées et discutées devant le congrès de l'84'8: 

1° Qdeis sont lesinconvéniens et les dangers qui peuvent résulter, pour 
la santé publique, de l’exercice des professions insalubres, telles que la 
teinture, la fabrication des chandelles, la préparation des peaux etc v 
Quels sont les moyens propres à-en contrebalancer les effets fâcheux ? 

2° Convient : il, dans les maladies inflammatoires, de pratiquer des sai- 
gnées moyennes et répétées ou des saignées larges et copieuses? 
fions éthérées ? maladies les mécIecins P e “vent-ils utiliser les inspira- 

4° Quelles sont les altérations du corps papillaire de la langue et quelle 
peut-etre leur valeur pour le diagnostic et le pronostic déë maladies ab¬ 
dominales en particulier? 

5“ Quelle influence peut exercer la vaccines sur la production de la 
scrofule? r 

6» Quel doit être le nombre et la qualité du personnel sanitaire des 
grands et des petits hôpitaux ? Quelles doivent en être les attributions ? 


bains pour les classes laborieuses. — L’établissement de cette 
espèce qui a été ouvert au mois d’août 1846, à Londres, dans Eastou 
Square, a trouvé dans toutes les classes dë la société une sympathie géné¬ 
rale. Les directeurs de la New-River company ont cédé gratuitement le 
terrain sur lequel il a été construit, et, en outre, fourni pour rien pen¬ 
dant les premiers quatorze mois, toute l’eau qui a été dépensée. Cette 
compagnie s’est chargée depuis de fournir toute l’eau nécessaire pour une 
redevance annuelle de 100 livres (2,500 fr.) Cet établissement de bains 
qui est destiné aux classes laborieuses, renferme 49 bains simples poul¬ 
ies hommes et 13 pour les femmes, 8 bains de vapeur et deux bassins 
pour se livrer à la natation. Par les temps chauds, il ne s’y donne pas 
moins de 800 bains par jour, et encore refuse-t-on souvent 200 ou 300 
personnes. Le nombre des baigneurs, depuis l’ouverture de l’établisse¬ 
ment, a été de 154,221 hommes, et 15,206 femmes. Enfin, les femmes 
qui sont venues y laver leur linge sont au nombre de 45,125. On sait que 
les bains ne coûtent dans cet établissement qu’un penny (10 centimes) 
quand ils sont froids, et 20 centimes quand ils sont chauds, y compris le 
linge. Le blanchissage, y compris le séchoir et les fers, ne coûtent qu’un 
penny (10 centimes) par heure, et seulement 30 centimes pour quatre 
heures. Contrairement à ce qu’on avait pu supposer à priori, cet éta¬ 
blissement est sur le point de se suffire à lui-même par les souscriptions 
des fondateurs et par ses propres ressourcés. [Sun.) 

asiles de l’Enfance. — Au dernier congrès de Naples, la commis¬ 
sion médicale des asiles de l’enfance de Milan avait été chargée de pré¬ 
senter un rapport sur l’état sanitaire de ces asiles et sur les améliorations 
matérielles dont ils seraient susceptibles au point de vue hygiénique. Nous 
reproduisons les conclusions de la Commission comme pouvant être utili¬ 
sées pour tes asiles qui existent aujourd’hui en France, et pour ceux dont 
la création aurait lieu ultérieurement. La Commission propose : 1° la 
création 1 d un Code sanitaire pour cês asiles ; 2° la compilation d’un ma¬ 
nuel d’hygiène pour les enfans pauvres, à l’usage des directeurs, (inspec¬ 
teurs, inspectrices, maîtresses, et même des mères des enfans qui y 
sont déposés. Les conseils renfermés dans ce manuel serviraient’ de 
guide pour rendre plus facile l’accomplissement des prescriptions renfer¬ 
mées dans le Code sanitaire ; 3“ la réunion des médecins placés à la tête 
des asiles d’une ville en un comité central, afin de mettre en commun le 
fruit de leurs propres observations, surtout ce qui touche l’amélioration 
physique et hygiénique des enfans que ces asiles renferment journellement- 

tombera^nTmtlade™^ 1 ^ 63 Spéda ' eS ChargéeS de S ° igner ,CS enfans qai * 













ACADÉMIES, SOCIÉTÉ S SAVA NTES ET ASSOCIATIONS. 

académie des sciences. 

Séance du 17 Janvier 1848. — Présidence de M. Pouillet. 

M. Lallemand fait au nom d’une commission composée de MM. Roux, 
Velpeau et Lallemand un rapport sur quatre observations nouvelles de 
fistules vésico-vaginales guéries à l’aide de l’autoplastie par glissement, 
communiquées par M. Jobert (de Lamballe). Les quatre nouvelles obser- 
vations adressées à l’Académie par M. Jobert, relativement à des guéri- 
sons de fistules vésico-vaginales opérées par lui, sont analogues aux pré¬ 
cédentes, et confirment les théories et les opinions de l’auteur sur le trai¬ 
tement de cette infirmité. Ces observations présentent cependant un inté¬ 
rêt particulier, à cause de circonstances qui ne se trouvaient pas dans les 
autres, et des difficultés qui ont été heureusement vaincues par des 
moyens qu’il est important de signaler aux praticiens qui peuvent être ap¬ 
pelés à pratiquer la même opération. 

La Commission pense que ces observations doivent être annexées au 
mémoire de M. Jobert, que l’Académie a jugé digne d’être inséré dans les 
mémoires des savans étrangers. (Ces conclusions sont adoptées.) 

M. Dumas présente au nom de M. J. Béclaud un travail ayant pour 
titre : Recherches expérimentales sur les fonctions de la rate et sur 
celles de la veine porte. Ce travail est basé sur des analyses quantita¬ 
tives pratiquées sur le sang de la veine splénique et sur celui de la veine 
porte. Ces analyses sont relatives aux proportions des principes spontané 
ment ou mécaniquement séparables du sang, c’est-à-dire les globules, la 
fibrine et l’eau. , . 

Dans ces recherches, le sang pris dans un point quelconque du système 
circulatoire a toujours été comparé au sang du même animal pris en même 
temps dans un autre point de ce système. Dans une première série d ex¬ 
périences, l’auteur constate que le sang artériel présente sensiblement la 
même composition dans tous les points de son trajet ; résultat conforme 
d’ailleurs aux données de la physiologie. Le sang artériel vient d’un seul 
et même organe, le poumon ; il traverse un seul organe, le cœur, et il est 
lancé du même coup dans toutes les directions. Le sang veineux, au con¬ 
traire, procédant de tous les organes vers les poumons a des origines di¬ 
verses, comme ces organes eux-mêmes. 

Dans une seconde série d’expériences, l’auteur compare le sang de 
l’artère carotide au sang de la veine jugulaire et au sang de la veine cru¬ 
rale. Ces analyses indiquent une diminution des globules et une légère 
augmentation de la fibrine dans le sang veineux. 

L’identité du sang artériel dans tous les points de son trajet une fois 
constatée, et les différences que présente le sang veineux comparé au sang 
artériel une fois déterminées, l’auteur aborde le sujet spécial de ses re¬ 
cherches. 

La rate, qui ressemble à une glande par certains côtés, en diffère essen¬ 
tiellement par l’absence de conduit excréteur. C’est donc dans le sang 
qu’il faut chercher l’explication de ses usages. L’auteur a comparé le sang 
pris dans la veine splénique au sang veineux général, afin de savoir com¬ 
ment et en quoi il diffère de celui qui circule dans les autres parties du 
même système. . , , . 

Trente-deux analyses ont été faites dans ce but. Seize sur le sang de la 
veine splénique et seize sur le sang de la veine jugulaire. Dans cette troi¬ 
sième série d’expériences, comme dans les précédentes, les deux sangs dif- 
férensont été extraits en même temps sur le même animal vivant. Le sang 
de la veine jugulaire a été pris comme terme de comparaison. Il résulte 
de ces analyses : 1° que le sang qui revient de la rate contient toujours 
moins de globules que le sang veineux général ; 2° qu’il contient plus 
d’albumine et un peu plus de fibrine que le sang veineux général. La rate, 
loin d’être l’organe de la formation des globules, comme on l’a supposé, 
paraît donc être au contraire le lieu de leur destruction. 

Des analyses pratiquées sur le sang de la veine porte, il résulte que les 
élémens constituans du sang de cette veine varient, quant à leur propor¬ 
tion, dans des limites très étendues, ainsi qu’il suit : 1° dans les premiers 
temps de l’absorption digestive la quantité d’albumine est considérable¬ 
ment augmentée ; 2° dans les derniers temps de cette absorption, la quan¬ 
tité des globules est considérablement augmentée. Cette augmentation al¬ 
ternative s’accomplit dans le sein de la veine porte et exige un certain 
temps pour s’accomplir. 

Lorsque des animaux ont été soumis à une diète prolongée, les pro¬ 
portions des élémens constituant du sang sont les mêmes dans la veine 
porte que dans le système veineux général. 

Il résulte de ces expériences sur le sang de la veine porte, que les glo¬ 
bules commencent et finissent dans un même système. 

Le sang de la veine porte ne contenant pas une proportion de matières 
grasses plus considérables que le sang veineux général, et, d’une autre 
part, le chyle différant surtout de la lymphe par la présence des matières 
grasses, il est, sinon démontré, du moins très probable, que les matières 
albuminoïdes pénètrent dans le sang par une seule voie, la veine porte. 

D’une autre part, ces mêmes matières entrent dans le sang sous une 
seule et même forme, sous forme d’albumine. 

Enfin la transformation de l’albumine en globules s’accomplissant dans 
la veine porte, et cette métamorphose n’étant complète qu’au bout de 
quelques heures depuis l’absorption digestive, il en résulte que le sang qui 
circule dans le système de la veine porte n’est pas soumis aux lois géné¬ 
rales de la circulation sanguine. L’auteur se propose d’examiner ce point 
capital de physiologie dans un prochain mémoire. 

M. Deschamps (d’Avallon) adresse un mémoire sur le cuivre physio¬ 
logique. Les conclusions qui découlent de son travail sont : que tous les 
terrains de sédimens doivent contenir du cuivre ; que le cuivre doit être 
subordonné à la présence du fer ; que la présence du cuivre et du fer dans 
les terrains provient probablement de la décomposition d’un sulfure de 
fer cupréfère, etc. ; 

Que les végétaux enlèvent au sol une partie du cuivre qu il contient ; 
que l’homme et les animaux empruntent du cuivre aux plantes; que le 
cuivre et le plomb qui se trouvent dans l’homme et les animaux domes¬ 
tiques peuvent provenir encore des vases en cuivre et en laiton plus ou 
moins bien étamés, et des vases en terre, en faïence, etc., dont la cou¬ 
verture contient du plomb, qui servent aux préparations culinaires; 

Que la présence du cuivre dans les végétaux, les animaux et l’homme 
est un fait acquis à la science; 

Que si la terre d’une localité avait échappé à la dissémination du sul¬ 
fure de fer cupréfère et ne contenait pas de cuivre, cette terre serait bien¬ 
tôt modifiée, car dès qu’elle serait mise en culture, elle recevrait des en¬ 
grais provenant des pays où les végétaux contiennent du cuivre; 

Qu’il est facile de comprendre comment le cuivre peut pénétrer dans 
les végétaux et s’y fixer, puisque l’on sait que la terre contient du cuivre 
probablement à l’état de carbonate ; 

Que ce carbonate est soluble dans le carbonate d’ammoniaque ; 

Que le carbonate d’ammoniaque est l’agent le plus important de la vé¬ 
gétation ; 

Que lorsque le carbonate d’ammoniaque pénètre dans les végétaux, 
entraîne du cuivre ; 

Que lorsque le carbonate d’ammoniaque cupréfère est sous 1 influence 
des organes des plantes, il se décompose pour céder un de ses élément 
l’azote, pour composer les matières‘ 


Que le cuivre qui assiste à la naissance de la molécule azotée prend la 
ilace d’un corps élémentaire, et peut jouer un rôle analogue à celui qu’il 
ue quand on le met en contact avec certains sels ammoniacaux ; 

Et enfin que c’est dans les parties azotées des plantes que l’on doit espé¬ 
rer rencontrer le cuivre. 

M. Plouviez, de Lille, fait connaître un moyen avec lequel il a obtenu, 
ins ses expériences d’éthérisation sur les animaux, des résultats assez 
importans pour qu’on puisse espérer de l’appliquer avec avantage sur 
l’homme en cas d’accidens par l’éther ou le chloroforme. En expérimen¬ 
tant avec du chloroforme préparé par M. Constenoble, pharmacien, il 
s’est passé un fait qui éveilla toute son attention. Un chien griffon de la 
petite espèce, pesant h kilog. à peu près, respira un grain et demi de 
chloroforme. Au bout de dix à quinze secondes, il était dans l’insensibi¬ 
lité. Bientôt je m’aperçus, dit l’auteur, d’une gêne extrême de la respira¬ 
tion, elle devint de plus en plus rare, puis elle s’arrêta : l’animal était 
mort. Il ne s’est passé dans la succession de ces phénomènes qu’une mi¬ 
nute et demie. L’autopsie ne révéla rien dans les organes qui pût expli¬ 
quer une mort aussi rapide. Depuis, j’ai répété ces expériences, ajoute 
M. Plouviez, avec le chloroforme et surtout avec l’éther sulfurique, dans 
but de trouver un remède à un tel accident, s’il se présentait quelque¬ 
fois chez l’homme. En voici en peu de mots le résultat. Chaque fois qu’il 
'apercevait que la mort était imminente chez des poules, des chiens, des 
lapins, etc., il retirait l’appareil, et, au moyen d’un soufflet ordinaire, il 
faisait des insufflations d’air dans les poumons, avec les mêmes soins que 
dans toutes les asphyxies. Les animaux revenaient promptement à la vie. 
M. Plouviez a poussé plus loin ces expériences ; il a déterminé l’asphyxie 
en prolongeant l’opération autant que nécessaire, c’est-à-dire jusqu’à ces¬ 
sation complète de la respiration. A l’instant même il employa le même 
moyen, des insufflations d’air. Après trente secondes, une, deux, trois, 
quelquefois quatre minutes, il voyait la respiration se rétablir lentement, 
puis reprendre son état normal. 11 résulte donc de ces expériences, que, 
s’il est vrai que des accidens graves dans les centres nerveux peuvent 
survenir à la suite de l’éthérisation, il n’en est pas moins vrai aussi que la 
mort peut avoir lieu par défaut d’hématose, par une véritable asphyxie. 

M. Furnari adresse deux observations qui tendent à prouver l 'altéra¬ 
tion momentanée du sang chez les personnes opérées d’une maladie 
oculaire sous l’influence des inhalations du chloroforme. Les faits rap¬ 
portés par M. Furnari tendent à démontrer, en outre, que le chloroforme 
ne retarde pas, comme on l’a dit, la cicatrisation des plaies. 

M. Cbussel, de Saint-Pétersbourg, adresse une nouvelle note relative à 
sa méthode de traitement électrolytique ; il expose, entre autres résultats 
heureux de cette méthode, le fait d’un homme atteint d’un fongus héma- 
toïde de la paupière inférieure, recouvrant entièrement l’œil et l’orbite 
du côté gauche, et dont la guérison a été complète. 

Sur quelques observations présentées par M. Lallemand, qui paraît 
croire que la guérison peut, dans ce cas, être attribuée à l’inflammation 
produite par les aiguilles, M. le président l’engage à se joindre à la com¬ 
mission chargée de l’examen des communications de M. Crussel. 

M. Audouakd, pharmacien à Béziers, adresse une note sur la présence 
de l’arsenic dans les eaux thermales ferrugineuses récemment découvertes 
près de Villecelle-Lamalon (Hérault), et dans les eaux de l’ancienne source 
ferrugineuse dite source de Capus, située près des bains de Lamalon. 


ACADÉMIE DE MÉDECINE. 

Séance du 18 Janvier. — Présidence de M. Royer-Collard. 
Correspondance. — La correspondance comprend : 

Trois lettres de M. le ministre de l’agriculture et du commerce adres¬ 
sant un rapport de M. le docteur Rousset, médecin des épidémies de l’ar¬ 
rondissement de Sarreguemines, sur une épidémie de fièvre typhoïde dans 
la commune de Deffembach-lès-Mellimes (Moselle) ; un rapport de M. Laf- 
fore sur l’établissement thermal des eaux chaudes, et un rapport de M. Ca- 
varoc sur les eaux minérales de Vie (Cantal), 

Une lettre de M. Bally, membre de l’Académie, adressant plusieurs 
ouvrages des médecins italiens et en particulier YHistoire de la méde- 
ne en Italie , par M. de Renzi. 

Une lettre de M. Cobnay (de Rochefort) réclamant la priorité d’une 
partie des assertions contenues dans le mémoire de M. Mêlier sur les ma¬ 
is salans. 

Une lettre de M. Germain adressant un supplément au mémoire sur 
l’action des eaux-mères de la saline de Salins (Jura), et un mémoire sur 
la topographie médicale du département du Jura, avec la description des 
épidémies typhoïdiennes qui ont régné dans ce pays de 1817 à 18A8. 
(Commission des épidémies.) 

M. Mordret, professeur d’accouchement à l’École de médecine du 
Mans, envoie deux observations d’accouchement pratiqué pendant le 
sommeil chloroformique. Dans la première, il s’agit d’une application de 
forceps. La femme tomba après deux minutes d’inspiration dans un som¬ 
meil doux et profond. L’extraction du fœtus ne dura que trois minutes, et 
ce fut seulement au moment où la tête franchissait la vulve, que la malade 
reprit ses sens. Dans la seconde, il s’agit d’une femme chez laquelle le 
travail marchait régulièrement, mais en proie à des douleurs extrême¬ 
ment violentes. Après une minute, le chloroforme suspendit les douleurs 
et produisit le sommeil ; les contractions paraissaient se calmer du côté 
des muscles abdominaux; mais les contractions utérines se sont mainte, 
nues comme dans le cas précédent. L’accouchement a eu lieu en quinze 
minutes, sans que la femme s’en soit aperçue. 

M. le Président annonce à l’Académie la perte qu’elle vient de faire 
dans la personne de M. Mitouart, l’un de ses plus anciens membres. 

M. Bouillaud regrette de n’avoir pu assister à la dernière séance où 
il a été question de la localisation de la parole dans les lobules antérieurs 
du cerveau. Il ne veut pas ranimer en ce moment une discussion éteinte, 
mais il annonce que depuis plusieurs années il s’occupe de ce sujet, et que 
les observations nouvelles qu’il a recueillies, loin d’avoir amoindri sa con- 
viction, n’ont fait que la corroborer davantage. Il se propose d’appeler 
prochainement l’attention de l’Académie sur ces faits. En attendant, il 
prie M. Rochoux de lui montrer un seul fait, bien observé, dans lequel 
les deux lobules antérieurs du cerveau auront été lésés avec persistance 
de la parale. 

M. Rochoux : J’en ai cité trois, un que j’ai publié dans la Lancette, en 
18Û0, l’autre qui est imprimée dans VAnatomie pathologique de M. Cru- 
veilhier, le troisième... 

M. Bouillaud : Je demande des faits actuels, contemporains, et sur 
lesquels aucun doute ne puisse s’élever. 

M. Rochoux : Eh bien ! j’en possède trois autres qui, 

M. Bégin : Il me semble, Monsieur le président, que puisque M. Bouil¬ 
laud doit prochainement saisir l’Académie de cette question, toute dis¬ 
cussion actuelle serait inutile. 

M. le Président : C’est aussi mon avis, et nous allons passer à l’ordre 
du jour. 

torts. — M. Bégin donne lecture au nom de la Commission char- 
;r la liste des membres correspondans, de la proposition faite 
tpàrrl^fe Mîhjnission à l’Académie, de porter le nombre de ces candidats 

' V'tT 


Cette proposition est mise aux voix et adoptée. 

— M. Renauldin lit un rapport sur un ouvrage imprimé en allemand 
de M. Moij’Sisovies, premier chirurgien de l’hôpital général de Vienne. 
Cet ouvrage a pour titre : Exposé d'une méthode sûre et prompte pour 
guérir la syphilis au moyen des préparations d’iode. L’auteur de cet 
ouvrage examine d’abord dans quelles circonstances l’iode agit d une 
manière avantageuse ou nuisible. Il le regarde, à quelques, exceptions 
près, comme spécifique dans la scrofule, la syphilis et . ses suites. Il en a 
employé les différentes préparations pendant plus de six années, sur plus 
de 800 malades, et, dans certains temps, il en a obtenu un incroyable 
succès, tandis que, à d’autres époques, ce médicament est resté complè- 
tement inerte. Il est porté à croire que, dans ce dernier cas, les prépara¬ 
tions chimico-pharmaceutiques n’étaient pas convenablement faites ; que 
des complications graves avaient paralysé son action ; ou bien, enfin, que 
les médicamens avaient été administrés sous une forme ou a des doses 
peu mesurées. M. Moij’ Sisovies passe successivement en revue les di- 
verses préparations pharmaceutiques de l’iode, et, sans préconiser 1 iode 
pur, il fait mention de sa combinaison avec l’huile de foie de morue pour 
attaquer les scrofules et surtout les caries des os. Arrivant au point capi¬ 
tal de son livre, la syphilis, il expose d’abord les doctrines qui lui parais¬ 
sent dominer la pathologie de cette affection. Pour lui, il existe des diffé¬ 
rences notables entre la syphilis locale et générale, la syphilis primitive et 
secondaire, entre la blennorrhagie et le chancre. Il regarde comme prou, 
vée l’existence d’une syphilis congéniale. Il pense aussi que la syphilis 
peut exister longtemps comme maladie locale sans se communiquer à 
l’organisme. Suivant lui, nous ne possédons aucun signe caractéristique 
et infaillible pour reconnaître le chancre vénérien, et c’est seulement par 
l’observation continue et exacte de la marche de l’affection qu’on peut éta. 
blir le diagnostic. 

La partie thérapeutique proprement dite de ce livre comprend le trai¬ 
tement de la blennorrhagie pour laquelle il a d’abord recours aux anti¬ 
phlogistiques tant que les phénomènes inflammatoires persistent, et plus 
tard au copahu. Passant au traitement des rétrécissemens de l’urètre, 
l’auteur, qui les regarde comme l’effet d’une action métastatique qui porte 
sur la vessie, les uretères et les reins, les soumet à un traitement à la fois 
jénéral et local : il débute par un vomitif destiné à imprimer une secousse 
i l’économie, passe aux boissons sudorifiques et à l’iodure de potassium, 
en même temps qu’il emploie un traitement local qui consiste dans l’ap¬ 
plication de ^ngsues au niveau du rétrécissement, dans les frictions avec 
l’onguent mercuriel ou un mélange de cet onguent et de deuto-iodure de 
mercure, les bains de siège salins, et enfin les bougies d’ivoire qui lui pa¬ 
raissent réunir les conditions de flexibilité et de solidité nécessaires. 

Tant que la nature svphilitique du chancre n’est pas constatée, au lieu 
d’en troublera marche’, M. Moij’ Sisovies pense que le médecin doitla favo¬ 
riser de toute manière ; aussi l’auteur conseille-t-il les bains locaux émoi- 
liens fréquemment répétés ; mais la constatation opérée, il faut employer 
les boissons sudorifiques et donner à l’intérieur les préparations d’iode en 
même temps qu’on s’en sert extérieurement sous forme de bains locaux et 
généraux. Les bubons exigent les mêmes moyens, en y ajoutant l’usage 
des cataplasmes, et en les ouvrant dès que la fluctuation est certaine. Les 
doses d’iode doivent être proportionnées à l’âge et à la force des indivi¬ 
dus. On doit les administrer avant le repas de midi pour ne pas rencon¬ 
trer les alimens dans l’estomac. L’auteur donne le nom A'iodinismeh l’ac¬ 
tion trop énergique et à la saturation de l’économie par l’iode. Il ajoute 
ordinairement aux bains d’iode deux ou trois livres de sel de cuisine. Ce 
traitement doit être accompagné d’un régime convenable, consistant prin¬ 
cipalement dans l’emploi de viandes et de légumes non farineux. 

MM. Dupuy et Roux font quelques réflexions sur ce rapport verbal, 
qui ne donne lieu à aucune conclusion. 

M. Rochoux commence la lecture d’un long rapport, dont la fin est 
renvoyée à la prochaine séance. 

A quatre heures et demie, l’Académie se forme en comité secret pour 
entendre le rapport de la commission sur la nomination des correspon¬ 
dans. 


MOUVEMENT DE LA PRESSE MÉDICALE, ANALYSE 
DES JOURNAUX. 


JOURNAUX DE PARIS. 

Ctazette médicale de Paris. — Numéro du 15 Janvier 1848. 

Académie de médecine; localisation de la faculté de la parole. — 
L’auteur de l’article s’attache à faire voir combien la question est com¬ 
plexe et difficile à résoudre. Après avoir rappelé les faits que la science 
possède pour et contre la doctrine de